Richard E. Cook
des soixante-dix
Quand nos convertis se mettent «à vivre» dans l'Evangile (et ils ont besoin de nourriture), ils se mettent «à vivre» comme étudiants, comme parents, comme citoyens, et dans leur métier.
Nous avons été appelés, s
oeur Cook et moi, comme missionnaires en Mongolie un an avant que la mission ne soit officiellement organisée. Nous considérons cette époque comme l'une des plus mémorables, des plus enrichissantes et des plus bénies de notre vie. Elle continue de nous apporter des expériences et des bénédictions magnifiques.
Le Seigneur a dit aux missionnaires: «Et s'il arrive que vous travailliez toute votre vie à crier repentance à ce peuple et que vous m'ameniez ne fût-ce qu'une seule âme, comme votre joie sera grande avec elle dans le royaume de mon Père!» (D&A 18:15).
Cette promesse est une inspiration pour tous les missionnaires, mais il y a d'autres bénédictions qui découlent de l'oeuvre missionnaire, et elles sont nombreuses et variées. Les unes sont immédiates, les autres ne viennent qu'avec le temps.
Nous avons connu l'une de ces bénédictions qui ne viennent qu'avec le temps en février dernier, quand nous avons assisté à l'attribution d'un nom et à la bénédiction d'une petite Mongole de notre grande famille missionnaire. Elle s'appelle Tungalag. Sa mère, Davaajargal, est une pionnière moderne et la première femme baptisée en Mongolie. Son père, Sanchir, est étudiant en maîtrise de gestion à l'université Brigham Young.
J'ai connu Sanchir quelque temps avant qu'il ne devienne membre. Ce n'est qu'après un an et de nombreuses discussions avec des missionnaires dévoués qu'il s'est fait baptiser. C'est un vrai miracle que ce jeune père, après deux années seulement passées dans l'Eglise, ait pu prononcer les paroles de cette belle bénédiction qui commençait comme ceci: «Tungalag, nous te bénissons pour que tu sois un bon être humain.» Je n'oublierai jamais ces premiers mots!
Dans sa bénédiction, il a dit des choses qu'il n'aurait pas connues ni même imaginées avant son baptême. Cela a vraiment été une récompense missionnaire que d'être témoin de cette bénédiction et de se rendre compte à quel point l'Evangile a changé ce jeune homme et sa famille.
Le président Hinckley a dit: «Mon expérience la plus agréable est de voir ce que l'Evangile fait pour les gens. Il leur donne une nouvelle vision de la vie. Il leur donne une perspective qu'ils n'ont jamais envisagée auparavant. Il élève leur vision à des choses nobles et divines. Quelque chose de miraculeux se produit en eux. Ils regardent vers Dieu et ils se mettent à vivre» (L'Etoile, juillet 1997, pp. 55-56).
J'ai pu constater que quand nos convertis se mettent à «vivre» dans l'Evangile, ils se mettent à «vivre» comme étudiants, comme parents, comme citoyens, et dans leur métier. Leur vie et celle de leur postérité ne sera plus jamais la même.
Peu après notre arrivée en Mongolie, on nous a demandé, à soeur Cook et à moi, d'accompagner deux jeunes missionnaires en avion jusqu'à une ville appelée Muren. A la fin de notre voyage, notre retour a été retardé par le mauvais temps. Chaque jour, nous allions à l'aéroport pour voir si notre avion allait arriver pour que nous puissions quitter la ville. Nous attendions avec les autres passagers pour savoir si nous allions partir ce jour-là ou si nous serions obligés de retourner en ville pour la nuit.
Il y avait un groupe de touristes étrangers qui essayaient de prendre le même avion. Ils nous ont dit qu'ils s'étaient rendus à cheval dans les régions les plus isolées et les moins explorées de Mongolie.
Tandis que nous attendions à l'aéroport, l'un des touristes est allé trouver un de nos missionnaires et lui a dit: «Je sais qui vous êtes! Que faites-vous ici? Ces gens n'ont pas besoin de vous. C'est un peuple vierge qui a une riche culture. Vous devriez rentrer chez vous et les laisser tranquilles.»
Le missionnaire est venu me trouver, très troublé, et nous avons parlé de plusieurs réponses qu'il aurait pu faire. Mais ce n'est que quinze jours plus tard environ que j'ai lu une déclaration du président Benson qui donnait ce qui aurait été la réponse parfaite:
«Certains nous demanderont peut-être pourquoi nous, saints des derniers jours, nous persistons calmement à vouloir changer les gens alors qu'il y a de si grands problèmes autour de nous . . . Mais le délabrement des villes n'est rien d'autre que la conséquence du délabrement des personnes . . . Les commandements de Dieu soulignent que l'amélioration de l'individu est le seul moyen véritable d'améliorer réellement la société» (A Plea for America, 1975, p. 18).
«Le Seigneur travaille de l'intérieur vers l'extérieur. Le monde travaille de l'extérieur vers l'intérieur. Le monde fait sortir les gens des taudis. Le Christ fait sortir ce qu'il y a de sordide chez les gens, alors ils sortent eux-mêmes des taudis. Le Christ change les hommes, qui à leur tour changent leur cadre de vie. Le monde voudrait façonner le comportement humain mais le Christ le peut» («Born of God», Ensign, novembre 1985, p. 6).
Le président Kimball a dit un jour de l'oeuvre missionnaire qu'elle était l'énergie vitale de l'Eglise, et c'est ce qu'elle est. Ce n'est pas seulement parce que de nouveaux convertis apportent de la vitalité et de la force à l'Eglise, mais c'est que les missionnaires eux-mêmes acquièrent une vitalité et une force nouvelles en participant à l'engagement des convertis envers le Christ. Cette vitalité est une grande force, un instrument entre les mains de Dieu pour amener l'Evangile à aller de l'avant et à remplir la terre entière comme Daniel l'a vu en songe (voir D&A 65:2).
Bien que nous ayons notre libre arbitre, l'oeuvre missionnaire, dans ses formes diverses, n'est pas un programme facultatif. Nous parlons des bénédictions de l'oeuvre missionnaire, mais en réalité nous devons participer à l'oeuvre missionnaire parce que c'est notre devoir. Les Ecritures et tous les prophètes depuis Joseph Smith nous ont rappelé que nous avons pour devoir d'aller par toutes les nations et de mettre nos voisins en garde.
Wilford Woodruff l'a dit clairement en ces termes: «Jamais depuis que Dieu a fait le monde, il n'y a eu de groupe d'hommes qui soit davantage tenu d'avertir cette génération, d'élever la voix longtemps et fort, jour et nuit, dans la mesure où l'occasion nous est donnée, et de lui proclamer les paroles de Dieu. Nous sommes tenus de le faire. C'est notre appel. C'est notre devoir. C'est notre affaire» (Deseret News Semi-Weekly, 6 juillet 1880, p. 1).
Je prie pour que nous fassions de l'oeuvre missionnaire notre affaire et que nous ne laissions pas des choses moins importantes nous en empêcher. C'est en gardant tous les commandements de Dieu que nous recevons des bénédictions. Rares cependant sont les bénédictions semblables aux bénédictions missionnaires! L'oeuvre est merveilleuse. Je le dis au nom de Jésus-Christ, amen.