L’Évangile de Jésus-Christ

L. Tom Perry

Of the Quorum of the Twelve Apostles


L’Évangile nous enseigne tout ce que nous avons besoin de savoir pour retourner vivre auprès de notre Père céleste.
 

L’apôtre Paul a déclaré avec hardiesse : « Car je n’ai point honte de l’Évangile : c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1:16). Nos missionnaires à plein temps qui servent dans de nombreuses parties du monde usent de la même hardiesse.

L’Évangile de Jésus-Christ est en substance une recette contenant cinq ingrédients pour obtenir la vie éternelle. Nous allons d’abord considérer ce que nous pouvons devenir si nous suivons cette recette puis nous examinerons chaque ingrédient.

Que savons-nous sur la vie éternelle ? Dans Moïse 1:39, nous apprenons que l’œuvre et la gloire du Seigneur sont de réaliser notre immortalité et notre vie éternelle. Cela nous enseigne que l’immortalité et la vie éternelle sont deux choses distinctes. Le don de la vie éternelle, qui est promis à certaines conditions seulement, est beaucoup plus grand que le don de l’immortalité. Bruce R. McConkie a expliqué : « La vie éternelle est un nom qui ne renvoie pas seulement à la durée sans fin d’une vie future. L’immortalité, c’est vivre pour toujours dans un état ressuscité et, par la grâce de Dieu, tous les hommes obtiendront cette continuation infinie de la vie. Cependant seuls ceux qui obéissent à la plénitude de la loi de l’Évangile hériteront de la vie éternelle. C’est ‘le plus grand de tous les dons de Dieu’ car c’est le genre de vie que Dieu lui-même mène, le statut et la qualité de vie qu’il a. Ainsi, ceux qui obtiennent la vie éternelle reçoivent l’exaltation. Ils sont fils de Dieu, cohéritiers du Christ, membres de l’Église du Premier-né. Ils vainquent tout, ont tout pouvoir et reçoivent la plénitude du Père… » (Mormon Doctrine 2ème éd., 1966, p. 237).

Comme indiqué à la page 1 de Prêchez mon Évangile, le devoir de nos missionnaires est d’« inviter les gens à aller au Christ en les aidant à recevoir l’Évangile rétabli par la foi en Jésus-Christ et en son expiation, par le repentir, par le baptême, par la réception du don du Saint-Esprit et par la persévérance jusqu’à la fin » (2004).

Dans beaucoup de livres de cuisine, on trouve des photos du plat parfait que cette recette permet de faire : la plénitude de joie de la cuisine. Ces photos sont importantes car elles nous aident à imaginer ce que sera le résultat si nous suivons strictement les instructions de la recette. Il est important de commencer en ayant la fin à l’esprit mais la fin représentée par les photos du livre de cuisine n’est possible que si tout est fait correctement. Si l’on ne suit pas les instructions ou si l’on omet ou l’on dose mal un ingrédient, on obtient rarement le goût et l’apparence désirés. Cependant, la photo du plat parfait peut nous motiver à ressayer de créer quelque chose de délicieux et de beau à la fois.

Lorsque nous pensons à la vie éternelle, quelle image avons-nous à l’esprit ? Je crois que si nous pouvions nous représenter une image claire et fidèle de la vie éternelle, nous commencerions à nous comporter différemment. Pour beaucoup de choses qu’implique la persévérance jusqu’à la fin, nous n’aurions pas besoin que l’on nous pousse, par exemple pour faire notre enseignement au foyer ou nos visites d’instruction, assister à nos réunions, aller au temple, respecter la morale, faire nos prières ou lire les Écritures. Nous voudrions faire toutes ces choses et encore davantage car nous nous rendrions compte qu’elles nous préparent à aller là où nous aspirons à aller.

Pourquoi le premier objectif d’un missionnaire doit-il être d’aider les gens à recevoir la foi en Jésus-Christ et en son expiation ? Pour accepter l’Évangile de Jésus-Christ, on doit d’abord accepter celui dont c’est l’Évangile. On doit faire confiance au Sauveur et à ce qu’il nous a enseigné. On doit croire qu’il a le pouvoir de tenir les promesses qu’il nous a faites en vertu de l’Expiation. Lorsqu’on a foi en Jésus-Christ, on accepte et applique son expiation et ses enseignements.

Au vingt-septième chapitre de 3 Néphi, nous lisons que le Sauveur a enseigné à ses disciples l’interdépendance de son Évangile et de son ministère terrestre et de son expiation. Il a dit :

« Voici, je vous ai donné mon Évangile, et ceci est l’Évangile que je vous ai donné : que je suis venu au monde pour faire la volonté de mon Père, parce que mon Père m’a envoyé…

« Et il arrivera que quiconque se repent et est baptisé en mon nom sera rassasié ; et s’il persévère jusqu’à la fin, voici, je le tiendrai pour innocent devant mon Père en ce jour où je me tiendrai pour juger le monde » (v. 13,16).

La foi en Jésus-Christ et en son expiation nous tourne vers lui. Le monde enseigne que voir, c’est croire mais la foi en notre Seigneur nous amène à croire, afin que nous puissions le voir et voir le plan que le Père a prévu pour nous.

Notre foi conduit également à l’action. Elle mène aux engagements et aux changements liés au véritable repentir. Comme l’a enseigné Amulek, au trente-quatrième chapitre d’Alma :

« … c’est pourquoi, ce n’est que pour celui qui a la foi qui produit le repentir qu’est réalisé le plan, grand et éternel, de la rédemption.

« C’est pourquoi, que Dieu vous accorde, mes frères, de commencer à exercer votre foi qui produit le repentir, afin de commencer à implorer son saint nom, afin qu’il soit miséricordieux envers vous ;

« oui, invoquez-le pour avoir la miséricorde, car il est puissant à sauver » (versets 16-18).

Pourquoi doit-on se repentir avant de se faire baptiser et de recevoir le Saint-Esprit ? La voix du Christ a proclamé aux Néphites la fin de la loi de sacrifice puis, il a dit : « Et vous m’offrirez en sacrifice un cœur brisé et un esprit contrit. Et quiconque vient à moi, le cœur brisé et l’esprit contrit, je le baptiserai de feu et du Saint-Esprit… » (3 Néphi 9:20).

Cette même condition est énoncée à la section vingt des Doctrine et Alliances, dans un verset que nous utilisons souvent pour décrire les conditions requises pour le baptême. Le verset 37 stipule : « Tous ceux qui s’humilient devant Dieu, désirent être baptisés, se présentent le cœur brisé et l’esprit contrit, [et] témoignent devant l’Église qu’ils se sont sincèrement repentis de tous leurs péchés… seront reçus par le baptême dans son Église. »

Ces passages d’Écritures enseignent des leçons essentielles sur la nature du repentir comme préparation au baptême et à la réception du Saint-Esprit. Premièrement, le repentir implique une attitude d’humilité. Pour nous préparer à nous faire baptiser et à prendre sur nous le nom du Christ, nous devons nous humilier devant lui : offrir notre sacrifice d’un cœur brisé et d’un esprit contrit et accepter sa volonté. Deuxièmement, nous apprenons que les personnes doivent témoigner devant l’Église, ou un représentant de l’Église, qu’elles se sont repenties de leurs péchés. Pour finir, nous voyons que le repentir, qui est un processus de purification, précède le baptême, qui est une ordonnance purificatrice, pour qu’une personne se prépare à recevoir le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit est le troisième membre de la Divinité. Le don du Saint-Esprit n’est accessible qu’aux personnes qui sont purifiées par le repentir des péchés du monde.

Pourquoi a-t-on besoin du baptême pour recevoir le Saint-Esprit ? Orson F. Whitney a enseigné : « Le baptême a deux aspects et a une double mission. Non seulement il purifie mais il illumine aussi l’âme. Il manifeste les choses de Dieu, passées, présentes et à venir et donne un témoignage sûr de la vérité. L’âme, purifiée du péché, est en mesure de bénéficier de l’influence durable du Saint-Esprit, qui ‘ne demeure pas dans des tabernacles impurs’. Le baptême d’eau commence l’œuvre de purification et d’éclaircissement. Le baptême de l’Esprit la termine » (Brochure missionnaire écrite par Orson F. Whitney, Baptism – The Birth of Water and of Spirit).

Néphi dit de l’ordonnance du baptême d’eau et de feu que c’est une porte (voir 2 Néphi 31 :17). Pourquoi le baptême est-il une porte ? Parce que c’est une ordonnance qui représente l’entrée dans une alliance sacrée qui engage Dieu et l’homme. Les hommes promettent d’abandonner le monde, d’aimer et de servir leurs semblables, de rendre visite aux orphelins et aux veuves dans leurs afflictions, de proclamer la paix, de prêcher l’Évangile, de servir le Seigneur et de respecter ses commandements. Le Seigneur promet de déverser « plus abondamment son Esprit sur » nous (voir Mosiah 18 :10), de racheter ses saints, à la fois temporellement et spirituellement, de les compter avec ceux de la première résurrection et de leur donner la vie éternelle. Le baptême et la réception du Saint-Esprit sont les moyens prescrits pour entrer sur le sentier « étroit et resserré » qui conduit à la vie éternelle.

Selon les paroles de l’apôtre Paul, le baptême représente également notre descente dans une tombe d’eau, de laquelle nous nous levons « en nouveauté de vie » (Romains 6:4) dans le Christ. L’ordonnance du baptême symbolise la mort et la résurrection du Christ. Nous mourons avec lui afin de pouvoir vivre avec lui. Dans ce sens, le baptême est la première ordonnance salvatrice et la réception du Saint-Esprit aide chacun de nous à marcher résolument et à persévérer jusqu’à la fin.

Comment persévérer jusqu’à la fin ? La persévérance jusqu’à la fin nécessite la fidélité jusqu’à la fin, comme dans le cas de Paul, qui a dit à Timothée : « J’ai combattu le bon combat, j’ai achevé la course, j’ai gardé la foi » (2 Timothée 4:7). De toute évidence, cette tâche n’est pas facile. Elle est censée être difficile, être semée d’embûches et nous permettre finalement d’être raffinés, nous qui nous préparons à retourner vivre avec notre Père céleste et à recevoir des bénédictions éternelles.

Il est certain que la persévérance jusqu’à la fin n’est pas un projet que l’on peut réaliser soi-même. Premièrement, elle nécessite le pouvoir rédempteur du Sauveur. Nous ne pouvons retourner en la présence de notre Père céleste que si nous sommes purs. Nous devons donc continuer de nous repentir. Dans l’idéal, nous nous repentons instant après instant mais nous assistons également à la réunion de Sainte-Cène chaque semaine pour prendre la Sainte-Cène et renouveler nos alliances du baptême. Deuxièmement, la persévérance jusqu’à la fin nécessite le Saint-Esprit, qui nous guide et nous sanctifie. Troisièmement, nous devons faire partie intégrante d’une communauté de saints. Nous devons servir et recevoir les services de nos frères et sœurs dans l’Évangile. Avec le baptême, nous devenons une partie du corps du Christ (voir 1 Corinthiens 12:11-13). Chacun de nous a un rôle à jouer, chacun de nous est important mais, pour réussir, nous devons être unis en notre Sauveur. Quatrièmement, nous devons faire connaître l’Évangile. Les promesses données à qui amènera ne serait-ce qu’une seule âme au Seigneur sont profondes et éternelles (voir D&A 18 :15). De plus, l’Évangile s’enracine naturellement plus profondément chez les personnes qui le font souvent connaître. Pour finir, nous devons toujours garder la foi et l’espérance dans le Christ pour persévérer jusqu’à la fin. Parmi les nombreuses façons de le faire, il y a la prière, le jeûne et la lecture des Écritures. Ces pratiques nous renforcent contre les machinations subtiles et les traits enflammés de l’adversaire.

J’aime l’Évangile de Jésus-Christ car il définit la façon dont nous pouvons prendre du fruit de l’Évangile, goûter à la « joie extrêmement grande » (1 Néphi 8 :12) que lui seul peut apporter, et persévérer jusqu’à la fin en dépit de toutes les difficultés de la condition mortelle. L’Évangile nous enseigne tout ce que nous devons savoir pour retourner vivre avec notre Père céleste aimant en tant qu’êtres ressuscités et glorifiés. Puissions-nous tous garder à l’esprit la vision de la vie éternelle. Puissions-nous être diligents à suivre la recette de la vie éternelle, qu’est l’Évangile de Jésus-Christ. Puissions-nous persévérer jusqu’à la fin. Au nom de Jésus-Christ. Amen.