Apprendre à être guidé spirituellement

Richard G. Scott

Du Collège des douze apôtres


En vous entraînant avec soin, en appliquant de bons principes et en étant sensibles aux sentiments qui vous viennent, vous apprendrez à être guidés spirituellement.
 

Au cours de l’histoire, beaucoup de gens ont pu résoudre leurs difficultés personnelles en suivant l’exemple de personnes qu’elles respectaient et qui avaient résolu des problèmes semblables. Aujourd’hui, la situation du monde change si rapidement qu’il ne nous est souvent pas possible de faire pareil.

Personnellement je m’en réjouis parce que cela crée une situation où nous sommes nécessairement plus dépendants de l’Esprit pour être guidés au milieu des vicissitudes de la vie. Nous sommes donc amenés à rechercher l’inspiration personnelle pour les décisions importantes de la vie.

Que pouvez-vous faire pour accroître votre capacité d’être guidés vers les bonnes décisions ? De quels principes dépend la communication spirituelle ? Quels sont les obstacles potentiels à cette communication, que vous devez éviter ?

John Taylor a écrit : « Joseph Smith, il y a une quarantaine d’années, m’a dit : ‘Frère Taylor, vous avez reçu le Saint-Esprit. À présent, suivez l’inspiration de l’Esprit, il vous conduira toujours dans la justice, il finira par devenir pour vous un principe de révélation.’ Puis il m’a dit de ne jamais me lever le matin sans m’incliner devant le Seigneur et sans me consa-crer à lui durant cette journée1. »

Notre Père céleste savait que vous auriez des difficultés et qu’il faudrait que vous preniez des décisions que vous n’auriez pas la capacité de prendre correctement. Dans son plan du bonheur, il a prévu pour vous la possibilité de recevoir de l’aide pour ces difficultés et ces prises de décisions durant votre vie mortelle. Cette aide vous sera donnée par le Saint-Esprit qui vous guidera spirituellement. C’est un peu comme un sixième sens, une puissance qui dépasse vos capacités, qu’un Père céleste aimant veut que vous utilisiez constamment pour votre paix et votre bonheur.

Je suis convaincu qu’il n’existe pas de formule ou de technique simple qui vous permettrait de maîtriser immédiatement la capacité d’être guidés par la voix de l’Esprit. Notre Père céleste attend de vous que vous appreniez comment obtenir cette aide divine en exerçant votre foi en lui et en son saint Fils, Jésus-Christ. Si vous receviez l’inspiration simplement en la demandant, vous deviendriez faibles et encore plus dépendants d’eux. Ils savent que la progression personnelle essentielle s’obtient en s’efforçant d’apprendre à être guidé par l’Esprit.

Ce qui peut paraître initialement une tâche décourageante deviendra beaucoup plus facile avec le temps si vous vous efforcez constamment de reconnaître et de suivre les sentiments inspirés par l’Esprit. Votre confiance dans les directives reçues du Saint-Esprit deviendra aussi plus grande. Je témoigne qu’en acquérant de l’expérience et en réussissant à être guidés par l’Esprit, vous pouvez obtenir une plus grande confiance en ce que vous ressentez qu’en ce que vous voyez et entendez.

La spiritualité porte deux fruits. Le premier est l’inspiration qui permet de savoir quoi faire. Le second est la puissance, ou la capacité de le faire. Ces deux capacités vont de pair. C’est pour cela que Néphi a pu dire : « J’irai et je ferai la chose que le Seigneur a commandée2. » Il connaissait les lois spirituelles sur lesquelles l’inspiration et la puissance sont basées. Oui, Dieu répond aux prières et nous guide spirituellement quand nous sommes obéissants et que nous exerçons la foi en lui requise.

Je vais maintenant vous raconter une expérience qui m’a appris une manière d’être guidé spirituellement. Un dimanche j’assistais à la réunion de la prêtrise d’une branche hispanophone de Mexico. Je me rappelle très bien comment un humble dirigeant de la prêtrise mexicain s’efforçait de communiquer les vérités de l’Évangile du texte de sa leçon. J’avais remarqué son intense désir d’expliquer des principes auxquels les membres de son collège et lui accordaient une grande valeur. Il disait que ces principes avaient beaucoup de valeur pour les frères présents. Sa manière d’être contenait la preuve d’un amour pur du Sauveur et d’amour pour les frères qu’il instruisait.

Sa sincérité, la pureté de son intention et son amour ont permis à une force spirituelle de remplir la pièce. J’ai été profondément touché. Puis j’ai commencé à recevoir des impressions personnelles en prolongement des principes enseignés par cet humble instructeur. Elles étaient personnelles et concernaient mes tâches dans l’interrégion. C’étaient des réponses à mes prières et à mes efforts prolongés pour apprendre.

J’ai noté fidèlement chaque impression qui m’est venue. J’ai ainsi reçu des vérités précieuses dont j’avais grandement besoin pour être un serviteur du Seigneur plus efficace. Les détails sont sacrés et, comme une bénédiction patriarcale, ils étaient pour mon profit personnel. J’ai reçu des directives et des instructions spécifiques, et des promesses conditionnelles qui ont changé en bien le cours de ma vie.

Par la suite, je suis allé dans la classe d’École du Dimanche de notre paroisse où un professeur très instruit a fait la leçon. Le contraste avec la réunion de la prêtrise à laquelle j’avais assisté était frappant. J’avais l’impression que l’instructeur avait choisi exprès des références et des exemples peu connus pour illustrer les principes de la leçon. J’avais la nette impression que cet instructeur utilisait cette occasion d’enseigner pour impressionner la classe avec toutes ses connaissances. En tous cas, il ne semblait vraiment pas avoir l’intention de communiquer des principes comme l’humble dirigeant de la prêtrise l’avait fait.

Dans cette classe, j’ai eu à nouveau de fortes impressions. Je les ai notées. Le message contenait des recommandations précises pour devenir un instrument plus efficace dans les mains du Seigneur. J’ai reçu un tel déversement d’impressions qui étaient si personnelles que j’ai pensé qu’il n’était pas approprié de les noter au milieu d’une classe d’École du Dimanche. J’ai cherché un lieu plus à l’écart où j’ai continué de noter par écrit aussi fidèlement que possible les sentiments qui se déversaient dans mon esprit et dans mon cœur. Après avoir écrit chaque impression puissante, j’ai réfléchi aux sentiments que j’avais reçus pour voir si je les avais bien exprimés par écrit. J’ai apporté ainsi quelques petits changements à ce que j’avais écrit. Puis j’ai étudié leur signification et leur application dans ma vie.

Par la suite j’ai prié, examinant avec le Seigneur ce que je pensais que l’Esprit m’avait enseigné. Lorsque j’ai reçu un sentiment de paix, je l’ai remercié de m’avoir guidé. Je me suis ensuite senti poussé à demander : « Y a-t-il encore plus à recevoir ? » J’ai reçu d’autres impressions et j’ai de nouveau écrit ces impressions, réfléchi et prié pour avoir la confirmation. De nouveau j’ai été poussé à demander : « Y a-t-il autre chose que je dois savoir ? » Et c’était le cas. À la fin de la dernière expérience des plus sacrées, j’avais reçu les directives les plus précieuses, les plus spécifiques et les plus personnelles qu’on puisse espérer obtenir dans cette vie. Si je n’avais pas réagi aux premières impressions et si je ne les avais pas notées, je n’aurais pas reçu les dernières, les plus précieuses.

Ce que j’ai décrit n’est pas une expérience isolée. C’est la concrétisation de plusieurs principes de vérité concernant la communication du Seigneur à ses enfants ici sur la terre. Je crois qu’on ne peut pas entendre de directives de l’Esprit précieuses et personnelles si l’on ne réagit pas aux premières inspirations, si on ne les note pas et ne les applique pas.

Les inspirations de l’Esprit peuvent venir en réponse à une prière urgente ou sans qu’on les demande en cas de besoin. Il arrive que le Seigneur vous révèle des vérités quand vous ne les recherchez pas, par exemple quand vous êtes en danger sans le savoir. Mais le Seigneur ne vous forcera pas à apprendre. Vous devez exercer votre libre-arbitre pour autoriser l’Esprit à vous instruire. En le faisant régulièrement, vous perce-vrez mieux les sentiments qui accompagnent les directives spirituelles. Puis, quand ces directives viendront, parfois quand vous vous y attendez le moins, vous les reconnaîtrez plus facilement.

L’inspiration du Saint-Esprit peut être masquée par de fortes émotions comme la colère, la haine, la passion, la peur ou l’orgueil. Quand ces influences sont présentes, c’est comme essayer de savourer le goût délicat d’un raisin tout en mangeant du piment. Les deux goûts sont présents, mais l’un est complètement dominé par l’autre. De la même manière, les émotions fortes dominent les inspirations douces du Saint-Esprit.

Le péché entraîne la dépendance, et l’autodestruction, mène à d’autres types de corruption, émousse la spiritualité, la conscience et la raison, cache la réalité, est contagieux, détruit l’intelligence, le corps et l’esprit. Le péché est spirituellement corrosif. Commis sans limite, il détruit tout. Il est vaincu par le repentir et la droiture.

Je vous donne un avertissement. Satan sait très bien bloquer la communication spirituelle en entraînant les gens, par la tentation, à enfreindre les lois sur lesquelles la communication spirituelle est basée. Il arrive à convaincre certaines personnes qu’elles ne sont pas capables de recevoir de telles directives du Seigneur.

Satan est passé maître dans l’utilisation de la dépendance créée par la pornographie pour limiter la capacité des gens d’être guidés par l’Esprit. Les assauts de la pornographie sous toutes ses formes vicieuses, corrosives et destructrices ont provoqué de profonds chagrins, des souffrances et ont détruit des mariages. C’est l’une des influences les plus accablantes sur la terre. Qu’elle soit véhiculée par l’imprimerie, le cinéma, la télévision, les chansons obscènes, les vulgarités au téléphone ou l’écran tremblotant d’un ordinateur personnel, la pornographie a l’immense pouvoir de provoquer la dépendance et de causer de graves dégâts. Ce puissant outil de Lucifer dégrade l’esprit, le cœur et l’âme de ceux qui l’utilisent. Tous ceux qui tombent dans sa toile séductrice et y restent, deviennent dépendants de son influence immorale et destructrice. Pour beaucoup, cette dépendance ne peut être vaincue sans aide extérieure. Le fonctionnement tragique de ce piège est tellement familier. Il commence par une curiosité qui est alimentée par la stimulation qu’elle procure, et justifiée par l’idée fausse que si l’on s’y adonne seul cela ne fait de mal à personne d’autre. Pour ceux qui sont bercés par ce mensonge, l’exploration va plus loin, avec des stimulations plus puissantes, jusqu’à ce que le piège se referme et qu’une habitude terriblement immorale exerce son pouvoir vicieux de dépendance.

La consommation de pornographie sous toutes ses formes sensationnelles est une manifestation d’égoïsme débridé. Comment un homme, particulièrement un détenteur de la prêtrise, peut-il ne pas penser aux dommages émotionnels et spirituels qu’il va provoquer aux femmes, particulièrement à son épouse, en s’adonnant à une activité aussi répugnante ?

Bien inspiré, Néphi a déclaré : « Et [le diable] en pacifiera… et les endormira dans une sécurité charnelle… et c’est ainsi [qu’il] trompe leur âme et les entraîne soigneusement sur la pente de l’enfer3. »

Si vous êtes pris au piège de la pornographie, prenez la ferme résolution de la vaincre maintenant. Trouvez un endroit calme et priez de toute urgence pour être aidés et soutenus. Soyez patients et obéissants. N’abandonnez pas.

Parents, soyez conscients que la dépendance de la pornographie peut commencer à un très jeune âge. Agissez préventivement pour éviter cette tragédie. Présidents de pieu et évêques, mettez en garde contre ce mal. Invitez tous ceux qui vous semblent pris au piège à venir chercher de l’aide auprès de vous.

Une personne aux principes bien enracinés et qui a pris l’engagement durable de les respecter ne sera pas facilement trompée. Quelqu’un à qui les péchés graves répugnent de plus en plus et qui exerce la maîtrise de soi sans aide humaine extérieure, a de la force de caractère. Le repentir sera plus facile pour lui. Un sentiment de remords après une faute est un terrain fertile dans lequel le repentir peut s’épanouir.

Soyez patients tandis que vous améliorez votre capacité d’être guidés par l’Esprit. En vous entraînant avec soin, en appliquant de bons principes et en étant sensibles aux sentiments qui vous viennent, vous apprendrez à être guidés spirituellement. Je témoigne que le Seigneur, par le Saint-Esprit, peut parler à votre esprit et à votre cœur. Parfois les impressions ne sont que des sentiments généraux. Parfois les directives sont si claires et si indéniables qu’elles peuvent être écrites mot pour mot, comme une dictée spirituelle4.

Je témoigne solennellement qu’en priant de toute la ferveur de votre âme avec humilité et gratitude, vous pouvez apprendre à être constamment guidés par le Saint-Esprit dans tous les aspects de votre vie. J’ai vérifié la véracité de ce principe dans le creuset de ma vie. Je témoigne que vous pouvez personnellement apprendre à savoir utiliser les principes permettant d’être guidé par l’Esprit. De cette manière le Sauveur peut vous guider pour résoudre les difficultés et trouver une grande paix et du bonheur dans la vie. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

Montrer les références

  1.  

    1. John Taylor, The Gospel Kingdom, éd. G. Homer Durham, 1943, p. 43-44.

  2.  

    2. 1 Néphi 3:7.

  3.  

    3. 2 Néphi 28:21.

  4.  

    4. Voir D&A 8:2.