Il vaut mieux lever les yeux

Carl B. Cook

Des soixante-dix


Si, comme le président Monson, nous faisons preuve de foi et recherchons l’aide de Dieu, les fardeaux de la vie ne nous accableront pas.

À l’issue d’une journée particulièrement fatigante, vers la fin de ma première semaine en tant qu’Autorité générale, ma serviette était surchargée et mon esprit préoccupé par la question « Comment pourrai-je faire tout cela ? » J’ai quitté le bureau des soixante-dix et suis entré dans l’ascenseur du bâtiment administratif de l’Église. Tandis que l’ascenseur descendait, la tête courbée, je regardais fixement le sol.

La porte s’est ouverte et quelqu’un est entré, mais je n’ai pas levé les yeux. Comme la porte se fermait, j’ai entendu quelqu’un me demander : « Que regardez-vous ainsi par terre ? » J’ai reconnu cette voix : c’était celle du président Monson.

J’ai vite levé les yeux et j’ai répondu : « Oh, rien. » (Je suis certain que cette réponse intelligente lui a inspiré une grande confiance en mes capacités !)

Mais il avait remarqué mon air soucieux et ma lourde serviette. Il a souri et a suggéré avec amour, pointant vers le ciel : « Il vaut mieux lever les yeux ! » Tandis que nous descendions d’un étage, il m’a expliqué joyeusement qu’il allait au temple. Quand il m’a dit au revoir, la façon dont il m’a regardé semblait encore vouloir me dire : « N’oubliez pas, il vaut mieux lever les yeux. »

Au moment où nous nous sommes séparés, les paroles d’une Écriture me sont venues à l’esprit. « Croyez en Dieu ; croyez qu’il est… croyez qu’il a toute la sagesse et tout le pouvoir, tant dans le ciel que sur la terre1. » Tandis que je réfléchissais au pouvoir de notre Père céleste et de Jésus-Christ, mon cœur a trouvé le réconfort que j’avais cherché en vain sur le plancher de cet ascenseur qui descendait.

Depuis, j’ai médité sur cette expérience et sur le rôle des prophètes. Je portais un lourd fardeau et je baissais la tête. Quand le prophète m’a parlé, je l’ai regardé. Il a redirigé mon attention pour que je lève les yeux vers Dieu, qui pouvait me guérir et me fortifier par l’intermédiaire de l’Expiation du Christ. C’est ce que font les prophètes pour nous. Ils nous guident vers Dieu2.

Je témoigne que le président Monson n’est pas seulement prophète, voyant et révélateur, mais qu’il est aussi un merveilleux exemple de la mise en pratique du principe qu’il faut lever les yeux. Plus que quiconque, il pourrait se sentir accablé par ses responsabilités. Au lieu de cela, il fait preuve d’une grande foi et il est plein d’optimisme, de sagesse et d’amour envers les autres. Son attitude est de dire « on peut le faire » et « on va le faire ». Il fait confiance au Seigneur, il se fie à lui pour avoir de la force, et le Seigneur le bénit.

L’expérience m’a enseigné que si, comme le président Monson, nous faisons preuve de foi et recherchons l’aide de Dieu, les fardeaux de la vie ne nous accableront pas. Nous ne nous sentirons pas incapables de faire ce pour quoi nous avons été appelés ou ce que nous devons faire. Nous serons fortifiés et la paix et la joie empliront notre vie3. Nous nous apercevrons que la plupart des choses qui nous préoccupent n’ont pas d’importance éternelle, et, dans le cas contraire, le Seigneur nous aidera. Mais nous devons avoir la foi de lever les yeux et le courage de suivre ses directives.

Pourquoi est-il difficile de lever constamment les yeux dans la vie ? Peut-être n’avons-nous pas la foi qu’un acte aussi simple peut résoudre nos problèmes. Par exemple, quand des serpents venimeux ont mordu les enfants d’Israël, il a été demandé à Moïse d’élever un serpent d’airain sur une perche. Ce serpent d’airain représentait le Christ. Les personnes qui ont levé les yeux pour regarder le serpent, comme le prophète les y avait exhortées, ont été guéries4. Mais beaucoup d’autres ne l’ont pas fait et elles ont péri5.

Alma a convenu que la raison pour laquelle les Israélites n’avaient pas levé les yeux pour regarder le serpent était qu’ils ne croyaient pas que cela les guérirait. Les paroles d’Alma s’appliquent à nous aujourd’hui :

« Ô mes frères, si vous pouviez être guéris rien qu’en jetant les regards autour de vous afin d’être guéris, ne regarderiez-vous pas rapidement, ou préféreriez-vous vous endurcir le cœur dans l’incrédulité et être paresseux… ?

« S’il en est ainsi, le malheur s’abattra sur vous ; mais s’il n’en est pas ainsi, alors jetez les regards autour de vous et commencez à croire au Fils de Dieu, à croire qu’il viendra racheter son peuple, et qu’il souffrira et mourra pour expier [nos] péchés, et qu’il se relèvera d’entre les morts6. »

L’encouragement du président Monson à lever les yeux est une métaphore qui signifie se souvenir du Christ. Quand nous nous souvenons de lui et avons foi en son pouvoir, son Expiation nous fortifie. C’est le moyen par lequel nos anxiétés, nos fardeaux et notre souffrance peuvent nous être enlevés. C’est le moyen par lequel nous pouvons recevoir le pardon et être guéris de la souffrance que nos péchés nous causent. C’est le moyen par lequel nous pouvons recevoir la foi et la force de supporter toutes choses7.

Récemment, sœur Cook et moi avons assisté à une conférence des femmes en Afrique du Sud. Après avoir écouté des messages inspirants sur la façon d’appliquer l’Expiation dans notre vie, nous avons tous été priés par la présidente de la Société de Secours de pieu d’aller dehors. Chacun de nous s’est vu remettre un ballon gonflé à l’hélium. Elle a expliqué que notre ballon représentait tout fardeau, épreuve ou difficulté qui entrave notre vie. Après avoir compté jusqu’à trois, nous avons lâché nos ballons, c’est-à-dire nos « fardeaux ». En levant les yeux et en regardant nos fardeaux partir en flottant dans les airs, nous avons entendu « Ahhhh ». La simple action de lâcher notre ballon nous a merveilleusement rappelé la joie indescriptible que lever les yeux et penser au Christ nous procure.

Contrairement à un lâcher de ballons gonflés à l’hélium, lever spirituellement les yeux n’est pas quelque chose que l’on ne fait qu’une seule fois. La prière de Sainte-Cène nous apprend que nous devons toujours nous souvenir de Dieu et respecter ses commandements, afin que son Esprit soit chaque jour avec nous pour nous guider8.

Quand les enfants d’Israël erraient dans le désert, le Seigneur les a guidés chaque jour quand ils levaient les yeux vers lui pour recevoir ses instructions. Dans l’Exode, nous lisons : « L’Éternel allait devant eux, le jour dans une colonne de nuée pour les guider dans leur chemin, et la nuit dans une colonne de feu pour les éclairer9. »

Alors, comment va-t-il nous guider de nos jours ? Par l’intermédiaire des prophètes, des apôtres et des dirigeants de la prêtrise ainsi que par les sentiments qui nous viennent après que nous avons exprimé à notre Père céleste nos désirs les plus chers. Il nous guide quand nous abandonnons les choses du monde, que nous nous repentons et que nous changeons. Il nous guide quand nous respectons ses commandements et que nous essayons de lui ressembler davantage. Et il nous guide par l’intermédiaire du Saint-Esprit10.

Pour être guidés dans notre voyage sur la terre et avoir la compagnie constante du Saint-Esprit, nous devons avoir une « oreille qui entend » et un « œil qui voit », tous deux dirigés vers le ciel11. Nous devons agir selon les instructions que nous recevons. Nous devons lever les yeux et passer à l’action. Et je sais que, si nous le faisons, nous reprendrons courage, car Dieu veut que nous soyons heureux.

Nous sommes les enfants de notre Père céleste. Il veut faire partie de notre vie, nous bénir et nous aider. Il guérira nos blessures, sèchera nos larmes et nous aidera le long du chemin pour que nous retournions en sa présence. Si nous levons les yeux vers lui, il nous guidera.

Christ est ma lumière, en lui seul j’ai foi ;
Le jour et la nuit, il est près de moi…
Tu es ma joie et mon chant.
Le jour et la nuit, tu guides mes pas12.

Je témoigne que nos péchés sont pardonnés et nos fardeaux allégés quand nous levons les yeux vers le Christ. « Souvenons-nous de lui… et ne gardons pas la tête basse13 », car, comme le président Monson l’a dit , « il vaut mieux lever les yeux. »

Je témoigne que Jésus est notre Sauveur et notre Rédempteur, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Montrer les références

  1.  

    1.  Mosiah 4:9.

  2.  

    2. Voir 2 Néphi 25:23, 26.

  3.  

    3. Voir Mosiah 24:15.

  4.  

    4. Voir Nombres 21:8-9.

  5.  

    5. Voir 1 Néphi 17:41.

  6.  

    6.  Alma 33:21-22 ; voir aussi les versets 19 et 20.

  7.  

    7. Voir Alma 36:3, 17-21 ; 3 Néphi 9:13.

  8.  

    8. Voir Doctrine et Alliances 20:77.

  9.  

    9.  Exode 13:21.

  10.  

    10. Voir 2 Néphi 9:52 ; 31:13 ; Doctrine et Alliances 121:46.

  11.  

    11.  Proverbes 20:12.

  12.  

    12. « Christ est ma lumière », Cantiques, n° 50.

  13.  

    13.  2 Néphi 10:20.