Dieter F. Uchtdorf, “Le reflet dans l’eau”
Veillée du DEE pour les jeunes adultes • 1er novembre 2009 • Université Brigham Young
Mes chers frères et sœurs, si nous prenons les deux cantiques que nous venons d’entendre « Louange à Dieu » et « Fais ton devoir, voici la lumière », et si nous en faisons la devise de notre vie, nous serons en bonne voie de retourner vivre avec notre Père céleste. Vous êtes magnifiques ! J’imagine beaucoup d’autres beaux visages comme les vôtres, ceux de jeunes membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours dans divers pays de par le monde. Même si vous n’êtes pas tous exactement pareils, vous avez tant de choses en commun. Je remercie le président Monson de m’avoir donné cette merveilleuse occasion de passer quelques minutes avec vous.
Le vilain petit canard
L’un des conteurs les plus aimés de tous les temps était l’écrivain danois Hans Christian Andersen. Dans l’un de ses contes, « Le vilain petit canard », une cane découvre que l’un de ses canetons nouveau-nés est particulièrement grand et très laid. Tout d’abord, elle se demande si elle a couvé un œuf de dinde, mais le vilain petit peut nager aussi bien que ses autres canetons. Et elle conclut que le pauvre est simplement anormal et difforme.
Cependant, les autres canetons ne veulent pas le laisser tranquille. Ils le punissent impitoyablement, lui donnant des coups de bec, le taquinant et le rendant malheureux. Finalement, le vilain petit canard décide qu’il vaudrait mieux pour tout le monde qu’il quitte sa famille, et il se sauve. Pendant le grand froid de son premier hiver seul, le pauvre petit canard manque mourir gelé, mais il réussit à survivre. En dépit des privations, il sent qu’il se fortifie et il aime étendre ses ailes et prendre son envol, même s’il est seul.
Puis un jour, il voit au-dessus de lui, un vol d’oiseaux majestueux, blancs comme neige, aux mouvements gracieux, aux longs et beaux becs et aux grandes ailes élégantes. Oh, quelles magnifiques et heureuses créatures ! Le vilain petit canard désire ardemment voler avec elles. Il a peur qu’elles le tuent à cause de sa laideur. Mais il décide que ce serait mieux que de toujours recevoir des coups de bec d’autres animaux ou de mourir de froid l’hiver. Alors il s’envole et les suit vers un beau lac où ils se posent sur l’eau.
Quand il se pose, le vilain petit canard regarde dans l’eau et il voit le reflet d’un cygne magnifique. Peu à peu, incapable de le croire tout d’abord, il se rend compte que ce qu’il voit est son reflet ! À sa grande surprise, les autres cygnes l’accueillent et ils disent même qu’il est le plus beau et le plus majestueux de tous les cygnes. Enfin, il a découvert qui il est vraiment.
Les grandes questions
Comme ce jeune cygne, la plupart d’entre nous ont senti à un moment ou à un autre, qu’ils n’étaient pas vraiment à leur place. Une grande partie de notre perplexité dans la vie vient simplement du fait que nous ne comprenons pas qui nous sommes. Beaucoup trop de personnes vivent en se disant qu’elles n’ont que peu de valeur, alors qu’en réalité, elles sont excellentes et éternelles, des créatures d’une valeur infinie, au potentiel inimaginable.
La découverte de notre véritable identité fait partie de cette grande aventure qu’on appelle la vie. Ces questions ont toujours tourmenté les plus grands esprits humains. D’où venons-nous ? Pourquoi sommes-nous ici ? Que se passe-t-il après la mort ? Comment tout cela s’harmonise-t-il et quel en est le sens ?
Quand nous commençons à comprendre les réponses à ces questions, non seulement intellectuellement, mais avec le cœur et l’âme, nous entrevoyons qui nous sommes, nous éprouvons la même chose que le vagabond qui finit par trouver un foyer. Nous éprouverons la même chose que le jeune cygne qui a fini par découvrir qui il est vraiment. Tout finit par prendre un sens.
La difficulté réside dans le fait que l’être humain ne peut découvrir les réponses à ces questions par le seul raisonnement logique. Les questions qui concernent les choses spirituelles exigent des réponses spirituelles. Les personnes qui rejettent la révélation et ne considèrent que les preuves tangibles, ne peuvent que spéculer ou nier qu’il y ait une vie avant ou après cette vie terrestre. En conséquence, elles risquent de ne jamais comprendre qui elles sont vraiment ou quel est le véritable but de la vie.
Cependant, nous, membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, nous avons la grande bénédiction de connaître les réponses à ces questions et nous en faisons généreusement part à toutes les personnes qui veulent écouter. Nous ne les connaissons pas parce que quelqu’un d’instruit l’a deviné ou parce que nous avons trouvé une explication scientifique. Nous avons les réponses parce que des messagers célestes ont révélé ces mystères aux hommes. Cette connaissance est accessible, par le pouvoir du Saint-Esprit, à quiconque, sur cette terre, a le cœur honnête.
Ce n’est pas rien. Tout au long de l’histoire, empereurs et philosophes auraient donné tout l’or du monde pour obtenir ce que Dieu a donné gratuitement à notre époque. Dans ces derniers jours, parce qu’il est miséricordieux et qu’il aime ses enfants, Dieu a, à nouveau, révélé la vérité concernant d’où nous venons, pourquoi nous sommes ici et où nous allons.
Mes chers jeunes amis, cette connaissance vous permet de voir votre propre reflet dans l’eau. Elle vous assure que vous n’êtes pas ordinaires, rejetés ou laids. Vous êtes divins : plus beaux et plus glorieux que vous ne pouvez l’imaginer. Cette connaissance change tout. Elle change votre présent. Elle peut changer votre avenir. Et elle peut changer le monde.
Mes chers jeunes membres de l’Église, nous sommes profondément conscients que vous rencontrez beaucoup de difficultés dans la vie. En discutant avec vos dirigeants et avec vous individuellement, j’ai appris l’ampleur de vos soucis. J’ai choisi, parmi les nombreuses questions que j’ai reçues, quelques-unes des plus difficiles et des plus troublantes qui affectent les jeunes saints partout dans le monde. Aujourd’hui, j’espère graver dans votre esprit et dans votre cœur que la connaissance de ce que vous êtes vraiment peut vous aider à surmonter les plus grandes difficultés de la vie.
Être ou ne pas être
Voici la première question : « Je suis malheureux et déprimé. Parfois, il me semble que le monde serait meilleur si je n’y étais pas. Pourquoi devrais-je continuer à vivre ? »
Soyons clairs : la dépression grave et les envies de suicide ne sont pas des bagatelles et doivent êtres prises au sérieux. Je recommande à ceux qui souffrent de dépression ou d’envies suicidaires de demander l’aide de spécialistes et de dirigeants de l’Église dignes de confiance. Si vous connaissez quelqu’un qui pense au suicide, soyez un ami véritable et veillez à ce qu’il reçoive de l’aide. Sachez que nous vous aimons et que nous voulons que vous réussissiez et que vous soyez heureux.
Cela dit, il est arrivé à la plupart des gens de se sentir tristes ou mal dans leur peau à un moment ou un autre. Il est naturel d’être malheureux ou de manquer de confiance en soi parfois. La question « Pourquoi devrais-je continuer à vivre ? » n’est qu’une autre façon de formuler les paroles écrites il y a quatre cents ans par William Shakespeare et prononcées par des millions d’Hamlet, partout dans le monde depuis cette époque : « Être ou ne pas être, là est la question ».1
Mais Shakespeare avait tort : « Être ou ne pas être » n’est pas du tout la question. Il y a d’autres options au-delà de cette simple contradiction. En ce qui me concerne, je préfèrerais que Hamlet se tourne vers le public et dise : « Sachant que je suis enfant de Dieu, que dois-je faire et être pour atteindre ce potentiel ? Là est la question. » Bien entendu, je me rends compte que pareille modification du texte ruinerait irrémédiablement l’un des plus grands chefs-d’œuvre littéraires de tous les temps. Néanmoins, si je devais écrire un scénario pour vous, c’est comme cela que je le dirais.
Pensez à l’endroit d’où vous venez. Vous êtes fils et filles de l’être le plus grand et le plus glorieux de l’univers. Il vous aime d’un amour infini. Il veut ce qu’il y a de mieux pour vous. Pensez-vous que votre Père céleste veut que vous soyez déprimés et tristes ? Il ne veut rien de tel. Il a donné les commandements, qui sont la voie royale pour avoir une vie pleine de sens, de paix et de joie. Tout ce que nous devons faire, c’est la suivre. Connaître et pratiquer les commandements de Dieu, voilà qui mène véritablement à l’épanouissement et à la joie.
Notre destin est plus grand que nous ne pouvons l’imaginer. Si nous pouvions seulement comprendre qui nous sommes et ce qui nous attend, notre cœur déborderait à tel point de gratitude et de bonheur que la lumière et l’amour de Dieu illumineraient même les douleurs les plus sombres. La prochaine fois que vous serez malheureux, souvenez-vous d’où vous venez et où vous allez. Choisissez de vous concentrer sur les choses qui remplissent votre âme d’espoir plutôt que sur celles qui imprègnent vos pensées de chagrin. Vous vous rendrez compte que ces choses sont toujours associées au service envers Dieu et nos semblables. N’oubliez pas que le Seigneur vous a donné sa parole dans les Écritures. Priez-le avec ferveur ; parlez-lui quotidiennement. Apprenez auprès de lui et suivez ses pas. Servez Dieu et vos semblables.
Souvenez-vous qu’il y a « un temps pour pleurer » mais aussi « un temps pour rire, un temps pour se lamenter et un temps pour danser » (Ecclésiaste 3:4). Si cela fait quelque temps que vous avez le cœur lourd, peut-être le moment est-il venu de permettre à la lumière du Fils de Dieu d’y entrer. Je vous le demande instamment : regardez dans l’eau et voyez votre vrai reflet ! Prenez conscience de la raison pour laquelle vous avez été créés ! Levez la tête et regardez l’horizon au loin !
Il est bon que vous riiez ! Il est bon que vous soyez heureux ! Élevez la voix et louez « le Seigneur par le chant, par la musique, par la danse et par une prière de louanges et d’actions de grâces » (Doctrine et Alliances 136:28).
Je ne peux imaginer des cieux qui ne seraient peuplés que d’êtres maussades qui ne s’expriment jamais ou qui n’aiment pas la musique ni parlent les uns aux autres. Ce n’est pas le ciel pour moi. Je suis certain que vous n’avez pas été créés pour passer les heures et les jours de votre vie, séparés les uns des autres, à vous morfondre ou à vous désespérer. Vous avez été créés pour avoir de la joie (voir 2 Néphi 2 :25), alors célébrons les bénédictions miséricordieuses d’un Père céleste joyeux et aimant !
Vous n’avez pas à attendre de permission pour emplir votre cœur de reconnaissance et de bonheur. Vous pouvez très bien le faire vous-mêmes. Rassemblez-vous entre jeunes, dans vos paroisses ou branches, mais aussi avec les jeunes des pieux et des districts voisins. Dansez ensemble, étudiez ensemble l’Évangile, travaillez ensemble, servez ensemble vos semblables, et éprouvez de la joie à le faire. Je prie sincèrement pour que la connaissance de votre identité et de votre potentiel emplisse votre âme de l’amour paisible de Dieu et que cela allume en vous un bonheur digne de votre véritable héritage, car, en vérité, vous êtes des princes et des princesses, des rois et des reines.
Trouverai-je un jour mon âme sœur ?
La deuxième question que vous nous posez, vous, les jeunes, est la suivante : « Je me sens si seul. Trouverai-je un jour mon âme sœur? » J’ai un certain nombre de choses à dire sur le sujet, mais commençons par l’idée de trouver la personne avec qui vous êtes destiné à être, la seule personne qui vous convienne parfaitement.
Une vieille histoire raconte qu’une jeune femme faisant des fouilles archéologiques découvre une lampe d’aspect ancien. Quand elle la frotte, un génie apparaît, lui offrant de réaliser un seul vœu. Elle réfléchit un moment et demande la paix dans le monde, que les gens s’aiment les uns les autres et vivent en bonne entente à tout jamais.
Le génie réfléchit à sa demande et dit finalement : « Ce que tu demandes est impossible. Les divergences entre les peuples du monde sont trop profondes et existent depuis trop longtemps. Demande autre chose. N’importe quoi sauf ça. »
La jeune femme réfléchit encore et dit : « Quelque part dans le monde se trouve celui qui m’est destiné. Je veux le trouver : quelqu’un qui est beau, attentionné et a le sens de l’humour, quelqu’un qui m’aidera à la maison, qui aime les enfants, qui ne regarde pas le sport tout le temps, qui a un bon travail, qui pense d’abord à mon bonheur ; quelqu’un qui viendra faire les courses avec moi et qui s’entend bien avec ma famille. »
Le génie considère sa demande pendant un moment, soupire puis répond : « Laisse-moi voir ce que je peux faire pour la paix dans le monde. »
Je sais que cela peut en décevoir certains, mais je ne crois pas qu’il n’y ait qu’une seule personne qui vous convienne. Je pense être tombé amoureux d’Harriet, ma femme, à l’instant où je l’ai vue. Cependant, si elle avait décidé d’épouser quelqu’un d’autre, je crois que j’aurais rencontré une autre femme et serais tombé amoureux d’elle. Je serai éternellement reconnaissant que cela ne soit pas arrivé, mais je ne crois pas qu’elle était ma seule chance d’être heureux dans cette vie, ni que je l’étais pour elle.
Une autre erreur que vous pouvez facilement faire quand vous sortez avec quelqu’un est d’espérer trouver la perfection chez cette personne. La vérité est que les seules personnes parfaites que vous puissiez connaître, sont celles que vous ne connaissez pas très bien. Tout le monde a des imperfections. Attention, je ne suis pas en train de suggérer que vous renonciez à votre idéal et que vous épousiez quelqu’un avec qui vous ne pouvez pas être heureux. Mais une chose que j’ai apprise en mûrissant au fil des années, c’est que si quelqu’un veut bien m’accepter, moi, imparfait comme je suis, alors, je dois aussi être patient avec les imperfections des autres. Puisque vous ne trouverez pas la perfection chez votre conjoint et qu’il ne la trouvera pas chez vous, votre seule chance de l’obtenir est de la créer ensemble.
Certaines personnes ne se marient pas parce qu’elles sentent un manque de « magie » dans la relation. Par « magie », je suppose qu’elles veulent dire sentiments d’attirance. Tomber amoureux est un sentiment merveilleux et je ne vous conseillerais jamais d’épouser quelqu’un que vous n’aimez pas. Cependant, et voici encore quelque chose qu’il est parfois difficile d’accepter, cette attirance magique a continuellement besoin d’être entretenue. Quand la magie perdure dans une relation, c’est parce que le couple a fait en sorte qu’il en soit ainsi, non pas parce qu’elle est apparue mystiquement en conséquence de quelque force cosmique.
Franchement, cela demande beaucoup d’efforts. Pour que toute relation perdure, les deux personnes doivent apporter leur propre magie et l’utiliser pour nourrir leur amour. Cela dit, je ne crois pas qu’il existe une seule et unique personne pour qui que ce soit. Par contre, je sais ceci : une fois que vous vous mariez, votre conjoint devient votre âme sœur et vous avez le devoir et la responsabilité de travailler chaque jour à ce qu’il en soit ainsi. Une fois que vous vous êtes engagés, la recherche de l’âme sœur est terminée. Nos pensées et nos actions passent de la recherche à la création.
Mais qu’en est-il des personnes qui désespèrent de jamais trouver leur conjoint éternel ? Premièrement, n’abandonnez pas. Allez à des activités, rencontrez des gens et faites tout ce que vous pouvez. Je sais que sortir avec des personnes peut être difficile. Le rejet est l’une des choses les plus douloureuses que nous puissions connaître. Croyez-moi, je sais ce que c’est. Je suis tombé amoureux d’Harriet bien avant qu’elle ne tombe amoureuse de moi.
Mais cela ne m’a pas arrêté, pas du tout. Je trouvais des moyens d’être au même endroit qu’elle. Quand je distribuais la Sainte-Cène à l’église, je m’arrangeais pour la donner à sa famille. Je faisais tout ce que je pouvais pour l’impressionner, mais je pense qu’elle me trouvait un peu immature. Les étincelles n’étaient tout simplement pas là chez elle. Je désespérais de jamais la convaincre que je pouvais être plus qu’un ami.
Alors je suis parti, je suis entré dans l’Armée de l’air, puis, je suis allé à l’autre bout du monde suivre, aux États-Unis, une formation de pilote. Ce n’est qu’après mon retour en Allemagne, après la fin de ma formation de pilote de chasse, des années après notre première rencontre, que cette belle jeune femme m’a regardé et a prononcé les mots magiques que j’attendais depuis si longtemps : « Tu as mûri depuis la dernière fois que je t’ai vu. »
Après cela, j’ai agi promptement et quelques mois plus tard, j’ai épousé la femme que j’aimais depuis très longtemps.
Alors, n’abandonnez pas, frères et sœurs. Ce n’est pas parce que vous avez été rejetés une ou deux fois, ou trois ou quatre ou quelques centaines de fois que vous devez désespérer. Frères, le secret pour trouver la jeune fille de vos rêves est d’en connaître beaucoup et, quand vous tombez amoureux et que vous vous sentez bien, demandez-lui de vous épouser. Si elle dit non, continuez à chercher et à prier jusqu’à ce que vous finissiez par arriver avec cette jeune fille à l’autel du temple. Mais n’abandonnez pas.
Quant à vous, sœurs, soyez gentilles. Il est légitime que vous décliniez des demandes de sortie ou des propositions de mariage. Mais, s’il vous plaît, faites-le gentiment. Et vous frères, s’il vous plaît, commencez à demander ! Trop de nos jeunes filles ne sortent jamais. Ne supposez pas que certaines jeunes filles n’accepteraient jamais de sortir avec vous. Parfois, elles se demandent pourquoi personne ne leur demande de sortir. Demandez tout simplement et soyez prêts à passer à quelqu’un d’autre si la réponse est non.
Dans certaines parties du monde, l’une des tendances que nous observons est que nos jeunes se contentent de « traîner » en groupes plutôt que de sortir en couple. Il n’y a rien de mal à se rassembler souvent avec d’autres personnes du même âge, mais je ne sais pas si l’on peut réellement apprendre à connaître d’autres personnes quand on est toujours en groupe. Vous avez besoin d’apprendre à avoir une conversation avec une personne du sexe opposé. Une des meilleures façons de l’apprendre est d’être seul avec quelqu’un, de parler, disons, sans filet.
Les sorties n’ont pas besoin, et dans la plupart des cas, ne doivent pas être quelque chose de cher et de trop planifié. Lorsque ma femme et moi avons déménagé d’Allemagne à Salt Lake City, l’une des choses qui nous ont le plus surpris, était le processus compliqué et parfois stressant que les jeunes employaient pour demander ou accepter des sorties.
Soyez détendus. Trouvez des façons simples d’être ensemble. L’une des choses que je préférais faire quand j’étais jeune, c’était raccompagner une jeune fille à pied, après une réunion de l’Église. Souvenez-vous, votre but ne doit pas être de mettre une vidéo de votre sortie sur YouTube pour qu’elle soit vue de millions de personnes. Le but est de connaître quelqu’un et d’apprendre à tisser une relation sérieuse avec une personne du sexe opposé.
Maintenant, il y en a parmi vous, excellents jeunes membres de l’Église, qui ne se marieront jamais. Bien qu’ils soient dignes à tous égards, il se peut qu’ils ne trouvent jamais quelqu’un à qui ils seront scellés dans le temple du Seigneur dans cette vie. Les personnes qui n’ont jamais éprouvé ce désespoir ne peuvent pas vraiment comprendre la solitude et la douleur qu’elles pourraient ressentir. Je connais beaucoup de femmes qui veulent plus que tout être épouses et mères et elles ne peuvent pas comprendre pourquoi leurs prières n’ont jamais été exaucées. Beaucoup d’hommes célibataires se retrouvent aussi seuls, pour l’une ou l’autre raison.
Premièrement, je veux vous dire que vos prières sont entendues. Votre Père céleste connaît vos aspirations profondes. Je ne peux pas vous dire pourquoi les prières de quelqu’un sont exaucées d’une façon alors que celles d’une autre personne le sont différemment. Mais je peux vous dire ceci, vos justes aspirations seront exaucées.
Parfois il est difficile de distinguer quoi que ce soit du chemin au-delà de ce qui se trouve juste devant nous. Nous sommes impatients et nous ne voulons pas attendre la réalisation future de nos plus profondes aspirations. Néanmoins, la brève durée de cette vie n’est rien en comparaison avec l’éternité. Et si seulement nous pouvons espérer, faire preuve de foi et persévérer joyeusement jusqu’à la fin, là-bas, dans ce grand avenir céleste, nos justes aspirations seront exaucées bien mieux que nous ne pouvons le comprendre.
Entre-temps, n’attendez pas que quelqu’un d’autre complète votre vie. Cessez de douter de vous et de vous demander si quelque chose ne va pas chez vous. Au lieu de cela, cherchez à atteindre votre potentiel d’enfant de Dieu. Cherchez la connaissance. Investissez-vous dans un métier où vous vous réalisez et recherchez l’épanouissement au service des autres. Utilisez votre temps, vos talents et vos ressources pour vous améliorer et faire du bien aux gens qui vous entourent. Tout ceci fait partie de votre préparation pour le jour où vous aurez votre famille à vous. Immergez-vous dans votre paroisse ou votre branche et cherchez à magnifier vos appels, quels qu’ils soient.
La grande raison d’être de cette vie terrestre est d’apprendre à aimer pleinement notre Père céleste et nos semblables comme nous-mêmes. Si nous le faisons de tout notre pouvoir, de tout notre esprit et de toutes nos forces, notre destinée éternelle sera glorieuse et magnifique au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Soyez fidèles et les choses s’arrangeront d’elles-mêmes. C’est la promesse éternelle de notre Père céleste à tous ceux qui l’aiment et l’honorent.
Puis-je rester fidèle ?
Les jeunes ont une troisième question : « Puis-je rester fidèle ? » Certains doutent de l’existence de Dieu ou de la véracité de l’Église. D’autres cèdent à la tentation qui les entraîne loin de la sécurité du chemin étroit et resserré que suivent les disciples.
Quand j’étais pilote, j’ai souvent vu un phénomène météorologique intéressant se produire entre l’Europe et l’Afrique. On l’appelle zone de convergence intertropicale, une ceinture d’orages qui traversent l’équateur vers le nord et vers le sud, remplissant l’horizon de colonnes nuageuses qui s’élèvent en volutes menaçantes.
Je ne pouvais regarder ces nuages sans être fasciné par leur beauté et leur majesté. Ils s’élevaient en formations massives et noires ; à l’intérieur, des éclairs zébraient d’un bout à l’autre d’une lumière brillante, en une indescriptible furie de feu. Quel spectacle magnifique et fascinant !
Mais à votre avis, que font les pilotes quand ils approchent de ces tempêtes ? Ils les évitent, quelle que soit leur beauté ou leur attrait. Quand l’humidité des nuages augmente, il commence à geler et il se forme des grêlons de la taille de ballons de football qui peuvent perforer le métal et détruire un avion. Les turbulences violentes et les décharges électriques peuvent paralyser l’avion et son électronique.
Le même principe n’est-il pas vrai lorsque vous voyez des choses qui peuvent provoquer des dommages spirituels ? La tentation ne serait pas ce qu’elle est si elle n’était pas attirante, fascinante ou amusante. Mais, comme le pilote qui s’approche d’une tempête, vous devez apprendre à l’éviter, quelle que soit sa beauté ou son attrait.
En raison de son amour pour ses enfants, notre Père céleste nous a donné les commandements pour nous garder à distance sûre de ces tempêtes nuisibles. Il n’oblige aucun de ses enfants à marcher dans ses voies. Il vous permet de choisir par vous-mêmes et attend de vous que vous le fassiez. Mais sachez ceci : certains choix mènent à la catastrophe. Alors, choisissez le bien.
J’ajoute ma voix aux innombrables mises en garde à l’égard du terrible problème de la pornographie. Passez au large. Tenez-vous bien à l’écart. Concernant la pornographie, je vous dis les mêmes paroles que nous utilisions pour former nos pilotes au sujet des orages : « Évitez, évitez, évitez ! »
Ne pensez pas que vous pouvez entrer si peu que ce soit le nez de l’avion dans la tempête, ne flirtez pas avec la pornographie. N’oubliez pas que, souvent, les choses les plus repoussantes et destructrices, peuvent sembler attrayantes au début. Passez au large de ces choses qui peuvent vous mettre en danger.
Est-ce vrai ?
Et qu’en est-il des doutes et des questions ? Comment savoir que l’Évangile est vrai ? Est-il légitime de se poser des questions au sujet de l’Église et de sa doctrine ? Mes chers amis, nous sommes un peuple qui pose des questions, parce que nous savons qu’elles conduisent à la vérité. C’est la façon dont l’Église a commencé, à partir d’un jeune homme qui se posait des questions. En fait, je ne sais pas comment on peut découvrir la vérité sans poser de questions. Dans les Écritures, vous découvrirez rarement une révélation qui n’ait pas été donnée en réponse à une question. Chaque fois qu’une question se posait et que Joseph Smith n’était pas certain de la réponse, il demandait au Seigneur et les merveilleuses révélations des Doctrine et Alliances en sont le résultat. Souvent, la connaissance que Joseph recevait dépassait de beaucoup la question d’origine. Cela tient au fait que le Seigneur peut non seulement répondre aux questions que nous posons, mais, chose bien plus importante encore, il peut nous donner des réponses aux questions que nous aurions dû poser. Écoutons ces réponses.
L’effort missionnaire de l’Église s’appuie sur le fait que des personnes honnêtes posent des questions sincères. La recherche est à l’origine du témoignage. Certaines personnes peuvent se sentir mal à l’aise ou indignes parce qu’elles se posent des questions sérieuses concernant l’Évangile, mais c’est un sentiment qu’elles ne doivent pas éprouver. Poser des questions n’est pas un signe de faiblesse, c’est un préalable à la progression.
Dieu nous commande de chercher des réponses à nos questions (voir Jacques 1:5-6) et tout ce qu’il nous demande c’est de chercher « d’un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant foi au Christ » (Moroni 10:4). Si nous le faisons, la vérité de toutes choses peut nous être manifestée « par le pouvoir du Saint-Esprit » (Moroni 10:5).
N’ayez pas peur ; posez des questions. Soyez curieux, mais ne doutez pas ! Tenez-vous toujours fermement à la foi et à la lumière que vous avez déjà reçue. En raison des imperfections de la mortalité, tout ne va pas nous paraître sensé tout de suite. En fait, je pense que si c’était le cas, ce serait la preuve que tout cela a été conçu par un esprit mortel. N’oubliez pas que Dieu a dit :
« Mes pensées ne sont pas vos pensées et vos voies ne sont pas mes voies…
Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées » (Ésaïe 55:8-9).
Néanmoins, vous savez qu’un des buts de la mortalité est que nous devenions plus semblables à notre Père céleste, en pensées et en actions. Dans cette perspective, chercher des réponses à vos questions peut vous rapprocher de Dieu en fortifiant votre témoignage au lieu de l’ébranler. Il est vrai que « la foi n’est pas… une connaissance parfaite9 »(Alma 32:21), mais en l’exerçant, en appliquant les principes de l’Évangile, vous goûterez au doux fruit de l’Évangile et ce fruit vous permettra d’en connaître la véracité (voir Matthieu 7:16; Jean 7:17; Alma 32:41-43).
Vous êtes éternels
Il y aura toujours des voix pour vous dire que vous êtes insensés de croire que vous êtes des cygnes, insistant sur le fait que vous n’êtes que de vilains petits canards et que vous ne pouvez espérer devenir quoi que ce soit d’autre.
Mais vous savez bien que ce n’est pas vrai. Grâce à la parole révélée d’un Dieu miséricordieux, vous avez vu votre vrai reflet dans l’eau et vous avez entrevu la gloire éternelle de cet esprit divin qui vous habite. Vous n’êtes pas des êtres ordinaires, mes amis bien-aimés. Vous êtes glorieux et éternels.
Quelles que soient les circonstances ou les épreuves de la vie, je vous recommande de ne pas oublier qui vous êtes, d’où vous venez et où vous allez, car les réponses à ces questions vous apporteront vraiment de la confiance et un sens à votre vie.
Votre Père céleste vit. Il vous connaît. Ils vous parle en ces derniers jours par l’intermédiaire des prophètes et des apôtres. Le président Monson est le prophète du Seigneur sur la terre, à notre époque. Le Sauveur Jésus-Christ dirige cette Église. Je le sais. Il est à la tête de cette Église.
Aujourd’hui, je vous parle avec imperfection et un accent allemand, mais je vous assure que les mots qui pénètrent dans votre cœur, dans votre esprit et dans votre âme vous parviennent grâce à l’éloquence, à la pureté et au pouvoir du Saint-Esprit. Et par le Saint-Esprit vous pouvez connaître la vérité de toutes choses.
Mes chers frères, mes chères sœurs, mes chers amis, je vous aime. Je vous aime de tout mon cœur et je suis reconnaissant de ce que vous êtes et de votre bonté. En ma qualité d’apôtre du Seigneur, je vous bénis individuellement et collectivement afin que vous appreniez qui vous êtes réellement et ce que vous devez faire et être pour vivre une vie heureuse et épanouie.
Je prie et je vous bénis afin que, lorsque vous regardez votre reflet, vous puissiez voir au-delà des imperfections et des manques de confiance en vous et que vous puissiez reconnaître qui vous êtes vraiment : de glorieux fils et filles du Dieu Tout-puissant. Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.
© 2009 Intellectual Reserve, Inc. Tous droits réservés. Approbation de l’anglais : 10/08. Approbation de la traduction : 10/08. Traduction de The Reflection in the Water. French. PD50013492 140
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