Avril 2004 | Avec la force du Seigneur

    Avec la force du Seigneur

    Avril 2004 Conférence générale

    Nous avons besoin d’une force supérieure à la nôtre pour garder les commandements dans toutes les situations qui se présentent à nous.

    Lorsque j’étais jeune, j’ai été conseiller d’un président de district plein de sagesse. Il a essayé de m’instruire. Je me souviens d’avoir réfléchi au conseil suivant qu’il m’avait donné : « Quand vous rencontrez quelqu’un, traitez-le comme s’il avait de graves problèmes, et vous aurez raison plus de la moitié du temps. »

    Je pensais, à l’époque, qu’il était pessimiste. Maintenant, plus de quarante ans plus tard, je vois à quel point il comprenait le monde et la vie. Le monde devient de plus en plus difficile, et, avec l’âge, nos capacités physiques diminuent peu à peu. Il est clair que notre force humaine ne suffira pas. Le Psalmiste avait raison quand il a écrit : « Le salut des justes vient de l’Éternel ; il est leur protecteur au temps de la détresse1. »

    L’Évangile rétabli de Jésus-Christ nous aide à savoir comment nous qualifier pour recevoir la force du Seigneur quand nous sommes face à l’adversité. Il nous dit pourquoi nous avons des épreuves dans la vie. Et, plus important encore, il nous dit comment avoir la protection et l’aide du Seigneur.

    Nous avons des épreuves à affronter parce que notre Père céleste nous aime. Son objectif est de nous aider à nous qualifier pour recevoir la bénédiction de vivre avec lui et avec son Fils, Jésus-Christ, à tout jamais en gloire et en famille. Pour nous qualifier pour ce don, il nous a fallu recevoir un corps mortel. Nous comprenions que, dans la condition mortelle, nous serions éprouvés par des tentations et des difficultés.

    L’Évangile rétabli non seulement nous enseigne pourquoi nous devons être mis à l’épreuve mais il nous dit clairement quelle est cette épreuve. Joseph Smith, le prophète, nous a donné une explication. Par révélation, il a pu écrire les paroles prononcées lors de la création du monde. Elles parlent de nous, enfants d’esprit de notre Père céleste qui allaient venir dans la condition mortelle. Voici ces paroles :

    « Nous les mettrons ainsi à l’épreuve, pour voir s’ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera2. »

    Cette explication nous aide à comprendre pourquoi nous avons des épreuves dans la vie. Elles nous donnent la possibilité de prouver notre foi en Dieu. Nous sommes accablés par tant de choses durant la vie que le simple fait de persévérer peut sembler au-dessus de nos forces. C’est ce que j’ai pensé lorsque j’ai lu pour la première fois les paroles des Écritures disant que nous devons « persévérer jusqu’à la fin3 ». Cela me semblait terrible, comme d’être assis immobile, cramponné aux bras du fauteuil pendant qu’on m’arrachait une dent.

    C’est sûrement ce que peut ressentir une famille qui dépend entièrement des récoltes et qui ne voit pas la pluie arriver. Elle peut se demander : Combien de temps allons-nous pouvoir tenir ? C’est ce que peut ressentir un jeune qui résiste au flot grandissant de dépravation et de tentations. C’est ce que peut ressentir un jeune homme qui s’efforce d’obtenir la formation dont il a besoin pour trouver un emploi qui lui permettra de subvenir aux besoins d’une femme et d’enfants. C’est ce que peut ressentir une personne qui ne trouve pas de travail ou qui a perdu plusieurs fois son emploi parce que les entreprises font faillite. C’est ce que peut ressentir une personne qui voit sa santé décliner et ses forces diminuer, ce qui peut arriver tôt ou tard dans la vie ou dans celle des gens qu’on aime.

    Mais l’épreuve qu’un Dieu aimant nous a impartie n’est pas destinée à montrer si nous pouvons supporter les difficultés, elle est destinée à montrer si nous pouvons les supporter en restant fidèles. Nous réussissons l’épreuve en montrant que nous nous souvenons de lui et des commandements qu’il nous a donnés. Et endurer, c’est garder ces commandements, quelles que soient l’opposition, les tentations et la confusion qui nous entourent. Nous avons cette compréhension claire parce que l’Évangile rétabli explique clairement le plan du bonheur.

    Cette clarté nous permet de voir de quelle aide nous avons besoin. Nous avons besoin d’une force supérieure à la nôtre pour garder les commandements dans toutes les situations qui se présentent à nous. Pour certains, cela peut être la pauvreté, mais pour d’au-tres la prospérité. Cela peut être les difficultés de la vieillesse ou l’exubérance de la jeunesse. La combinaison des épreuves et leur durée sont aussi variées que le sont les enfants de notre Père céleste. Il n’y en a pas deux de semblables. Mais ce qui est mis à l’épreuve c’est toujours la même chose, à tous les moments de notre vie et pour tout le monde : Ferons-nous tout ce que le Seigneur, notre Dieu, nous commandera ?

    Sachant pourquoi nous sommes mis à l’épreuve et quelle est l’épreuve, nous savons comment obtenir de l’aide. Nous devons nous adresser à Dieu. Il nous a donné les commandements. Et nous aurons besoin de plus que de notre force pour les respecter.

    Je répète que l’Évangile rétabli explique clairement les choses simples que nous devons faire. Et il nous assure que nous recevrons l’aide dont nous avons besoin si nous faisons ces choses tôt dans la vie et avec constance, longtemps avant l’arrivée des difficultés.

    Ce qu’il faut, c’est prier, prier encore, prier toujours. Le Sauveur nous a dit comment faire. L’une des instructions les plus claires se trouve dans 3 Néphi :

    « Voici, en vérité, en vérité, je vous le dis, vous devez toujours veiller et prier de peur d’entrer en tentation ; car Satan désire vous avoir, afin de vous passer au crible comme le blé.

    « C’est pourquoi vous devez toujours prier le Père en mon nom. Et tout ce que vous demanderez de juste au Père, en mon nom, croyant le recevoir, voici, cela vous sera donné.

    « Priez le Père dans vos familles, toujours en mon nom, afin que vos épouses et vos enfants soient bénis4. » Nous devons donc toujours prier.

    Une autre chose simple à faire qui permet à Dieu de nous donner de la force, c’est de nous faire un festin de la parole de Dieu : Lire les ouvrages canoniques de l’Église et les paroles des prophètes actuels, et méditer sur leur contenu. Dieu a promis d’aider les personnes qui le font quotidiennement. En étudiant fidèlement les Écritures nous recevons le Saint-Esprit. La promesse en est faite dans le Livre de Mormon, mais elle s’applique aussi à toutes les paroles de Dieu, celles qu’il a données et celles qu’il donnera par l’intermédiaire de ses prophètes.

    « Voici, je voudrais vous exhorter, lorsque vous lirez ces choses, si Dieu juge sage que vous les lisiez, à vous souvenir combien le Seigneur a été miséricordieux envers les enfants des hommes, depuis la création d’Adam jusqu’au moment où vous recevrez ces choses, et à méditer cela dans votre cœur.

    « Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous demandez d’un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit.

    « Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître la vérité de toutes choses5. »

    Nous devons faire appel à cette promesse, mais pas seulement une fois et pas seulement pour le Livre de Mormon. La promesse est certaine. Le pouvoir du Saint-Esprit est réel. Il se manifestera maintes et maintes fois. Et la vérité suprême dont il témoignera toujours est que Jésus est le Christ.

    Ce témoignage nous rapprochera du Sauveur et nous poussera à accepter l’aide qu’il propose à toutes les personnes qui sont éprouvées dans le creuset de la condition mortelle. Il a dit à maintes reprises qu’il nous rassemblerait comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes. Il a dit que nous devons choisir d’aller à lui humblement et avec suffisamment de foi en lui pour nous repentir « d’un cœur pleinement résolu6 ».

    L’une des manières de le faire est de nous réunir avec les saints dans son Église. Allez à vos réunions, même quand cela semble difficile. Si vous êtes déterminés, il vous aidera à trouver la force de le faire.

    Une sœur m’a écrit d’Angleterre. Quand son évêque lui a demandé si elle accepterait l’appel d’enseigner le séminaire matinal, il lui a dit de prier à ce sujet avant d’accepter. Elle l’a fait. Elle a accepté. Quand elle a rencontré les parents la première fois, l’évêque était à ses côtés. Elle a annoncé qu’elle avait le sentiment que le séminaire devait dorénavant avoir lieu cinq jours par semaine. Des parents avaient l’air dubitatif. Une personne a dit : « Ils ne viendront pas. Ils ne se déplaceront pas. »

    Ceux qui doutaient avaient à moitié raison. Certains élèves ne sont pas venus. Mais, par les petits matins froids et sombres, l’assistance est maintenant supérieure à 90 pour cent. L’instructrice et son évêque savaient que si les élèves commençaient à venir ils seraient fortifiés par un pouvoir supérieur au leur. C’est ce qui s’est passé. Ce pouvoir les protégera quand ils iront dans des endroits où ils seront les seuls saints des derniers jours. Ils ne seront pas seuls ni sans force, parce qu’ils ont accepté l’invitation de se réunir avec les saints alors que ce n’était pas facile.

    Cette force est donnée aux plus âgés autant qu’aux jeunes. Je connais une veuve de 90 ans. Elle est dans un fauteuil roulant. Elle prie comme vous, suppliant pour avoir de l’aide pour résoudre des problèmes dépassant ses capacités humaines. La réponse est un sentiment dans son cœur. Elle est poussée à respecter un commandement. « Et voici, vous vous réunirez souvent7 ». Alors elle trouve le moyen d’aller aux réunions. Les gens qui y sont m’ont dit : « Nous sommes très contents de la voir. Elle apporte un si bon esprit. »

    Elle prend la Sainte-Cène et elle renouvelle une alliance. Elle se souvient du Sauveur et elle essaye de garder ses commandements. En conséquence, elle a son Esprit avec elle, toujours. Peut-être ses problèmes ne sont-ils pas résolus. La plupart sont la conséquence de choix d’autres personnes et même notre Père céleste qui entend ses prières et l’aime ne peut pas forcer les gens à choisir le bien. Mais il peut la diriger vers la sécurité du Sauveur et la promesse d’avoir son Esprit avec elle. Et donc, je suis sûr qu’avec la force du Seigneur elle triomphera de l’épreuve qu’elle traverse parce qu’elle garde le commandement de se réunir souvent avec les saints. C’est à la fois la preuve qu’elle persévère et la source de sa force pour ce qui l’attend.

    Il y a une autre chose simple à faire. L’Église du Seigneur a été rétablie ; tout appel à y servir est donc un appel à le servir. Cet évêque d’Angleterre avait beaucoup de sagesse. Il a demandé à cette femme de prier au sujet de son appel à servir. Il savait quelle réponse elle allait recevoir. Ce serait une demande du Père et de son Fils bien-aimé. Il savait ce qu’elle a appris en répondant à l’appel du Maître. Le Saint-Esprit accompagne les personnes qui essayent de servir de leur mieux. Elle a dû le ressentir lorsqu’elle se tenait devant les parents et qu’elle a constaté que des élèves ne venaient pas. Ce qui semblait difficile, presque impossible à réaliser par elle-même, est devenu une joie avec la force du Seigneur.

    Quand elle lit les Écritures, médite à leur sujet et prie pour préparer les leçons, elle sait que le Sauveur a demandé au Père de lui envoyer le Saint-Esprit, tout comme il a promis à ses disciples de le faire, au cours de son dernier repas avec eux, sachant quelles épreuves ils allaient avoir et sachant qu’il devait les quitter. Il ne les a pas laissés sans réconfort. Il leur a promis le Saint-Esprit comme il nous l’a promis, à nous qui sommes à son service. Donc, chaque fois qu’on vous demande de servir, acceptez. Vous recevrez alors, pour surmonter vos épreuves, une aide bien supérieure à ce qui est nécessaire pour cet appel.

    Tout le monde n’a pas d’appel officiel. Mais tous les disciples servent le Maître en témoignant et en faisant preuve de gentillesse envers les gens qui les entourent. Ils ont promis de le faire dans les eaux du baptême. Et tous auront la compagnie de l’Esprit s’ils persévèrent en respectant leurs engagements envers Dieu.

    Au service du Maître, vous apprendrez à le connaître et à l’aimer. En persévérant dans la prière et le service fidèle, vous commencerez à ressentir que le Saint-Esprit est devenu un compagnon. Beaucoup d’entre nous ont ressenti cette compagnie en servant le Maître. Si vous repensez à cette période, vous vous souviendrez qu’il y avait eu des changements en vous. La tentation de mal agir semblait moins forte. Le désir de bien faire était plus grand. Les personnes qui vous connaissent le mieux et qui vous aiment ont peut-être dit : « Tu es devenu plus gentil, plus patient. Tu ne sembles plus être la même personne. »

    Vous n’étiez plus la même personne parce que l’expiation de Jésus-Christ est réelle. La promesse que nous pouvons être renouvelés, changés et améliorés, est réelle. Et nous pouvons devenir plus forts face aux épreuves de la vie. Nous utilisons alors la force du Seigneur, une force acquise à son service. Il nous accompagne. Et, avec le temps, nous devenons ses disciples fortifiés et éprouvés.

    Vous remarquerez alors un changement dans vos prières. Elles deviendront plus ferventes et plus fréquentes. Les paroles que vous prononcerez auront pour vous une signification différente. Par commandement, nous prions toujours le Père au nom de Jésus-Christ. Mais vous ressentirez plus de confiance en priant le Père, sachant que vous vous adressez à lui en tant que disciples de Jésus-Christ ayant fait ses preuves et en qui il a confiance. Le Père vous accordera plus de paix et de force dans cette vie, ainsi que l’attente heureuse d’entendre, quand l’épreuve de la vie sera terminée, les paroles suivantes : « C’est bien, bon et fidèle serviteur8. »

    Je sais que Dieu le Père vit. Je témoigne qu’il entend chacune de nos prières et y répond. Je sais que son Fils, Jésus-Christ, a payé pour tous nos péchés et qu’il veut que nous allions à lui. Je sais que le Père et le Fils veulent que nous réussissions les épreuves de la vie. Je témoigne qu’ils nous ont préparé le chemin. Grâce au rétablissement de l’Évangile dans les derniers jours, la voie nous est clairement montrée. Nous pouvons connaître les commandements. Nous avons le droit de demander la compagnie du Saint-Esprit promise dans la véritable Église de Jésus-Christ. Et nous pouvons persévérer. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

    Afficher les référencesCacher les références
      1. Psaumes 37:39.

      2. Abraham 3:25.

      3. 2 Néphi 31:20.

      4. 3 Néphi 18:18-21.

      5. Moroni 10:3-5.

      6. 3 Néphi 10:6.

      7. 3 Néphi 18:22.

      8. Matthieu 25:21.