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Octobre 2012 | Hommage à celles qui prodiguent des soins

Hommage à celles qui prodiguent des soins

Octobre 2012 Conférence générale

Vous serez fortifiées et pourtant inspirées pour connaître les limites de votre capacité de servir.

Je suis reconnaissant d’être avec vous ce soir. Les femmes de l’Église de Jésus-Christ se rapprochent de l’idéal de la société de sœurs décrite par Lucy Mack Smith, la mère de Joseph Smith, le prophète, en ces termes : « Nous devons nous chérir les unes les autres, veiller les unes sur les autres, nous consoler les unes les autres et nous instruire afin de pouvoir toutes siéger ensemble dans les cieux1. »

Cette description remarquable des qualités requises pour se retrouver avec Dieu dans un état de bonheur comporte trois aspects. Le premier consiste à se soucier les uns des autres. Le deuxième est de s’instruire les uns les autres. Le troisième est de siéger ensemble avec Dieu.

Mon but ce soir est de vous aider à ressentir les louanges et la reconnaissance de Dieu pour ce que vous avez déjà fait pour vous aider les unes les autres à atteindre ce but élevé. Et deuxièmement, il est de décrire en partie ce qui est encore à venir dans votre service unifié.

À l’instar des sœurs d’une époque antérieure, vous avez répondu à l’appel du Seigneur à vous porter au secours des autres. En 1856, Brigham Young, le prophète, a demandé aux saints de se porter au secours des pionniers équipés de charrettes à bras, qui étaient bloqués dans les montagnes enneigées. Face à ce besoin, il a dit aux membres assemblés en conférence générale : « Votre foi, votre religion et votre profession de foi ne sauveront pas une seule de vos âmes dans le royaume céleste de notre Dieu si vous n’appliquez pas les principes que je vous enseigne maintenant. Allez chercher ces gens qui sont maintenant dans les plaines, et faites avec exactitude ces choses que l’on appelle temporelles… sinon votre foi aura été vaine2. »

Les femmes d’Utah ont répondu par centaines. Malgré leur pauvreté, elles ont rempli des chariots avec tout ce dont elles pouvaient se dispenser et tout ce qu’elles pouvaient recueillir auprès d’autres personnes pour réconforter les gens qui étaient dans la détresse. Une de ces sœurs vaillantes a déclaré : « Je n’ai jamais eu plus de satisfaction et, pourrais-je dire, de plaisir dans tous les travaux que j’ai accomplis dans ma vie, tellement nous nous sentions unis3. »

Une fois le sauvetage accompli et la neige fondue, cette même sœur a consigné cette question émanant d’un cœur plein de foi : « Qu’y a-t-il ensuite à faire pour des mains bien disposées4 ? »

De nos jours, des groupes de sœurs vaillantes dans le monde entier traduisent leur foi en action dans des centaines d’endroits. Dans leur cœur et leurs prières, elles posent cette même question concernant l’avenir de leur vie de service.

Chacune d’entre vous se trouve à un endroit unique de son voyage vers la vie éternelle. Certaines ont des années d’expérience, et d’autres n’en sont qu’au début de leur vie de disciple dans la condition mortelle. Chacune a une histoire personnelle et des difficultés qui lui sont propres. Mais vous êtes toutes des sœurs et des filles bien-aimées de notre Père céleste, qui connaît chacune d’entre vous et qui veille sur chacune.

Ce que vous avez remarquablement bien fait ensemble est de vous chérir les unes les autres, de veiller les unes sur les autres et de vous réconforter les unes les autres. J’ai été témoin de ce triple miracle il y a seulement un mois à travers le service que vous avez rendu à une sœur. Moi, son père, je vous remercie et je veux également remercier Dieu, qui a guidé une instructrice visiteuse.

Notre fille Elizabeth, qui vit dans un État et un fuseau horaire différent des nôtres, était chez elle avec sa fille de trois ans. Son autre enfant était à la maternelle, où elle passait sa première semaine. Elizabeth était enceinte de six mois, attendant avec impatience la naissance de son troisième enfant, dont les médecins avaient dit que ce serait encore une fille. Son mari, Joshua, était sur son lieu de travail.

Quand elle s’est rendu compte qu’elle perdait du sang et que la perte devenait importante, elle a téléphoné à son mari. Il lui a dit d’appeler une ambulance et qu’il la retrouverait à l’hôpital, qui se trouvait à vingt minutes de chez eux. Avant même qu’elle ait pu téléphoner, elle a entendu frapper à la porte.

Elle a eu la surprise de trouver à la porte sa compagne de visites d’enseignement. Elles n’avaient pas rendez-vous ce matin-là. La sœur avait tout simplement senti qu’elle devrait passer voir Elizabeth.

Elle l’a aidée à monter dans la voiture. Elles sont arrivées à l’hôpital quelques minutes avant que Joshua arrive de son travail. Les médecins ont décidé en moins de vingt minutes de recourir à une intervention chirurgicale pour sauver Elizabeth et son bébé. Une petite fille est ainsi venue au monde, criant bruyamment, quinze semaines avant terme. Elle pesait 765 grammes. Mais elle était en vie, et Elizabeth aussi.

Les paroles de Lucy Mack Smith se sont en partie accomplies ce jour-là. Une sœur fidèle de la Société de Secours, inspirée par le Saint-Esprit, a veillé sur sa sœur dans le royaume de Dieu, l’a chérie et l’a réconfortée. Elle et les dizaines de milliers d’autres personnes qui ont rendu ce genre de service inspiré de génération en génération ne reçoivent pas seulement les remerciements des personnes qu’elles ont aidées et de leurs proches, mais aussi ceux du Seigneur.

Vous vous rappelez ses paroles de reconnaissance aux personnes qui reçoivent peu de reconnaissance pour leur bienveillance : « Et le roi leur répondra : Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites5. »

Mais le miracle d’une sœur de la Société de Secours arrivant à point nommé pour aider est multiplié grâce au pouvoir d’une société unifiée de sœurs. Voici une partie du message que l’évêque d’Elizabeth leur a envoyé, à son mari et elle, à l’hôpital, quelques heures après la naissance du bébé : « La présidente de la Société de Secours contrôle la situation. Nous sommes déjà en train de faire des plans pour nous occuper de vos filles à la maison afin qu’Elizabeth puisse faire les déplacements à l’hôpital tant que le joli bébé sans nom y restera. Nous l’avons déjà fait par le passé, sur de longues périodes, et [nos] membres sautent sur l’occasion. »

L’évêque a poursuivi, en parlant pour lui-même et pour la paroisse : « Nous sommes même allés à l’hôpital pour garder des enfants dans la salle de jeux quand leurs mères ne voulaient pas les laisser ailleurs. »

Puis, il a ajouté : « Bien évidemment nous ne mettrons notre plan à exécution qu’avec votre accord et en coordonnant les choses avec vous. Nous voulions juste vous dire de ne pas vous inquiéter des choses dont nous pouvons nous occuper [et dont nous nous occuperons]. »

Ce qu’ils ont fait pour ma fille lui a permis d’avoir un moment précieux, lorsqu’elle a tenu sa petite fille pour la première fois.

Puis l’évêque a conclu son message à Joshua et Elizabeth par un message que les sœurs s’adressent par leur engagement de servir les autres pour le Maître dans le monde entier : « Gardez la foi. »

Bien que vous ayez des situations personnelles et des expériences très variées, je peux vous dire quelque chose de ce qui vous attend. En gardant la foi, vous vous apercevrez que vous recevrez souvent une invitation du Seigneur à servir quelqu’un qui est dans le besoin, alors que cela tombe au mauvais moment. Il pourra sembler qu’il s’agit d’une tâche désagréable, voire impossible. Quand l’appel viendra, il pourra sembler que l’on n’a pas besoin de vous ou que quelqu’un d’autre pourrait facilement apporter l’aide.

Lorsque le Seigneur vous permet de rencontrer une personne en détresse, souvenez-vous que nous rendons hommage au bon Samaritain autant pour ce qu’il n’a pas fait que pour ce qu’il a fait. Il n’a pas changé de trottoir, bien que le voyageur battu sur son chemin ait été un inconnu, et peut-être un ennemi. Il a fait ce qu’il pouvait pour l’homme battu, puis il a élaboré un plan précis pour que d’autres personnes fassent davantage. Il a fait cela parce qu’il comprenait qu’aider peut demander plus que ce qu’une seule personne peut faire.

Les leçons de cette histoire peuvent être un guide pour vous dans les situations à venir, quelles qu’elles soient. Ces mêmes leçons étaient là dans votre propre enfance et dans des expériences récentes.

Une fois au moins, et peut être souvent, vous avez été surprises de rencontrer quelqu’un qui avait besoin d’aide. C’était peut-être un de vos parents ou grands-parents, une sœur ou un enfant frappés par la maladie ou par un handicap. Votre compassion l’a emporté sur vos désirs humains. Alors vous avez commencé à offrir votre aide.

Comme pour le voyageur de l’histoire du bon Samaritain, il est vraisemblable que l’aide requise a débouché sur des soins plus durables que ce que vous pouviez offrir seules. Le Samaritain a dû confier le voyageur aux soins de l’hôtelier. Le plan du Seigneur pour servir les autres prévoit des équipes.

Les évêques et les présidentes de la Société de Secours invitent toujours les membres de la famille à s’aider mutuellement quand il y a un besoin. De nombreuses raisons justifient ce principe. C’est avant tout pour offrir à plus de personnes la bénédiction d’avoir cet accroissement d’amour qu’apporte le service réciproque.

Vous avez observé et ressenti cette bénédiction. Quand vous vous êtes occupées d’une personne, même momentanément, vous avez éprouvé de l’amour pour elle après l’avoir servie. Quand on apporte des soins sur une période prolongée, les sentiments d’amour s’intensifient.

Étant donné que nous sommes mortels, l’accroissement d’amour peut être interrompu par des sentiments de frustration et par la fatigue. C’est aussi pour cette raison que le Seigneur nous permet de recevoir l’aide d’autres personnes dans notre service aux personnes dans le besoin. C’est la raison pour laquelle le Seigneur a créé des sociétés de donneurs de soins.

Il y a quelques semaines, j’ai assisté à une réunion de Sainte-Cène au cours de laquelle une jeune femme s’est levée pour être soutenue comme coordonnatrice adjointe des visites d’enseignement, poste dont j’ignorais l’existence. Je me suis demandé si elle savait quel honneur le Seigneur lui avait fait. À cause d’un enfant agité, elle a dû quitter la réunion avant que j’aie pu lui dire combien le Seigneur l’aimerait et lui serait reconnaissant pour son aide dans la coordination des efforts de ses disciples.

Pour s’occuper des personnes dans le besoin, il faut une équipe, une société aimante et unie. C’est ce que le Seigneur édifie parmi vous. Il vous aime pour le rôle que vous jouez, quel qu’il soit.

Une preuve de sa reconnaissance est que Dieu vous permet de ressentir davantage d’amour pour les personnes que vous servez. C’est pour cela que vous pleurez lorsqu’une personne que vous avez longtemps servie meurt. Ne plus pouvoir s’occuper d’elle peut sembler être une perte plus grande que la séparation temporaire. Récemment, la semaine où son mari est décédé, j’ai entendu une femme que je connaissais depuis longtemps témoigner de sa reconnaissance pour l’occasion qu’elle avait eue de le servir jusqu’à la fin de sa vie. Aucune larme n’était visible, mais son sourire heureux l’était.

Un service durable et aimant est grandement récompensé, mais vous avez appris qu’il y a des limites physiques, émotionnelles et financières à ce qui est possible. La personne qui prodigue des soins suffisamment longtemps peut finir par avoir elle-même besoin de soins.

Le Seigneur, qui est le Maître nourricier des nécessiteux, a donné un conseil inspiré aux personnes qui prodiguent inlassablement des soins, par ces paroles prononcées par le roi Benjamin et consignées dans le Livre de Mormon : « Pour conserver de jour en jour le pardon de vos péchés… je voudrais que vous accordiez de vos biens aux pauvres, chaque homme selon ce qu’il a, comme nourrir les affamés, vêtir les nus, visiter les malades et leur apporter du soulagement, tant spirituellement que temporellement, selon leurs besoins6. »

Mais il poursuit en mettant en garde celles d’entre vous qui pourraient ne pas vouloir admettre qu’elles en font trop et trop longtemps dans leur service aimant : « Et veillez à ce que tout cela se fasse avec sagesse et ordre ; car il n’est pas requis que l’homme [ou toute personne qui prodigue des soins] coure plus vite qu’il n’a de force. Et en outre, il est nécessaire qu’il soit diligent, afin qu’il remporte ainsi le prix ; c’est pourquoi, tout doit se faire avec ordre7. »

Ce conseil peut sembler difficile à appliquer quand vous devez trouver l’équilibre entre le désir de faire tout ce que vous pouvez pour aider les autres et la sagesse de pourvoir avec prudence à vos propres besoins, de manière à conserver la force de servir. Vous avez peut-être vu d’autres personnes aux prises avec ce genre de choix difficiles. Un exemple de cela est le choix de vous occuper d’une personne en fin de vie chez vous ou dans un centre de soins alors que vous êtes vous-même au bord de l’épuisement.

Ce que vous savez du plan du salut peut vous guider dans des choix aussi déchirants. C’est une des raisons pour lesquelles Lucy Mack Smith a dit avec sagesse que les sœurs devaient « acquérir de l’instruction ».

Cela nous aide d’avoir une conviction sûre du dessein que le Seigneur a pour chaque enfant de Dieu dans le creuset de la vie mortelle. Voilà comment il a enseigné l’essence du plan du salut à Joseph Smith, le prophète, qui cherchait à comprendre ses épreuves apparemment sans fin : « Et alors, si tu les supportes bien, Dieu t’exaltera en haut8. »

Notre choix d’aider au mieux quelqu’un dans les épreuves devient alors : « Que devrais-je faire pour aider au mieux la personne que j’aime et sers à ‘bien supporter’ ses difficultés ? » C’est à nous de faire en sorte qu’elle ait plus de chances d’exercer sa foi au Christ, de conserver une ferme espérance de la vie éternelle et de pratiquer la charité, l’amour pur du Christ, jusqu’à la fin de sa vie.

J’ai vu des sœurs dans le royaume se concentrer de cette manière sur le Sauveur et ses desseins. Pensez aux fois où vous êtes entrées dans la salle où les membres de la Société de Secours, de la Primaire ou des Jeunes Filles se sont réunis.

Vous n’avez peut-être pas vu d’image du Sauveur ou ses paroles, mais vous savez qu’un témoignage de la réalité et de la valeur de son Expiation a été ressenti au cours de cette heure, comme cela a été le cas ce soir. Vous n’avez peut-être pas vu d’image d’un saint temple ou les mots « La famille peut être éternelle », mais vous pouvez voir l’espérance dans leurs sourires.

Et vous avez vu comme moi une sage instructrice visiteuse édifier chez une sœur en difficulté la confiance que le service qu’elle rend à quelqu’un d’autre, même si elle faiblit, est toujours nécessaire et a de la valeur. Des présidentes de Société de Secours formidables trouvent des façons de permettre aux sœurs qui ont besoin d’attention de se soucier des autres. Elles créent des occasions pour que des sœurs supportent bien leurs épreuves en prenant soin les unes des autres dans l’amour pur du Christ. Il peut être nécessaire pour cela d’insister gentiment auprès d’une personne fatiguée par les soins qu’elle a prodigués pour qu’elle se repose et accepte l’aide d’autres personnes.

Les sœurs rendent cela possible en évitant de juger les personnes qui traversent des épreuves. La plupart des gens qui portent de lourds fardeaux commencent à douter d’eux-mêmes et de leur valeur personnelle. Nous allégeons leurs fardeaux en étant patients avec leurs faiblesses, en faisant l’éloge des moindres qualités que nous leur trouvons. C’est ce que fait le Seigneur. Et nous pouvons suivre son exemple de nourricier suprême de tous.

Nous parlons souvent de la force du cercle des sœurs de l’Église de Jésus-Christ. Nous devons apprendre à reconnaître que le Sauveur est toujours dans le cercle si nous l’invitons.

Nous verrons de plus en plus des filles de Dieu inviter des sœurs à les rejoindre dans le cercle. Lorsque des sœurs viendront à une réunion et chercheront une place, elles s’entendront dire avec douceur : « Viens t’asseoir avec moi. »

Nous entendrons ces paroles en ce jour futur qu’a vu Lucy Mack Smith, où les sœurs iront « s’asseoir ensemble dans les cieux ». Nous ne nous préparons pas pour ce jour instantanément. Cela sera le résultat de jours et d’années passés à prendre soin les uns des autres et à intégrer au fond de notre cœur les paroles de la vie éternelle.

Je prie pour que beaucoup d’entre nous soient ensemble dans l’avenir glorieux qui nous attend. Je vous témoigne que votre espérance en ces jours sera justifiée. Par son expiation infinie, le Seigneur Jésus-Christ a permis qu’il en soit ainsi pour chacune d’entre vous. Notre Père céleste entend et exauce les prières pleines de foi que vous faites pour être guidées et recevoir de l’aide pour persévérer dans votre service pour lui.

Le Saint-Esprit vous est envoyé, à vous, ainsi qu’aux personnes dont vous vous occupez. Vous serez fortifiées et pourtant inspirées pour connaître les limites de votre capacité de servir. L’Esprit vous réconfortera quand vous vous demanderez peut-être : « Ai-je fait suffisamment ? »

Je témoigne que le Seigneur sera avec vous et qu’il préparera et tracera le chemin pour vous dans votre service aux personnes qu’il aime dans leurs besoins et leurs épreuves. Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.

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    Notes

    1. Lucy Mack Smith, dans Filles dans mon royaume : L’histoire et l’œuvre de la Société de Secours, 2011, p. 29.

    2. Brigham Young, dans Filles dans mon royaume, p. 41.

    3. Lucy Meserve Smith, dans Filles dans mon royaume, p. 42.

    4. Lucy Meserve Smith, dans Filles dans mon royaume, p. 42.

    5. Matthieu 25:40.

    6. Mosiah 4:26.

    7. Mosiah 4:27.

    8. Doctrine et Alliances 121:8.