Le fondement merveilleux de notre foi

Gordon B. Hinckley

President of the Church


Gordon B. Hinckley
Que Dieu soit loué pour le témoignage, l’autorité et la doctrine qu’il a conférés en rétablissant l’Église de Jésus-Christ.

Mes chers frères et sœurs, je souhaite avoir l’inspiration du Seigneur pour vous parler. Je n’arrive pas à m’habituer à l’énorme responsabilité que j’ai de m’adresser aux saints des derniers jours. Je suis reconnaissant de votre gentillesse et de votre patience. Je prie constamment pour être digne de la confiance du peuple.

Je viens de rentrer d’un très long voyage. Il a été fatigant, mais cela a été merveilleux de me trouver parmi les saints. Si c’était possible, je confierais toutes les tâches administratives quotidiennes de l’Église à d’autres et je passerais mon temps parmi notre peuple, à rendre visite à ceux qui sont dans les petites branches aussi bien qu’à ceux qui sont dans de grands pieux. J’aimerais me réunir avec les saints partout où ils se trouvent. Je pense que chaque membre de l’Église mériterait une visite. Je regrette de ne plus pouvoir serrer la main à tout le monde à cause de mon état physique. Mais je peux regarder les gens dans les yeux, le cœur réjoui, dire mon amour et donner une bénédiction.

L’occasion qui a motivé ce voyage tout récent a été la reconsécration du temple de Freiberg, en Allemagne et la consécration du temple de La Haye, aux Pays-Bas. J’ai eu le bonheur de consacrer le temple de Freiberg il y a dix-sept ans. C’était un bâtiment assez modeste construit dans ce qui était à l’époque la République démocratique allemande, la zone orientale d’une Allemagne divisée. Sa construction a été littéralement un miracle. Le président Monson, Hans Ringger et d’autres s’étaient acquis la bonne volonté des autorités gouvernementales d’Allemagne de l’Est, qui y ont consenti.

Le temple a fonctionné merveilleusement pendant toutes ces années. Maintenant le mur de la honte a disparu. Il est plus facile aux nôtres de se rendre à Freiberg. Le bâtiment avait besoin d’être rénové après toutes ces années et il ne suffisait plus.

Il a été agrandi et rendu beaucoup plus beau et plus pratique. Nous n’avons eu qu’une seule session de consécration. Les saints sont venus de loin pour se rassembler. Dans la grande salle où nous nous trouvions, nous avons pu contempler le visage de ces merveilleux saints des derniers jours aguerris et solides, qui, au cours de toutes ces années, dans les bons et les mauvais moments, dans les restrictions imposées par le gouvernement et maintenant dans une liberté parfaite, ont gardé la foi, servi le Seigneur et ont été de merveilleux exemples de l’Evangile. Je suis tellement triste de ne pas avoir pu prendre ces frères et sœurs héroïques dans mes bras et leur dire à quel point je les aime. S’ils m’entendent maintenant, j’espère qu’ils sentiront cet amour et me pardonneront mon départ précipité de chez eux.

De là nous sommes allés en France pour nous occuper des affaires de l’Église. Nous avons ensuite pris l’avion pour Rotterdam, puis la voiture jusqu’à La Haye. C’est un programme assez lourd pour un vieil homme que de travailler dans trois pays en un seul jour.

Le lendemain matin, nous avons consacré le temple de La Haye. Il y a eu quatre sessions. Quelle expérience merveilleuse et touchante cela a été !

Le temple est un bel édifice situé dans un beau cadre. Je suis tellement reconnaissant de la maison du Seigneur qui recevra les saints des Pays-Bas, de la Belgique et de certaines parties de la France. C’est en 1861 que des missionnaires ont été envoyés pour la première fois dans cette partie de l’Europe. Des milliers de personnes sont entrées dans l’Église. La plupart d’entre elles ont émigré aux États-Unis. Mais nous avons maintenant là-bas un merveilleux groupe de saints des derniers jours précieux et fidèles qui méritent d’avoir une maison du Seigneur près de chez eux.

J’ai décidé que, pendant que nous étions dans cette partie du monde, nous irions dans d’autres régions. En conséquence, nous nous sommes rendus à Kiev (Ukraine). J’étais là il y a 21 ans. Il y flotte dans l’air comme une nouvelle impression de liberté. Cela a été vraiment édifiant de rencontrer plus de 3000 saints ukrainiens ! Les gens sont venus de tout le pays, voyageant dans des conditions très difficiles et très coûteuses.

Les membres d’une famille ne pouvaient pas se permettre de tous venir. Les parents sont restés chez eux et ont envoyé leurs enfants pour qu’ils puissent avoir l’occasion d’être avec nous.

De là nous sommes allés à Moscou. J’y étais également allé il y a 21 ans, et il y a un changement. C’est comme l’électricité. On ne peut pas le voir. Mais on peut le sentir. Nous avons de nouveau tenu une réunion merveilleuse là-bas et, comme cela avait été le cas en Ukraine, nous avons eu l’occasion de converser avec des représentants importants du gouvernement.

Quelle bénédiction extraordinaire que de rencontrer ces merveilleux saints qui ont été rassemblés « un d’une ville, deux d’une famille » dans la bergerie de Sion en accomplissement de la prophétie de Jérémie (voir Jérémie 3:14) ! La vie n’est pas facile pour eux. Leurs fardeaux sont lourds. Mais leur foi est ferme et leur témoignage est vibrant.

Dans ces régions lointaines, ignorées de la plupart des membres de l’Église, la flamme de l’Évangile brûle avec un vif éclat et illumine le chemin pour des milliers de personnes.

Nous sommes ensuite allés en Islande. C’est un bel endroit avec de belles personnes. Nous y avons eu un long entretien avec le président du pays, homme éminent et capable qui est allé en Utah et qui parle de notre peuple avec beaucoup d’estime.

Nous avons de nouveau rencontré les saints. Comme il était édifiant de les voir rassemblés dans notre église de Reykjavik !

Dans tous ces endroits et avec toutes les occasions de parler à tant de personnes, il y avait une chose qui occupait constamment mon esprit : le côté merveilleux de l’œuvre du Seigneur, d’absolument merveilleux. Les paroles de notre beau cantique que le chœur vient de chanter me sont revenues maintes fois à l’esprit.

« Quels fondements fermes posés pour la foi
contient la parole de notre grand roi »
(« Quel fondements fermes », Cantiques n° 42).

Est-ce que nous, saints des derniers jours, nous comprenons et apprécions vraiment la force de notre position ? Parmi les religions du monde, elle est sans pareille et merveilleuse.

L’Église est-elle une institution éducative ? Oui. Nous enseignons, enseignons, enseignons constamment et sans fin dans toutes sortes de situations. Est-elle une organisation sociale ? Effectivement. C’est une grande famille d’amis qui passent du temps les uns avec les autres et y trouvent du plaisir. Est-elle une société d’entraide ? Oui. Elle a un programme remarquable pour édifier l’autonomie et apporter de l’aide à ceux qui sont dans la détresse. Elle est tout cela et davantage. En plus, elle est l’Église et le royaume de Dieu, fondée et dirigée par notre Père éternel et son Fils bien aimé, le Seigneur Jésus-Christ ressuscité, pour être une bénédiction pour tous ceux qui entrent dans la bergerie.

Nous déclarons de manière formelle que Dieu le Père et son Fils, le Seigneur Jésus-Christ, sont apparus en personne au jeune Joseph Smith.

Lors de mon interview dans l’émission 60 Minutes, Mike Wallace m’a demandé si je croyais vraiment cela. J’ai répondu : « Absolument. C’est cela qui est miraculeux. »

C’est ce que je ressens. Notre force tout entière repose sur la véracité de cette vision. Ou bien elle s’est produite, ou bien elle ne s’est pas produite. Si elle ne s’est pas produite, alors l’œuvre est une supercherie. Si elle s’est produite, alors c’est l’œuvre la plus merveilleuse et la plus importante qui soit sous les cieux.

Réfléchissez-y bien, mes frères et sœurs. Pendant des siècles les cieux sont restés scellés. Des hommes et des femmes de bien, des gens vraiment grands et merveilleux, et qui n’étaient pas peu nombreux, ont essayé de corriger, de fortifier et d’améliorer leurs systèmes de culte et leurs enseignements. Je les honore et je les respecte. Le monde est bien meilleur grâce à leurs interventions hardies. Je crois que leur œuvre était inspirée, mais elle n’a pas eu la faveur de voir les cieux s’ouvrir et la Divinité apparaître.

Puis, en 1820, il y a eu cette manifestation glorieuse en réponse à la prière d’un jeune homme qui avait lu dans la bible familiale les paroles de Jacques : « Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée » (Jacques 1:5).

C’est sur cette expérience unique et merveilleuse que repose la validité de l’Église.

Il n’y a rien qui se compare à elle dans toute l’histoire de la religion. Le Nouveau Testament raconte le baptême de Jésus où la voix de Dieu s’est fait entendre et où le Saint-Esprit est descendu sous la forme d’une colombe. Sur la montagne de la transfiguration, Pierre, Jacques et Jean ont vu le Seigneur transfiguré devant eux. Ils ont entendu la voix du Père, mais ils ne l’ont pas vu.

Pourquoi le Père et le Fils sont-ils apparus tous les deux à un jeune garçon, un simple adolescent ? Une raison est qu’ils voulaient ouvrir la plus grande dispensation de l’Évangile de tous les temps, au cours de laquelle toutes les dispensations précédentes seraient rassemblées en une seule.

Est-il possible de douter que l’époque où nous vivons soit la plus merveilleuse de l’histoire du monde ? Il y a eu une merveilleux explosion de la science, de la médecine, des communications, des transports, qui n’a son équivalent dans aucune période décrite de l’humanité. Est-il déraisonnable de suggérer qu’il doit également y avoir une explosion de connaissance spirituelle qui aille de pair avec cette renaissance incomparable de la lumière et de l’intelligence ?

L’instrument de cette œuvre de Dieu a été un garçon dont l’esprit n’était pas encombré par les philosophies des hommes. Son esprit était frais et n’avait pas été imprégné des traditions de l’époque.

Il est facile de comprendre pourquoi les gens n’acceptent pas ce récit. Il dépasse presque l’entendement. Et pourtant il est si raisonnable ! Les gens qui connaissent bien l’Ancien Testament admettent que Jéhovah a pu apparaître aux prophètes qui ont vécu à cette époque relativement simple. Peuvent-ils légitimement nier la nécessité de l’apparition du Dieu du ciel et de son Fils ressuscité à notre époque très complexe de l’histoire du monde ?

Ils sont venus, tous les deux ; Joseph les a vus dans leur gloire resplendissante ; ils lui ont parlé et il a entendu et écrit leurs paroles : voilà les choses remarquables dont nous témoignons.

J’ai connu un soi-disant intellectuel qui disait que l’Église a été prise au piège de son histoire. Ma réponse a été que, sans cette histoire, nous n’avons rien. La véracité de cet événement remarquable, unique et sans pareil est le fondement de notre foi.

Mais cette vision glorieuse n’était que le commencement d’une série de manifestations qui constituent le début de l’histoire de cette œuvre.

Comme si cette vision ne suffisait pas pour attester que le Rédempteur de l’humanité est une personne réelle, elle a été suivie de la parution du Livre de Mormon. C’est quelque chose qu’un homme peut tenir dans ses mains, qu’il peut pour ainsi dire soupeser. Il peut le lire. Il peut prier à son sujet, car il contient la promesse que le Saint-Esprit en attestera la véracité, si l’on recherche ce témoignage dans la prière.

Ce livre remarquable est le témoin que le Fils de Dieu existe réellement. La Bible déclare que toute affaire doit se régler « sur la déclaration de deux ou de trois témoins » (Matthieu 18:16). La Bible, testament de l’ancien monde, est un des témoins. Le Livre de Mormon, testament du nouveau monde, est un autre témoin.

Je ne comprends pas pourquoi le monde chrétien n’accepte pas ce livre. Je m’attendrais à ce qu’il soit à l’affût de tout ce qui pourrait démontrer sans l’ombre d’un doute l’existence et la divinité du Sauveur du monde.

Il y a eu ensuite le rétablissement de la prêtrise, premièrement de la Prêtrise d’Aaron, par Jean-Baptiste, qui avait baptisé Jésus dans le Jourdain.

Sont ensuite venus Pierre, Jacques et Jean, apôtres du Seigneur, qui ont conféré à notre époque ce qu’ils avaient reçu des mains du Maître, avec lequel ils avaient vécu, à savoir « les clefs du royaume des cieux » avec l’autorité de lier dans les cieux ce qu’ils liaient sur la terre (voir Matthieu 16:19).

Par la suite, d’autres clefs de la prêtrise ont été conférées par Moïse, Élias et Élie.

Pensez-y, mes frères et sœurs. Pensez à ce que cela a de merveilleux.

Nous sommes l’Église rétablie de Jésus-Christ. Nous sommes des saints des derniers jours. Nous témoignons que les cieux se sont ouverts, que le voile s’est écarté, que Dieu a parlé et que Jésus-Christ s’est manifesté et qu’ensuite l’autorité divine a été conférée.

Jésus-Christ est la pierre angulaire de l’œuvre et celle-ci est édifiée sur le « fondement des apôtres et des prophètes » (Éphésiens 2:20).

Ce merveilleux rétablissement doit faire de nous un peuple tolérant, bon voisin, plein d’appréciation et de gentillesse à l’égard des autres. Nous ne pouvons pas être vantards. Nous ne pouvons pas être orgueilleux. Nous pouvons être reconnaissants, comme il se doit. Nous pouvons être humbles, comme il se doit.

Nous aimons les gens des autres Églises. Nous travaillons avec eux à de bonnes causes. Nous les respectons. Mais nous ne devons jamais oublier nos racines. Ces racines sont profondément ancrées dans le terreau de l’ouverture de cette dispensation finale, la dispensation de la plénitude des temps.

Qu’il a été édifiant de contempler dans le monde entier des hommes et des femmes qui ont dans le cœur la conviction solennelle de la véracité de ces fondements !

Quand il s’agit de l’autorité divine, tout revient à cela.

Que Dieu soit loué pour le témoignage, l’autorité et la doctrine qu’il a conférés en rétablissant l’Église rétablie de Jésus-Christ !

Cela doit être notre grand message, notre message sans pareil au monde. Nous ne le présentons pas avec vantardise. Nous témoignons avec humilité, mais de manière solennelle et avec une sincérité absolue. Nous invitons tout le monde, la terre entière, à écouter ce récit et à en examiner la véracité. Que Dieu nous bénisse, nous qui croyons en ses manifestations, et qu’il nous aide à apporter la connaissance de ces événements grands et merveilleux à tous ceux qui voudront écouter. À ceux-là nous disons dans un esprit d’amour : Apportez tout ce que vous avez de bien et de vérité, d’où que vous l’ayez reçu, venez et voyons si nous pouvons y ajouter quelque chose. Je lance cette invitation aux hommes et aux femmes de partout avec mon témoignage solennel que cette œuvre est vraie, car j’en connais la véracité par le pouvoir du Saint-Esprit, au nom de Jésus-Christ. Amen.