La foi et les œuvres dans un monde profane
Keith B. McMullin,
Deuxième conseiller dans l’Épiscopat président
Veillée du DEE pour les jeunes adultes • 5 novembre 2006 • Université Brigham Young
Mes chers frères et sœurs, cela me rend perplexe de vous voir réunis, venant de tous milieux, et de nombreuses parties du pays ; et de penser que ce soir nous sommes assemblés dans le monde entier. Aujourd’hui et au moment de la rediffusion de cette réunion, les jeunes adultes de l’Église entière vont se réunir pour participer à cette veillée. C’est vraiment extraordinaire !
Un événement glorieux s’est produit lors de la conférence générale du mois dernier. Pour la plupart du monde cela est passé inaperçu, mais pour les personnes qui connaissent et aiment la vérité, cela a été aussi inoubliable que le bruit de dix mille tonnerres.
Essayez de vous rappeler la dernière session. Du choeur du tabernacle nous sont parvenus ces accents familiers :
Seigneur, merci pour le prophète
Qui nous guide en ces derniers jours.
Ô Dieu donne pour la conquête,
Ton constant soutien, ton secours1.
Tout à coup, les hommes et les femmes, les garçons et les filles, réunis dans le centre de conférence, se sont levés avec recueillement et reconnaissants des bénédictions mentionnées dans ce cantique. Nous nous sommes levés, reconnaissants que l’Évangile de Jésus-Christ ait été rétabli, que Dieu le Père et son Fils bien aimé aient parlé des cieux, que Joseph Smith ait été un prophète et que le président Hinckley soit le prophète du Seigneur sur la terre aujourd’hui.
Cela m’a beaucoup ému. Cela a été un moment où les citoyens du royaume de Dieu, agissant sous l’influence du Saint-Esprit, ont manifesté leur foi !
Plus tôt ce jour là, le président Hinckley, a parlé avec tendresse et gratitude de son âge avancé et de la santé qui en résulte. Exemple constant de fidélité, il a re-consacré sa vie aux desseins du Seigneur. Il a dit :
« Le Seigneur m’a permis de vivre, je ne sais pas pour combien de temps encore mais quelle que soit la durée, je continuerai de faire de mon mieux pour accomplir la tâche présente…
« …Nous continuerons tant que le Seigneur le voudra… Lorsque viendra l’heure de la succession, la transition se fera en douceur et sera conforme à la volonté de celui dont c’est l’Église. Ainsi nous allons de l’avant avec foi — et la foi est justement le thème dont j’aimerais discuter ce matin2 ».
Son message était opportun et inspiré. C’était un rappel spirituel de ce que la vie est vraiment, et de la manière dont les enfants de notre Père céleste peuvent surmonter tous les obstacles. Il s’adressait à un monde baignant dans le profane, l’incroyance et le péché.
Le profane
L’étude des matières profanes contribue grandement à l’amélioration du monde. La connaissance des matières profanes au plus haut niveau engendre une atmosphère de vertu, de responsabilité morale, de vérité spirituelle et de foi.
De nos jours, on parle beaucoup de sociétés profanes. Les gens et les pays s’enorgueillissent d’être profanes, d’être portés sur « les choses du monde, celles qui ne sont pas considérées comme religieuses, spirituelles ou sacrées3 ».
Une grande partie du monde aujourd’hui considère le profane comme essentiel à un gouvernement équilibré, juste et ordonné. Ainsi, il est déconseillé de parler de religion dans les forums publics ; les droits civiques dépendent de tribunaux et de procédés législatifs ; les hommes et les femmes recherchent volontiers des solutions et des recours par des voies juridiques. À l’extrême, une société profane ne tient pas compte du concept de la vie éternelle, met toutes les choses dans le contexte du monde naturel et, par conséquent, est encline à des oeuvres sans foi.
Il faut de la vigilance et de grands efforts pour être des hommes et des femmes de foi dans un monde profane. Quand l’homme est submergé par le monde, il est dans sa nature « d’imiter au début, puis d’embrasser ce qui le rassasie ou le gave4 ». Le profane submerge les gens et a des résultats similaires. Le profane a ce genre d’effet sur les gens aujourd’hui.
Non maîtrisé par la foi au Christ, le Rédempteur de l’humanité, ce monde profane ou naturel produit des hommes et des femmes « orgueilleux, obsédés par eux-mêmes, trop compétitifs, réactionnaires, farouchement indépendants, motivés par leurs désirs, leurs appétits et les louanges du monde... En général, l’homme naturel est une créature impénitente, un être qui marche... à la lumière de son propre feu [voir 2 Néphi 7:10-11]. Une telle personne s’adapte à la nature des choses qui l’entourent, prenant ses repères et ses appuis sur un monde déchu5... ». En bref : « Les hommes qui sont dans l’état de nature sont sans Dieu dans le monde » (Alma 41:11).
Étant donné que le profane ne fait généralement pas cas de la perspective éternelle, il peut, avec le temps, mener à l’incroyance. Comme l’a dit Wolfhart Pannenberg, professeur en théologie à l’université de Munich :
« Un climat général profane ébranle la confiance des chrétiens en la vérité de ce qu’ils croient...
« Dans un environnement profane, même la connaissance rudimentaire du christianisme y est en déclin. Le problème n’est plus le rejet des enseignements chrétiens ; de nombreuses personnes n’ont pas la moindre connaissance de ces enseignements... Plus l’ignorance quant au christianisme est grande, plus cela nuit au christianisme…
« …La difficulté est exacerbée par la relativisation culturelle de l’idée même de vérité… Pour beaucoup… la doctrine chrétienne n’est qu’une opinion avec laquelle on peut ou non être en accord, suivant ses préférences ou ses besoins personnels...
« …L’ordre social profondément profane engendre un sentiment de futilité6 ».
La foi au Christ est remplacée par la foi en l’homme. Non seulement on ne traite pas dans les discours publics et les réflexions personnelles les questions « d’où venons-nous ? », « Où allons-nous après cette vie ? », et « qu’est-ce qui régit réellement l’ordre actuel des choses ? », mais on les considère comme inutiles. Cet état d’incroyance devient une calamité aux proportions colossales.
Notre Père céleste savait que cela arriverait. Le rétablissement de l’Évangile a ranimé la foi en Jésus-Christ, le créateur, le Sauveur, et le Rédempteur. Il a restauré la compréhension exacte du but de la vie. En 1831, il a été dit aux enfants de notre Père céleste :
« C’est pourquoi, moi, le Seigneur, connaissant la calamité qui s’abattra sur les habitants de la terre, j’ai fait appel à mon serviteur Joseph Smith, fils, lui ai parlé du haut des cieux et lui ai donné des commandements.
« Afin que la foi grandisse sur la terre » (D&A 1:17,21).
Avant la fondation de ce monde, avant l’attribution d’une place aux éléments de l’univers, les hommes et les femmes avaient la vie, le mouvement et l’être (voir Actes 17:28). La pensée profane que la vie n’est rien d’autre que de la biologie, nie la vérité essentielle, la connaissance subconsciente demeurant dans les tréfonds de toute âme vivante, que « L’homme était aussi au commencement avec Dieu » ( D&A 93:29 ; italiques ajoutés). Ce fait est immuable et irréfutable.
Le paradis terrestre, avec nos premiers parents Adam et Ève, est venu par la suite, afin que l’homme puisse devenir un être complet, évolué et rendu parfait, grâce aux expériences de la condition mortelle et à la rédemption du Christ. L’époque des patriarches, l’avènement divin du Sauveur et son expiation infinie au midi des temps, et « aux temps du rétablissement de toutes choses » (Actes 3:21), qui a commencé en 1820, ont établi le cadre dans lequel hommes et femmes, garçons et filles, pouvaient à nouveau diriger leur vie et leur environnement par la « foi au Seigneur Jésus-Christ » (4ème Article de foi).
Mes chers jeunes amis, vous êtes à la jonction de ces événements mondiaux. « Le passé n’est qu’un prologue, et ce qui a été doit encore arriver7 ». Ce qui peut arriver, ce qui doit arriver est que votre foi et les oeuvres qui l’accompagnent ralentissent le déferlement de l’incroyance. C’est ce qui vous incombe ici-bas. C’est votre devoir sacré.
La référence de la foi
Notre maître a dit : « Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé… rien ne vous serait impossible » (Matthieu 17:20). Le président Hinckley nous rappelle,
« Tout compte fait, la seule vraie richesse de l’Église est la foi de ses membres8 ».
« C’est d’une foi plus grande que nous avons besoin pour faire progresser cette grande œuvre. Sans cette dernière l’œuvre stagnerait. Avec la foi, personne ne pourra l’empêcher de progresser9 ».
Ce genre de foi est plus qu’une attitude, plus qu’une croyance, plus qu’un témoignage de ce qu’on ressent ou connaît. La vraie foi, celle dont a parlé notre prophète bien-aimé, engendre la justice dans cette vie et le salut dans celle à venir. Elle est centrée sur le seul Dieu vrai et vivant et sur Jésus-Christ, qu’il a envoyé (voir Jean 17:3). Elle est basée sur la vérité, précédée de la connaissance, et rendue parfaite par les œuvres. Elle permet aux humains de comprendre et de se comporter comme des enfants de notre Père céleste. Cette foi… est le premier grand principe régisseur nous permettant d’avoir du pouvoir, de l’emprise et de l’autorité sur10 notre manière de penser, d’agir, et sur le genre d’hommes et de femmes que nous sommes.
L’apôtre Jacques nous donne la formule pour avoir une telle foi.
« Mes frères, que sert-il à quelqu’un de dire qu’il a la foi, s’il n’a pas les oeuvres ? …
« Mais quelqu’un dira : Toi, tu as la foi ; et moi, j’ai les oeuvres. Montre-moi ta foi sans les oeuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes oeuvres…
« …La foi sans les oeuvres est inutile…
« Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres, et que par les oeuvres la foi fut rendue parfaite » (voir Jacques 2:14-15, 17, 21).
On entend beaucoup parler de références. Une référence est « modèle d’excellence ou d’accomplissement… mesuré et jugé par rapport à des éléments similaires11 ».
Il y a quatre références qui peuvent aider chacun d’entre nous à savoir si notre foi personnelle au Christ est « rendue parfaite » par nos œuvres. Il s’agit (1) des choix que l’on fait, (2) du dévouement dont on fait preuve, (3) de l’obéissance que l’on met en pratique, et (4) du service que l’on rend. Je vais vous expliquer.
Les choix que l’on fait
Premièrement, la référence du choix. Les saints des derniers jours croient qu’ils doivent « être honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants, et vertueux… Ils recherchent tout ce qui est vertueux, ou aimable, tout ce qui mérite l’approbation ou est digne de louange » (13ème Article de foi ; italiques ajoutés).
Prenons l’exemple d’un jeune ancien que nous appellerons Bill. Il a appris cet Article de foi à la Primaire. Il y croyait à l’époque, et y croit encore. Il a cependant sombré un certain temps dans la pornographie. Il a succombé à ses attraits puissants et asservissants. Après chaque rencontre avec cet élément repoussant, il en était écoeuré, honteux et se sentait sans valeur.
Il a assisté à la conférence générale il y a quelques semaines. Pendant la session de la prêtrise, il a entendu le président Hinckley dire :
« Il n’est pas un homme, pas un garçon de cette vaste assemblée de ce soir qui ne puisse améliorer sa vie. Et cela doit être fait. Après tout nous détenons la prêtrise de Dieu…
« Associée à cette prêtrise est la grande obligation d’en être digne. Nous ne pouvons pas nous laisser aller à des pensées impures. Nous ne devons pas toucher à la pornographie. Nous ne devons jamais être coupables de sévices, quels qu’ils soient. Nous devons nous élever au-dessus de cela. ‘Élevez-vous, ô hommes de Dieu’ et laissez ces choses derrière vous et le Seigneur sera votre guide et votre soutien12 ».
Bill s’est décidé, « Il est temps pour moi de manifester ma foi! »
Il est allé à son lieu secret, a récupéré les images obscènes, les films et les publications vulgaires, et les a détruits. Il a purgé sa bibliothèque de toute musique forte, bruyante et contenant des paroles malsaines. Il a effacé de son ordinateur tous liens de sites pornographiques, a installé un filtre protecteur, et a placé son ordinateur dans un endroit bien en vue afin d’être plus fort et d’éviter de commettre à nouveau ce péché.
Il a reconnu ses transgressions devant Dieu. Il a prié avec ferveur pour avoir la force de se repentir pour éradiquer ce mal de sa vie. Il a cherché de l’aide auprès de son évêque et de ses êtres chers. Dans son malheur, il a ressenti la douce assurance, « Mon fils, tu es sur le bon chemin ». Grâce à ses œuvres, sa foi est en train de s’affirmer et de se consolider.
Il y a encore beaucoup à faire. Il faudra jeûner, prier, étudier les Écritures, et passer par les pleurs. Un bon évêque sera une aide indispensable. La fidélité et les prières des parents et des êtres chers apporteront un soutien nécessaire. Toutefois, la référence démontre que Bill commence à exercer la foi qui produit le repentir — il a fait le bon choix !
Le dévouement dont on fait preuve
Deuxièmement, la référence du dévouement. Les saints des derniers jours croient « tout ce que Dieu a révélé, tout ce qu’il révèle maintenant », et croient « qu’il révélera encore beaucoup de choses grandes et importantes concernant le royaume de Dieu ».
« Nous croyons au rassemblement littéral d’Israël et au rétablissement des dix tribus. Nous croyons que Sion (la nouvelle Jérusalem) sera bâtie sur le continent américain » (9ème et 10ème Article de foi) que les hommes et les femmes sont « appelés de Dieu par prophétie » et autorité divine pour accomplir cette œuvre (5ème Article de foi).
Le véritable dévouement est lié aux causes divines instaurées avant la fondation du monde. Des ancêtres justes s’y sont ralliés, et ont donné leur vie pour servir les desseins de notre Père céleste. On nous a confié la tâche de continuer, de construire sur leur oeuvre consacrée.
À présent je raconterai une histoire que certains d’entre vous connaissent.
En 1856, Robert et Ann Parker et leurs quatre enfants ont entrepris le voyage depuis l’Angleterre pour rejoindre les saints en Utah. Un prophète avait parlé, leurs tâches étaient de se rassembler au Grand bassin et d’aider à la construction de Sion. Ils faisaient partie du convoi de charrettes à bras Mac Arthur, et avaient chacun une part de travail. Le père et la mère tiraient la lourde charrette, Maxie (âgée de douze ans) poussait, et Martha (âgée de dix ans) prenait soin du petit Arthur (âgé de six ans). Ada (âgée de un an) qui faisait ses premiers pas, était transportée dans la charrette.
Quelque part au Nebraska, le petit Arthur s’est assis pour se reposer et s’est endormi. Une tempête soudaine s’est levée. Le convoi s’est dépêché et à dressé le camp. C’est à ce moment que ses parents ont découvert qu’Arthur n’était pas avec les autres enfants.
Ils ont cherché pendant des jours mais en vain. Le convoi devait avancer. C’était le moment pour Robert et Ann d’agir conformément à leur foi. Archer Walters a écrit ceci dans son journal, le 2 juillet 1856 : « Le petit garçon de frère Parker… est perdu et son père est retourné le chercher. »
Au moment du départ de Robert, Ann lui a accroché sur les épaules, un châle brillant et rouge, et lui a dit : « Si tu le trouves mort, enveloppe-le dans le châle pour l’enterrer. Si tu le trouves vivant, tu pourras t’en servir comme d’un drapeau pour nous faire signe. » Elle et les autres enfants ont pris la charrette, et ont continué d’avancer avec peine avec le convoi.
Robert a refait les kilomètres de piste en forêt, appelant, cherchant et priant pour leur fils, livré à lui-même. Finalement il est parvenu à un comptoir commercial où il a appris que leur enfant avait été soigné par un forestier et sa femme. Le petit Arthur était tombé malade en raison de la peur et du froid, mais Dieu avait entendu les prières de ses parents aimants.
Chaque soir sur la piste, Ann et ses enfants veillaient. Le troisième soir, quand les rayons du soleil couchant ont reflété la lueur d’un châle brillant et rouge, cette brave mère s’est effondrée pitoyablement sur un tas de sable. Extenuée, elle a pu dormir pour la première fois en six longs jours et six longues nuits13. Dieu avait vraiment été bon et miséricordieux ; leurs œuvres récompensaient leur dévouement et sanctifiaient leur foi, et le coeur joyeux, les saints ont chanté « Tout est bien14 ».
La petite Ada, ma grand-mère, est devenue une femme et a épousé mon grand-père, Brigham Young McMullin. Voici maintenant la morale. Elle n’a jamais permis à ses enfants d’oublier qu’elle et sa famille ont traversé les plaines avec le convoi de charrette à bras Daniel D. MacArthur. L’histoire du châle rouge est devenue nôtre — le patrimoine de leur foi est également devenu nôtre. « Ainsi nous continuons tous15 » et de grands obstacles disparaissent comme la rosée avant le soleil du matin.
Voici ce que démontre la référence de ces premiers saints : Leurs œuvres étaient une référence en matière de foi, leur dévouement, un modèle à suivre par leur postérité.
L’obéissance que l’on met en pratique
Troisièmement, la référence de l’obéissance. Les saints des derniers jours croient que « grâce au sacrifice expiatoire du Christ, tout le genre humain peut être sauvé en obéissant aux lois et aux ordonnances de l’Évangile » (3ème Article de foi ; italiques ajoutés).
À présent prenons l’exemple d’un jeune couple, représentatif de ce monde profane. David et Michelle connaissaient cet article de foi bien avant de se connaître. Pourtant, ils ont des difficultés qu’ont beaucoup de personnes écoutant cette diffusion. Voyez-vous, David et Michelle ont entre vingt-cinq et trente ans. Ils se connaissent depuis un certain temps, ils sortent ensemble, et sont amoureux. Néanmoins, ils sont indécis quant au fait de se marier et de fonder une famille. Doivent-ils repousser le mariage jusqu’à ce qu’ils aient terminé leurs études, jusqu’à ce qu’ils aient davantage d’argent, jusqu’à ce qu’ils aient réalisé certaines de leurs ambitions personnelles ?
Ils se posent aussi des questions face à la grimpée du nombre de divorces, aux guerres, aux conflits dans le monde et à la surpopulation. Leur mariage survivra-t-il ? Doivent-ils faire venir des enfants dans un monde pareil ?
Ah, David et Michelle, exercez votre foi ! Souvenez-vous que « le mariage de l’homme et de la femme est ordonné de Dieu16 », que « l’homme ne sépare pas ce que Dieu a joint » (Matthieu 19:6 ; voir aussi D&A 132:19-20), que « des fils sont un héritage de l’Éternel » (Psaumes 127:3), que « la terre est pleine, et il y a assez, et même en réserve » (D&A 104:17).
Agissez selon ce que vous savez être vrai et vos œuvres de justice rendront votre foi parfaite. Votre vie sera productive et merveilleuse. Suivez le bon exemple de vos parents. Ils n’avaient pas les moyens de se marier, mais ils l’ont fait. Eux aussi se sont souciés des guerres et des conflits, mais ils ont fait preuve de foi et vous ont eu ! Les exigences du mariage et de la vie de famille ne les ont pas détournés de leurs études mais les ont enrichies. Comme pour leurs ambitions personnelles, elles sont absorbées complètement et volontiers par leur bien-être, le vôtre, celui de vos frères et soeurs, et celui des petits-enfants.
La vie n’a pas été facile pour vos parents. Ils ont du s’oublier et économiser, faire avec ce qu’ils avaient. Eux aussi ont rencontré des problèmes et des situations qu’ils ne pouvaient résoudre, mais ils savaient que le chemin ordonné par le Dieu Tout-Puissant, décrétait d’avancer. Grâce à cela, vous êtes tellement plus « forts » !
D’après les histoires qu’ils vous ont racontées des dizaines de fois, vous savez que tout pour eux a été difficile, il n’y a eu que des montées et pas des descentes. Toutefois, leurs œuvres ont sanctifiées leur foi.
Ils sont plus âgés, c’est sûr. Ils ne sont plus aussi lestes, leur vie n’est plus aussi intense, leur aspect n’est pas ce que les publicitaires ont l’habitude de réclamer à grands cris. Toutefois, leur amour pour Dieu et celui qu’ils ont l’un pour l’autre, est un reflet profond de respect et d’adoration. Les cicatrices de la vie les ont dotés de sagesse, de patience et de reconnaissance. Par de petits moyens mais qui ont leur importance, ils ont développé « une assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Hébreux 11:1) — des choses qu’ils ne pouvaient pas voir auparavant. Ils ont néanmoins obéi. En faisant preuve de foi, ils se sont fait sceller au temple, ont eu la bénédiction d’avoir des enfants et connaissent à présent les vraies sources du bonheur. La référence démontre que l’obéissance suscite les bénédictions du ciel — cela a été le cas pour vos parents et il en sera de même pour vous.
Le service que l’on rend
Quatrièmement, la référence du service. Les saints des derniers jours croient « en Dieu, le Père éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit…
« Nous croyons que le Christ règnera en personne sur la terre, que la terre sera renouvelée et recevra sa gloire paradisiaque » (1er et 10ème articles de foi).
Nous savons plus au sujet de la divinité qu’aucun esprit d’homme n’a pu concevoir — et ce que nous savons est vrai. De plus, nous connaissons les desseins de la Divinité pour cette terre et tout ce qui l’habite. En raison de ce que nous savons, et parce que le Seigneur a placé sur nos épaules la responsabilité sacrée de l’aider à réaliser ses desseins, nous ne devons pas prendre à la légère notre appartenance à l’Église.
Certains sont tentés d’être moins engagés par peur de paraître trop religieux. Ils considèrent « l’Église comme une institution mais pas comme un royaume17 ». « Ô jeunesse pure et fière18 » placez l’œuvre de l’Église et du royaume de Dieu au coeur de votre vie ! Lorsqu’on vous appelle à servir, dites « Oui », et faites de votre mieux. Écoutez l’exhortation suivante du Seigneur : « Ne cherchez donc pas les choses de ce monde mais cherchez premièrement à édifier le royaume de Dieu et à faire régner sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Voir Matthieu 6:38).
Le 9 novembre, dans quatre jours à peine, cela fera cent cinquante ans que les malheureux pionniers du convoi de charrettes à bras Willie, ont pénétré avec peine dans la vallée du lac Salé. Ils auront connu de grandes souffrances et la mort. Les tempêtes et leur état affaibli auront eu raison de beaucoup d’entre eux — mais les sauveteurs en auront sauvé beaucoup plus.
Levi Savage faisait partie de ceux qui sont arrivés ce jour-là. L’histoire rapporte ses œuvres de foi et de persévérance pour sauver les saints et les amener en sécurité dans la vallée. Toutefois, son noble service n’a pas débuté dans les plaines enneigées du Wyoming. Ce n’était qu’un autre chapitre, peut-être le couronnement d’une vie consacrée au service.
Levi s’est fait baptiser en juin 1846, à l’âge de vingt-six ans. En réponse à l’appel du prophète d’aller vers l’Ouest, il a écrit : « Nous nous sommes préparés du mieux que nous le pouvions à un long voyage dans une contrée étrangère, tout à fait inconnue… Nous avons dit adieu à la veille ferme familiale… et nous avons pris la direction de l’Ouest, sans connaître la destination, nous attendant seulement à ce qu’elle se situe dans l’ouest sauvage des montagnes Rocheuses19 ».
Le 16 juillet, 1846, lui, ainsi que d’autres hommes vaillants, ont répondu une nouvelle fois à l’exhortation du prophète, se sont engagés dans le bataillon mormon et ont fait trois mille deux cents kilomètres à pied de Council Bluffs, en Iowa, à San Diego, en Californie, puis ils ont continué jusqu’à Los Angeles. Là ils ont été libérés du service gouvernemental. Même s’ils n’avaient aucunes nouvelles de leur foyer ni de leur famille, ils ont commencé leur marche en direction de la vallée du grand lac Salé. Levi Savage a parcouru deux mille cent kilomètres supplémentaires, un chemin cahoteux et hostile mais il a fini par arriver dans la vallée du lac Salé.
Là, Levi a défriché, a combattu les sauterelles, s’est marié, a eu un fils et a enterré sa femme quelques mois après la naissance de ce dernier. À la conférence d’octobre 1852, dix mois après la mort de sa femme, lui et plusieurs autres frères fidèles, ont été appelés par le prophète à ouvrir une mission d’évangélisation au Siam (Thaïlande actuelle).
Cette fois-ci ils ont voyagé par équipe et en chariot jusqu’au sud de la Californie et à l’océan Pacifique. Peu de temps après, ils ont pris le bateau de San Francisco jusqu’à Calcutta, en route pour le Siam. Ce qui est écrit dans le journal de Levi, le 29 janvier 1853, nous permet d’entrevoir ce qu’il y avait dans le cœur de ces premiers missionnaires. Il a écrit :
« Notre superbe bateau, poussé par une légère brise sur une mer furieuse, a mis le cap sur notre lieu de destination ; laissant derrière nous notre pays natal tant aimé… Chacun a cherché un coin pour méditer et, une fois trouvé, a songé au confort de son foyer, aux marques de tendresse de sa femme, de ses enfants ou de ses amis... Mais à présent, il était appelé à s’établir dans une région éloignée du monde, et pour quelle raison ? Pour amasser de l’or et de l’argent ou pour s’assurer les honneurs, le faste et la magnificence de ce monde ? Non, absolument pas ! Mais pour obéir au commandement du Seigneur de porter le message de la vérité et… le salut aux nations plongées dans les ténèbres et la superstition. Peu après, chacun s’est couché sur son lit de camp pour se reposer. Mais qu’il soit endormi ou éveillé, son esprit continuait à s’attarder sur les réalités du passé et les perspectives d’avenir20 ».
Après sa mission, Levi est rentré chez lui par bateau en passant par Boston, au Massachusetts, puis s’est rendu à son lieu de naissance, à Greenfield, en Ohio, et a écrit ce qui suit à son arrivée : « J’ai fait le tour du monde21 ». Il s’est joint au convoi de charrettes à bras Willie, à Iowa City, en Iowa, ce qui a marqué le début d’une saga d’importance éternelle pour lui, sa famille et l’Église entière. Ses œuvres dans cette épopée ont couronné une vie de sacrifice et de service. De ces pionniers la référence démontre que leur foi et leurs œuvres étaient un phare dans un monde incroyant, leur service un modèle que nous devons tous suivre.
Nous sommes émus par les paroles du pasteur Frederik W. Faber :
« Foi de nos pères, toujours vivante,
En dépit des cachots, du feu et de l’épée ;
Ah, que nos cœurs battent vite de joie
À l’écoute de cette expression glorieuse.
Foi de nos pères, nous lutterons
Pour convertir tous les pays à toi,
Et par la vérité qui vient de Dieu,
L’humanité sera alors vraiment libre.
Foi de nos pères, nous aimerons
L’ami comme l’ennemi dans toutes nos luttes,
Et lui prêchant, aussi, comme sait le faire l’amour,
Avec des mots gentils et une vie vertueuse.
Foi de nos pères, foi sacrée,
Nous te serons fidèles jusqu’à la mort22 ! »
Je vous rends témoignage, mes chers frères et sœurs : Dieu est dans les cieux, son nom est Élohim, et il connaît tous ses enfants, indépendamment de leur origine ou du lieu où ils vivent. Jésus, le Saint d’Israël, est son fils bien-aimé, le Rédempteur de l’humanité. Joseph Smith, un jeune garçon, a été appelé par la voix de Dieu et de son saint Fils comme prophète, et suite à cet appel l’Église et le royaume de Dieu véritables ont été rétablis sur terre. Combien nous sommes bénis de connaître ces choses, et vous, mes chers frères et sœurs, vous êtes à la jonction de l’histoire. Vous venez de royaumes de gloire. Vous avez la tâche particulière d’être fidèles à la foi, d’aller de l’avant en faisant de bonnes oeuvres. Faites ce que les prophètes disent. Les générations passées s’y attendent ; les générations actuelles sont sauvées grâce à cela ; les générations futures en dépendent et le Saint-Esprit vous conduira à chaque pas.
Au nom de Jésus-Christ. Amen.
NOTES
1. « Seigneur, merci pour le prophète » (Cantiques, n° 10).
2. Le Liahona, juillet 2006, p. 56 ; italiques ajoutés.
3. Random House Webster’s Unabridged Dictionary, 2ème édition (2001), « secular », p. 1731.
4. Alexander Pope, An Essay on Man, épître 2, vers 220.
5. Book of Mormon Reference Companion, édition Dennis L. Largey, (2003), p. 582.
6. « How to Think about Secularism », First Things, juin-juillet 1996, p. 27, 30, www.firstthings.com/ ftissues/ft9606/articles/pannenberg.html.
7. Boyd K. Packer, réunion de formation des Autorités générales, octobre 2006 ; voir William Shakespeare, The Tempest, édition W. J. Craig, Oxford Shakespeare (1924), acte 2 scène 1, vers 261.
8. L’Étoile, juillet 1991, p. 56.
9. Le Liahona, juillet 2006, p. 56.
10. Joseph Smith, comp., Lectures on Faith (1985), p. 5 et 8.
11. Random House Webster’s Unabridged Dictionary, « benchmark », p 193.
12. L’Étoile, juillet 2006, p. 56.
13. Voir Boyd K. Packer, Memorable Stories and Parables by Boyd K. Packer (1997), p. 4-6.
14. « Venez, venez, sans craindre le devoir », Cantiques, n° 18.
15. « En avant! », Cantiques, n° 165.
16. La famille : Déclaration au monde », L’Étoile, février 1996.
17. Neal A. Maxwell, « Prenez dans votre cœur la résolution », L’Étoile, octobre 1992, p. 80.
18. « En avant! », Cantiques, n° 165.
19. Levi Savage Jr. Journal, comp. Lynn M. Hilton (1966), xii.
20. Levi Savage Jr. Journal, p. 5 ; italiques ajoutés.
21. Levi Savage Jr. Journal, p. 59.
22. « Faith of Our Fathers », Hymns, n° 84.
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