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Conférence générale
avril 1998
Aller au Christ

Aller au Christ

Margaret D. Nadauld
Présidente générale de la Société de Secours

Nous voulons aller au Christ car ce n'est qu'en lui et par lui que nous pouvons retourner au Père.

Margaret D. Nadauld

En cette période de Pâques, comme à tout moment, nous nous réjouissons de l'invitation la plus importante que l'humanité ait jamais reçue. C'est l'invitation à aller au Christ. Et nous sommes tous invités. Les Ecritures sont pleines de cette invitation glorieuse, qui est magnifiquement résumée dans le cantique:


«Venez à Jésus! Il vous appelle, de tous pays où vous habitez. Il vous donnera vie éternelle,si son amour vous cherchez»
(Venez à Jésus! Il vous appelle, Cantiques, n° 62).

Il nous adresse sa généreuse invitation tout simplement parce qu'il nous aime et qu'il sait que nous avons besoin de lui. Il peut nous aider et nous guérir. Il nous comprend grâce aux expériences qu'il a vécues: «Il viendra endurer des douleurs, des afflictions, et des tentations de toutes sortes . . . pour [savoir] . . . comment secourir son peuple dans ses infirmités» (Alma 7:11-12). Nous voulons aller au Christ parce que ce n'est qu'en lui et par lui que nous pourrons retourner au Père.

Il y a de nombreuses années, j'ai vécu une expérience simple dont je me suis toujours souvenue parce qu'elle m'a fait réfléchir à la mission du Sauveur. Ce n'était qu'un incident impliquant des enfants, mais il a un sens. Nos jumeaux n'avaient qu'environ cinq ans. Ils apprenaient à faire du vélo. En regardant par la fenêtre, j'ai vu qu'ils allaient très vite sur leur vélo! Ils allaient peut-être un peu trop vite pour des débutants car, tout à coup, Adam a eu un terrible accident! Il était tout enchevêtré dans ce qui restait du vélo, et tout ce que je voyais était un entremêlement de guidon, de roues, de bras et de jambes. Son petit frère jumeau, Aaron a tout vu; il s'est immédiatement arrêté et il est vite descendu de vélo. Il l'a jeté par terre et a couru pour aider son frère qu'il aimait tant. Ces petits jumeaux étaient vraiment unis. Lorsque l'un d'entre eux souffrait, l'autre souffrait aussi. Lorsqu'on chatouillait l'un d'entre eux, ils riaient tous les deux. Lorsque l'un d'entre eux commençait une phrase, l'autre pouvait la terminer. Ils ressentaient la même chose. Alors Aaron a eu mal en voyant Adam tomber! Adam était dans un terrible état. Ses genoux étaient écorchés, sa tête saignait, sa fierté était blessée et il pleurait. Avec la douceur d'un enfant de cinq ans, Aaron a aidé son frère à se dégager du vélo, il a regardé où il était blessé, puis il a fait la chose la plus gentille du monde. Il a soulevé son frère et l'a porté jusqu'à la maison. Du moins, il a essayé. Ce n'était pas très facile parce qu'ils avaient la même taille, mais il a essayé. En se démenant, en le soulevant, en le tirant autant qu'en le portant, il a fini par arriver devant la maison. A présent, Adam, le blessé, ne pleurait plus, mais c'était au tour d'Aaron, le sauveteur. Quand je lui ai demandé: «Pourquoi pleures-tu, Aaron?», il a répondu simplement: «Parce qu'Adam a mal.» C'est pour cela qu'il l'avait ramené à la maison pour qu'on l'aide, parce qu'à la maison, il y avait quelqu'un qui savait quoi faire, qui pouvait nettoyer les blessures, les bander et les soigner. Il l'avait ramené pour qu'il soit aimé.

De même qu'un garçonnet dans le besoin a été aidé par son frère jumeau, nous pouvons tous être relevés, aidés, et même portés parfois, par notre Sauveur bien-aimé, le Seigneur Jésus-Christ. Il ressent ce que nous ressentons; il connaît notre coeur. C'était sa mission d'essuyer nos larmes, de nettoyer nos blessures et de nous guérir en nous bénissant. Il peut nous ramener chez nous, auprès de notre Père céleste, grâce à la force de son amour sans pareil.

Le Seigneur est sûrement heureux lorsque nous, ses enfants, nous tendons la main vers notre prochain, pour le guider sur le chemin et pour l'aider à se rapprocher du Christ. Il nous a dit: «toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites» (Mt. 25:40). Il veut que nous pleurions avec ceux qui pleurent, que nous consolions ceux qui ont besoin de consolation (voir Mosiah 18:9) et que, par la charité, nous soyons serviteurs les uns des autres (voir Ga. 5:13).

Les paroles de Susan Evans McCloud le disent bien:


Apprends-moi Jésus à t'aimer, à marcher sur tes sentiers,
A guider, aider les autres, par ton esprit fortifié . . .
Pour mieux secourir mon frère j'acquerrai les dons des cieux;
Les affligés, les malades, je soignerai de mon mieux
. . .
Je voudrais aimer mon frère ainsi que tu m'as aimé
Et puiser en toi ma force pour te servir à jamais»
(Seigneur, je te suivrai, Cantiques, n° 141).

Mes frères et soeurs, ces vers expriment les humbles désirs de mon coeur, alors que je m'engage joyeusement à servir notre Père céleste en marchant avec les Jeunes Filles de l'Eglise. Je prie constamment pour que le Seigneur donne de la force, un signal à la servante de bonne volonté que je suis.

La mission des Jeunes Filles et notre plus grand désir sont d'aider les jeunes filles à progresser spirituellement et d'aider leur famille à les préparer à aller au Christ. Nombreuses sont celles qui sont déjà bien engagées sur le bon chemin. Par exemple, lorsque nous avons demandé à quelques jeunes filles ce qu'elles aimaient dans la réunion de Sainte-Cène, l'une d'entre elles a répondu: «J'aime la Sainte-Cène parce que cela me fait penser à Jésus et à tout ce qu'il a fait pour moi.» Une autre a dit: «Je ne repars jamais le coeur vide et j'aime prendre la Sainte-Cène.» Lorsqu'on leur a demandé combien de fois elles priaient chaque jour, elles ont été nombreuses à répondre: «le matin et le soir». Elles prient avant un examen. Elles prient face à la tentation. Elles lisent les Ecritures. Ces belles jeunes filles qui se préparent personnellement sont des bénédictions dans la vie d'autres personnes.

Je vais vous lire la lettre de quelqu'un qui est reconnaissant de leur service aimant. Il écrit:

«Les jeunes filles [de ma paroisse] m'ont littéralement sauvé la vie. J'étais un jeune évêque de vingt-neuf ans, père de quatre magnifiques petites filles, dont un petit bébé, lorsque notre Père céleste a rappelé ma femme à lui. Quand j'ai eu un entretien avec chacune de mes petites filles et que je leur ai demandé quel serait l'effet de ce changement sur elles, j'ai constaté qu'Emily, âgée de quatre ans se posait beaucoup de questions comme: ÐQui va me coiffer et me faire des boucles pour aller à l'église et qui va me mettre des rubans et des barrettes?ð Moi aussi, je me posais cette question. Qui? Je voulais vraiment que la vie continue aussi Ðnormalementð que possible pour nous tous, ce qui signifiait que je devais apprendre à vivre d'une façon totalement différente. J'étais leur père, et j'allais être leur seul parent. Je me suis rendu compte que je n'avais pas les compétences maternelles nécessaires. J'ai demandé aux jeunes filles de ma paroisse de m'expliquer au moins comment coiffer mes filles. Les jeunes filles sont venues chez moi de nombreuses fois pour m'instruire. Elles m'ont même montré comment m'occuper des cheveux de mon bébé de six mois, Natalie, jusqu'à ce que j'arrive à lui laver les cheveux sans trop de difficultés. A la fin de ma formation, j'étais capable de faire de jolies coiffures simples. Ces jeunes filles m'ont enseigné plus d'un talent, elles m'ont appris que puisque j'avais des filles, je pouvais les aimer, m'occuper d'elles, être présent pour elles, quoi qu'il m'arrive d'autre dans la vie.» Merci, frère Marston, de votre lettre touchante.

Je prie pour que les parents de ces jeunes filles de valeur soient toujours reconnaissants de l'intendance qu'ils ont de diriger leurs filles avec amour. Que les dirigeants de ces jeunes filles comprennent l'importance éternelle de leur tâche. Et que chaque jeune fille comprenne quelle bénédiction elle a d'être la fille d'un Père céleste qui l'aime beaucoup et qui veut sa réussite!

Pour terminer, je souhaite exprimer ma reconnaissance. Tout d'abord, je suis reconnaissante du foyer de mon enfance qui était rempli du genre d'amour dont le Christ a parlé; je suis reconnaissante de pouvoir être avec mon mari, Stephen, auprès de qui j'ai toujours été bénie, préparée et soutenue; et je suis reconnaissante de nos chers enfants qui nous ont toujours soutenus et inspirés avec tendresse, nous donnent de grandes joies et nous montrent souvent le chemin.

Je témoigne que si nous acceptons l'invitation d'aller au Christ, nous constaterons qu'il peut guérir toutes les blessures. Il peut prendre nos fardeaux, les porter à notre place, et nous entourer éternellement des bras de son amour (voir 2 Né. 1:15), au nom de Jésus-Christ, amen.

 
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