Avril 2008 | Regarder en arrière et aller de l’avant

    Regarder en arrière et aller de l’avant

    Avril 2008 Conférence générale

    Ensemble nous irons de l’avant pour accomplir son œuvre.

    Nous avons eu une excellente session. Les discours étaient inspirants; la musique était magnifique, les témoignages sincères. Je pense que quiconque a assisté à cette session ne l’oubliera jamais, du fait de l’Esprit que nous avons ressenti.

    Mes frères et sœurs bien-aimés, il y a quarante-quatre ans, en octobre 1963, je me tenais au pupitre du Tabernacle, juste après avoir été soutenu comme membre du Collège des douze apôtres. À cette occasion, j’ai mentionné une petite pancarte que j’avais vue sur un autre pupitre. Le texte disait : « Que celui qui se tient à ce pupitre soit humble. » Je peux vous assurer que mon appel aux Douze m’a rempli d’humilité à ce moment-là. Cependant, au moment où je me tiens à ce pupitre-ci aujourd’hui, je m’adresse à vous dans les profondeurs absolues de l’humilité. Je sens très fortement à quel point je dépends du Seigneur. Je souhaite humblement que l’Esprit me guide pendant que je vous exprime ce que je ressens.

    Il y a tout juste deux mois, nous disions adieu à notre cher ami et dirigeant, Gordon B. Hinckley, quinzième président de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, ambassadeur exceptionnel de la vérité auprès du monde entier et aimé de tous. Il nous manque. Plus de 53.000 hommes, femmes et enfants sont allés jusqu’à la belle « Salle des prophètes » dans ce bâtiment même pour rendre un dernier hommage à ce géant du Seigneur qui appartient maintenant à l’éternité.

    Avec le décès du président Hinckley, la Première Présidence a été dissoute. Le Président Eyring et moi, qui étions ses conseillers, nous avons repris notre place au Collège des douze apôtres, et c’est ce collège qui est devenu l’autorité présidente de l’Église.

    Le samedi 2 février 2008, le service funèbre du président Hinckley a eu lieu dans ce magnifique Centre ce conférences, un bâtiment qui sera dorénavant un monument érigé à sa prévoyance et à sa vision. Pendant les funérailles, de beaux et affectueux hommages ont été rendus à cet homme de Dieu.

    Le lendemain, les quatorze apôtres ordonnés vivant sur la terre se sont assemblés dans une salle d’étage du temple de Salt Lake City. Nous nous sommes réunis dans le jeûne et la prière. Pendant cette réunion solennelle et sacrée, la présidence de l’Église a été réorganisée selon un précédent bien établi, d’après le modèle que le Seigneur lui-même a mis en place.

    Les membres de l’Église du monde se sont réunis hier pour une assemblée solennelle. Vous avez levé la main pour un vote de soutien pour approuver ce qui a été fait lors de cette réunion dans le temple dont je viens de parler. Pendant que vos mains étaient levées vers le ciel, j’ai eu le cœur touché. J’ai senti votre amour et votre appui, ainsi que votre engagement vis-à-vis du Seigneur.

    Je sais sans aucun doute, mes frères et sœurs, que Dieu vit. Je vous témoigne que ceci est son œuvre. Je témoigne également que notre Sauveur Jésus-Christ est à la tête de cette Église qui porte son nom. Je sais que la plus belle expérience de toute cette vie est de sentir les incitations par lesquelles il nous dirige pour faire avancer son œuvre. J’ai senti ces incitations quand j’étais jeune évêque et que j’étais guidé vers les maisons où il y avait des besoins spirituels ou peut-être temporels. Je les ai senties de nouveau comme président de mission à Toronto, au Canada, travaillant avec de merveilleux missionnaires qui étaient un témoignage vivant au monde que cette œuvre est divine et que nous sommes dirigés par un prophète. Je les ai senties pendant tout mon service parmi les Douze et dans la Première Présidence et maintenant comme président de l’Église. Je témoigne que chacun de nous peut sentir l’inspiration du Seigneur en vivant de manière digne et en s’efforçant de le servir.

    Je pense très fort aux quinze hommes qui m’ont précédé comme présidents de l’Église. J’ai personnellement connu beaucoup d’entre eux. J’ai eu la bénédiction et l’honneur d’être conseiller de trois d’entre eux. Je suis reconnaissant du legs permanent laissé par chacun de ces quinze hommes. J’ai la connaissance sûre, et je suis certain qu’ils l’avaient aussi, que Dieu dirige son prophète. Je prie de tout cœur de pouvoir continuer à être un instrument digne entre ses mains pour poursuivre cette grande œuvre et pour m’acquitter des responsabilités énormes qui s’attachent à la fonction de président.

    Je remercie le Seigneur des merveilleux conseillers que j’ai. Les présidents Eyring et Uchtdorf sont des hommes d’une grande compétence et d’une intelligence saine. Ce sont des conseillers au véritable sens du terme. Je chéris leur jugement. J’ai la conviction qu’ils ont été préparés par le Seigneur pour le poste qu’ils occupent maintenant. J’aime les membres du Collège des douze apôtres et je chéris mes relations avec eux. Ils sont, eux aussi, dévoués à l’œuvre du Seigneur et passent leur vie à son service. Je me réjouis déjà de travailler avec frère Christofferson, qui a maintenant été appelé à ce collège et à qui vous avez manifesté votre soutien. Lui aussi a été préparé pour le poste auquel il a été appelé. J’ai aussi eu de la joie à travailler avec les membres des collèges des soixante-dix et avec l’épiscopat président. De nouveaux membres des soixante-dix ont été appelés et ont été soutenus hier, et je me réjouis de les côtoyer dans l’œuvre du Maître.

    Un merveilleux esprit d’unité existe parmi les Autorités générales. Le Seigneur a déclaré : « Si vous n’êtes pas un, vous n’êtes pas de moi1. » Nous continuerons à être unis dans un but par excellence, celui de faire avancer l’œuvre du Seigneur.

    Je voudrais exprimer à mon Père céleste mes remerciements pour ses innombrables bénédictions. Je peux dire, comme Néphi autrefois, que je suis né de bons parents, dont les parents et les grands-parents ont été rassemblés de Suède, d’Écosse et d’Angleterre par des missionnaires dévoués. Ces missionnaires ont rendu d’humbles témoignages et ils ont touché le cœur et l’esprit de mes ancêtres. Après être devenus membres de l’Église, ces hommes, femmes et enfants nobles ont fait le chemin jusqu’à la vallée du Grand Lac Salé. Nombreuses ont été les épreuves et les souffrances qu’ils ont rencontrées en chemin.

    Au printemps de 1848, mes arrière arrière-grands-parents, Charles Stewart Miller et Mary McGowan Miller, qui étaient devenus membres de l’Église dans leur Écosse natale, sont partis de chez eux à Rutherglen (Écosse) et se sont rendus jusqu’à St Louis (Missouri), avec un groupe de saints, pour y arriver en 1849. Margaret, un de leurs onze enfants, allait devenir mon arrière-grand-mère.

    Tandis que la famille était à St Louis à travailler pour gagner assez d’argent pour terminer son voyage jusqu’à la vallée du lac Salé, une épidémie de choléra a balayé la région, semant la mort et la souffrance. La famille Miller a été gravement atteinte. En deux semaines, quatre des membres de la famille ont succombé. Le premier, le 22 juin 1849, était William, 18 ans. Cinq jours plus tard, Mary McGowan Miller, mon arrière arrière-grand-mère, et la mère de la famille, mourait. Deux jours après, Archibald, 15 ans, décédait et cinq jours après sa mort, mon arrière arrière-grand-père, Charles Stewart Miller, père de la famille, succombait. Les enfants survivants se retrouvaient orphelins, notamment mon arrière-grand-mère Margaret, qui avait alors treize ans.

    Les décès étant si nombreux dans la région qu’il n’y avait plus de cercueils disponibles, à quelque prix que ce soit, pour y déposer les membres de la famille décédés. Les garçons survivants plus âgés ont démonté les enclos des bœufs pour faire des cercueils pour les membres de la famille qui étaient décédés.

    On a peu d’écrits sur le chagrin et les difficultés des neuf enfants Miller restants qui ont dû continuer à travailler et à économiser pour ce voyage que leurs parents et leurs frères ne feraient jamais. Nous savons qu’ils ont quitté St Louis au printemps de 1850 avec quatre bœufs et un chariot pour arriver enfin la même année dans la vallée du lac Salé.

    D’autres de mes ancêtres ont affronté des difficultés semblables. Cependant, dans tout cela, leur témoignage est resté immuable et ferme. Ils m’ont tous laissé un héritage de consécration totale à l’Évangile de Jésus-Christ. C’est grâce à ces âmes fidèles que je me tiens aujourd’hui devant vous.

    Je remercie mon Père céleste pour Frances, ma chère épouse. En octobre prochain, nous allons, elle et moi, fêter 60 merveilleuses années de mariage. Bien que mon service dans l’Église ait commencé à un jeune âge, elle ne s’est jamais plainte une seule fois quand je quittais la maison pour assister à des réunions ou pour accomplir une tâche. Pendant de nombreuses années, mes devoirs de membre des Douze m’ont souvent éloigné de Salt Lake City, parfois pendant cinq semaines d’affilée, la laissant seule pour s’occuper de nos petits enfants et de notre maison. À partir du moment où j’ai été appelé comme évêque à l’âge de vingt-deux ans, nous avons rarement eu le luxe d’être assis ensemble pendant un office religieux. Je n’aurais pas pu demander un conjoint plus fidèle, plus aimant et plus compréhensif.

    Je remercie mon Père céleste pour nos trois enfants et leurs conjoints, pour nos huit petits-enfants merveilleux et pour nos quatre beaux arrière-petits-enfants.

    Il m’est difficile de trouver les mots pour vous faire part, mes frères et sœurs, de mon appréciation sincère pour la vie que vous menez, pour le bien que vous faites, pour le témoignage que vous rendez. Vous vous servez les uns les autres de bon cœur. Vous êtes dévoués à l’Évangile de Jésus-Christ.

    Pendant plus de 44 ans, comme Autorité générale, j’ai eu l’occasion de voyager dans le monde entier. L’une de mes plus grandes joies a été de vous rencontrer, vous, les membres, partout où vous êtes, de sentir votre esprit et votre amour. J’espère bien avoir encore beaucoup d’occasions de ce genre.

    Pendant tout le voyage le long du chemin de la vie, il y a des pertes. Certains s’écartent des indicateurs routiers qui montrent la direction de la vie éternelle, pour s’apercevoir finalement que le détour choisi mène en fin de compte à une impasse. L’indifférence, la négligence, l’égoïsme et le péché sont toutes choses qui coûtent cher en vies humaines.

    Tout le monde peut changer en mieux. Au cours des années, nous avons publié des appels aux non-pratiquants, à ceux qui ont été blessés, à ceux qui sont critiques, aux transgresseurs pour qu’ils reviennent. « Revenez et faites-vous un festin à la table du Seigneur et goûtez de nouveau aux fruits délicieux et satisfaisants de la communion avec les saints2. »

    Dans le sanctuaire privé de notre conscience se trouve l’esprit, la volonté de nous débarrasser du vieil homme et de nous montrer à la hauteur de notre vrai potentiel. Dans cet esprit, nous lançons de nouveau cette invitation sincère : Revenez. Nous vous tendons la main dans l’amour pur du Christ et exprimons notre désir de vous aider et de vous accueillir comme membres à part entière. Nous disons à ceux dont l’esprit est blessé ou qui se débattent dans les problèmes et la crainte : laissez-nous vous aider, vous réconforter et apaiser vos craintes. Prenez à la lettre l’invitation de Seigneur : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger3. »

    Il a été dit du Sauveur qu’il « allait de lieu en lieu faisant du bien… car Dieu était avec lui4 ». Puissions-nous suivre cet exemple parfait. Dans cette traversée parfois périlleuse de la condition mortelle, puissions-nous également suivre ce conseil de l’apôtre Paul qui nous aidera à rester sains et saufs et sur la bonne voie : « Que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l’approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l’objet de vos pensées5. »

    J’invite les membres de l’Église, où qu’ils soient, à faire preuve de bonté et de respect pour tout le monde. Le monde où nous vivons est rempli de diversité. Nous pouvons et devons montrer du respect envers ceux dont les croyances diffèrent des nôtres.

    Puissions-nous également faire preuve de bonté et d’amour dans notre propre famille. Notre foyer doit être plus qu’un sanctuaire ; il doit également être un endroit où l’Esprit de Dieu peut demeurer, un endroit dont la tempête ne franchit pas la porte, où l’amour règne et où la paix demeure.

    Le monde peut parfois être un endroit effrayant à vivre. Le tissu moral de la société semble s’effilocher à une vitesse alarmante. Personne, jeune, vieux ou entre deux âges, n’est à l’abri des choses qui ont le potentiel de nous faire chuter et de nous détruire. Nos jeunes, nos jeunes précieux, en particulier, affrontent des tentations que nous avons du mal à nous imaginer. L’adversaire et ses hordes semblent travailler sans arrêt à causer notre perte.

    Nous sommes en guerre contre le péché, mes frères et sœurs, mais nous ne devons pas désespérer. C’est une guerre que nous pouvons gagner et que nous gagnerons. Notre Père céleste nous a donné les outils dont nous avons besoin pour cela. Il est à la barre. Nous n’avons rien à craindre. Il est le Dieu de la lumière. Il est le Dieu de l’espérance. Je témoigne qu’il aime chacun de nous.

    La condition mortelle est une période de mise à l’épreuve, un temps pour nous montrer dignes de retourner en la présence de notre Père céleste. Pour être mis à l’épreuve, nous devons parfois affronter des défis et des difficultés. On a parfois l’impression de ne pas voir le bout du tunnel, de ne pas voir d’aube pour rompre les ténèbres de la nuit. Nous nous sentons entourés par la douleur des coeurs brisés, la déception des rêves réduits à néant et le désespoir des espérances envolées. Nous unissons nos voix à la question biblique : « N’y a-t-il point de baume en Galaad ?6 » Nous sommes enclins à contempler nos malheurs personnels à travers le prisme déformant du pessimisme. Nous nous sentons abandonnés, écrasés de chagrin, seuls. Si vous vous trouvez dans une telle situation, je vous supplie de vous tourner avec foi vers notre Père céleste. Il vous aidera et vous guidera. Il ne vous ôtera pas toujours vos afflictions, mais il vous consolera et vous fera traverser avec amour la tempête, quelle qu’elle soit que vous devez affronter.

    De tout mon coeur et de toute la ferveur de mon âme, j’élève aujourd’hui la voix pour témoigner en tant que témoin spécial et je déclare que Dieu vit. Jésus est son Fils, le Fils unique du Père dans la chair. Il est notre Rédempteur ; il est notre Médiateur auprès du Père. Il nous aime d’un amour que nous ne pouvons pas tout à fait comprendre, et parce qu’il nous aime, il a donné sa vie pour nous. Je n’ai pas de mots pour exprimer ma gratitude envers lui.

    J’appelle ses bénédictions sur vous, mes frères et sœurs bien-aimés, chez vous, au travail, dans vos services mutuels et votre service au Seigneur lui-même. Ensemble nous irons de l’avant pour accomplir son œuvre.

    J’engage ma vie, ma force, tout ce que j’ai à offrir à son service et à la direction des affaires de son Église selon sa volonté et par son inspiration, et je le fais en son saint nom, au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen.

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      1. Doctrine et Alliances 38:27.

      2. Déclaration de la Première Présidence, dans Ensign, mars 1986, p. 88.

      3. Matthieu 11:28-30.

      4. Actes 10:38.

      5. Philippiens 4:8.

      6. Jérémie 8:22.