Whitehorse, Yukon: Loin au Nord
Par Laurie Little du pieu de Juneau Alaska

"Ce que nous obtenons trop pas cher, nous estimons trop à la légère."
- Thomas Paine
Être membre de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours à Whitehorse, dans le territoire du Yukon est une expérience unique de bien des façons. Whitehorse est une magnifique ville d’environ 24.000 habitants, connue pour ses courts étés clairs et ses longs hivers sombre. Nous avons toujours plusieurs jours, voire semaines, ou il fait -40C degrés. Cette température ne nous arrête pas, et les réunions de l’Église sont rarement annulées. Nous branchons simplement nos voitures aux prises électriques extérieures, pour qu’elles démarrent lorsque nous en avons besoin et nous faisons ce que nous avons à faire. Nous nous réunissons dans un beau bâtiment en rondins.
La branche de Whitehorse est la seule branche canadienne du pieu de Juneau, en Alaska, et la seule branche du Territoire du Yukon. Le fait d’être isolés et d’appartenir à un pieu américain a permis de tisser des liens transfrontaliers étroits. Nos homologues américains et nous, manifestons beaucoup d’amour et de sollicitude les uns envers les autres et nous avons appris que les problèmes internationaux ou les différences culturelles ne peuvent pas diviser un peuple qui se concentre sur l’édification du Royaume de Dieu.
Ce qui rend notre pieu unique est que les membres de la plupart des branches et des paroisses doivent prendre l’avion, le bateau, la voiture ou bien une combinaison de ces moyens de transport pour se rendre visite. Ce qui, en temps normal, devrait être un entretien facile pour obtenir une recommandation à l’usage du temple, peut être retardé pendant plusieurs mois, ou bien nécessiter que les deux personnes doivent voyager en voiture et en avion pour se rencontrer à mi-chemin sur le bord de la route en pleine tempête de neige. Nous nous consolons en disant à la blague :’’Ce qui est obtenu trop facilement est souvent considéré avec trop de légèreté’’.

Des choses aussi simples que d’assister à une conférence de pieu impliquent un voyage en voiture pendant deux heures, puis dans un petit avion, ou bien un voyage en traversier durant 7 heures. Pendant le voyage, nous rencontrons d’autres membres, jouons ensemble, regardons des films, visitons le traversier, dormons et mangeons de délicieux repas, tout en essayant d’apercevoir des baleines, des marsouins et des lions de mer. Lorsque nous ne pouvons pas nous y rendre, nous regardons la conférence retransmise par satellite à l’église. Bien sûr, il arrive que le système par satellite ne fonctionne pas et que nous l’écoutions par communication téléphonique sur haut-parleurs. Nos conseils de dirigeants, coins de feu de pieu, réunions de séminaire et réunions d’auxiliaires se font aussi au téléphone. Chacun appelle simplement pour écouter des discours, chanter et prier avec les autres.
Le voyage de 13 heures en voiture pour le temple d’Anchorage peut en prendre 20 si les conditions routières sont mauvaises. Mais nous ne sommes pas facilement découragés; nous voyons cela comme une occasion de nous préparer spirituellement en écoutant de la musique, en entendant des discours enregistrés, et en ayant de bonnes conversations. Après les sessions au temple, nous aimons visiter Anchorage, une belle ville où l’on peut souvent voir des originaux ou des ours dans les rues. Les membres sont hospitaliers et, si nous avons de la chance, l’un d’eux nous invitera à admirer le paysage du haut son avion. Bien qu’il y ait toujours un risque de turbulences et de nausées, voir des glaciers d’en haut en vaut la peine.
Chaque année en juillet, nos jeunes viennent de tout le Sud-est de l’Alaska pour une conférence de trois jours. Les jeunes filles restent pour le camp des Jeunes Filles. Beaucoup de nos branches n’ont que quelques jeunes, c’est donc le seul moment où ils en côtoient d’autres de notre pieu. Les adultes et les jeunes tirent avantage de chaque occasion de se réunir, de se fortifier et de se soutenir mutuellement. Nous connaissons la valeur des liens d’amitié étroits et nous sommes reconnaissants des objectifs et des principes que nous avons en commun, qui nous lient et nous permettent d’édifier le Royaume dans cette partie reculée de sa vigne.


