Des instructeurs au foyer dont je me souviendrai toujours

Par Richard Comely, du pieu de Kitchener Ontario

  • 4 janvier 2013

" J’ai vu mes instructeurs au foyer, l’un d’eux avait un grand sourire sur le visage. Je me souviens qu’ils m’ont parlé mais je ne me rappelle pas ce qu’ils m’ont dit... Ils ont posé leurs mains sur ma tête et c’est alors que j’ai fermé les yeux. C’est tout ce dont je me souviens. "

La dernière chose que je me rappelle avoir fait le 7 décembre 1991, est de charger des journaux dans ma camionnette Toyota, tandis que des flocons de neige tourbillonnaient autour de nous. Je me trouvais près du dock de chargement du dépôt du Toronto Star à Cambridge, en Ontario, avec l’un de mes étudiants de séminaire qui m’aidait à charger.

Ce dont je me souviens ensuite est d’avoir repris conscience dans une étrange pièce sombre. Je me sentais étourdi et somnolent. J’avais mal au côté et aux deux bras. Une porte s’est ouverte puis refermée. J’ai vu une silhouette se glisser à travers la pièce. Je me rappelle avoir demandé : “Ou suis-je ? Qu’est-il arrivé ?’’ La voix d’une femme me répondit que je me trouvais à l’hôpital de Guelph et que j’avais été impliqué ans un grave accident. Quelques secondes plus tard, j’étais de nouveau inconscient.

Trente heures plus tôt, alors que je conduisais, j’avais heurté une plaque de glace noire sur une route montagneuse et ma camionnette avait glissé dans un fossé et s’était écrasée contre une grosse souche d’arbre. J’avais une entaille sur le front, des côtes fêlées, le poignet gauche cassé et le coude droit brisé.

À cause de ma blessure à la tête, je n’avais aucun souvenir des trente heures écoulées depuis l’accident ou des cinq heures qui l’avaient précédé, à part un bref moment. Je me souviens que lorsque le brouillard s’est un peu estompé pour moi, j’ai vu mes instructeurs au foyer, l’un d’eux avait un grand sourire sur le visage. Je me souviens qu’ils m’ont parlé mais je ne me rappelle pas ce qu’ils m’ont dit. J’ai compris qu’ils étaient là pour me donner une bénédiction de la prêtrise. Ils ont posé leurs mains sur ma tête et c’est alors que j’ai fermé les yeux. C’est tout ce dont je me souviens. J’ai appris de ma femme que quelques minutes plus tard, on m’emmenait dans la salle d’opération pour subir une chirurgie afin de réparer mon coude gravement endommagé.

Je suis retourné au travail cinq jours plus tard. J’y étais obligé. Le chauffeur qui me remplaçait ne pouvait plus continuer et personne ne connaissait le trajet aussi bien que moi. Cela prenait plus de huit heures pour terminer mon itinéraire de livraison pour l’édition du samedi et cinq heures tous les autres jours. J’avais encore très mal et je n’avais donc pas hâte de recommencer à travailler. Étant donné que je ne pouvais pas conduire, j’ai engagé un de mes amis de notre paroisse pour conduire la camionnette à ma place pendant que je lui indiquais le chemin. Je pouvais toujours lancer, charger et décharger avec mon bras gauche, bien que cela m’occasionne beaucoup d’inconfort.

L’un des moments que je n’oublierai jamais est lorsque je suis arrivé à deux heures du matin pour ramasser ma pile de journaux, le premier soir après ma sortie d’hôpital. Alors que mon chauffeur et moi approchions pour prendre les journaux à distribuer, dix hommes de la paroisse de Guelph m’attendaient près des piles de journaux. Parmi eux, il y avait notre évêque avec son fils aîné, un conseiller du président de pieu et mes instructeurs au foyer. La température était glaciale, et pourtant ils étaient tous venus pour m’aider à effectuer ma livraison. Je ne pouvais pas m’empêcher d’avoir les yeux pleins de larmes. Mon itinéraire couvrait plus de 200 km à travers cinq villes et villages et impliquait des livraisons à de nombreux magasins et distributeurs de journaux, ainsi qu’à plus de trois cent maisons. Cette nuit-là, le travail a été fait par des amis et des instructeurs au foyer fidèles. Mon bras a fini par guérir, mais je n’oublierai jamais ces merveilleux exemples de la prêtrise en action.