Octobre 2017 | Le jour des miracles a-t-il cessé ?

    Le jour des miracles a-t-il cessé ?

    Octobre 2017 Conférence générale

    « Notre objectif suprême devrait être les miracles spirituels accessibles à tous les enfants de Dieu. »

    Il y a un an, lors d’une mission dans le cadre de mon appel, j’étais en Californie et je me suis rendu, avec un président de pieu, chez Clark et Holly Fales et leurs enfants. On m’a dit qu’ils venaient de vivre un miracle. Quand nous sommes arrivés chez eux, Clark avait des difficultés à se tenir debout pour nous accueillir car il portait une attelle dorsale, une minerve et des attelles aux bras.

    Deux mois auparavant, Clark, son fils Ty, ainsi qu’une trentaine d’autres jeunes gens et leurs dirigeants avaient participé à une activité de pieu, consistant en l’ascension du Mont Shasta, haut de 4 322 mètres, l’un des sommets les plus élevés de Californie. Au deuxième jour de cette randonnée laborieuse, la plupart des grimpeurs avaient atteint le sommet ; un formidable exploit réalisé grâce à des mois de préparation.

    Clark était l’un des premiers à atteindre le sommet. Après une petite pause près du bord, il s’est levé pour marcher un peu. Il a alors trébuché et chuté en arrière du bord d’une falaise. Il a d’abord fait une chute libre de douze mètres pour dévaler ensuite le long d’une pente gelée sur quatre-vingt mètres. Il a miraculeusement survécu mais il était grièvement blessé et incapable de bouger.

    C’était le premier d’une série de miracles que Clark allait vivre au cours de cette épreuve traumatisante. Parmi les premières personnes qui l’ont rejoint, se trouvait « comme par hasard » un groupe de randonneurs, et, parmi eux, des guides secouristes de montagne et des spécialistes des urgences médicales. Ils se sont immédiatement occupés de lui et l’ont couvert pour le garder au chaud. « Comme par hasard », ce groupe était aussi en train de tester un nouvel appareil de communication et a pu aussitôt envoyer une demande de secours, alors que les téléphones portables ne captaient aucun signal dans cette zone. Un petit hélicoptère, stationné à une heure du Mont Shasta, a été immédiatement déployé. Après avoir effectué deux tentatives d’atterrissage sans succès à une altitude qui dépassait les capacités de l’appareil, et lutté contre des vents dangereux, les pilotes ont fait un troisième et dernier essai. Tandis que l’hélicoptère approchait par un angle différent, « comme par hasard » les vents ont changé et l’appareil a pu atterrir juste le temps nécessaire au groupe pour installer, avec peine, Clark derrière le siège du pilote.

    Au centre de traumatologie, les examens de Clark ont révélé qu’il souffrait de plusieurs fractures au cou, au dos, aux côtes et aux poignets, avait un poumon perforé et plusieurs coupures et éraflures. « Comme par hasard », un chirurgien spécialiste des lésions nerveuses réputé opérait ce jour-là dans cet hôpital, alors qu’il n’y travaille que quelques jours par an. Plus tard ce médecin a déclaré n’avoir jamais vu quelqu’un survivre à autant de blessures à la moelle épinière et aux artères carotides. Il ne s’attendait pas à ce que Clark vive ni à ce qu’il retrouve toutes ses fonctions normales. Le chirurgien, qui se dit agnostique, a déclaré que le cas de Clark défiait toutes ses connaissances scientifiques sur les blessures neurologiques et qu’il ne pouvait s’agir que d’un miracle.

    Quand Clark et Holly ont eu fini de nous raconter leur histoire époustouflante, j’avais du mal à trouver mes mots. Ce n’était pas simplement à cause de ces miracles évidents, mais aussi à cause d’un autre encore plus grand. J’ai eu la profonde impression, un témoignage spirituel, que Holly et chacun des cinq magnifiques enfants assis dans la salle de séjour autour de leur parents avaient une foi si grande qu’ils auraient accepté n’importe quelle issue ce jour-là, et continué de progresser spirituellement. Clark et Holly ainsi que les deux aînés de leurs enfants, Ty et Porter, sont parmi nous aujourd’hui au centre de conférence.

    En méditant sur l’expérience de la famille Fales, j’ai beaucoup réfléchi aux circonstances rencontrées par tant d’autres personnes. Qu’en est-il des innombrables saints des derniers jours pleins de foi, qui reçoivent des bénédictions de la prêtrise, pour qui l’on prie sans relâche, qui respectent leurs alliances, et qui sont remplis d’espoir, mais pour qui le miracle ne se produit jamais ? Du moins pas selon leur compréhension de ce qu’est un miracle. Pas de la façon dont les miracles semblent se produire pour d’autres.

    Qu’en est-il de ceux qui souffrent de profondes afflictions, physiques, mentales, et émotionnelles durant des années, des décennies voir même toute leur vie ici-bas ? Qu’en est-il de ceux qui meurent si jeunes ?

    Il y a deux mois à peine, deux couples mariés détenteurs d’une recommandation à l’usage du temple, ayant à eux deux trois enfants en mission à plein temps ainsi que cinq autres enfants ont décollé dans un petit avion pour un vol de courte durée. Je suis certain qu’ils ont dû prier avant le vol pour arriver sains et saufs, et prié encore avec ferveur lorsque leur avion a rencontré de graves problèmes mécaniques avant de s’écraser. Personne n’a survécu. Qu’en est-il d’eux ?

    Est-ce que les personnes bonnes et leurs êtres chers ont raison de se demander comme Mormon : « Le jour des miracles a-t-il cessé1 ? »

    Mes connaissances limitées ne peuvent expliquer pourquoi parfois il y a une intervention divine et pourquoi d’autres fois il n’y en a pas. Mais peut-être ne comprenons-nous pas ce qu’est un miracle.

    Souvent nous appelons miracle le fait de guérir sans explication médicale, ou le fait d’échapper à une catastrophe après avoir suivi une intuition claire. Cependant, la définition d’un miracle comme étant « un événement bénéfique provoqué par un pouvoir divin que les mortels ne comprennent pas2 » nous apporte une perspective plus large de questions de nature plus éternelle. Cette définition nous aide aussi à voir le rôle essentiel de la foi dans l’obtention d’un miracle.

    Moroni a enseigné : « Et jamais personne, à aucun moment, n’a accompli de miracles si ce n’est après avoir eu la foi3. » Ammon a proclamé : « C’est ainsi que Dieu a fourni à l’homme le moyen d’accomplir, par la foi, de grands miracles4. » Le Seigneur a révélé à Joseph Smith : « Car je suis Dieu, […] et je montrerai des miracles […] à tous ceux qui croient en mon nom5 ».

    Le roi Nebucadnetsar a ordonné à Schadrac, Méschac et Abed-Nego d’adorer la statue d’or qu’il avait élevée au rang de dieu, et les a menacés en leur disant : « Si vous ne l’adorez pas, vous serez jetés […] au milieu d’une fournaise ardente. » Puis il les a raillés en disant : « Et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main6 ? »

    Ces trois disciples dévoués lui ont déclaré : « Voici, notre Dieu que nous servons peut nous délivrer de la fournaise ardente […]. Sinon, sache, ô roi, que nous ne servirons pas tes dieux7 ».

    Il étaient absolument certains que Dieu pourrait les sauver, « sinon », ils avaient entièrement foi en son plan.

    De même, David A. Bednar a posé un jour la question suivante à un jeune homme qui avait demandé une bénédiction : « Si c’est la volonté de notre Père céleste que vous soyez transféré dans votre jeunesse, par la mort, au monde des esprits pour y poursuivre votre ministère, avez-vous la foi pour vous soumettre à sa volonté et ne pas guérir8 ? » Est-ce que nous avons la foi de « ne pas guérir » de ce qui nous afflige sur terre afin de guérir dans l’éternité ?

    Une question cruciale à se poser est : « Où plaçons-nous notre foi ? » Notre foi est-elle uniquement focalisée sur le désir d’être soulagé de nos douleurs et de nos souffrances ? Ou bien est-elle fermement centrée sur Dieu le Père et son saint plan, et sur Jésus le Christ et son expiation ? La foi en notre Père et en son Fils nous permet de comprendre et d’accepter leur volonté pendant que nous nous préparons pour l’éternité.

    Je vous témoigne aujourd’hui des miracles. Être un enfant de Dieu est un miracle9. Recevoir un corps à son image et à sa ressemblance est un miracle10. Avoir un Sauveur est un miracle11. L’expiation de Jésus-Christ est un miracle12. La possibilité d’avoir la vie éternelle est un miracle13.

    Bien que ce soit une bonne chose de prier et de faire ce qu’il faut pour être protégé et guérir physiquement durant notre existence mortelle, notre objectif suprême devrait être les miracles spirituels accessibles à tous les enfants de Dieu. Quelles que soient notre origine ethnique ou notre nationalité, quoi que nous ayons fait si nous nous repentons, ou quoi qu’on ait pu nous faire, nous avons tous accès à ces miracles. Nous vivons un miracle, et d’autres nous attendent encore. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

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