Avril 2015 | Saints des derniers jours continuez d’essayer

    Saints des derniers jours continuez d’essayer

    Avril 2015 Conférence générale

    Si nous essayons, persévérons et aidons les autres à faire de même, nous sommes de véritables saints des derniers jours

    Mes chers frères et sœurs, en décembre 2013, le monde pleurait la mort de Nelson Mandela. Après vingt-sept années d’emprisonnement pour son rôle dans la lutte contre l’apartheid, Nelson Mandela a été le premier président démocratiquement élu d’Afrique du Sud. Son pardon envers les personnes qui l’ont emprisonné a été remarquable. Il a été universellement salué et acclamé1. Il refusait souvent les éloges et disait : « Je ne suis pas un saint, sauf si vous considérez qu’un saint est un pécheur qui continue d’essayer2. »

    Cette déclaration : « un saint est un pécheur qui continue d’essayer », devrait rassurer et encourager les membres de l’Église. Bien qu’on nous appelle « saints des derniers jours », ce nom nous met parfois mal à l’aise. Le terme saints est communément utilisé pour désigner les personnes qui ont atteint un état élevé de sainteté voire la perfection. Or nous savons parfaitement que nous ne sommes pas parfaits.

    Pourtant notre théologie nous enseigne que nous pouvons être rendus parfaits en nous reposant entièrement et de manière répétée sur la doctrine du Christ : en faisant preuve de foi en lui, en nous repentant, en prenant la Sainte-Cène pour renouveler les alliances et les bénédictions du baptême, et en ayant la compagnie constante du Saint-Esprit. Si nous le faisons, nous devenons plus semblables au Christ et nous sommes capable de persévérer jusqu’à la fin, avec tout ce que cela implique3. En des termes moins formels, Dieu se soucie beaucoup plus de la personne que nous sommes et de la personne nous allons devenir, que de la personne que nous avons été4. Il veut que nous continuions d’essayer.

    La comédie Comme il vous plaira, écrite par le dramaturge anglais William Shakespeare, décrit un changement spectaculaire dans la vie d’un des personnages. Un frère aîné tente de faire assassiner son frère cadet. Bien qu’ayant connaissance de cela le plus jeune frère sauve son frère aîné malfaisant d’une mort certaine. Quand le frère aîné apprend cette preuve de compassion imméritée, il change totalement et pour toujours et connaît ce que l’auteur appelle une « conversion ». Plus tard, plusieurs femmes abordent le frère aîné et lui demandent : « Est-ce bien vous qui aviez tant de fois comploté de [faire périr votre frère] ? »

    Le frère aîné répond : « C’était moi ; mais ce n’est plus moi : Je ne rougis point de vous avouer ce que je fus, depuis qu’il me fait trouver tant de douceur à être ce que je suis à présent5 ».

    Pour nous, grâce à la miséricorde de Dieu et à l’expiation de Jésus-Christ, un tel changement n’est pas une simple fiction littéraire. Le Seigneur a déclaré par l’intermédiaire d’Ézéchiel :

    « Et le méchant ne tombera pas par sa méchanceté le jour où il s’en détournera. […]

    « s’il revient de son péché et pratique la droiture et la justice ; […]

    « rend le gage, s’il restitue ce qu’il a ravi, s’il suit les préceptes qui donnent la vie, sans commettre l’iniquité il vivra. […]

    « Tous les péchés qu’il a commis seront oubliés ; il pratique la droiture et la justice6. »

    Dans sa miséricorde, Dieu a promis le pardon si nous nous repentons et nous détournons de l’iniquité, au point que nos péchés seront oubliés. Pour nous, grâce à l’expiation du Christ et à notre repentir, nous pouvons regarder notre passé et dire : « C’était moi ; mais ce n’est plus moi ». Aussi méchant que nous avons été, nous pouvons dire : « C’était la personne que j’étais. Mais je ne suis plus cette méchante personne7. »

    Thomas S. Monson a enseigné : « L’un des plus grands dons que Dieu nous fait est la joie d’essayer encore, car aucun échec ne doit jamais être définitif8 ». Même si nous avons fait le choix délibéré de pécher ou avons connu beaucoup d’échecs et de déceptions, au moment où nous décidons d’essayer encore, l’expiation du Christ peut nous aider. Et nous devons nous souvenir que ce n’est pas le Saint-Esprit qui nous dit que nous sommes tombés si bas qu’il vaut mieux abandonner.

    Le désir que Dieu a que les saints des derniers jours continuent d’essayer va au-delà de la victoire sur le péché. Que nos souffrances soient causées par des relations troublées, des difficultés financières ou la maladie ou par les péchés d’autres personnes, l’expiation infinie du Sauveur peut même, et peut-être tout particulièrement, guérir les personnes innocentes qui ont souffert. Il comprend parfaitement ce que c’est que de souffrir innocemment des conséquences de la transgression d’autrui. Selon la prophétie, le Sauveur viendra « guérir ceux qui ont le cœur brisé, […] donner […] un diadème au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, [et] un vêtement de louange au lieu d’un esprit abattu9 » Quelle que soit la situation, avec son aide, Dieu veut que les saints des derniers jours continuent d’essayer.

    Tout comme Dieu se réjouit lorsque nous persévérons, de même il est déçu lorsque nous ne reconnaissons pas que les autres essayent aussi. Notre chère amie Thoba a raconté comment sa mère, Julia, lui a enseigné cette leçon. Julia et Thoba étaient parmi les premiers convertis noirs d’Afrique du Sud. Après la fin de l’apartheid, les membres blancs et noirs de l’Église ont été autorisés à aller ensemble à l’église. Pour beaucoup, l’interaction entre les races était quelque chose de nouveau et de difficile. Un jour, en allant à l’église, Julia et Thoba ont ressenti qu’elles n’étaient pas traitées avec gentillesse par certains membres blancs. En partant, Thoba s’est plainte à sa mère. Julia l’a écoutée calmement jusqu’à ce que Thoba ait fini d’exprimer toute sa frustration. « Oh, Thoba, l’Église est comme un grand hôpital, et nous sommes tous malades à notre façon. Nous venons à l’église pour recevoir de l’aide ».

    Le commentaire de Julia traduit un enseignement précieux. Nous ne devons pas simplement être tolérants tandis que les autres travaillent sur leur maladie personnelle ; nous devons aussi faire preuve de gentillesse, de patience, les soutenir et être compréhensifs. Tout comme il nous encourage à continuer d’essayer, de même Dieu attend de nous que nous accordions aux autres la possibilité de faire de même, à leur propre rythme. L’Expiation opérera dans notre vie dans une mesure encore plus grande. Nous saurons alors qu’en dépit des différences, nous avons tous besoin de la même Expiation infinie.

    Il y a quelques années, un jeune homme formidable du nom de Curtis a été appelé à faire une mission. Il était le type de missionnaire que chaque président de mission demande dans ses prières. Il était concentré et travaillait dur. À un moment, on lui a donné pour collègue un missionnaire qui était immature, maladroit socialement, et pas particulièrement enthousiasmé par l’œuvre missionnaire.

    Un jour qu’ils étaient à vélo, Curtis a regardé en arrière et a vu que son collègue était descendu de son vélo sans raison apparente et marchait. En silence, Curtis a exprimé sa frustration à Dieu ; quelle corvée c’était d’avoir un compagnon qu’il devait traîner pour accomplir quoi que ce soit ! Quelques instants plus tard, Curtis a reçu une profonde inspiration, comme si Dieu lui disait : « Tu sais Curtis, comparé à moi, tous les deux vous n’êtes pas si différents ». Curtis a appris qu’il devait faire preuve de patience envers un collègue imparfait qui faisait malgré tout des efforts à sa façon.

    Mon invitation à nous tous est que nous évaluions notre vie, nous repentions et continuions d’essayer. Si nous n’essayons pas, nous ne sommes que des pécheurs des derniers jours ; si nous ne persévérons pas, nous sommes des lâcheurs des derniers jours ; et si nous ne permettons pas aux autres d’essayer, nous ne sommes que des hypocrites des derniers jours10. Si nous essayons, persévérons et aidons les autres à faire de même, nous sommes de véritables saints des derniers jours En changeant, nous découvrirons qu’en effet Dieu se soucie bien plus de la personne que nous sommes et de la personne que nous allons devenir, que de la personne que nous avons été11.

    Je suis profondément reconnaissant au Sauveur, de son expiation infinie et pour les prophètes modernes qui nous encouragent à être des saints des derniers jours qui continuent d’essayer12. Je témoigne de l’existence du Sauveur. Au nom de Jésus-Christ, amen.

    Afficher les référencesCacher les références

      Notes

      1. Voir Nelson Rolihlahla Mandela, Long Walk to Freedom, 1994 ; « Biography of Nelson Mandela », nelsonmandela.org/content/page/biography; et éloge de Nelson Mandela par le président Obama, 10 déc. 2013, whitehouse.gov/the-press-office/2013/12/10/remarks-president-obama-memorial-service-former-south-african-president-. La diversité des distinctions se voit par les prix qu’a reçu Nelson Mandela comme le Prix Nobel de la paix, la médaille présidentielle américaine de la liberté, et l’ordre soviétique de Lénine.

      2. Voir, par exemple, le discours de Nelson Mandela au Baker Institute de l’université Rice, le 26 octobre 1999, bakerinstitute.org/events/1221. Il a sans doute paraphrasé la citation bien connue attribuée à Robert Louis Stevenson : « Les saints sont des pécheurs qui continuent d’essayer ». Au fil des siècles nombreux sont ceux qui ont exprimé des sentiments similaires. Par exemple, on attribue à Confucius le proverbe : « La plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute. »

      3. Voir par exemple 2 Néphi 31:2-21 ; 3 Néphi 11:23-31; 27:13-21 ; Moroni 6:6 ; Doctrine et Alliances 20:77, 79; 59:8-9 ; Manuel d’instructions 2 : Administration de l’Église, 2010, 2.1.2.

      4. Dire que « Dieu se soucie bien plus de la personne que nous sommes et de la personne que nous allons devenir, que de la personne que nous avons été » ne signifie pas que le Sauveur ne tient pas compte des conséquences qu’ont les péchés d’une personne sur les autres. En fait, le Sauveur se soucie infiniment des personnes qui souffrent de blessures, de douleurs, et ont le cœur brisé à cause des transgressions d’une autre. Et il a pris « ses infirmités, afin que ses entrailles soient remplies de miséricorde […] afin qu’il sache, selon la chair, comment secourir son peuple selon ses infirmités » (Alma 7:12).

      5. William Shakespeare, Comme il vous plaira, acte 4, scène 3, vers 134-137.

      6. Ézéchiel 33:12, 14-16.

      7. On remarque l’utilisation du présent dans beaucoup d’Écritures liées au jugement dernier. Voir par exemple, 2 Néphi 9:16 ; Mormon 9:14 ; Doctrine et Alliances 58:42-43.

      8. Thomas S. Monson, “The Will Within,” Ensign, mai 1987, p. 68.

      9. Voir Ésaïe 61:1-3 ; voir aussi Luc 4:16-21.

      10. Le terme hypocrite tel qu’il est utilisé dans le Nouveau Testament peut être traduit du grec par « simulateur » ; le mot grec signifie « acteur de théâtre », ou « celui qui simule, représente de manière dramatique, ou exagère une partie » (Matthieu 6:2, note de bas de page a). Si nous ne donnons pas aux autres la possibilité de changer à leur propre rythme, nous prétendons simplement être saints des derniers jours.

      11. Voir note 4, ci-dessus.

      12. Le nombre de fois où ce message figure dans les discours de la Première Présidence et du Collège des Douze est frappant. Dieter F. Uchtdorf a expliqué ce point lorsqu’il a dit : « De tous les principes enseignés par les prophètes au cours des siècles, il en est un qui a été souligné maintes et maintes fois ; c’est le message plein d’espoir et de réconfort que l’humanité peut se repentir, changer de voie et revenir sur le vrai chemin du disciple » (« Vous pouvez le faire maintenant ! », Le Liahona, novembre 2013, p. 56).