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    Avril 2006 | Le besoin de plus de gentillesse

    Le besoin de plus de gentillesse

    Avril 2006 Conférence générale

    Pourquoi certains d’entre nous doivent-ils être méchants et désagréables? Pourquoi ne pouvons-nous pas tous être amicaux avec tous les gens qui nous entourent?

    Il est très difficile de parler après frère Monson. Il a beaucoup d’humour et pourtant une grande sincérité.

    Merci, mes frères, de votre foi et de vos prières. J’en suis profondément reconnaissant.

    En vieillissant l’homme devient plus doux, plus gentil. J’ai beaucoup réfléchi à cela dernièrement.

    Je me demande pourquoi il y a tant de haine dans le monde. Nous sommes impliqués dans des guerres terribles qui font des morts et des estropiés. Plus près de chez nous il y a tant de jalousie, d’orgueil, d’arrogance et de critiques malveillantes ; des pères qui se mettent en colère pour des petites choses sans conséquence, qui font pleurer leur femme et qui font peur à leurs enfants.

    Les luttes raciales continuent de montrer leur horreur. J’ai appris que même ici parmi nous il y en a. Je ne comprends pas comment cela est possible. Il me semblait que nous nous étions tous réjouis en 1978 de la révélation donnée au président Kimball. J’étais présent, dans le temple, quand cela s’est produit. Je n’avais aucun doute à l’esprit, ni aucun de mes frères, que ce qui était révélé était le désir et la volonté du Seigneur.

    Maintenant on me dit qu’on entend parfois parmi nous des insultes et des remarques méprisantes racistes. Je vous rappelle qu’un homme qui fait des remarques désobligeantes sur des gens d’une autre race ne peut pas se considérer comme un vrai disciple du Christ. Il ne peut pas non plus considérer qu’il est en accord avec les enseignements de l’Église du Christ. Comment un homme qui détient la Prêtrise de Melchisédek peut-il penser avec arrogance qu’il est éligible pour la prêtrise mais qu’un autre homme menant une vie juste mais dont la peau est d’une couleur différente, n’est pas éligible ?

    Depuis que je suis membre de la Première Présidence j’ai constaté la diversité de notre société et j’en ai parlé de nombreuses fois. Cette diversité nous concerne et nous devons faire l’effort de la prendre en compte.

    Reconnaissons que chacun de nous est un fils ou une fille de notre Père céleste qui aime tous ses enfants.

    Mes frères, la haine raciale n’a aucun fondement parmi les détenteurs de la prêtrise de cette Église. Si quelqu’un qui m’entend a tendance à se livrer à cela, alors qu’il s’incline devant le Seigneur, demande pardon et ne se livre plus à ce genre de chose.

    Je reçois de temps en temps des lettres de personnes me suggérant des sujets qui devraient être traités à la conférence. J’en ai reçu une l’autre jour. Elle venait d’une femme qui indiquait que son premier mariage s’était terminé par un divorce. Elle avait ensuite rencontré un homme qui semblait très gentil et prévenant. Mais elle s’était aperçue peu après leur mariage que la situation financière de son mari était désastreuse ; il avait peu d’argent mais il avait quitté son emploi et refusait de travailler. Elle avait alors été forcée d’aller travailler pour subvenir aux besoins de la famille.

    Les années ont passé et il est toujours sans emploi. Elle parle ensuite de deux autres hommes qui font la même chose, refusant de travailler pendant que leur femme est obligée de passer de longues heures à subvenir aux besoins de leur famille.

    Paul a dit à Timothée : « Si quelqu’un n’a pas soin des siens, et principalement de ceux de sa famille, il a renié la foi, et il est pire qu’un infidèle » (1 Timothée 5:8). Ce sont des paroles très fortes.

    Le Seigneur a dit dans ces derniers jours :

    « Les femmes ont droit au soutien de leur mari jusqu’à ce qu’il leur soit enlevé…

    « Tous les enfants ont droit au soutien de leurs parents jusqu’à leur majorité » (D&A 83:2, 4).

    Depuis les premiers jours de cette Église, les maris ont été considérés comme les soutiens de leur famille. Je crois qu’aucun homme ne peut être considéré comme un membre honorable s’il refuse de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille, s’il en est physiquement capable.

    J’ai dit que je ne savais pas pourquoi il y a tant de conflits, de haine et de violence dans le monde. Je sais bien sûr que tout cela est l’œuvre de l’adversaire. Il s’attaque à nous individuellement. Il anéantit des hommes forts. Depuis l’organisation de cette Église, c’est ce qu’il a fait. Voici ce qu’a dit Wilford Woodruff :

    « J’ai vu Oliver Cowdery alors qu’on aurait dit que la terre tremblait sous ses pieds. Je n’ai jamais entendu un homme rendre un témoignage plus fort que lui quand il était sous l’influence de l’Esprit. Mais dès l’instant où il a quitté le royaume de Dieu, son pouvoir est tombé… Il a été dépouillé de sa force comme Samson sur les genoux de Dalila. Il a perdu le pouvoir et le témoignage dont il jouissait et il ne les a jamais retrouvés dans leur plénitude de son vivant, bien qu’il soit mort [membre de] l’Église » (Enseignements des Présidents de l’Église : Wilford Woodruff, 2004, p. 110).

    J’ai l’autorisation de vous raconter l’histoire d’un jeune homme qui a grandi dans l’une de nos villes. Il n’était pas membre de l’Église. Ses parents et lui étaient pratiquants dans une autre Église.

    Il se souvient que lorsqu’il était enfant certains de ses camarades mormons le rabaissaient, lui donnaient le sentiment qu’il n’était pas à sa place et se moquaient de lui.

    Il en était venu à haïr l’Église et ses membres. Il ne voyait rien de bon en eux.

    Puis son père a perdu son emploi et sa famille a dû déménager. Dans leur nouvelle ville, à l’âge de dix-sept ans, il a pu s’inscrire à l’université. Là, pour la première fois de sa vie, il a eu le bonheur d’avoir des amis. L’un d’eux, Richard, lui a demandé de faire partie d’un club dont il était président. Il écrit : « Pour la première fois de ma vie quelqu’un voulait ma présence. Je ne savais pas trop quoi faire, mais j’ai accepté avec reconnaissance… C’était un sentiment que j’aimais, le sentiment d’avoir un ami. J’avais prié toute ma vie pour en avoir un. Et maintenant, après dix-sept ans d’attente, Dieu avait répondu à ma prière. »

    À dix-neuf ans, il s’est retrouvé dans la même tente que Richard durant leur emploi d’été. Il a remarqué que celui-ci lisait un livre tous les soirs. Il lui a demandé ce qu’il lisait. Richard lui a répondu qu’il lisait le Livre de Mormon. Il ajoute : « J’ai rapidement changé de sujet et je suis allé me coucher. C’était le livre qui avait gâché mon enfance. J’ai essayé d’oublier tout cela, mais une semaine a passé et je n’arrivais pas à dormir. Pourquoi est-ce qu’il le lisait tous les soirs ? Bientôt, je n’ai pas pu supporter ces questions sans réponse. Alors un soir, je lui ai demandé ce qu’il y avait de si important dans ce livre. Ce qu’il contenait. Il m’a tendu le livre. J’ai dit rapidement que je ne voulais pas toucher à ce livre. Je voulais juste savoir ce qu’il contenait. Il s’est mis à lire à l’endroit où il s’était arrêté. Cela parlait de Jésus et d’une apparition en Amérique. J’étais abasourdi. Je ne pensais pas que les Mormons croyaient en Jésus. »

    Richard lui a demandé de chanter avec lui dans un chœur de conférence de pieu. Le jour est arrivé et la conférence a commencé. Le jeune homme raconte: « Gary J. Coleman, du premier collège des soixante-dix, était l’orateur invité. J’ai appris durant la conférence que lui aussi [était un converti]. À la fin, Richard m’a tiré par le bras pour aller lui parler. J’ai finalement accepté et, alors que je m’approchais de lui, il s’est tourné et m’a souri. Je me suis présenté et je lui ai dit que je n’étais pas membre et que j’étais juste venu chanter dans le chœur. Il a souri en disant qu’il était heureux que je sois là et que la musique était superbe. Je lui ai demandé comment il savait que l’Église était vraie. Il m’a rendu brièvement son témoignage et m’a demandé si j’avais lu le Livre de Mormon. J’ai répondu que non. Il m’a promis que la première fois que je le lirais, je ressentirais l’Esprit. »

    Plus tard, un jour que ce jeune homme et son ami étaient en voyage, Richard lui a tendu un Livre de Mormon et lui a demandé de le lire à haute voix. C’est ce qu’il a fait et soudain il a ressenti le Saint-Esprit.

    Le temps a passé et sa foi a grandi. Il a accepté de se faire baptiser. Ses parents s’y sont opposés, mais il l’a fait quand même et est devenu membre de l’Église.

    Son témoignage continue de grandir. Il y a tout juste quelques semaines il a épousé pour le temps et pour l’éternité une jolie sainte des derniers jours au temple de Salt Lake City. Gary J. Coleman a accompli le scellement.

    C’est la fin de l’histoire, mais il y a de grandes leçons à en tirer. L’une est la manière désolante dont ses jeunes camarades mormons l’ont traité.

    La suivante est la manière dont son nouvel ami Richard s’est occupé de lui. C’était exactement l’opposé de son expérience précédente. Cela l’a conduit à la conversion et au baptême, ce qui pouvait sembler bien improbable.

    Ce genre de miracle peut se produire et se produira avec de la gentillesse, du respect et de l’amour. Pourquoi certains d’entre nous doivent-ils être si méchants et si désagréables ? Pourquoi ne pouvons-nous pas tous être amicaux avec tous ceux qui nous entourent ? Pourquoi y a-t-il tant de haine et d’animosité ? Cela ne fait pas partie de l’Évangile de Jésus-Christ.

    Il nous arrive à tous de trébucher. Nous commettons tous des fautes. Voici ce qu’a dit Jésus dans le Notre Père : « Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » (Matthieu 6:12).

    William W. Phelps, qui était un proche du prophète Joseph, l’a trahi en 1838, ce qui a entraîné l’incarcération du prophète au Missouri. Reconnaissant le grand mal qu’il avait fait, frère Phelps a écrit au prophète pour lui demander pardon. Le prophète a répondu entre autres :

    « Il est vrai que nous avons beaucoup souffert de votre comportement : la coupe de fiel, déjà suffisamment pleine à boire pour des mortels a vraiment été remplie à déborder lorsque vous vous êtes tourné contre nous…

    « Cependant la coupe a été bue, la volonté de notre Père a été faite et nous sommes toujours vivants, chose pour laquelle nous remercions le Seigneur…

    « Croyant que votre confession est réelle et votre repentir sincère, je serai heureux de vous donner de nouveau la main droite de l’amitié et de me réjouir du retour du prodigue.

    « Votre lettre a été lue dimanche dernier aux saints et nous leur avons demandé ce qu’ils en pensaient ; il a été unanimement résolu que W. W. Phelps soit accepté dans la communion des saints.

    « ‘Venez, cher frère, puisque la guerre a pris fin.

    « ‘Amis au début, nous sommes amis enfin’ » (Enseignements du prophète Joseph Smith, sél. Joseph Fielding Smith, 1981, p. 146).

    Mes frères, c’est cet esprit, exprimé par le prophète, que nous devons cultiver. Nous ne pouvons pas faire preuve de complaisance à ce sujet. Nous sommes membres de l’Église de notre Seigneur. Nous avons une obligation envers lui, tout comme envers nous-mêmes et envers autrui. Ce vieux monde pécheur a tant besoin d’hommes forts, d’hommes vertueux, d’hommes de foi et de justice, d’hommes prêts à pardonner et à oublier.

    Pour conclure, je suis content de remarquer que les exemples que j’ai donnés ne représentent pas les actions et les attitudes de la grande majorité des membres de l’Église. Je vois tout autour de moi un merveilleux déversement d’amour et de sollicitude envers autrui.

    Il y a une semaine cette salle était remplie de belles jeunes filles qui s’efforcent de vivre l’Évangile. Elles sont charitables les unes envers les autres. Elles s’efforcent de se fortifier mutuellement. Elles font honneur à leurs parents et aux foyers dont elles viennent. Elles seront bientôt des femmes et elles garderont toute leur vie les idéaux qui les motivent actuellement.

    Pensez à tout le bien accompli par les femmes de la Société de Secours. L’influence de leurs activités bienveillantes s’étend partout dans le monde. Les femmes donnent de leur temps, de leurs moyens et leurs soins aimants pour aider les malades et les pauvres.

    Pensez au programme d’entraide et à ses bénévoles qui fournissent de la nourriture, des vêtements et du matériel dont des gens dans la détresse ont besoin.

    Pensez à tout ce que font nos services humanitaires en allant en dehors de l’Église dans les pays ou règne la misère. Le fléau de la rougeole est en train d’être éradiqué dans de nombreuses régions grâce aux contributions de l’Église.

    Voyez les résultats du Fonds Perpétuel d’Études qui sort des milliers de gens d’une profonde pauvreté pour les amener au soleil de la connaissance et de la prospérité.

    Et je pourrais continuer ainsi à vous rappeler tous les efforts de gens pleins de bonté de cette Église qui sont une bénédiction les uns pour les autres et qui aident partout dans le monde les pauvres et les affligés de la terre.

    Il n’y a pas de fin au bien que nous pouvons faire, à l’influence que nous pouvons avoir. Ne nous appesantissons pas sur la critique ni sur ce qui est négatif. Prions pour avoir de la force ; prions pour avoir la capacité et le désir d’aider autrui. Rayonnons de la lumière de l’Évangile en tout temps et en tout lieu, afin que l’Esprit du Rédempteur puisse émaner de nous.

    Mes frères, comme le Seigneur l’a dit à Josué, fortifiez-vous et prenez courage, ne vous effrayez pas et ne vous épouvantez pas, car l’Éternel, votre Dieu, sera avec vous partout où vous irez (voir Josué 1:9).

    Au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen.