Elle s’est souvenu

Par Dave et Colleen Solomon du Pieu d’Hamilton Ontario

  • 7 Novembre 2013

« J’adore mon évêque! Je me suis sentie tellement à l’aise; il est formidable. »    - Saren Sadler

En toute apparence, Dave et Colleen Solomon semblaient avoir la vie familiale normale des membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, lui servait dans l’épiscopat, elle au sein de la Société de secours, leurs enfants voulaient faire des études universitaires et servir une mission, ils avaient eu éventuellement des petits-enfants. 

Pourtant, ils étaient hantés par leurs préoccupations pour leur fille moins active, Saren. À un moment de sa vie, alors qu’elle vivait à plus de 3,000 kilomètres du domicile familial, ses façons d’agir ne reflétaient nullement les normes idéales de l’Église.

« C’est à cette époque que je me suis sentie poussée par l’Esprit à envoyer à notre fille un livre intitulé Believe in Christ. J’ai écrit à l’intérieur un message affectueux sur lequel elle pourrait méditer », se souvient sa mère. À cette époque, Saren se sentait absolument désemparée, sans toutefois que ses parents le sachent.

En juin 2008, deux missionnaires décidèrent de revoir le répertoire des membres de la paroisse dont Saren faisait partie. Ils trouvèrent son nom et se rendirent compte qu’ils ne la voyaient pas aux réunions à l’église. Lorsque les missionnaires « s’arrêtèrent en passant » pour l’encourager à venir à l’église, elle avait déjà une réponse toute prête. « Je vais à l’église, mais je me promène d’une paroisse à l’autre, c’est pour cette raison que vous ne m’avez jamais vue aux réunions ». Les missionnaires l’avaient crue et avaient ensuite rendu leur témoignage du Christ, comme ils avaient été appelés à le faire. Selon la mère de Saren, l’esprit était très fort lorsqu’ils ont transmis leur message, et cela avait beaucoup touché sa fille.

Ce fut un point tournant que sœur Solomon compare à la conversion d’Alma dans Alma 36:18-19 :

« Alors, quand mon esprit s’empara de cette pensée, je m’écriai au-dedans de mon cœur : Ô Jésus, Fils de Dieu, sois miséricordieux envers moi qui suis dans le fiel de l’amertume et suis enserré par les chaînes éternelles de la mort.

Et alors, voici, lorsque je pensai cela, je ne pus plus me souvenir de mes souffrances, oui, je n’étais plus déchiré par le souvenir de mes péchés. »

Au moment où les missionnaires partirent, un sentiment de douceur familier s’empara de Saren, ce qui l’amena à s’arrêter et à réfléchir. Elle courut soudain à la porte et demanda aux missionnaires de revenir. Les deux jeunes hommes revinrent dans l’appartement de Saren et l’écoutèrent expliquer sa véritable situation. « En fait, je ne vais plus à l’église et je ne sais pas comment m’y prendre pour y retourner ». Ils répondirent qu’ils savaient comment elle pouvait le faire et, ce soir-là, ils prirent un rendez-vous pour qu’elle rencontre l’évêque.

La mère de Saren se souvient de ce jour-là. « Mon mari et moi marchions sur Queen's Quay dans le secteur portuaire de Toronto lorsque nous avons reçu le coup de fil de Saren. Elle a dit : “Vous ne me croirez pas, mais je rencontre mon évêque ce soir”. Elle était enthousiaste et elle s’est mise à pleurer. Ce fut un moment tournant dans sa vie. » 

Bien que Saren ait fait preuve de courage et exercé sa foi en prenant cette décision, il y avait des étapes à franchir. Lorsqu’elle est allée rencontrer l’évêque, un homme qu’elle ne connaissait pas, elle ressentait une certaine anxiété et une certaine crainte. Après une conversation d’une heure et demie avec l’évêque, Saren a téléphoné à ses parents. Ses premiers mots furent « J’adore mon évêque! Je me suis sentie tellement à l’aise; il est formidable. »

Saren a ensuite rencontré l’évêque chaque semaine, et les missionnaires ont commencé à lui enseigné les discussions. « Elle parlait de l’évangile avec tellement d’enthousiasme, affirme sa mère. Elle lisait ses écritures, priait, acceptait les tâches qui lui étaient confiées à l’église et allait enseigner avec les missionnaires. Elle a cessé de s’associer avec des gens qui auraient pu la détourner de l’évangile et ses activités sociales étaient en compagnie des jeunes adultes célibataires. »

« Lorsqu’elle était moins active dans l’église, nous nous faisions toujours du souci pour elle. Nous passions des heures et des heures à genoux à prier pour une intervention quelconque. Nous croyons que le Seigneur a tenté d’intervenir à plusieurs occasions, et lorsqu’Il lui a envoyé les deux missionnaires, elle a saisi cette chance et s’y est accrochée. Le processus était en partie entre ses mains, se rappelle sa mère. »

Sœur Solomon résume ainsi l’heureux dénouement : « Un an plus tard, elle a rencontré un missionnaire de retour de mission dans sa paroisse. Ils se sont mariés au temple de Toronto en 2009. Ils ont maintenant deux beaux enfants et leur foyer est ancré dans l’évangile. »

« Nous avons dit aux missionnaires de Saren, Elder Allsop et Elder Whiting, que nous espérions que ce qu’ils avaient fait pour notre fille ne leur avait pas demandé trop d’effort. Ils ont tous les deux convenu qu’aider Saren à revenir à l’église avait été un des plus beaux moments de leur mission. »