C’est aujourd’hui!

Walter F. González

de la présidence des soixante-dix


Que faisons-nous aujourd’hui pour graver dans notre âme les principes de l’Évangile qui nous soutiendront dans les moments d’épreuve ?

Quand frère Faust nous a informés ma femme et moi de notre mutation à Lima (Pérou), nous ne nous doutions pas que le 15 août 2007, quelques jours à peine après notre arrivée, nous allions être témoins d’un tremblement de terre dévastateur. Plus de 52 000 maisons ont été détruites par sa seule force. Pire encore, il a fait plus de cinq cents morts. Neuf d’entre eux étaient membres de l’Église. Les membres des pieux d’Ica et de Pisco et des districts de Cañete et de Chincha ont subi le choc des suites du séisme.

L’Église a apporté un secours immédiat à ses membres et aux personnes d’autres dénominations religieuses. Le lendemain matin du tremblement de terre, les membres de la région sinistrée recevaient de la nourriture et des vêtements, et, avant midi, l’Église offrait de l’aide humanitaire à la protection civile du pays. Beaucoup de membres qui s’étaient retrouvés sans abri ont été abrités dans nos églises. En dépit du caractère inattendu de la catastrophe, l’organisation de la prêtrise a très bien fonctionné pour secourir les défavorisés.

Les présidents de pieu et de district ainsi que les évêques sont sortis aider leurs membres quelques minutes à peine après le tremblement de terre. La situation terrible dans laquelle ces dirigeants de la prêtrise sont sortis mérite d’être soulignée : c’était la nuit, les lumières étaient éteintes, tout était détruit autour, et la terre n’arrêtait pas de trembler. Ces remarquables dirigeants de la prêtrise ont mis leur famille en sécurité et se sont avancés dans la pénombre, au milieu des gens qui pleuraient et des maisons détruites. Ils sont donc sortis pendant la nuit et les jours suivants, faisant face à de fréquentes répliques puissantes et menacés par une alerte au raz de marée. Ils ont cherché parmi les décombres, dans l’agitation, risquant leur vie pour retrouver tous les membres. Un évêque a déclaré : « Sans trop hésiter, j’ai couru à la recherche de mes frères, de mes sœurs et de mes dirigeants de l’Église. » Il les a trouvés. C’est ainsi qu’il a passé la plus grande partie de la nuit.

Qu’est-ce qui a motivé ces dirigeants à sortir aider les autres au péril de leur vie ? C’est certainement leur grande foi au Sauveur et en son Église. C’est leur compréhension de leur appel de dirigeants de la prêtrise. Ce sont des principes de l’Évangile gravés en eux avant le tremblement de terre et non pendant la crise ; gravés non pas à l’encre mais par l’Esprit sur les tables de chair de leur cœur (voir 2 Corinthiens 3:3).

Le risque de tremblement de terre a toujours existé. Quand et comment il arriverait, personne ne le savait. Lorsqu’il s’est produit, il a été dévastateur. Mais sous la direction de la prêtrise, les difficultés du moment ont été vaincues. Dans de nombreux cas, lorsque les membres en étaient incapables, le Seigneur a fait la différence. Certains membres ont dit avoir vu des hommes en blanc les aider à sauver leur vie. D’autres ont entendu des voix les diriger. Des années de service dans l’Église les ont formés à s’organiser et à s’entraider.

La même chose se produit dans notre vie. Nous ne savons pas quand ni comment les tremblements de terre vont nous toucher. Il est peu probable qu’il s’agisse de tremblements de terre littéraux, comme au Pérou, mais plutôt des tentations, des péchés ou des épreuves, comme le chômage ou la maladie grave. C’est aujourd’hui qu’il faut se préparer à ce genre de tremblement de terre. C’est aujourd’hui qu’il faut se préparer et non pendant la crise. Que faisons-nous aujourd’hui pour graver dans notre âme les principes de l’Évangile qui nous soutiendront dans les moments d’épreuve ?

Par exemple, qu’est-ce que Joseph, qui a été vendu en Égypte, a semé en son âme pour répondre « Comment pourrais-je faire un aussi grand mal et pécherais-je contre Dieu ? » (Genèse 39:9), lorsqu’il a repoussé les pressions de la femme de Potiphar pour qu’il enfreigne la loi de chasteté ? Qu’est-ce que Néphi avait déjà semé en son âme pour pouvoir répondre, lorsque Dieu lui a donné un commandement : « J’irai et je ferai… car je sais » ? (1 Néphi 3:7.)

Ce qu’ont fait ces grands dirigeants a été de permettre à l’Esprit d’écrire des principes de l’Évangile en leur âme. Les écrire ne se fait pas en un jour. C’est l’exposition totale de notre âme aux principes de la justice qui fera la différence dans notre préparation aux tremblements de terre spirituels. Cette exposition peut être améliorée par la méditation et la rupture d’avec les mauvaises influences.

Des principes éternels s’implanteront en nous si nous prenons le temps non seulement de lire les enseignements des prophètes et les Écritures mais aussi de méditer à leur sujet à l’aide de la prière. Néphi, par exemple, a pris le temps de s’asseoir et de méditer. Ce faisant, il a été exposé à des joyaux doctrinaux (voir 1 Néphi 11:1). Prenez le temps de faire ce que le Seigneur nous a commandé : « Amassez toutes ces choses dans votre cœur, et que la gravité de l’éternité repose sur votre esprit » (D&A 43:34). Dans un monde qui exige de plus en plus de notre temps, il est essentiel de prendre le temps de méditer dans notre foyer, afin de comprendre la doctrine divine. Comme le Sauveur l’a dit : « Rentrez chez vous, et méditez [sur ces] choses… [afin de] pouvoir comprendre, et préparez votre esprit pour demain » (3 Néphi 17:3).

Si nous le faisons, notre exposition à la doctrine et à ses principes continuera de s’améliorer si nous écoutons également les exhortations du Seigneur au sujet des mauvaises influences. Il va très probablement y avoir des gens qui vont faire pression sur nous pour que nous agissions ou pensions de sorte que de futures secousses nous trouvent mal préparés. À ce sujet, le Sauveur nous a donné une clé qui nous aidera à mieux nous préparer aujourd’hui aux vicissitudes à venir. Il a dit : « C’est pourquoi si ta main est une occasion de chute, coupe-la ; ou si ton frère est une occasion de chute et ne confesse pas et n’abandonne pas, il sera retranché » (Traduction par Joseph Smith, Marc 9:40).

Heureusement, le Sauveur a enseigné ce que signifiait se couper la main. Il n’est pas question de se mutiler volontairement mais de supprimer les influences qui nous empêchent de nous préparer aux tremblements de terre de demain. Si j’ai des amis qui ont une mauvaise influence sur moi, le conseil est clair : « Car il vaut mieux que tu entres dans la vie sans ton frère, plutôt que ton frère et toi soyez jetés dans la géhenne… » (Traduction par Joseph Smith, Marc 9:41.) Le Seigneur a appliqué ce même principe lorsqu’il a averti Néphi de quitter ses frères qui devenaient une influence dangereuse (voir 2 Néphi 5:5).

On comprend que cette séparation ne s’applique pas qu’aux amis mais à toute mauvaise influence, comme les émissions de télévision, les sites Internet, les films, les livres, les jeux ou la musique inconvenants. Si nous gravons ce principe dans notre âme, nous recevrons de l’aide pour résister à la tentation de céder aux mauvaises influences.

Si nous améliorons notre exposition à la doctrine cela fera de nous des détenteurs de la prêtrise chez qui les valeurs de l’Évangile sont profondément ancrées. Nous serons mieux préparés à faire face aux séismes qui se produiront sans prévenir, au moment où nous nous y attendons le moins. Nous, détenteurs de la prêtrise, nous nous sentirons concernés par la promesse faite au prophète Jérémie : « Voici, je t’établis en ce jour sur tout le pays comme une ville forte, une colonne de fer et un mur d’airain… contre le peuple du pays » (Jérémie 1:18).

Alors nous serons en mesure d’exprimer notre gratitude comme l’a fait sœur Cruzado, à Ica. Après avoir passé la nuit exposée aux éléments, elle a écrit : « Au point du jour, le lendemain, notre Père céleste a montré son amour par un soleil chaud, qui s’est levé tôt, et la nuit, il nous a réconfortés par une nuit étoilée. »

C’est aujourd’hui le moment d’être vaillant et de décider d’exposer réellement et profondément notre âme aux enseignements de notre Sauveur. Je sais qu’il vit et qu’une fois que nous aurons fait tout ce que nous pouvons, il fera la différence. J’en témoigne, au nom de Jésus-Christ. Amen.