Notre devoir envers Dieu: la mission des parents et des dirigeants auprès de la génération montante

du Collège des douze apôtres


Il est de notre devoir absolu d’aider les jeunes à comprendre l’Évangile et à y croire d’une façon profondément personnelle.
 

Cet après-midi, je désire encourager les parents et tous ceux qui sont appelés à diriger et à servir les jeunes de ce monde. Le Seigneur a révélé à Joseph Smith que nous avons un devoir impérieux vis-à-vis de toute la génération montante (voir D&A 123:11).

Tout au long de ma vie de père et de grand-père j’ai réfléchi à cette question : « Quel est mon devoir envers Dieu par rapport aux jeunes ? Je vais vous raconter à travers mes observations et mon témoignage une partie de ce que j’ai appris.

Pour chacun de nous, faire notre devoir envers Dieu en tant que parents et dirigeants c’est d’abord diriger par l’exemple, en appliquant constamment et diligemment les principes de l’Évangile chez nous. Cela demande une détermination et une diligence quotidiennes.

Pour les jeunes, rien ne remplace l’exemple de pratique de l’Évangile qu’ils voient dans notre vie. Les deux mille jeunes guerriers n’ont pas eu besoin de se demander en quoi croyaient leurs parents. Ils ont dit : « Nous ne doutons pas que nos mères le savaient » (voir Alma 56:47-48). Nos enfants savent-ils ce que nous savons ?

J’ai un petit-fils qui un jour m’a demandé d’aller avec lui voir un film à succès mais inconvenant. Je lui ai dit que je n’étais pas assez âgé pour voir ce film. Il est resté perplexe jusqu’à ce que sa grand-mère lui explique que papi n’utilisait pas la classification selon l’âge. Il est revenu me voir et a dit : « Ça y est, j’ai compris, papi. Tu ne seras jamais assez âgé pour voir ce film, c’est ça ? » Et il avait raison !

En plus de montrer aux jeunes le chemin par l’exemple, nous les dirigeons en comprenant leur cœur et en marchant à leurs côtés sur la voie de l’Évangile. Pour vraiment comprendre leur cœur, nous devons faire plus qu’être dans la même pièce qu’eux ou que participer aux mêmes activités familiales ou de l’Église. Nous devons prévoir et saisir les occasions d’enseigner qui laissent une impression profonde et durable sur leur esprit et dans leur cœur.

Par exemple, les dirigeants de l’Église prévoient des activités de la prêtrise et des activités et des camps scouts mais ces activités atteignent-elles toujours leur objectif le plus important ? J’ai appris que ce qui donne le plus de sens à une activité de la prêtrise ou à une activité scoute pour un garçon, ce n’est pas simplement d’obtenir un insigne mais aussi d’avoir l’occasion de s’asseoir et de parler avec un dirigeant qui s’intéresse à lui et à sa vie.

De même, mères, lorsque vous conduisez, en voiture ou à pied, vos enfants à l’école ou à leurs diverses activités, utilisez-vous ce temps pour parler avec eux de leurs espoirs et de leurs rêves, de leur peurs et de leurs joies ? Prenez-vous le temps de leur faire retirer les écouteurs de leur lecteur MP3 ou de tout autre appareil pour qu’ils puissent vous entendre et ressentir votre amour ? Plus les années passent, plus je me rends compte que les occasions d’enseignement dans ma jeunesse, particulièrement celles données par mes parents, ont forgé ma vie et fait de moi ce que je suis.

Il est impossible de surestimer l’influence de parents qui comprennent le cœur de leurs enfants. Des études montrent que pendant les plus grandes transitions de la vie, notamment les périodes où les jeunes risquent le plus de s’éloigner de l’Église, la plus grande influence ne vient pas d’un entretien avec l’évêque ou un autre dirigeant mais des rapports réguliers, chaleureux, amicaux et attentionnés qu’ils ont avec les parents.

Sachant cela, lorsque nous nous asseyons autour de la table du repas, notre famille est-elle là au complet ? Je me souviens avoir demandé, lorsque j’étais jeune homme, la permission de jouer au baseball à l’heure du dîner. J’ai dit à ma mère : « Mets juste mon repas dans le four. » Elle m’a répondu : « Robert, je veux vraiment que tu fasses une pause, rentre à la maison, sois avec la famille pour le dîner puis tu pourras sortir et jouer au baseball jusqu’à ce qu’il fasse nuit. » Elle nous a enseigné à tous que pour ce qui est des repas en famille, ce n’est pas la nourriture mais les relations familiales qui nourrissent l’âme. Ma mère a enseigné que c’est au sein du foyer que nous donnons le plus grand amour.

Pour que nos relations avec les jeunes touchent vraiment leur cœur, nous devons être attentifs à eux comme nous le serions avec un collègue adulte de confiance ou un ami cher. Le plus important est de leur poser des questions, de les laisser parler puis d’être prêts à écouter, oui à écouter encore et encore, jusqu’à écouter avec nos oreilles spirituelles ! Il y a plusieurs années, je lisais le journal lorsque l’un de mes jeunes petits-fils s’est blotti contre moi. Tout en lisant, j’étais ravi d’entendre sa douce voix en fond sonore. Imaginez ma surprise lorsque, quelques instants plus tard, il s’est interposé entre le journal et moi. Prenant mon visage entre ses mains et collant son nez au mien il m’a demandé : « Papi ! Tu es bien là ? »

Mère, père, êtes-vous bien là ? Papi, mamie, êtes-vous bien là ? Être veut dire comprendre le cœur de nos jeunes et établir des liens avec eux. Établir des liens avec eux ne veut pas dire simplement converser avec eux mais faire aussi des choses avec eux.

Récemment j’ai entendu une mère raconter qu’elle avait aidé ses trois premières filles à terminer les conditions requises pour leur Progrès personnel en faisant ce qui était attendu : rester au courant des projets et les signer. Puis elle a expliqué avec émotion, le visage baigné de larmes : « Dernièrement j’ai travaillé avec ma quatrième fille en faisant ses projets avec elle. Cela a fait toute la différence dans notre vie et nos rapports. Mais comme j’ai été triste en me rendant compte de ce que j’avais perdu en ne l’ayant pas fait avec mes trois autres filles. » Les mots les plus tristes prononcés ou écrits sont : « Il aurait pu en être autrement1 ! »

Les membres adultes de l’Église doivent comprendre que les conditions à remplir pour le Progrès personnel et le Devoir envers Dieu sont plus que de longues listes de points à cocher une fois faits. Ce sont des objectifs personnels que chaque jeune homme et chaque jeune fille se fixe pour l’aider à devenir digne de recevoir les ordonnances du temple, faire une mission, contracter le mariage éternel et jouir de l’exaltation. Mais que ce soit bien clair : si les jeunes gens et les jeunes filles sont tout seuls pour essayer d’atteindre ces objectifs, c’est une grande perte, une grande tragédie !

Pères, mères et dirigeants de jeunes, nous vous exhortons à participer au Progrès personnel et au Devoir envers Dieu avec vos enfants et avec les jeunes. Ils ne seront pas les seuls à progresser ; vous aussi, vous progresserez. Chose tout aussi importante, vous progresserez ensemble dans des liens de foi et d’amitié qui vous permettront de vous affermir mutuellement et de rester éternellement sur la voie de l’Évangile, pour être vraiment une famille éternelle.

Une partie également importante de l’accomplissement de notre devoir parental que Dieu nous a donné consiste à enseigner l’Évangile à nos enfants et à les préparer à participer pleinement dans l’Église rétablie du Sauveur. Souvenez-vous de la leçon du peuple du roi Benjamin. Suite à ses enseignements, beaucoup d’adultes ont eu un grand changement de cœur (voir Mosiah 5:2). Mais ensuite il est dit : « il y en eut beaucoup de la génération montante qui ne pouvaient comprendre les paroles du roi Benjamin, étant de petits enfants au moment où il parla au peuple ; et ils ne croyaient pas… Et ils avaient le cœur endurci » (Mosiah 26:1, 3).

Il est de notre devoir absolu d’aider les jeunes à comprendre l’Évangile et à y croire d’une façon profondément personnelle. Nous pouvons leur enseigner à marcher dans la lumière, mais cette lumière ne peut pas être une lumière d’emprunt. Ils doivent l’obtenir eux-mêmes. Ils doivent obtenir leur propre lumière de témoignage directement de la source de la lumière spirituelle, Dieu lui-même, par la prière, l’étude et la méditation. Ils doivent comprendre qui ils sont et ce que notre Père céleste veut qu’ils deviennent. Comment pouvons-nous les aider ?

Lorsque nous avons une soirée familiale, un conseil de famille ou une conversation profonde sur l’Évangile avec nos enfants, nous avons l’occasion de les regarder dans les yeux et de leur dire que nous les aimons et que notre Père céleste les aime aussi. Dans ces situations sacrées, nous pouvons aussi les aider à comprendre, du fond de leur cœur, qui ils sont et comme ils ont de la chance d’être venus sur la terre et dans notre foyer et de participer aux alliances que nous avons contractées dans le temple pour être une famille éternelle. Dans tous nos échanges, nous montrons les principes et les bénédictions de l’Évangile.

En ces temps périlleux, il n’est pas suffisant que les jeunes sachent simplement. Ils doivent agir. La participation sans réserve aux ordonnances, aux collèges et aux auxiliaires, aux programmes inspirés et aux activités édifiantes aide les jeunes à revêtir toutes les armes de Dieu. Allons-nous les aider à revêtir ces armes afin qu’ils puissent résister aux traits enflammés de l’adversaire ? Pour réellement choisir la voie du Seigneur, ils doivent la connaître. Et pour qu’ils la connaissent réellement, nous devons leur enseigner à agir, à participer, à accomplir et les diriger dans ce sens.

La plus grande œuvre missionnaire que nous ferons jamais, c’est celle que nous accomplirons dans notre foyer. Notre foyer, nos collèges et nos classes font partie du champ de mission. Nos enfants et petits-enfants sont nos amis de l’Église les plus importants.

La plus grande œuvre de l’histoire familiale que nous ferons jamais, c’est celle que nous accomplirons au sein de notre propre foyer. C’est la préparation spirituelle de nos enfants de la génération montante qui, par notre obéissance, assure la préservation et la perpétuation éternelles de notre famille pour les générations à venir.

Le plus grand sauvetage, la plus grande remotivation s’accompliront dans notre foyer. Si quelqu’un de votre famille erre sur des routes étranges, vous êtes un sauveteur, engagé dans la plus grande entreprise de sauvetage que l’Église ait jamais connue. J’en témoigne par expérience personnelle : Il n’y a d’échec que si l’on abandonne. Il n’est jamais trop tôt ou trop tard pour commencer. Ne vous inquiétez pas de ce qui est arrivé dans le passé. Prenez le téléphone. Rédigez un mot. Faites une visite. Invitez à revenir à la maison. N’ayez pas peur et ne soyez pas gênés. Votre enfant est celui de notre Père céleste. C’est son œuvre que vous accomplissez. Il a promis de rassembler ses enfants et il est avec vous.

La plus grande foi que nous ayons se trouvera dans notre foyer si nous restons forts dans nos épreuves et nos tribulations de parents. Le président Monson a récemment dit à un petit groupe de mères : « Parfois nous sommes trop prompts à juger des effets de nos réussites et de nos échecs. » J’ajoute : « ne considérez pas les épreuves d’aujourd’hui comme éternelles. » Notre Père céleste fait son œuvre sur le long terme. Joseph Smith, le prophète, a dit : « Beaucoup de choses… sont encore dans l’avenir. « C’est pourquoi… faisons de bon gré tout ce qui est en notre pouvoir ; alors nous pourrons nous tenir là avec la plus grande assurance pour voir le salut de Dieu, et voir son bras se révéler » (D&A 123:15, 17).

En ce dimanche de Pâques j’espère que nous aurons l’occasion de témoigner que nous savons que Dieu vit et que Jésus est le Christ. J’espère que nous témoignerons afin que nos enfants sachent où est notre cœur et que nous les aimons. Le plus grand amour et les plus grands enseignements doivent être dans notre foyer.

Je demande au Seigneur d’accorder ses bénédictions aux parents et aux jeunes qui sont élevés dans des foyers fidèles, pour qu’ils comprennent la joie qu’il y a à être dans un foyer et une famille où ils peuvent être aimés, dirigés et guidés. Je prie pour que nous ayons une famille éternelle et que nous soyons éternellement ensemble en présence de Dieu le Père et de son Fils Jésus-Christ.

Je rends mon témoignage que Jésus-Christ vit. Il est le berger des brebis perdues, le sauveur de l’âme en rade, le guérisseur du cœur blessé et l’espoir de toute l’humanité. Avec lui pour Maître, accomplissons notre devoir envers Dieu avec foi en lui et en son amour éternel pour chacun de nous. C’est là ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen.

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  1.  

    1. Voir « Maud Muller », The Complete Poetical Works of John Greenleaf Whittier, 1876, p. 206.