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Repousser ce qui est du monde

Dallin H. Oaks
du Collège des Douze
avec Kristen M. Oaks
Veillée du DEE pour les Jeunes Adultes • 4 novembre 2007 • Institut de religion de Pocatello

Dallin H. OaksNous sommes ravis, sœur Oaks et moi, d’être ici, à Pocatello et de nous trouver ce soir à l’institut de Pocatello (Idaho) pour une veillée qui est diffusée dans de nombreux endroits du monde. Pour les auditoires qui ne sont pas ici, je précise que nous avons un groupe très nombreux de jeunes adultes dans la région de Pocatello, 10 000 approximativement, et environ 7 000 d’entre eux étudient à l’université d’État d’Idaho, dont le président, Arthur Vailas, ainsi que sa femme sont avec nous ce soir. Le nombre d’étudiants inscrits à l’université d’État d’Idaho est d’environ 14 000. Les saints des derniers jours en constituent donc environ la moitié. Nous avons une remarquable communauté de saints des derniers jours dans le sud-est de l’Idaho, et nous nous estimons particulièrement bénis d’être ici aujourd’hui pour cette veillée du DEE diffusée par satellite.

Sortir en couple ou traîner en groupe, revisité

Quand je me suis adressé à cet auditoire lors d’une veillée du DEE en mai 2005, j’ai parlé des sorties en couple et de traîner en groupe. Cela a suscité tant de réactions qu’il me semble bon de revenir sur ce sujet avant de passer au sujet principal de mon discours ce soir.

Pour ceux qui n’ont pas entendu ce discours et pour rafraichir la mémoire de ceux qui l’ont entendu, je vous en donne un bref résumé.

Premièrement, j’avais dit que j’étais préoccupé, comme d’autres observateurs, par la tendance de beaucoup de jeunes âgés de vingt à trente ans, à remettre à plus tard les responsabilités du mariage et de la vie de famille.

Deuxièmement, J’avais exprimé l’opinion d’observateurs bien informés, que les sorties en couple ont quasiment disparu des campus universitaires et parmi les jeunes en général. Elles ont été remplacées par ce qu’on appelle « traîner avec des copains ». J’avais expliqué la différence entre traîner avec des copains et sortir en couple, pour ceux qui ne connaissent pas la différence. L’une des lettres qu’on m’a envoyées après mon discours, émanant d’une dame d’ici, d’Idaho, donnait une nouvelle et meilleure définition de « traîner en groupe ». Elle disait : « c’est être oisifs en groupes ».

Troisièmement, J’avais expliqué pourquoi les sorties en couple sont devenues difficiles et impopulaires.

Ensuite, j’avais donné le conseil suivant, que je cite de mon discours :

« Vous les hommes, si vous êtes rentrés de mission et qui suivez toujours le conseil concernant les rapports entre garçons et filles qu’on vous a donné lorsque vous étiez adolescents, il est temps maintenant de mûrir. Rassemblez votre courage et cherchez quelqu’un que vous pourrez épouser. Commencez par faire des sorties à deux en faisant une variété de choses avec diverses jeunes filles ; et lorsqu’il en découlera de bonnes perspectives, passez alors à ce qu’on appelle les fréquentations suivies. Le moment est venu d’envisager le mariage. C’est ce que le Seigneur a en vue pour ses fils et filles jeunes adultes. Les hommes ont l’initiative, alors jeunes gens, vous devez la prendre. Si vous ne savez pas ce qu’est une sortie en couple, cette définition du terme par ma petite-fille de 18 ans vous aidera. Une sortie en couple doit satisfaire à trois critères : Une sortie à deux doit être (1) préparée à l’avance, (2) payée [coutume locale ; N.d.T.] et (3) être en couple.

« Jeunes femmes, résistez à l’idée de traîner en groupe mixte et encouragez les rendez-vous simples, peu coûteux et fréquents. N’encouragez pas les jeunes gens à traîner en groupe dans des situations où c’est vous qui fournissez les rafraîchissements. N’encouragez pas les pique-assiettes. Une activité de groupe une fois de temps en temps, c’est bien, mais si vous remarquez des hommes dont c’est la seule manière de rencontrer le sexe opposé, je pense que vous devriez verrouiller le garde-manger et la porte d’entrée.

« Si vous le faites, vous devriez aussi mettre un mot à la porte qui dit : ‘On n’ouvre que pour des sorties à deux’ ou quelque chose dans ce genre-là. En outre, jeunes filles… pour persuader les jeunes gens de vous demander plus souvent de sortir, nous devons comprendre, les uns et les autres, que faire une sortie n’implique pas un engagement de continuer à le faire.

« Mes jeunes amis célibataires, nous vous conseillons de canaliser vos fréquentations des personnes du sexe opposé, pour que ce soit des sorties à deux qui puissent éventuellement aboutir au mariage, et ne vous limitez pas à traîner en groupe, ce qui ne peut aboutir qu’à des rencontres de sports d’équipe comme le base-ball. Le mariage n’est pas une activité de groupe – du moins pas avant la naissance d’un certain nombre d’enfants » (« The Dedication of a Lifetime », veillée du DEE pour les jeunes adultes du 1er mai 2005).

Fin de citation de mon discours d’il y a deux ans et demi.

Que s’est-il passé après ? J’ai reçu des lettres de remerciements, de femmes surtout. « Vous avez bien compris », m’ont dit beaucoup d’entre elles. Certaines ont décrit ce que l’une d’elles a appelé « la situation lamentable des sorties de couple… parmi les jeunes adultes seuls, en général ». Quelques jeunes gens se sont plaints que les jeunes filles refusaient de sortir avec eux, ou que c’était les jeunes filles qui n’étaient pas intéressées à s’engager vers la vie de famille.

Une lettre disait : « Beaucoup de jeunes adultes célibataires dans l’Église sont frustrés par cette habitude de traîner ensemble… mais ils se sentent impuissants à changer tout le système tout seuls. » Cette jeune femme m’a remercié d’avoir donné à chacun de nous ce qu’elle appelait « la responsabilité d’agir », et a ajouté qu’elle avait trouvé des façons de décourager de l’habitude de traîner ensemble et d’encourager celle de sortir ensemble à la place. Comme exemple, dans une autre lettre d’une jeune fille (et c’est ma lettre préférée), il y avait une photo du panneau sur la porte de son appartement qui disait : « J’ouvre pour les demandes de sorties à deux !!! ».

Une autre jeune fille a rapporté que sa sœur avait épousé un homme qu’elle avait rencontré en traînant en groupe. Ils n’avaient pas eu beaucoup de rendez-vous ensemble, si bien que dans des occasions sociales ils n’avaient pas appris à former un couple. Maintenant leur mariage est en difficulté parce que chacun d’eux continue à traîner en groupe, lui avec les garçons, et elle avec les filles.

Le temps ne me permet pas de mentionner beaucoup de ces lettres, mais je vous en propose une de plus parce qu’elle évoque probablement des expériences typiques. Cette lettre est arrivée un an environ après mon discours. Elle était signée par un couple qui me remerciait de son heureux mariage. Ces jeunes mariés me disaient qu’ils étaient à l’époque tous les deux étudiants de troisième cycle et amis dans une paroisse de jeunes célibataires. Il lui avait demandé si elle voudrait bien sortir avec lui pour s’amuser et mieux se connaître. Après y avoir réfléchi plusieurs jours, elle lui a dit que cela ne l’intéressait pas.

Quelques mois se sont écoulés, et puis mon discours à cette veillée a fourni l’élan nécessaire. Ils m’ont écrit : « Pendant cette veillée, vous nous avez fait remarquer que pour ‘faciliter une demande de sortie à deux, il fallait éviter d’indiquer qu’une sortie était quelque chose de très sérieux et que, pour persuader les jeunes gens de proposer plus souvent de sortir, nous devons comprendre, les uns et les autres, que faire une sortie n’implique pas un engagement de continuer à le faire’.

Je cite la suite de la lettre : « Immédiatement après cette veillée [elle] m’a abordé et m’a demandé si l’on pouvait parler. » Elle lui a dit qu’elle avait réfléchi à l’idée de sortir avec lui et que, s’il était toujours intéressé, elle pouvait essayer. Je reprends leur lettre : « Nous avions encore beaucoup de choses à apprendre sur l’un et l’autre, et beaucoup de changements à faire. Nous nous sommes mariés au mois de mai suivant au temple de Washington DC. Votre conseil direct et clair nous a aidés à comprendre que les sorties ensemble étaient des occasions de mieux nous connaître, et pas un engagement immédiat d’une relation à long-terme ou d’un mariage. » (C’est exact !)

Comme j’ai dit dans mon discours : « Les sorties à deux, simples et fréquentes, permettent aux jeunes hommes et aux jeunes femmes de faire la connaissance de beaucoup d’autres personnes, d’une manière qui leur permet de faire une évaluation profonde des possibilités. La bonne vieille sortie à deux était une manière merveilleuse de connaître une personne du sexe opposé. Cela encourageait la conversation. Cela vous permettait de voir comment vous traitiez les autres, et comment vous-même étiez traité en tête à tête. Cela vous donnait des occasions d’apprendre comment nouer et maintenir une relation mûre. Rien de cela n’arrive quand on traîne en groupe seulement » (The Dedication of a Lifetime).

Maintenant, je vous présente celle qui a bien voulu sortir avec moi ce soir, ma femme Kristen.

Kristen M. Oaks

Bonsoir. Je suis très heureuse que frère Oaks me considère encore comme la jeune femme avec qui il aime sortir. Jeunes filles, l’espoir est sans fin ; et c’est vrai pour vous aussi, jeunes gens. Nous vous aimons et nous sommes extrêmement honorés d’être avec vous, magnifique et noble génération montante de l’Église. Vous êtes l’avenir et vous êtes magnifiques. Tant de joie et de beauté vous attendent.

Nous savons aussi que le célibat s’accompagne de difficultés toute particulières : décisions sur les études, le mariage et dévouement à votre famille et à votre religion. Ce soit, je vais traiter de quatre points qui me tiennent à cœur : (1) Votre capacité de fortifier votre foyer et votre famille, (2) votre capacité de vous édifier et de vous inspirer les uns les autres, (3) le temps que vous passez dans une paroisse de célibataires ou comme célibataire dans votre paroisse d’origine et (4) comment décider avec qui vous allez sortir.

Premièrement, le Seigneur compte sur vous pour l’aider à accomplir l’exaltation de votre famille éternelle. Sœur Mary N. Cook a traité de ce sujet lors de la conférence d’octobre 2007. Elle a dit : « Toutes les familles ont besoin d’être fortifiées, de la famille idéale à la famille qui est le plus en difficulté. Vous pouvez être celui ou celle qui la fortifie » (« Fortifier le foyer et la famille », Le Liahona, novembre 2007, p. 11).

Je tiens à témoigner que ce qu’elle a dit est vrai. Votre énergie, votre enthousiasme et votre exemple ont un immense effet sur votre famille. Même si vous les communiquez par lettre ou par téléphone. Les jeunes célibataires de ma famille sont un ravissement et leur consécration, leur dévouement, leur sens de l’humour et leur foi constituent un ciment qui lie littéralement notre famille. Je cite sœur Cook : « L’exemple de votre droiture fortifiera votre famille » (Le Liahona, novembre 2007, p. 11). Vous comptez et vous pouvez faire changer les choses.

Deuxièmement, soyez bons les uns envers les autres. Nous avons désespérément besoin de paroles gentilles, de paroles d’encouragement. Ces paroles peuvent venir de vos lèvres. Commencez dès maintenant à les employer et elles constitueront une bénédiction éternelle.

Mes frères, je m’adresse à vous, ne craignez jamais d’édifier les gens qui vous entourent. On se souviendra très longtemps de ce que vous direz. Frère Oaks a écrit dans son annuaire du lycée des paroles élogieuses à une jeune fille qui, quand elle a été adulte, est devenue présidente d’une auxiliaire générale de l’Église. Plus de cinquante ans après qu’il les a écrites, elle a cité ces paroles dans sa biographie.

Nous avons tous besoin d’encouragement. Mes sœurs, vous êtes entourées de tant de jeunes gens beaux, bons et droits. (Cela m’a été rappelé quand je suis allé au guichet de service au volant de la banque, la semaine dernière et que j’ai vu deux nobles détenteurs de la prêtrise sur l’écran.) Sœurs, vos paroles d’encouragement et votre capacité de voir le potentiel et la bonté des autres, en particulier des hommes qui vous entourent, seront très bénéfiques. Nous progressons et nous nous épanouissons quand on nous fait des compliments et qu’on nous apprécie. Les paroles gentilles et sincères sont un cadeau que vous faites à vous-mêmes et aux autres et elles auront des retombées dans votre mariage.

Troisièmement, beaucoup d’entre vous sont dans des paroisses de célibataires. Il n’y a pas d’Église à part pour les célibataires ; il peut y avoir des paroisses ou des branches pour les célibataires, mais nous faisons tous partie de la même Église. Il peut y avoir beaucoup de joie à assister à une paroisse pour célibataires : activités, fêtes, projets de service et direction spirituelle. Il y a des occasions de tisser des liens avec des gens qui ont des intérêts semblables aux vôtres et de vous faire de nouveaux amis. Cependant, dans ce cadre où il est possible de rencontrer son futur conjoint, avec un temps assez limité, certains célibataires consacrent presque toute leur énergie à la recherche frénétique d’un mari ou d’une femme. Au lieu de profiter de cette période unique pour rencontrer des gens qui sont eux aussi célibataires, ils sont préoccupés par la peur persistante de ne pas se marier. Ils deviennent plus frustrés et préoccupés par leur célibat.

Vous êtes dans la fleur de l’âge ; pas de rides, du temps libre à volonté et un monde qui regorge de possibilités. Vous voulez prendre des décisions qui comptent. Mais ces décisions semblent parfois difficiles à prendre. Pourquoi est-ce si difficile ?

Jeffrey R. Holland a traité de ce problème quand il a parlé aux missionnaires de leurs difficultés dans le champ de la mission. Il a parlé du prix que nous devons payer pour retourner auprès de notre Père céleste. Son conseil s’applique à quiconque s’efforce de connaître et de servir Dieu. Beaucoup des missionnaires à qui il s’adressait étaient découragés devant leur peu de réussite et se demandaient si leur mission en valait la peine. Ils ont demandé : « Pourquoi est-ce si dur ? Pourquoi est-ce que ça ne va pas mieux ? Pourquoi ne réussissons-nous pas plus rapidement ? Pourquoi n’y a-t-il pas plus de gens qui se joignent à l’Église ? C’est la vérité… Nous croyons aux miracles. Pourquoi les gens ne se joignent-ils pas en masse à l’Église ?... Pourquoi est-ce que ce n’est pas plus facile ? »

Frère Holland a répondu : « J’ai beaucoup réfléchi à personnel ; ce n’est pas la doctrine de l’Église… Je suis convaincu que l’œuvre missionnaire n’est pas facile parce qu’on ne peut pas obtenir le salut à bas prix... » (Et j’ajouterai que l’expérience universitaire, ou cet âge de la vie, n’est pas facile parce qu’on ne peut pas l’obtenir à bas prix.) « Le salut n’a jamais été facile. Nous sommes l’Église de Jésus-Christ, c’est la vérité et il est notre grand Chef éternel. Comment pourrions-nous croire… que ce serait facile pour nous alors que cela n’a jamais été facile pour lui ? « Comment pourrions-nous rendre un témoignage émouvant, durable de l’Expiation si nous n’en avons jamais rien connu ni ressenti ? En tant que [membres et] missionnaires, nous sommes fiers de dire que nous sommes disciples du Christ, et nous le sommes. Mais - faites attention à mes paroles - cela signifie que nous devons être prêts à parcourir un peu du chemin qui a été le sien, à ressentir un peu de la douleur qu’il a éprouvée et, de temps à autre… à verser quelques-unes des larmes de douleur qu’il a versées (L’Expiation [discours au séminaire des nouveaux présidents de mission, 26 juin 2007], p. 8).

Le salut ne peut s’obtenir à bas prix et nous devrions nous en souvenir. Ne permettez jamais que des épreuves facent obstacle à votre fidélité à votre Père céleste. Ne permettez jamais qu’une insulte ou une difficulté vous empêche de prendre la Sainte-Cène et vous entraîne dans la faiblesse spirituelle voire à la mort spirituelle. Tenez bon et rappelez-vous la vérité que vous connaissez.

Quatrièmement, comment décider avec qui sortir. Frère Oaks et moi savons très bien ce que c’est d’être membre non marié de l’Église. Il a été veuf pendant deux ans et j’ai été célibataire pendant plus de cinquante ans. (Cela avait des allures de record du monde !) Nous savons ce qu’est la solitude et ce que c’est de mouiller son oreiller de ses larmes le soir.

Récemment, on nous a posé bien des fois la même question. C’était en substance : « Il n’y a personne avec qui je puisse sortir ; qu’est-ce que je dois faire ? Que suggérez-vous ? » Une sœur célibataire a dit à une amie proche qu’elle était fatiguée d’attendre le mariage, fatiguée d’être seule, fatiguée de subvenir à ses besoins, fatiguée de prendre toutes les décisions toute seule, fatiguée d’attendre que ses rêves se réalisent. L’attente ne la menait nulle part. Elle voulait tout ce qui était bon : elle voulait être épouse, être mère, avoir une famille. Mais, par désespoir, elle s’y est prise de la mauvaise manière. Elle a décidé de suivre un homme qui n’avait pas les mêmes valeurs qu’elle. Et il pourrait s’agir de n’importe quel homme, mes sœurs. Elle s’est aperçue trop tard que l’entorse qu’elle avait faite à ses principes ne lui avait apporté qu’un profond chagrin, la haine de soi et le désespoir. Elle s’est aperçue trop tard que le fait d’avoir servi le Seigneur en avait valu la peine et lui avait apporté la paix et le bonheur.

Revoici donc la question : « Il semble qu’il n’y ait personne avec qui je puisse sortir ; qu’est-ce que je dois faire ? » Je vous demande ce soir de répondre à cette question vous-même.

Quels sont vos souhaits pour vous-même, concernant votre futur conjoint et votre future famille ? Nous vivons dans la plus grande des dispensations et nous devrions savoir par nous-mêmes pourquoi elle est si merveilleuse et ce que nous avons l’espoir d’accomplir. Ce soir, je vous demande de vous écrire une lettre à vous-même, une lettre que vous seul lirez. Une lettre à votre moi futur, ainsi qu’à votre future famille et aux enfants que vous souhaitez avoir. Une lettre qui réponde aux questions de votre cœur et exprime ses aspirations. Une fois que vous saurez qui vous êtes, ce que vous voulez et ce que vous recherchez, vous le trouverez.

Voulez-vous que vos futurs enfants sachent qu’ils ont un Père céleste qui les aime, qui est intimement impliqué dans leur vie et qui veillera sur eux ? Un Père céleste qui répondra à leurs prières ? Un Père céleste qui se soucie de chacun de leurs souffles et même du nombre de leurs cheveux. Un Père céleste qui veille sur eux quand ils partent le matin et rentrent le soir et quand ils choisissent entre le bien et le mal ?

Voulez-vous un conjoint qui contracte des alliances avec notre Père céleste ? L’alliance de rester loyalement et fidèlement à vos côtés quand la vie est difficile ? Un jour, on m’a donné une bénédiction qui disait : « Si tu ne peux pas supporter les difficultés du célibat, tu ne seras pas capable de supporter les pressions de la vie conjugale. » Je témoigne que c’est vrai. Le Seigneur vous fortifiera et vous donnera du courage.

Voulez-vous que votre futur conjoint et vos futurs enfants connaissent leur Sauveur et Rédempteur, Jésus-Christ, qui a subi « des souffrances, et des afflictions, et des tentations de toute espèce, et cela afin que s’accomplisse la parole qui dit qu’il prendra sur lui les souffrances et les maladies, [la dépression et la tristesse] de son peuple ? » (Alma 7:11) Le voulez-vous ou voulez-vous être seul(e) ?

Voulez-vous que votre famille soit unie dans son témoignage de Joseph Smith et du Livre de Mormon et ressente la grande force que ce témoignage peut lui apporter ? Avez-vous la connaissance ferme que vous appartenez à la véritable Église du Christ sur la terre et que vous avez pleinement accès aux bénédictions de la vie et du bonheur éternels ? Et avez-vous la conviction que Gordon B. Hinckley est un prophète de Dieu ?

Ce soir, ou quand vous le pourrez, écrivez-vous une lettre à vous-même. Écrivez à vos futurs êtres chers et dites-leur ce que vous attendez du mariage. Les principes que vous vous fixez, la façon dont vous vous habillez, le genre de sorties à deux que vous faites et l’amour que vous leur souhaitez. Faites cela et toutes vos questions trouveront leur réponse. Vous avez la force nécessaire en vous. Vous connaissez les réponses et vous voulez avoir éternellement le bonheur, la paix et la sécurité. Vous avez les réponses en vous.

Je vous aime énormément. Je suis extrêmement reconnaissante d’être membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Je tiens à ce que vous sachiez que cette Église est vraie et qu’elle est un fanal qui indique la voie vers la sécurité dans un monde très sombre. Et je dis cela au nom de Jésus-Christ. Amen.

Repousser ce qui est du monde

Merci, Kristen. Avant de passer au discours que j’ai préparé, j’aimerais dire combien je me sens béni d’être marié à une détentrice de record du monde. Maintenant passons au sujet de ce soir.

Aujourd’hui les jeunes vivent une époque difficile. Chaque jour nous sommes assaillis de grands sujets d’inquiétude : réchauffement planétaire, guerres et bruits de guerres, sècheresse, pandémie possible d’une maladie infectieuse et, bien sûr, récession possible. Les villes côtières s’inquiètent de l’élévation du niveau des mers, qui fera monter les marées jusqu’aux seuils des maisons, voire plus haut. Mais aussi grave que cela soit, je me soucie encore plus de la marée montante du mal partout dans le monde qui nous entoure.

Je vois dans toutes ces difficultés l’accomplissement des paroles d’enseignement prophétiques du patriarche Léhi : Il faut qu’il y ait « une opposition en toute chose » (2 Néphi 2:11) Au milieu de toutes ces difficultés, nous devons faire confiance aux magnifiques promesses du Seigneur. Il nous a enseigné qu’il ne nous demande rien sans nous préparer la voie pour que nous l’accomplissions (voir 1 Néphi 3:7). Il nous a montré que bien qu’il n’exauce pas immédiatement nos prières pour nous soulager des épreuves, il nous fortifie afin que nous puissions supporter les fardeaux qui sont placés sur nos épaules (voir Mosiah 24:14-15). Et il nous a aussi enseigné : « Si vous êtes préparés, vous ne craindrez point » (D&A 38:30).

Nous sommes entourés par le mal dans la littérature, la musique, les spectacles, les films et les vidéos, sur l’Internet, dans nos écoles et dans les magasins. Nous ne pouvons pas changer ces mauvaises influences qui, inévitablement, nous affligent nous et nos enfants, mais nous pouvons nous fortifier pour y faire face. Nous devons nous édifier des îlots de sérénité et fortifier nos remparts contre les forces qui nous assiègent dans nos demeures protégées. En bref, nous devons repousser ce qui est du monde.

Cette idée de repousser ce qui est du monde ne veut pas dire que nous soutenons une révolution ou que nous prenons nos distances avec nos voisins ou que nous sommes fâcheux avec les gens que nous devons fréquenter. Cela suggère seulement que, dans les limites de nos ressources de temps et d’influence, nous devons prendre une position, la faire connaître et essayer de persuader les autres de ses mérites, au moins pour nous.

Comme exemple de ce que je veux dire par repousser, je vous raconte une expérience que je n’ai encore jamais relatée en public. Elle a eu lieu il y plus de cinquante ans. J’étais sergent dans la Garde nationale, j’avais 21 ans et le niveau d’étude nécessaire pour le grade de lieutenant d’artillerie. Il ne me restait qu’une épreuve, je devais passer un examen médical.

Je me suis rendu à un bâtiment médical militaire. Le personnel était constitué de réservistes comme moi, ce qui explique la suite. Un caporal m’a fait passer une épreuve destinée à voir si j’étais daltonien. Il m’a montré une douzaine de pages couvertes de points de différentes couleurs et m’a demandé quel numéro je voyais dans ces points sur chaque page. Le test terminé, il a fermé son livre et m’a dit : « Sergent, vous ne pourrez jamais être officier parce que vous êtes daltonien. »

J’étais époustouflé. Si j’étais daltonien, je n’en savais rien.

Déçu et un peu offensé, je me suis dit que si, comme sergent, je voulais devenir officier, ce ne serait pas un caporal qui me ferait échouer, car je lui étais supérieur en grade. J’ai exigé de voir le capitaine, un médecin que j’avais remarqué de l’autre côté de la pièce. J’ai tellement insisté que le caporal a fini par me conduire au capitaine.

« Et bien, qu’est-ce qui ne va pas ? » m’a demandé le médecin. Je lui ai expliqué ; il a pris le livre de points de couleurs des mains du caporal et, à mon soulagement, m’a fait lui-même passer le test. Après lui avoir dit tous les numéros des points de couleurs, il nous a dit au caporal et à moi, « Sergent, pour vous c’est bon. Caporal, c’est vous qui êtes daltonien. »

Voilà comment j’ai été accepté comme lieutenant de la Garde nationale d’Utah, ce qui m’a ouvert d’autres portes et ce qui m’a permis de vivre des expériences importantes. Il y a des moments où il faut repousser certaines choses.

Certes, nous vivons des temps périlleux, et il y a de grandes raisons de s’inquiéter. Néanmoins, de nos jours, comme à beaucoup d’époques difficiles du passé, les jeunes doivent avancer avec optimisme et se préparer à une vie longue et productive. Se marier. Avoir des enfants. Faire des études. Avoir la foi.

Dans son livre récent Finding Peace, Happiness, and Joy (Trouver la paix, le bonheur et la joie), Richard G. Scott a écrit un chapitre intitulé « Bien vivre au milieu d’un mal croissant », duquel je cite le passage suivant :

« Vous avez le choix. Vous pouvez vous tordre les mains d’inquiétude pour l’avenir, ou bien vous pouvez choisir de suivre le conseil que donne le Seigneur de vivre dans la paix et le bonheur dans un monde inondé de mal. Si vous choisissez de vous concentrer sur le côté noir, c’est ce que vous verrez….

« Maintenant regardez le côté clair. Malgré les poches de mal, le monde dans son ensemble est majestueusement beau, rempli de personnes bonnes et sincères. Dieu a pourvu pour nous un moyen de vivre dans ce monde et de ne pas être contaminés par les pressions dégradantes qui s’y trouvent partout » (2007, p. 172-73).

Toutes ces choses sont possibles si nous avons la foi, qui est la confiance au Seigneur. La confiance en son plan. La confiance dans les bénédictions qu’il a promises. Et la confiance en ses dirigeants, qui ne vous égareront pas.

Ce que nous devons faire le jour du sabbat

L’une des façons les plus efficaces d’avancer avec foi et de repousser ce qui est du monde… c’est d’observer le jour de Sabbat de manière appropriée et positive. Ce jour de culte et de repos des travaux du monde a été divinement mis à part comme ancre dans les tempêtes de la vie. Si nous observons le Sabbat convenablement, il nous aidera, nous et nos familles, à acquérir la force spirituelle nécessaire pour résister fermement à la tentation et pour en pas être souillés par le monde (voir D&A 59:9) Le bon usage du Sabbat… augmentera la lumière de notre foi et de notre espoir dans les orages toujours plus noirs du mal et de la méchanceté.

Je suis conscient que la plupart des discours sur le Sabbat se concentrent sur ce que nous ne devrions pas faire ce jour-là. Ce n’est pas là mon message. Je vais consacrer la plupart de ce discours à ce que nous devrions faire le jour du Sabbat.

Il nous est commandé d’observer le jour du Sabbat et de le sanctifier (voir D&A 68:29). Le Sabbat est mis à part comme un temps sacré pour notre ressourcer spirituellement et physiquement, pour prendre la Sainte-Cène, pour nous préparer à administrer des ordonnances et pour le faire, pour apprendre et enseigner la doctrine et les principes de l’Évangile, pour promouvoir l’unité familiale, pour rendre service et profiter de bons contacts sociaux.

Par ce souci du jour du Sabbat, nous sommes très différents de la plupart des gens du monde. De nos jours, la plupart des gens n’attachent aucune signification sacrée au Sabbat. Il est devenu un jour de quête de la richesse, de plaisir, de convenance personnelle. C’est le plus grand jour d’achats de la semaine. C’est le jour de la plage, des bateaux et autres divertissements. C’est le jour préféré pour le sport, les matchs, les rodéos, et tout le reste.

Nous connaissons tous l’origine du jour du Sabbat. En six jours l’Éternel créa la terre et tout ce qui s’y trouve, mais le septième jour il s’est reposé. Il a béni le jour du Sabbat et l’a sanctifié (voir Exode 20:11). Il a commandé : « Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage », mais le septième jour nous ne devons pas travailler, ni notre famille ni nos employés (voir Exode 20:9-10). Nous devons nous souvenir de sanctifier ce jour (v. 8).

Le Sabbat était un signe de l’alliance que Dieu a fait avec Israël. Par la bouche du prophète Ézéchiel, l’Éternel a dit qu’il avait donné à Israël ses commandements : « Je leur ai aussi donné mes sabbats, comme un signe entre moi et eux, pour qu’ils reconnaissent que je suis l’Éternel qui les sanctifie » (v. 12). Le Seigneur a dit : « Et ils seront entre moi et vous un signe » (v. 20).

Il y avait une raison d’être à ce signe et commandement, et il y avait des bénédictions qui y étaient liés à son respect. Par la bouche du prophète Moïse, le Seigneur a déclaré que si Israël gardait ses sabbats et ses commandements, il ferait de leur pays un pays d’abondance et de sécurité (voir Lévitique 25:2-6). Il leur a promis : « Je mettrai la paix dans le pays » (v. 6).

De nouveau, dans les temps modernes, le Seigneur a commandé que nous nous reposions de nos travaux le jour du Sabbat, et que nous présentions nos dévotions au Très-Haut, et qu’en ce jour nous ne fassions rien d’autre (voir D&A 59:10, 13).

Lorsque nous respectons les commandements du Créateur, nous nous qualifions pour les bénédictions qu’il a promises. Lui qui nous a créés sait quel mode de comportement nous permettra d’atteindre le plus grand potentiel physique et spirituel, et il nous a donné des commandements destinés à nous guider pour que nous ayons ce comportement.

Il y a quelques années, j’ai acheté une nouvelle voiture. C’était une merveille d’ingénierie, très pratique et très complexe, et bien sûr, il lui fallait du carburant régulièrement et un entretien périodique pour qu’elle puisse fonctionner à plein rendement. Pour informer l’utilisateur sur ces points essentiels, le fabriquant avait mis à sa disposition un manuel d’instruction. Notre créateur a fait la même chose pour notre corps physique et notre corps spirituel. L’une de ces instructions est la Parole de Sagesse. C’est le cas aussi du jour du Sabbat.

Notre créateur nous a dit qu’il serait bon pour notre vitalité physique et notre progression spirituelle de travailler six jours et de nous reposer le septième. Les convois de chariots des pionniers suivaient ce commandement. Nous savons, de plusieurs sources, qu’ils voyageaient pendant six jours et se reposaient le septième. Le dimanche n’était pas seulement un jour de repos, mais aussi un jour de régénérescence spirituelle. Cette pratique leur a été bien utile. Selon la tradition, ceux qui ne voyageaient que six jours à travers les plaines sont arrivés à destination en même temps que ceux qui voyageaient sept jours par semaine, et avec moins de fatigue, de problèmes de chariots et de pertes de vies et de bétail en chemin.

De même, notre corps ne peut pas bien se porter sans les éléments nutritifs que notre Créateur a prévus pour nous. Par exemple, si nous nous passons de calcium, les résultats ne sont pas immédiatement visibles mais, avec le temps, la machine miraculeuse qu’est notre corps tombe en panne sans cet élément nutritif essentiel à notre croissance. Il en est de même de notre vitalité spirituelle pour nous soutenir dans notre parcours terrestre jusqu’à la vie éternelle. Si nous ne prenons pas de dispositions pour nous nourrir spirituellement, notre esprit sera grandement freiné et nous serons retardés dans notre voyage à destination de l’éternité.

Notre habillement est aussi important pour la qualité de notre culte et pour notre quête des bénédictions découlant de l’observance du jour du Sabbat. Au cours des quelques années passées, nous avons remarqué une détérioration accrue de la dignité de la tenue vestimentaire de nos membres—surtout des jeunes—lorsqu’ils viennent adorer Dieu dans nos bâtiments consacrés à cet usage. Nous devons veiller à nous habiller convenablement lorsque nous allons assister au service de culte et prendre la Sainte-Cène.

Pour pouvoir présenter nos dévotions au Très-Haut (voir D&A 59:10), nous devons assister aux réunions le jour du Sabbat dans nos propres paroisses, là où se trouve notre certificat de membre, où nous payons la dîme et recevons notre recommandation à l’usage du temple. Aller dans une autre paroisse devrait être une exception. Jeunes adultes — surtout les jeunes gens — n’errez pas de paroisse en paroisse si vous n’avez pas d’appel pour le faire. Beaucoup d’entre vous le font, peut-être en se justifiant par le prétexte qu’ils recherchent leur compagne éternelle. Bien sûr il y a de nombreuses occasions appropriées pour les jeunes de se rencontrer, et nous faisons tout pour les encourager. Mais votre motivation principale pour aller aux réunions le dimanche ne doit pas être d’assister à une réunion sociale. Le Sabbat est un moment où prendre la Sainte-Cène, rendre service et de maintenir une relation avec votre évêque — le juge ordinaire du Seigneur — celui qu’il vous faudra voir pour avoir une recommandation à l’usage du temple.

Ne soyez pas comme ce jeune homme qui récemment a demandé à voir son évêque de toute urgence parce qu’il voulait se marier au temple la semaine suivante. L’évêque lui a dit : « Qui êtes-vous ? J’ai votre certificat de membre et je connais vos parents, mais je ne vous ai pas vu depuis que vous êtes rentré de mission. Je n’ai rien qui me montre que vous avez payé votre dîme. Je sais que vous n’avez pas servi le Seigneur dans un appel. Je ne peux pas vous donner de recommandation. Revenez dans votre paroisse. Servez ici, payez votre dîme ici, et faites connaître vote esprit à votre évêque ici. Puis, dans quelques mois, nous pourrons parler d’une recommandation. »

Quand le mariage au temple n’a pas eu lieu à la date prévue, cela a été difficile pour tout le monde, surtout pour l’évêque, mais l’évêque avait raison.

Sur ce même sujet, je voudrais demander quelque chose à chaque jeune adulte de cette assemblée. Les personnes les plus chargées dans l’Église sont nos évêques. Je vous en prie, ne faites rien qui ajoute du poids supplémentaire au fardeau déjà lourd de votre évêque. Allez le voir, bien sûr, pour obtenir une recommandation à l’usage du temple, mais n’attendez pas pour obtenir cette recommandation ou une recommandation ecclésiastique, jusqu’à la dernière minute, jusqu’au jour où vous vous installez dans une nouvelle paroisse, pour vous adresser à l’évêque. Si vous le faites, il devra retrouver votre évêque précédent pour s’assurer de votre dignité, et cela peut prendre des jours et beaucoup de son temps. Que votre manque de préparation ou votre temporisation ne cause pas une charge supplémentaire à votre évêque déjà occupé.

Le jour du Sabbat est différent

J’ai dit au début que je ne parlerais pas de ce que nous ne devons pas faire le jour du Sabbat. Je souhaite me concentrer sur les choses positives que nous devons faire et qui nous qualifient pour recevoir les bénédictions promises à ceux qui sanctifient le jour du Sabbat. Notre effort pour cela doit commencer par le fait de voir le jour du Sabbat comme un jour fondamentalement différent.

Spencer W. Kimball a dit : « [Le sabbat] est un saint jour pour adorer Dieu et exprimer notre reconnaissance envers le Seigneur. C’est un jour pour abandonner tous les intérêts profanes et louer le Seigneur avec humilité, car celle-ci est le début de l’exaltation » (Enseignements des présidents de l’Église : Spencer W. Kimball, p. 190).

Des années plus tard, après que frère Kimball est devenu président de l’Église, la Première Présidence a institué l’horaire groupé de trois heures de réunions à laquelle nous adhérons toujours. Cet horaire plaçait, ont-ils dit, la responsabilité de l’observance convenable du jour du Sabbat sur les membres individuellement et les familles. La Première Présidence a fait remarquer qu’il y aurait d’avantage de temps disponible « pour l’étude personnelle et l’étude en famille de l’Évangile ». Elle a ajouté : « D’autres activités appropriées du jour du Sabbat, telles que rendre visite à des membres de la famille, visiter des personnes malades et forcées à rester à la maison, rendre service à ses semblables, tenir son journal personnel, faire de la généalogie et participer à l’œuvre missionnaire, doivent être soigneusement planifiées et réalisées » (Lettre de la Première Présidence du 1er février 1980).

Cette année les collèges de la prêtrise et les Sociétés de Secours de l’Église ont étudié les enseignements du président Kimball. Au chapitre intitulé « Le Sabbat, un délice » il nous est dit : « Le Sabbat est un jour saint où l’on doit faire des choses bonnes et saintes. Il est important de s’abstenir de travailler et de se divertir, mais c’est insuffisant. Le Sabbat réclames des pensées et des actes constructifs, et si l’on se contente de flâner à ne rien faire le jour du Sabbat, on l’enfreint » (Enseignements des présidents de l’Église, Spencer W. Kimball, p. 189).

Le commandement requiert des actes constructifs pendant le Sabbat. Il donne aussi un commandement pour les six autres jours : « Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. » (Exode 20:9). Attention, les paresseux !

Prendre la Sainte-Cène est probablement la partie la plus importante de l’observance du jour du Sabbat. La Sainte-Cène est une ordonnance de l’Église à laquelle il nous est commandé de participer chaque jour de Sabbat (voir D&A 59:9-10). Lorsque nous contractons et respectons les alliances de cette ordonnance, il nous est promis que nous aurons toujours l’Esprit du Seigneur avec nous (voir D&A 20:77).

Pourquoi est-ce important de toujours avoir son Esprit avec nous ? La mission du Saint-Esprit est de témoigner du Père et du Fils et de nous mener à la vérité. Ce témoignage est tout à fait vital pour notre propre témoignage. Nous ne pouvons avoir un témoignage du Père, qui est l’auteur du plan du salut, et du Fils, qui est notre Sauveur, si le Saint-Esprit ne nous en témoigne pas. Tous les membres de l’Église ont le don du Saint-Esprit, mais prendre la Sainte-Cène dignement et convenablement chaque jour de Sabbat reste essentiel pour conserver un témoignage fort. Ce n’est qu’en renouvelant les alliances de notre baptême que nous pouvons avoir toujours son Esprit avec nous.

Le Saint-Esprit a aussi la mission de nous rappeler certaines choses et de nous mener à la vérité. Cette révélation personnelle est essentielle pour nous car elle nous protège du danger, nous guide pour que nous vivions en harmonie avec le Seigneur et dans nos efforts pour devenir ce qu’il veut que nous devenions.

Pour toutes ces raisons, assister aux réunions de Sainte-Cène chaque semaine et prendre dignement et convenablement la Sainte-Cène est fondamental pour notre vie religieuse quotidienne.

Je vais vous raconter une expérience personnelle qui a beaucoup influencé ma pensée au sujet du Sabbat. Lorsque j’étais étudiant en droit, il y a plus de 50 ans, je faisais parti d’un petit groupe d’étudiants parmi lesquels se trouvait un Juif orthodoxe. Un vendredi après-midi, il a dit qu’il devait nous quitter et prendre le train pour pouvoir arriver chez lui au nord de Chicago avant que le Sabbat commence au coucher du soleil. Je l’ai accompagné à pied jusqu’au train en continuant à discuter de nos études le long du chemin.

Comme nous approchions de la gare, notre conversation s’est portée sur le Sabbat. Je lui ai dit que j’admirais sa fidélité dans l’observance du Sabbat, lui déclarant que moi aussi, je n’étudiais pas le jour du Sabbat. Il m’a répondu : « Oh, mais… j’étudie, moi, le Sabbat. Seulement… le résultat de mes études ce jour-là n’est pas aussi bon que celui des autres jours parce que je ne peux pas me servir de mon crayon pour souligner ce que je lis. » Il m’a expliqué qu’un crayon était un outil et qu’il ne pouvait pas se servir d’outil le Sabbat.

J’ai souvent réfléchi aux différences entre nos observances du Sabbat. Mon ami avait des règles qui lui disaient ce qu’il pouvait et ne pouvait pas faire. Moi j’essayais de suivre des principes. Je croyais que je devais travailler dur pendant six jours à mon travail, qui étaient mes études de droit, et que donc je devais m’abstenir du travail des études pendant le Sabbat.

Pour que vous n’alliez pas penser que je critique mon ami et son observance du Sabbat, je dois ajouter que… en apprenant davantage sur l’observance du Sabbat des Juifs orthodoxes, j’ai conclu que leur pratique est à bien des égards supérieure à la mienne et à celle de beaucoup d’autres saints des derniers jours. Pour eux, le Sabbat est un temps à consacrer exclusivement à se souvenir du Seigneur, à l’adorer et à se réjouir des bienfaits qu’il accorde à son peuple. Le Sabbat est très sacré. La famille se réunit. Elle peut aller à la synagogue, mais, autrement, « le jour du Sabbat est entièrement un temps pour la famille, pour se voir, pour dîner ensemble, pour étudier les Écritures… » Les parents prient pour leurs enfants. En plus, on ne se livre à « aucune activité qui pourrait diviser la famille ou détruire la paix de la journée, le jour de Sabbat » (Jeffrey R. Chadwick, « The Jewish Sabbath », essai non publié, 2007, p. 2-3).

« Faire du sabbat un délice »

Nous avons bien moins de règles que les Juifs orthodoxes, mais je me demande si nous pourrions égaler leur excellence dans la fidélité à atteindre les buts positifs du jour du Sabbat. Quand je réfléchis à mes propres pratiques du jour du Sabbat, il me semble que j’ai beaucoup mieux réussi à ne pas faire ce que je ne devais pas faire qu’à faire ce que je devais faire. Comme tant d’autres, je n’ai pas aussi bien réussi à appliquer les enseignements des Écritures de faire des choses qui feraient du « saint jour du Seigneur… un jour délicieux », comme le prophète Ésaïe l’appelle (voir Ésaïe 58:13).

Nous lisons cela au chapitre 58 d’Ésaïe :

« Si tu retiens ton pied pendant le Sabbat, pour ne pas faire ce qui te plaît en mon saint jour, Si tu qualifies le Sabbat de délicieux, de jour saint de l’Eternel, de glorieux, Et si tu le glorifies en ne suivant pas tes voix, en ne te livrant pas a ce qui te plaît, ni a de vains discours,

« Alors tu feras de l’Éternel tes délices, et je te transporterai sur les hauteurs du pays, je te nourrirai de l’héritage de Jacob, ton père ; car la bouche de l’Éternel a parlé » (Ésaïe 58:13-14).

Que peut-on faire individuellement et en famille pour faire du jour du Sabbat « un jour délicieux » ? Que pouvons-nous faire pour augmenter notre foi en Jésus-Christ et pour fortifier notre famille en observant le jour du Sabbat ?

Il y a quatorze ans, la Première Présidence a publié une déclaration exhortant les saints des derniers jours à « mettre ce jour saint à part des activités du monde et [à] se consacrer par un esprit de culte, de reconnaissance, de service et d’activités centrées sur la famille, et convenant au jour du Sabbat » (Déclaration de la Première Présidence sur le sabbat, Ensign, janvier 1993, p. 80).

Nous devrions passer le jour du Sabbat à nous ressourcer spirituellement. Nous devons, comme le président Kimball l’a dit, « mesurer chaque activité du Sabbat à l’étalon de l’esprit du culte » (Enseignements des présidents de l’Église, Spencer W. Kimball, p. 196). Il a expliqué : « En hébreux le terme Sabbat signifie ‘repos’. Il implique le calme et la paix de l’esprit. C’est un jour où l’on se débarrasse des intérêts égoïstes et des activités absorbantes » (Enseignements, p. 189-90).

Il a aussi approuvé une activité de jour du Sabbat qui est d’un intérêt tout particulier pour votre groupe. Il a dit : « C’est un jour où les fiancés peuvent se rencontrer comme il convient » (Enseignements, p. 191). Je souligne les mots comme il convient.

Le Sabbat est aussi un temps pour que la famille soit ensemble, un temps pour fortifier les liens qui sont au cœur de l’Évangile. Le président Kimball a dit : « Prenez le temps [le jour du Sabbat] de vous réunir en famille, de converser ensemble, d’étudier les Écritures, pour rendre visite à des amis, à des parents, aux malades et aux personnes seules. C’est également un excellent moment pour travailler à votre journal personnel et à votre généalogie » (Enseignements, p. 189).

Joseph F Smith a enseigné un principe important sur la famille et le Sabbat. En plus d’assister aux réunions de l’Église, il a ajouté, et je cite : « J’aimerais tant avoir le privilège d’être en famille à la maison et de parler avec chacun des membres, pour mieux les connaître. J’aimerais avoir le privilège d’occuper autant de temps que possible le jour du Sabbat à ce but ; mieux connaître mes enfants, garder le contact avec eux, avec les Écritures aussi, et penser à des choses autres que les amusements, autres que les blagues et les rires et des choses pareilles » (James R. Clark, Messages of the First Presidency, 5:17-18).

J’appelle les jeunes adultes, mariés et célibataires, à faire du jour du Sabbat un jour où la famille est rassemblée. Ne vous dispersez pas pour prendre part à des activités amusantes qui séparent la famille. Rendez un culte à Dieu, étudiez, ayez des conversations et réjouissez-vous ensemble. Faites du Sabbat « un jour délicieux, le jour saint du Seigneur ». Alors, comme l’a promis Ésaïe « tu feras de l’Eternel tes délices ; et je te transporterai sur les hauteurs du pays, je te nourrirais de l’héritage de Jacob ton père, car la bouche de l’éternel a parlé » (Ésaïe 58:13-14).

Mes chers frères et sœurs, nous sommes ici dans l’Église de Jésus-Christ. Nous sommes les enfants de parents célestes. Nous sommes placés sur terre dans un dessein et ce dessein nous mène à ces relations familiales éternelles dont j’ai parlé. Le moment venu où pendant toute l’éternité, chacune des plus grandes bénédictions de notre Père céleste nous sera accordée si nous respectons ses commandements et l’un de ces commandements est d’honorer le jour du sabbat. Si nous le faisons, nous nous portons mieux, physiquement et spirituellement, et nous avançons plus rapidement sur le chemin qui mène à la vie éternelle, dont notre Père éternel nous a dit que c’est « le plus grand de tous les dons de Dieu » (D&A 14:7). Je témoigne de la véracité de ces choses et vous donne ma bénédiction, mes nobles jeunes amis. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

 
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