Un temps pour se préparer

des soixante-dix


Nous devons consacrer notre temps aux choses qui ont le plus d’importance.

Le huitième chapitre de Prêchez mon Évangile attire notre attention sur l’utilisation judicieuse de notre temps. Dans ce chapitre, M. Russell Ballard nous rappelle que nous devons nous fixer des buts et apprendre à maîtriser les techniques qui nous permettent de les atteindre (voir Prêchez mon Évangile, guide du service missionnaire, 2004, p. 160). La maîtrise des techniques nécessaires à la réalisation de nos buts présuppose que nous devenions maîtres dans la gestion de notre temps.

Je suis reconnaissant de l’exemple du président Monson. Malgré tout ce qu’il fait en sa qualité de prophète de Dieu, il s’assure, comme le Sauveur le faisait, qu’il reste suffisamment de temps pour rendre visite aux malades (voir Luc 17:12-14), pour édifier les pauvres en esprit et pour être le serviteur de tous. Je suis également reconnaissant de l’exemple de nombreuses autres personnes qui donnent de leur temps au service de leurs semblables. Je témoigne que le don de notre temps au service des autres plaît à Dieu et nous rapproche de lui. Notre Sauveur tiendra sa parole : « Celui qui est fidèle et sage dans le temps est considéré comme digne d’hériter les demeures préparées pour lui par mon Père » (D&A 72:4).

Le temps n’est jamais à vendre. On a beau essayer, le temps est un bien qui ne peut s’acheter dans un magasin, à quelque prix que se soit. Pourtant, utilisé avec sagesse, sa valeur est incommensurable. Pour n’importe quel jour donné, il nous est accordé à tous, sans frais, le même nombre de minutes et d’heures à utiliser, et nous apprenons vite que, comme nous l’enseigne si consciencieusement le cantique bien connu, « le temps fuit rapidement pour ne plus revenir » (« Mettons à profit le temps », Cantiques, n° 143). Nous devons utiliser avec sagesse le temps que nous avons. Brigham Young a dit : « Nous sommes tous redevables à Dieu de la capacité d’utiliser le temps d’une manière profitable, et il exigera que nous rendions des comptes précis de ce que nous [en] faisons » (Enseignements des présidents de l’Église, Brigham Young, 1997, p. 286).

Du fait des exigences qui nous sont imposées, nous devons apprendre à nous fixer des priorités afin que nos choix soient en accord avec nos buts. Sinon nous risquons d’être exposés aux vents de la temporisation et de gaspiller notre temps en passant d’une activité futile à une autre. Dans le sermon sur la montagne, le Maître pédagogue nous a parlé clairement des priorités : « Ne cherchez donc pas les choses de ce monde mais cherchez premièrement à édifier le royaume de Dieu et à faire régner la justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus » (Matthieu 6:33 ; Joseph Smith Translation, Matthieu 6:38). (Voir aussi Dallin H. Oaks, « Concentration et priorités », Le Liahona, juillet 2001, p. 99-102.)

Alma parlait de priorités quand il a enseigné : « Cette vie est devenue un état probatoire, un temps pour se préparer à rencontrer Dieu » (Alma 12:24). Nous aurons peut-être besoin d’être guidés pour savoir comment utiliser au mieux le temps précieux qui nous est accordé pour nous préparer à rencontrer Dieu mais nous pouvons être sûrs que le Seigneur et notre famille doivent se trouver en haut de la liste. Le président Uchtdorf nous a rappelé : « Dans les relations familiales, l’amour s’épelle t-e-m-p-s » (« Concernant les choses qui ont le plus d’importance », Le Liahona, nov. 2010, p. 22). Je témoigne que, si nous demandons sincèrement de l’aide par la prière, notre Père céleste nous permettra de mettre l’accent sur ce qui mérite le plus notre temps.

L’utilisation peu judicieuse du temps est la proche cousine de la paresse. En suivant le commandement de cesser d’être paresseux (voir D&A 88:124), nous devons nous assurer qu’être occupé signifie aussi être productif. Par exemple, c’est merveilleux de n’avoir littéralement qu’à bouger un doigt pour communiquer instantanément, mais assurons-nous que nous ne devenons pas des communicants électroniques compulsifs. J’ai l’impression que certains d’entre nous tombent dans le piège d’une nouvelle dépendance consommatrice de temps, qui nous contraint à être constamment occupés à consulter et à envoyer des messages sociaux, et qui nous donne ainsi l’impression fausse d’être occupés et productifs.

Il y a beaucoup d’aspects positifs à notre accès facile à la communication et à l’information. Je trouve cela très utile d’avoir accès à des articles de recherche, aux discours de la conférence et aux archives généalogiques, ainsi que de recevoir des messages électroniques, des rappels Facebook, des tweets et des SMS. Aussi bonnes que soient ces choses, nous ne pouvons pas leur permettre d’évincer les choses qui ont le plus d’importance. Comme ce serait triste si le téléphone et l’ordinateur, avec tout leur perfectionnement, étouffaient la simplicité de la prière sincère adressée à un Père céleste aimant ! Soyons aussi prompts à nous agenouiller qu’à envoyer un SMS.

Les jeux électroniques et les amis virtuels ne sont pas des substituts durables aux véritables amis qui peuvent nous prendre dans leurs bras pour nous encourager, prier pour nous et rechercher ce qu’il y a de meilleur pour nous. Comme je suis reconnaissant d’avoir vu des collèges, des classes et des membres de la Société de Secours se rallier pour se soutenir mutuellement. À ces occasions, j’ai mieux compris ce que l’apôtre Paul voulait dire quand il a écrit : « Vous n’êtes plus des étrangers, ni des gens du dehors ; mais vous êtes concitoyens des saints » (Éphésiens 2:19).

Je sais que nous trouvons le plus grand bonheur quand nous nous tournons vers le Seigneur (voir Alma 37:37) et que nous faisons ce qui apporte une récompense éternelle plutôt que de consacrer de manière irréfléchie des heures innombrables aux changements de statut sur un réseau social, à une ferme virtuelle ou à un jeu consistant à catapulter des oiseaux en colère ssur des murs de béton. J’exhorte chacun d’entre nous à réfléchir aux choses qui lui volent son temps précieux et à décider d’en être le maître, au lieu de laisser leur nature accoutumante se rendre maître de lui.

Pour avoir la paix dont parle le Sauveur (voir Jean 14:27), nous devons consacrer notre temps aux choses qui ont le plus d’importance, et ce sont les choses de Dieu. Lorsque nous communiquons avec Dieu par la prière sincère, que nous lisons et étudions chaque jour les Écritures, que nous méditons sur ce que nous avons lu et ressenti, puis que nous appliquons les leçons que nous en avons tirées, nous nous rapprochons de lui. Dieu nous fait la promesse que, si nous recherchons diligemment la connaissance dans les meilleurs livres, il nous la donnera « par son Esprit-Saint » (D&A 121:26 ; voir aussi D&A 109:14-15).

Satan va nous tenter de faire mauvais usage de notre temps par des distractions déguisées. Quentin L. Cook a enseigné que, malgré les tentations, « les saints qui répondent au message du Sauveur ne ser[aie]nt pas détournés par des envies distrayantes et destructrices » («Êtes-vous un saint ? » Le Liahona, nov. 2003, p. 96). Hiram Page, l’un des huit témoins du Livre de Mormon, nous a enseigné une grande leçon au sujet des choses qui détournent notre attention. Il avait une pierre et, avec son aide, il a écrit ce qu’il pensait être des révélations pour l’Église (voir D&A 28). Une fois qu’il a été réprimandé, nous dit-on, la pierre a été réduite en poussière afin qu’elle ne soit jamais plus une source d’égarement1. Je nous invite à réfléchir aux distractions qui nous font gâcher notre temps et qu’il faudrait, au sens figuré, réduire en poussière. Nous devrons faire preuve de sagesse pour nous assurer que la balance du temps est correctement équilibrée pour contenir le Seigneur, la famille, le travail et les activités récréatives saines. Comme beaucoup d’entre nous l’ont déjà remarqué, nous sommes plus heureux quand nous utilisons notre temps pour rechercher ce qui est « vertueux ou aimable… ce qui mérite l’approbation ou est digne de louange » (13e article de foi).

L’horloge du temps avance rapidement. Aujourd’hui serait un bon jour, pendant que l’horloge de la condition mortelle avance, pour examiner ce que nous faisons pour nous préparer à rencontrer Dieu. Je témoigne que de grandes récompenses attendent les personnes qui prennent le temps, dans la condition mortelle, de se préparer pour l’immortalité et la vie éternelle. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

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  1.  

    1. Voir Provo Utah Stake general minutes, 6 avril 1856, vol. 10 (1855-1860), bibliothèque d’histoire de l’Église, Salt Lake City, p. 273 : « Le père [Emer] Harris rapporta que l’apôtre avait dit que nous devons nous battre contre les dominations et les puissances dans les lieux célestes. Hiram Page a sorti de terre une pierre noire et l’a mise dans sa poche. À son retour chez lui, il l’a regardée et a vu qu’elle contenait une phrase que l’on pouvait noter. Dès qu’il avait écrit une phrase, une autre apparaissait jusqu’à ce qu’il ait écrit seize pages. On a parlé de ce fait à frère Joseph. Quelqu’un lui a demandé si c’était une bonne chose. Il a répondu qu’il ne le savait pas mais il a prié et a reçu la révélation que la pierre venait du diable. Alors elle a été réduite en poussière et les écrits ont été brûlés. C’était l’œuvre du pouvoir des ténèbres. Amen. »