«C’est pourquoi je me dis: à moi d’abord de me montrer [gentille]»

Mary N. Cook

Première conseillère dans la présidence générale des Jeunes Filles


Mary N. Cook
La bienveillance peut apporter de la joie et de l’unité à votre foyer, à votre classe, à votre paroisse et à votre école.
 

Il y a quelques semaines, une Lauréole qui faisait un discours dans ma paroisse m’a donné une leçon importante. J’ai été touchée quand elle a parlé et rendu témoignage de Jésus-Christ. Elle a conclu son discours en disant ceci : « Quand je mets Jésus-Christ au centre de ma vie, ma journée se passe mieux, je suis plus gentille avec les gens que j’aime et je suis remplie de joie. »

J’ai observé cette jeune fille de loin au cours des derniers mois. Elle salue tout le monde avec des yeux qui brillent et un sourire avenant. Je l’ai regardée se réjouir des réussites d’autres jeunes. Deux Églantines m’ont raconté récemment que cette jeune fille avait décidé de ne pas utiliser ses billets de cinéma quand elle s’était rendu compte que le film n’était pas « vertueux ou aimable1 ». Elle est aimante, gentille et obéissante. Elle vient d’une famille monoparentale et sa vie n’a pas été exempte de difficultés ; je me suis donc demandé comment elle faisait pour conserver un esprit heureux et gentil. Quand cette jeune fille a témoigné : « je mets Jésus-Christ au centre de ma vie », j’ai eu ma réponse.

« Nous croyons que nous devons être honnêtes, fidèles, chastes, bienveillants et vertueux, et que nous devons faire du bien à tous les hommes. » Cette liste magnifique de vertus chrétiennes que l’on trouve dans le treizième article de foi, nous prépare pour les bénédictions du temple et la vie éternelle.

Je voudrais insister sur l’un de ces mots, —bienveillant. Le mot bienveillant est un joli mot que l’on n’entend pas très souvent. Il vient du latin et signifie « qui veut le bien de quelqu’un2 ». Être bienveillant c’est être gentil, avoir de bonnes intentions et être charitable. Beaucoup d’entre vous ont appris à la Primaire ce qu’était la bienveillance et ont appris ce chant par cœur :

Je serai gentil envers chacun,
Jésus nous l’a appris.
C’est pourquoi je me dis :
« À moi d’abord de me montrer gentil3. »

Notre Sauveur nous a appris à être bienveillants et lui-même l’était. Jésus aimait tout le monde et servait tout le monde. Mettre Jésus-Christ au centre de notre vie nous aide à acquérir cette qualité de la bienveillance. Pour que nous puissions acquérir ces mêmes vertus chrétiennes, nous devons apprendre à connaître le Sauveur et « suivre ses pas4 ».

Dans la parabole du Bon Samaritain, nous apprenons que nous devons aimer tout le monde. L’histoire commence dans Luc, au chapitre 10, quand un docteur de la loi demande au Sauveur : « Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? »

Le Sauveur lui répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. »

Alors le docteur de la loi demande : « Et qui est mon prochain ? » C’était une question très intéressante de la part du docteur de la loi, puisque les Juifs avaient pour voisins les Samaritains, au nord, qu’ils détestaient tant que, quand ils se rendaient de Jérusalem en Galilée, ils faisaient le détour par la vallée du Jourdain plutôt que de traverser la Samarie.

Jésus répond à la question du docteur de la loi en racontant la parabole du Bon Samaritain. Voici cette parabole :

« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi-mort…

« Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit.

« Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui.

« Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit : ‘Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour5. »

Contrairement au sacrificateur et au Lévite juifs qui passent devant l’homme blessé, l’un des leurs, le Samaritain fait preuve de gentillesse sans se soucier des différences. Il a fait preuve de cette vertu chrétienne qu’est la bienveillance. Jésus nous enseigne par cette histoire que tout le monde est notre prochain.

Récemment un conseiller dans un épiscopat a raconté une expérience qui illustre à quel point notre prochain est important. Pendant qu’il regardait l’assemblée, il a vu un enfant avec une grande boîte pleine de crayons de couleurs différentes. Quand il a regardé les nombreux membres de sa paroisse, il s’est souvenu que, comme les crayons de couleur, les membres se ressemblaient beaucoup, mais que chacun d’eux était aussi vraiment unique.

Il dit : « La couleur qu’ils apportent à la paroisse et au monde leur est propre… Ils ont leurs points forts et leurs faiblesses, leurs aspirations et leurs rêves personnels. Mais ensemble ils fusionnent en une roue de couleurs d’unité spirituelle…

« L’unité est une qualité spirituelle. Ce sont les doux sentiments de paix et de sens de la vie qui proviennent de l’appartenance à une famille… C’est vouloir le meilleur pour les autres autant qu’on le veut pour soi-même… C’est savoir que personne ne vous veut du mal. [Cela signifie que l’on ne se sentira jamais seul]6. »

Nous construisons cette unité et partageons nos couleurs uniques par la bienveillance : des actes de bonté individuels.

Ne vous êtes-vous jamais sentie seule ? Remarquez-vous les personnes qui sont solitaires, qui vivent dans un monde en noir et blanc ? Jeunes filles, je vous ai regardées apporter votre couleur propre dans la vie d’autres personnes par votre sourire, vos paroles gentilles ou un petit mot d’encouragement.

Le président Monson nous a appris comment agir avec nos fréquentations et toutes les personnes que nous rencontrons, quand il a dit aux jeunes filles de l’Église : « Mes chères jeunes sœurs, je vous prie d’avoir le courage de vous abstenir de juger et de critiquer les personnes qui sont autour de vous, et d’avoir le courage de veiller à ce que tout le monde soit intégré et se sente aimé et apprécié7. »

Nous pouvons suivre l’exemple du Bon Samaritain et « changer la vie » d’une seule personne juste en étant bienveillante8. J’invite chacune d’entre vous à faire une action semblable à celle du Samaritain dans la semaine à venir. Cela peut nécessiter que vous sortiez du cercle de vos amis habituels ou que vous surmontiez votre timidité. Vous pourriez choisir courageusement de rendre service à quelqu’un qui ne vous traite pas bien. Je vous promets que, si vous allez au-delà de ce qu’il vous est facile de faire, vous vous sentirez si bien que la gentillesse commencera désormais à faire partie de votre vie quotidienne. Vous verrez que la bienveillance peut apporter de la joie et de l’unité à votre foyer, à votre classe, à votre paroisse et à votre école. « C’est pourquoi je me dis : à moi d’abord de me montrer [gentille]. »

Notre Sauveur non seulement a aimé tout le monde, mais il a aussi rendu service à tout le monde. Étendez votre bonté à beaucoup de gens. Des personnes âgées ou jeunes peuvent être grandement bénies par votre service aimable. Depuis sa jeunesse, les personnes âgées ont toujours eu une place particulière dans le cœur du président Monson. Ils est conscient de la valeur d’une brève visite, d’un sourire spontané, d’une poignée de main à une main frêle et ridée. Des gestes charitables aussi simples que ceux-là apportent de la couleur à une vie qui parfois est faite de longues journées solitaires et grises. J’invite chacune d’entre vous à se soucier de ses grands-parents et des personnes âgées. Regardez autour de vous à l’église demain et trouvez des personnes à la vie de qui vous pourrez ajouter votre couleur. Cela ne demande pas beaucoup d’effort : saluez-les en les appelant par leur nom, engagez une courte conversation, montrez-vous disponible pour les aider. Vous pouvez peut-être leur tenir la porte ou leur proposer de l’aide pour leur maison ou leur jardin. Ce qui est pour vous une tâche toute simple à votre jeune âge peut être une entreprise lourde pour une personne âgée. « C’est pourquoi je me dis : à moi d’abord de me montrer [gentille]. »

C’est parfois dans notre famille qu’il est le plus difficile de faire preuve de bienveillance. Pour avoir une famille forte, il faut faire des efforts. « Soyez de bonne humeur, serviable et pleine de considération pour les autres. Dans les foyers, bien des problèmes sont dus au fait que les membres de la famille parlent et agissent égoïstement, sans gentillesse. Préoccupez-vous des besoins des autres membres de la famille. Au lieu de taquiner, de vous battre et de vous quereller, cherchez à faire régner la paix9. » « C’est pourquoi je me dis : à moi d’abord de me montrer [gentille]. »

Jésus aimait les enfants, il les a pris dans ses bras et les a bénis10. Comme le Sauveur, votre bonté peut être une bénédiction pour tous les enfants, pas seulement ceux de votre foyer.

Peut-être ne connaissez-vous pas l’effet que votre vie et votre exemple peuvent avoir sur un petit enfant. Récemment j’ai reçu un message d’une amie directrice de garderie dans un lycée de ma ville. Plusieurs jeunes gens et jeunes filles membres de l’Église fréquentent ce lycée. Elle m’a raconté l’expérience suivante : « Quand je marche dans les couloirs avec les petits enfants, il est agréable de voir combien d’images de Jésus ou de temples sont scotchées sur le côté intérieur des portes des casiers. Il y a quelques semaines, l’un des enfants a vu une image de Jésus à l’intérieur de la porte ouverte du casier d’une jeune fille et il a dit : ‘regarde, Jésus est dans notre école !’ La lycéenne avait les larmes aux yeux quand elle s’est penchée pour prendre l’enfant dans ses bras. J’ai remercié la jeune fille pour le bon exemple qu’elle donnait à son entourage. C’est édifiant de savoir qu’il y a tant de jeunes qui essayent de défendre la vérité et la justice et qui font leur part pour que l’Esprit soit présent dans leur vie, même si c’est parfois difficile avec tout le bruit et la dureté du monde qui les entoure. Nous avons des jeunes formidables dans l’Église. »

Je suis entièrement d’accord ! Jeunes filles, vous êtes en train de changer le monde en mettant Jésus-Christ au centre de votre vie et vous êtes en train de « devenir ce qu’il veut que vous soyez11 ».

Merci pour votre vie de bienveillance, merci d’inclure les personnes qui peuvent être différentes, d’être gentilles envers les gens qui vous entourent, les personnes âgées, votre famille et les petits enfants ; d’être le prochain des personnes seules et de celles qui ont des difficultés et du chagrin. Par votre bienveillance, vous « dirigez les autres vers la lumière du [Sauveur]12 ». Merci de vous dire que c’est « à vous d’abord d’être gentilles ».

Je sais que Thomas S. Monson est un prophète de Dieu, dont la vie a été un modèle de bienveillance dont nous pouvons tirer des leçons. Suivez notre prophète. Tirez des leçons de son exemple et écoutez ses paroles. Je crois en l’Évangile de Jésus-Christ et je sais que, par l’intermédiaire de Joseph Smith, la prêtrise a été rétablie sur terre.

Je sais que notre Sauveur vit et qu’il aime chacune d’entre nous. Il a donné sa vie pour tous. Je prie pour que nous mettions Jésus-Christ au centre de notre vie et que nous « suivions ses pas » en nous aimant et en nous rendant service les uns aux autres13. Je sais qu’en faisant cela, nous pouvons faire du monde un endroit meilleur parce que « nous croyons que nous devons être bienveillants14 ». J’en témoigne, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Montrer les références

  1.  

    1. Voir le treizième article de foi

  2.  

    2. Voir Oxford English Dictionary Online, 2e ed. (1989), « benevolent » (« bienveillant »), oed.com

  3.  

    3. « Soyons gentils », Chants pour les enfants, p. 83

  4.  

    4. « Gardiens de la vertu », DVD, Jeunes, soyez forts 2011, Nous croyons (DVD, 2011); également disponible sur lds.org/youth/video/youth-theme-2011-we-believe

  5.  

    5.  Luc 10:25, 27, 29, 30, 33-35

  6.  

    6. Jerry Earl Johnston, « The Unity in a Ward’s Uniqueness » (L’unité dans la singularité d’une paroisse), Mormon Times, 9 février 2011, M1, M12

  7.  

    7. Thomas S. Monson, « Puissiez-vous avoir du courage », Le Liahona, mai 2009, p. 125

  8.  

    8. « Gardiens de la vertu »

  9.  

    9.  Jeunes, soyez forts, fascicule, 2001, p. 10

  10.  

    10. Voir Marc 10 :16

  11.  

    11. « Gardiens de la vertu »

  12.  

    12. « Gardiens de la vertu »

  13.  

    13. « Gardiens de la vertu »

  14.  

    14.  Treizième article de foi