Enseigner avec le pouvoir et l’autorité de Dieu

Par David M. McConkie

Premier conseiller dans la présidence générale de l’École du Dimanche


Le Seigneur a fourni à tous les saints des derniers jours dignes le moyen d’enseigner à la manière du Sauveur.

Nous sommes reconnaissants au-delà de ce que nous pouvons exprimer pour les instructeurs partout dans l’Église. Nous vous aimons et avons une grande confiance en vous. Vous êtes l’un des plus grands miracles de l’Évangile rétabli.

Il y a effectivement un secret pour devenir un bon instructeur de l’Évangile, pour enseigner avec le pouvoir et l’autorité de Dieu. J’utilise le mot secret parce que les principes sur lesquels repose la réussite d’un instructeur ne peuvent être compris que par les personnes qui ont un témoignage de ce qui a eu lieu le matin d’une belle et claire journée du début du printemps de 1820.

En réponse à l’humble prière d’un garçon de quatorze ans, les cieux se sont ouverts. Dieu le Père éternel et son Fils, Jésus-Christ, sont apparus et ont parlé à Joseph Smith, le prophète. Le rétablissement tant attendu de toutes choses avait commencé et le principe de la révélation était éternellement établi dans notre dispensation. Le message de Joseph et notre message au monde peut être résumé en deux mots : « Dieu parle. » Il a parlé autrefois, il a parlé à Joseph et il vous parlera. C’est ce qui vous met à part de tous les autres instructeurs du monde. Voilà pourquoi vous ne pouvez pas échouer.

Vous avez été appelés par l’esprit de prophétie et de révélation et vous avez été mis à part par l’autorité de la prêtrise. Qu’est-ce que cela signifie ?

Premièrement, cela signifie que vous êtes au service du Seigneur. Vous êtes son agent et vous avez l’autorité et la mission de le représenter et d’agir en son nom. En tant qu’agent, vous avez droit à son aide. Vous devez vous demander : « Qu’est-ce que le Sauveur dirait s’il donnait mon cours aujourd’hui et comment le dirait-il ? » Vous devez ensuite faire de même.

Cette responsabilité peut en amener certains à ne pas se sentir à la hauteur ou à avoir un peu peur. Le chemin n’est pas difficile. Le Seigneur a fourni à tous les saints des derniers jours dignes le moyen d’enseigner à la manière du Sauveur.

Deuxièmement, vous êtes appelés à prêcher l’Évangile de Jésus-Christ. Vous ne devez pas enseigner vos propres idées ou philosophies, même mêlées d’Écritures. L’Évangile est la « puissance de Dieu pour le salut1 » et nous ne sommes sauvés que grâce à l’Évangile.

Il vous est commandé d’enseigner les principes de l’Évangile tels qu’ils sont énoncés dans les ouvrages canoniques de l’Évangile, d’enseigner les paroles des apôtres et des prophètes actuels et d’enseigner ce que le Saint-Esprit vous enseigne.

Alors, par où commencer ?

Notre toute première responsabilité est de vivre de façon à pouvoir avoir le Saint-Esprit comme guide et compagnon. Quand Hyrum Smith chercha à s’engager dans cette œuvre des derniers jours, le Seigneur lui dit : « Voici, ton œuvre, c’est de garder mes commandements ; oui, de tout ton pouvoir, de tout ton esprit et de toute ta force2. » C’est le point de départ. Ce conseil, donné à Hyrum par le Seigneur, est le même qu’il a donné aux saints à toutes les époques.

S’adressant aujourd’hui aux instructeurs, la Première Présidence a déclaré : « La partie la plus importante de votre service sera votre propre préparation spirituelle quotidienne, notamment la prière, l’étude des Écritures et l’obéissance aux commandements. Nous vous recommandons de vous consacrer à vivre l’Évangile avec plus de ferveur que jamais auparavant3. »

Il est révélateur que la Première Présidence n’ait pas dit que la partie la plus importante de votre responsabilité est de bien préparer vos leçons ou de maîtriser les diverses techniques d’enseignement. Bien sûr, vous devez diligemment préparer chaque leçon et vous efforcer d’apprendre comment enseigner pour pouvoir aider vos élèves à utiliser leur libre arbitre et permettre à l’Évangile de pénétrer dans leur cœur, mais la première partie de votre service et la plus importante, c’est votre propre préparation spirituelle. Voici ce que la Première Présidence a promis si vous suivez ce conseil : « Le Saint-Esprit vous aidera à savoir quoi faire. Votre propre témoignage grandira, votre conversion s’approfondira et vous serez fortifiés pour affronter les difficultés de la vie4. »

Quelles bénédictions plus grandes un instructeur peut-il désirer ?

Ensuite, le Seigneur a commandé qu’avant de chercher à annoncer sa parole nous devons chercher à l’obtenir5. Nous devons être des hommes et des femmes d’une saine intelligence en sondant diligemment les Écritures, et en les chérissant dans notre cœur. Alors, lorsque vous demanderez de l’aide au Seigneur, il vous accordera son Esprit et sa parole. Vous aurez la puissance de Dieu pour convaincre les hommes.

Paul nous dit que l’Évangile vient aux hommes de deux manières, en paroles et avec puissance6. La parole de l’Évangile est donnée dans les Écritures et nous pouvons l’obtenir en la cherchant diligemment. La puissance de l’Évangile pénètre dans la vie des gens qui vivent de manière à ce que le Saint-Esprit soit leur compagnon et qui suivent l’inspiration qu’ils reçoivent. Certains ne concentrent leur attention que sur l’obtention de la parole et ils deviennent des experts à transmettre des informations. D’autres négligent leur préparation et espèrent que le Seigneur, dans sa bonté, les aidera d’une manière ou d’une autre à se tirer d’affaire pendant le cours. Vous ne pouvez pas vous attendre à ce que l’Esprit vous aide à vous souvenir des Écritures et des principes que vous n’avez pas étudiés ou auxquelles vous n’avez pas réfléchi. Pour pouvoir bien enseigner l’Évangile, vous devez avoir à la fois la parole et la puissance de l’Évangile dans votre vie.

Alma comprenait ces principes quand il parla des fils de Mosiah et décrivit comment ils enseignaient avec la puissance et l’autorité de Dieu. Nous lisons :

« Ils étaient des hommes d’une saine intelligence et ils avaient sondé diligemment les Écritures afin de connaître la parole de Dieu.

« Mais ce n’est pas tout : ils s’étaient beaucoup livrés à la prière et au jeûne ; c’est pourquoi ils avaient l’esprit de… révélation7. »

Ensuite, vous devez apprendre à écouter. Frère Holland a enseigné ce principe aux missionnaires. Je vais citer les paroles de frère Holland, mais j’ai pris la liberté de remplacer respectivement les termes missionnaires et amis de l’Église par instructeurs et élèves : « Ils [les instructeurs] ont non seulement la responsabilité d’écouter l’Esprit, mais aussi celle d’écouter [les élèves]… Si nous voulons bien écouter avec des oreilles spirituelles… [nos élèves] nous diront quelles leçons ils ont besoin d’entendre. »

Frère Holland poursuit : « Le fait est que [les instructeurs] s’emploient encore trop à donner une matière confortable, toujours la même, plutôt que de se concentrer sur leurs [élèves] en tant que personnes8. »

Après vous être préparés et avoir préparé vos leçons au mieux de vos capacités, vous devez être disposés à vous laisser guider. Lorsque l’inspiration discrète vous est donnée, vous devez avoir le courage de mettre de côté vos plans et vos notes et aller là où cette inspiration vous conduit. Lorsque vous agissez ainsi, la leçon que vous donnez n’est plus la vôtre mais elle devient celle du Sauveur.

Consacrez-vous à vivre l’Évangile plus résolument que jamais auparavant et sondez les Écritures en les amassant dans votre cœur, et le même Saint-Esprit qui a révélé ces paroles aux apôtres et aux prophètes dans les temps anciens vous témoignera de leur véracité. Surtout, le Saint-Esprit vous les révélera de nouveau. Quand cela se produit, les paroles que vous lisez ne sont plus seulement celles de Néphi, de Paul ou d’Alma mais elles deviennent les vôtres. Puis, pendant que vous enseignez, le Saint-Esprit pourra vous apprendre toutes choses et vous rappellera tout. En effet, « ce que vous devrez dire vous sera donné sur l’heure, oui, au moment même9 ». Quand cela arrivera, vous vous surprendrez à dire quelque chose que vous n’aviez pas projeté de dire. Puis, si vous prêtez attention, vous apprendrez quelque chose de ce que vous dites lorsque vous enseignez. Marion G. Romney a dit : « Je sais toujours quand je parle sous l’inspiration du Saint-Esprit, car alors ce que j’ai dit m’apprend toujours quelque chose10. » Souvenez-vous, un instructeur est aussi un élève.

Pour finir, un instructeur doit être un témoin indépendant des choses qu’il enseigne et pas seulement l’écho du texte d’un manuel et des pensées d’autrui. Si vous vous faites un festin des paroles du Christ et vous efforcez de vivre l’Évangile plus résolument que jamais, le Saint-Esprit vous manifestera que ce que vous enseignez est vrai. C’est l’esprit de révélation et ce même esprit portera votre message dans le cœur des gens qui désirent le recevoir et sont disposés à le faire.

Finissons maintenant là où nous avons commencé, dans le Bosquet sacré. Du fait de ce qui s’est passé en ce beau matin, il n’y a pas si longtemps, vous avez le droit d’enseigner avec le pouvoir et l’autorité de Dieu. J’en rends mon témoignage solennel et indépendant, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Montrer les références

  1.  

    1. Romains 1:16.

  2.  

    2. Doctrine et Alliances 11:20.

  3.  

    3. La Première Présidence, dans Enseigner l’Évangile à la manière du Sauveur, guide de Viens et suis-moi, documentation pour l’apprentissage des jeunes, 2012, p. 2.

  4.  

    4. La Première Présidence, dans Enseigner l’Évangile à la manière du Sauveur, p. 2.

  5.  

    5. Voir Doctrine et Alliances 11:21.

  6.  

    6. Voir 1 Thessaloniciens 1:5.

  7.  

    7. Alma 17:2–3.

  8.  

    8. Jeffrey R. Holland, « La mission divine » (séminaire pour les nouveaux présidents de mission, 26 juin 2009), p. 7–8, Church History Library, Salt Lake City; italiques dans l’original.

  9.  

    9. Voir Doctrine et Alliances 100:6.

  10.  

    10. Marion G. Romney, dans Boyd K. Packer, Teach Ye Diligently, 1975, p. 304.