«Repentez-vous… afin que je vous guérisse»

Du Collège des douze apôtres


L’invitation au repentir est rarement une voix de châtiment, mais plutôt un appel aimant à faire demi-tour et à « retourner » vers Dieu.
 

Mes frères et sœurs, cela fait six mois que j’ai été appelé au collège des Douze apôtres. Servir avec des hommes qui ont longtemps été mes exemples et mes instructeurs continue de me remplir d’humilité. Je vous remercie profondément de vos prières et de votre vote de soutien. Cela a été pour moi une période de prières ferventes, pendant laquelle j’ai recherché ardemment l’approbation du Seigneur. J’ai ressenti son amour de bien des façons, à la fois sacrées et inoubliables. Je témoigne qu’il vit et que c’est ici son œuvre sacrée.

Nous aimons le président Monson, le prophète du Seigneur. Je me souviendrai toujours de sa gentillesse quand il m’a donné mon appel en avril dernier. À la fin de notre entretien, il a voulu me serrer dans ses bras. Le président Monson est grand. Quand il a refermé ses longs bras autour de moi et qu’il m’a serré fort contre lui, j’ai eu l’impression d’être un petit garçon dans les bras protecteurs d’un père aimant.

Pendant les mois qui ont suivi cet événement, j’ai pensé à l’invitation du Seigneur d’aller à lui, pour être enserré dans les bras de son amour. Il a dit, « Voici, [les bras] de ma miséricorde [sont] étendu[s] vers vous, et celui qui viendra, je le recevrai ; et bénis sont ceux qui viennent à moi1. »

Les Écritures parlent de ses bras ouverts2, tendus3, étendus4 et qui nous enserrent5. Elles disent qu’ils sont puissants6 et saints7, que ce sont les bras de la miséricorde8, de la sécurité9, de l’amour10, et que son bras est « allongé toute la journée11. »

Nous avons tous ressenti dans une certaine mesure ces bras spirituels autour de nous. Nous avons ressenti son pardon, son amour, son réconfort. Le Seigneur a dit : « C’est moi qui vous console12. »

Le désir du Seigneur que nous allions à lui et que nous soyons entourés de ses bras s’exprime souvent par une invitation au repentir. « Voici, il envoie une invitation à tous les hommes, car les bras de la miséricorde sont étendus vers eux, et il dit : Repentez-vous, et je vous recevrai13. »

Quand nous péchons, nous nous détournons de Dieu. Quand nous nous repentons, nous nous tournons de nouveau vers Dieu.

L’invitation au repentir est rarement une voix de châtiment, mais plutôt un appel aimant à faire demi-tour et à « retourner » vers Dieu14. C’est l’appel d’un Père aimant et de son Fils unique à ce que nous soyons mieux que ce que nous sommes, que nous élevions notre façon de vivre, que nous changions et que nous ressentions le bonheur de respecter les commandements. En tant que disciples du Christ, nous nous réjouissons de la bénédiction qu’apporte le repentir et de la joie d’être pardonnés. Cela devient une partie de nous-mêmes, qui modèle notre façon de penser et de percevoir les choses.

Parmi les dizaines de milliers de personnes qui écoutent cette conférence, il y a de nombreux degrés de dignité personnelle. Cependant, le repentir est une bénédiction pour chacun de nous. Nous avons chacun besoin de sentir les bras de la miséricorde du Sauveur par le pardon de nos péchés.

Il y a des années, on m’a demandé de rencontrer un homme qui, bien avant notre visite, avait mené une vie dissolue. Suite à ses mauvais choix, il avait été excommunié de l’Église. Il était depuis longtemps revenu à l’Église et il respectait fidèlement les commandements mais ses actes passés le hantaient. Au cours de notre rencontre, j’ai pu sentir sa honte et ses profonds remords d’avoir mis de côté ses alliances. Après notre entretien, j’ai mis mes mains sur sa tête pour lui donner une bénédiction de la prêtrise. Avant de dire un mot, j’ai profondément ressenti l’amour et le pardon du Sauveur pour cet homme. Après la bénédiction, nous nous sommes pris dans les bras, et il a pleuré ouvertement.

Je me suis émerveillé des bras de miséricorde et d’amour du Sauveur enserrant le pénitent, quel que soit l’égoïsme du péché pardonné. Je témoigne que le Sauveur peut et désire vivement nous pardonner nos péchés. À part pour ceux qui ont choisi la perdition après avoir connu une plénitude, il n’y a pas de péché qui ne puisse être pardonné15. C’est merveilleux que chacun de nous puisse se détourner de ses péchés et aller au Christ. Le pardon divin est l’un des fruits les plus doux de l’Évangile ; il ôte la culpabilité et la peine de notre cœur pour les remplacer par la joie et la paix de la conscience. Jésus déclare, « N’allez-vous pas maintenant revenir à moi, et vous repentir de vos péchés, et être convertis, afin que je vous guérisse16 ? »

Certains qui écoutent aujourd’hui auront peut-être besoin « d’un grand changement de coeur17 » pour affronter des péchés graves. Ils auront peut-être besoin de l’aide d’un dirigeant de la prêtrise. Pour la plupart, le repentir se fait dans la discrétion et en privé, en demandant chaque jour l’aide du Seigneur pour changer ce qui doit l’être.

Pour la plupart des gens, le repentir est davantage un voyage qu’un événement qui se produit une fois pour toutes. Ce n’est pas facile. Changer est difficile. Cela exige de courir contre le vent, de nager à contre-courant. Jésus a dit : « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive18. » Le repentir consiste à se détourner de choses telles que la malhonnêteté, l’orgueil, la colère, les pensées impures et se tourner vers des choses comme la gentillesse, l’oubli de soi, la patience et la spiritualité. C’est se tourner de nouveau vers Dieu.

Comment décider sur quoi faire porter notre repentir ? Quand un être cher ou un ami nous suggère des choses que nous devrions changer, l’homme naturel en nous pointe parfois le nez et répond : « Oh, tu penses que je devrais changer ? Attends, laisse-moi te parler un peu de tes problèmes. » Une meilleure méthode consiste à demander humblement au Seigneur : « Père, que voudrais-tu me voir faire ? » Les réponses viennent. Nous sentons ce que nous devons changer. Le Seigneur nous le dit dans notre esprit et dans notre cœur19.

Nous sommes alors libres de choisir : allons-nous nous repentir ou allons-nous descendre les stores devant notre fenêtre ouverte vers les cieux ?

Alma a lancé cet avertissement : « Ne t’efforce pas de t’excuser si peu que ce soit20. » Quand nous « descendons le store », nous arrêtons de croire à la voix spirituelle qui nous invite à changer. Nous prions mais nous écoutons moins. Il manque à nos prières la foi qui mène au repentir21.

En ce moment-même, quelqu’un est en train de penser : « Frère Andersen, vous ne comprenez pas. Vous ne pouvez pas ressentir ce que je ressens. C’est trop dur de changer. »

Vous avez raison, je ne comprends pas entièrement. Mais il y a quelqu’un qui comprend. Il sait. Il a ressenti votre souffrance. Il a déclaré : « Voici, je t’ai gravée sur mes mains22. » Le Sauveur est là, tendant la main, lançant à chacun de nous cette invitation : « Venez à moi23. » Nous pouvons nous repentir. Nous le pouvons !

En prenant conscience de ce que nous devons changer, nous regrettons la tristesse que nous avons causée. Cela nous amène à nous confesser sincèrement et de tout cœur au Seigneur et, quand c’est nécessaire, à d’autres24. Quand c’est possible, nous essayons de réparer les torts que nous avons causés ou de rendre ce que nous avons pris.

Le repentir fait alors partie de notre quotidien. Prendre la Sainte-Cène chaque semaine est très important : aller humblement devant le Seigneur, en reconnaissant que nous dépendons de lui, en lui demandant de nous pardonner et de nous régénérer et en lui promettant de nous souvenir toujours de lui.

Parfois, dans notre repentir, dans nos efforts quotidiens pour devenir plus semblables au Christ, nous nous voyons encore et encore aux prises avec les mêmes difficultés. Comme lorsque nous escaladons une montagne couverte de forêts, parfois nous ne voyons notre progression qu’une fois que nous sommes arrivés près du sommet et que nous pouvons regarder en arrière depuis les hautes crêtes. Ne vous découragez pas. Si vous faites des efforts et travaillez à votre repentir, vous êtes en train de vous repentir.

En nous améliorant, nous voyons la vie plus clairement et nous sentons le Saint-Esprit opérer plus fort en nous.

Parfois nous nous demandons pourquoi nous nous souvenons de nos péchés longtemps après les avoir abandonnés. Pourquoi la tristesse pour nos erreurs passées perdure- t-elle parfois après que nous nous sommes repentis ?

Vous allez vous rappeler cette histoire racontée par James E. Faust. « De l’époque de mon enfance à la ferme… je me souviens de ma grand-mère… qui préparait nos délicieux repas sur un poêle à bois. Quand la caisse à bois à côté du poêle était vide, grand-mère la soulevait sans rien dire, sortait la remplir à la pile de bois de cèdre et rapportait la caisse lourdement chargée dans la maison. »

Le président Faust a alors poursuivi, la voix pleine d’émotion : « J’étais tellement insensible… que je restais assis là et laissais ma grand-mère bien-aimée remplir la caisse à bois de la cuisine. J’ai honte de moi et j’ai regretté toute ma vie mon [péché d’]omission. J’espère lui demander un jour pardon25. »

Plus de soixante-cinq ans ont passé. Si le président Faust se souvenait et regrettait toujours, après tant d’années, de ne pas avoir aidé sa grand-mère, devrions-nous être surpris des choses que nous nous rappelons et regrettons encore ?

Les Écritures ne disent pas que nous oublierons nos péchés pendant notre condition mortelle. Par contre, elles déclarent que le Seigneur oubliera26.

L’abandon du péché implique de ne jamais recommencer. Abandonner un péché demande du temps. Pour nous aider, le Seigneur permet parfois que nous gardions en mémoire la trace de nos fautes27. C’est une partie essentielle de notre apprentissage dans la condition mortelle.

Quand nous confessons honnêtement nos péchés, restituons ce que nous pouvons à l’offensé et abandonnons nos péchés en respectant les commandements, nous sommes en train de recevoir le pardon. Avec le temps, nous ressentons que l’angoisse de notre peine se calme, ce qui ôte « la culpabilité de notre coeur28 » et nous donne une « conscience en paix29. »

À ceux qui sont vraiment repentants, mais qui semblent incapables de ressentir de soulagement, je dis : continuez de respecter les commandements. Je vous promets que le soulagement viendra au temps voulu par le Seigneur. Guérir prend aussi du temps.

Si vous êtes soucieux, parlez avec votre évêque. Un évêque a le pouvoir de discernement30. Il vous aidera.

Les Écritures nous avertissent : « Ne différez pas le jour de votre repentir31. » Mais dans cette vie il n’est jamais trop tard pour se repentir.

Un jour on m’a demandé de rencontrer un couple âgé qui revenait à l’Église. Les parents de ce frère et de cette sœur leur avaient enseigné l’Évangile. Après leur mariage, ils avaient quitté l’Église. Maintenant, cinquante ans plus tard, ils revenaient. Je me souviens que le mari est entré dans le bureau en tirant une bouteille d’oxygène. Le frère et la sœur regrettaient de ne pas être restés fidèles. Je leur ai dit que nous étions heureux qu’ils reviennent, les assurant que le Seigneur accueille à bras ouverts ceux qui se repentent. Le vieil homme a répondu : « Nous le savons frère Andersen. Mais notre tristesse c’est que nos enfants et nos petits-enfants n’aient pas les bénédictions de l’Évangile. Nous revenons, mais nous revenons seuls. »

Ils ne revenaient pas seuls. Le repentir ne fait pas que nous changer, nous, mais il bénit aussi notre famille et nos êtres chers. Avec notre juste repentir, au temps voulu par le Seigneur, le bras étendu du Sauveur n’enserrera pas que nous, mais s’étendra jusque dans la vie de nos enfants et de notre postérité. Le repentir signifie toujours qu’un plus grand bonheur nous attend.

Je témoigne que notre Sauveur peut nous délivrer de nos péchés. J’ai moi-même ressenti son pouvoir rédempteur. J’ai, sans aucun doute, vu sa main porteuse de guérison reposer sur des milliers de personnes parmi les nations du monde. Je témoigne que son don divin ôte la culpabilité de notre cœur et apporte la paix à notre conscience.

Il nous aime. Nous sommes mem-bres de son Église. Il invite chacun de nous à se repentir, à se détourner de ses péchés et à venir à lui. Je témoigne qu’il est là. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

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  1.  

    1. 3 Néphi 9:14.

  2.  

    2. Voir Mormon 6:17.

  3.  

    3. Voir Alma 19:36.

  4.  

    4. Voir 2 Rois 17:36 ; Psaumes 136:12 (version du roi Jacques N.d.T.).

  5.  

    5. Voir 2 Néphi 1:15.

  6.  

    6. Voir D&A 123:6.

  7.  

    7. Voir 3 Néphi 20:35.

  8.  

    8. Voir Alma 5:33.

  9.  

    9. Voir Alma 34:16.

  10.  

    10. Voir D&A 6:20.

  11.  

    11. 2 Néphi 28:32.

  12.  

    12. 2 Néphi 8:12.

  13.  

    13. Alma 5:33.

  14.  

    14. Voir Hélaman 7:17.

  15.  

    15. Voir Boyd K. Packer, « Matin radieux de pardon », L’Étoile, jan. 1996, p. 20.

  16.  

    16. 3 Néphi 9:13.

  17.  

    17. Alma 5:12.

  18.  

    18. Matthieu 16:24.

  19.  

    19. Voir D&A 8:2.

  20.  

    20. Alma 42:30.

  21.  

    21. Voir Alma 34:17-18.

  22.  

    22. Ésaïe 49:16.

  23.  

    23. 3 Néphi 9:14.

  24.  

    24. Voir D&A 58:43.

  25.  

    25. Voir James E. Faust, « Le plus important dans la loi : La justice, la miséricorde et la fidélité », L’Étoile, janv. 1998, p. 67.

  26.  

    26. Voir D&A 58:42-43 ; voir aussi Alma 36:17-19.

  27.  

    27. Voir Dieter F. Uchtdorf, « Le point de non retour », Le Liahona, mai 2007, p. 101.

  28.  

    28. Alma 24:10.

  29.  

    29. Mosiah 4:3. Les Écritures relient notre bonheur dans cette vie et la suivante à la paix de notre conscience. Remarquez l’enseignement d’Alma qui fait du remord de conscience l’opposé de la joie. (Voir Alma 29:5). D’autres prophètes lient le tourment du méchant après cette vie à la culpabilité qu’ils ressentiront. (Voir 2 Néphi 9:14, 46 ; Mosiah 2:38 ; 3:24-25 ; Mormon 9:5). Joseph Smith a déclaré : « Un homme est son propre tortionnaire et son propre bourreau. Selon l’Écriture, ils iront dans un lac de feu et de soufre. Le tourment de la déception dans l’esprit de l’homme est aussi pénible qu’un lac de feu et de soufre » (Voir Joseph Smith, dans History of the Church, 6:314).

  30.  

    30. Voir D&A 46:27.

  31.  

    31. Alma 34:33.