Chercher la connaissance par la foi


David A. Bednar

Les Écritures ne cessent de nous exhorter à prêcher les vérités de l’Évangile par la puissance de l’Esprit (Voir D&A 50:14). Je crois que la plupart des parents et des enseignants dans l’Église sont bien au courant de ce principe et, en règle générale, sde le mettre correctement en pratique Aussi important que puisse être ce principe, il n’est cependant qu’un élément d’un ensemble spirituel bien plus vaste. On nous enseigne aussi fréquemment de chercher la connaissance par la foi (voir D&A 88:118). La prédication par l’Esprit et la quête de la connaissance par la foi sont des principes indissociables que nous devrions nous efforcer de comprendre et d’appliquer simultanément et systématiquement.

Je crois que nous insistons et en savons bien plus sur le fait que l’instructeur doit enseigner par l’Esprit que sur l’apprentissage par la foi. Il est clair que les principes et les processus aussi bien de l’enseignement que de l’apprentissage sont spirituellement essentiels. Toutefois, si nous considérons l’avenir et voyons par anticipation le monde de plus en plus confus et chaotique dans lequel nous allons vivre, je crois qu’il sera essentiel que chacun d’entre nous accroisse sa capacité de chercher la science par la foi. Dans notre vie personnelle, au sein de notre famille et dans l’Église, nous pouvons être et nous serons bénis en recevant force spirituelle, conseil et protection si nous cherchons avec foi à obtenir la connaissance spirituelle et à la mettre en pratique.

Comme Néphi nous l’enseigne : « Lorsqu’un homme parle par le pouvoir du Saint-Esprit, le pouvoir du Saint-Esprit porte ses paroles dans le cœur des enfants des hommes » (2 Néphi 33:1). Le pouvoir de l’Esprit porte le message vers le cœur mais pas nécessairement dans le cœur. Un enseignant peut expliquer, démontrer, persuader et témoigner et le faire avec efficacité et une grande puissance spirituelle. Mais finalement, le contenu du message et le témoignage du Saint-Esprit ne pénètrent le cœur que si la personne qui reçoit ce message et ce témoignage leur permet d’entrer. La recherche de la connaissance par la foi ouvre le chemin qui mène dans le cœur.

Le principe d’action : La foi au Seigneur Jésus-Christ

L’apôtre Paul définit la foi comme une ferme assurance des choses qu’on espère et une démonstration de celles qu’on ne voit pas (voir Hébreux 11:1). Alma dit que la foi n’est pas une connaissance parfaite, mais que, si nous avons la foi, nous espérons en des choses qui ne sont pas vues, qui sont vraies (voir Alma 32:21). De plus, nous apprenons dans Lectures on Faith (Sermons sur la foi) que la foi est « le premier principe de la religion révélée et le fondement de toute justice » et qu’elle est aussi « le principe d’action chez tous les êtres intelligents 1  ».

Ces enseignements font ressortir trois éléments fondamentaux de la foi : (1) la foi, assurance des choses qu’on espère, qui sont vraies, (2) la foi, démonstration des choses qu’on ne voit pas, et (3) la foi, principe d’action chez tous les êtres intelligents. Je décris ces trois composants de la foi au Sauveur comme étant le fait de simultanément affronter l’avenir, tenir compte du passé et passer à l’action dans le présent.

La foi, assurance des choses que l’on espère, est tournée vers l’avenir. Cette assurance est fondée sur une compréhension correcte de Dieu et sur la confiance qu’on lui accorde. Elle nous permet de « marcher résolument » au service du Sauveur (voir 2 Néphi 3:20) en dépit de situations incertaines et souvent difficiles.

Par exemple, Néphi fait précisément preuve d’une assurance spirituelle tournée vers l’avenir lorsqu’il retourne à Jérusalem pour se procurer les plaques d’airain, « ne sachant pas d’avance ce qu’[il] allait faire ». Cela ne l’empêche pas d’y aller (voir 1 Néphi 4:6-7).

La foi au Christ est intimement liée à notre espoir d’être rachetés et exaltés grâce au Christ et elle y mène. Et l’assurance et l’espoir nous permettent de marcher jusqu’à la limite de la lumière et de faire quelques pas dans l’obscurité, avec l’espérance et la confiance que la lumière va se déplacer et éclairer le chemin 2 . La combinaison de l’assurance et de l’espoir fait passer à l’action dans le présent.

La foi, démonstration des choses qu’on ne voit pas, tient compte du passé et confirme notre confiance en Dieu et en la véracité des choses qui ne sont pas vues. Nous avons avancé dans l’obscurité avec assurance et espoir et avons reçu une preuve et une confirmation lorsque la lumière s’est effectivement déplacée et nous a éclairés selon nos besoins. Le témoignage que nous avons reçu après la mise à l’épreuve de notre foi (voir Éther 12:6) est la démonstration qui accroît et fortifie notre assurance.

L’assurance, l’action et la démonstration s’influencent mutuellement dans un processus continuel. Cette hélice est semblable à un bobinage qui s’évase à mesure qu’il monte en spirale. Ces trois éléments de la foi que sont l’assurance, l’action et la démonstration ne sont ni séparés ni discontinus mais interactifs et continus dans une spirale ascensionnelle. Et la foi qui alimente ce processus permanent se développe, évolue et change. Lorsque nous nous tournons pour faire face à un avenir incertain, l’assurance mène à l’action et produit des preuves qui, à leur tour, augmentent l’assurance. Notre confiance se renforce, ligne sur ligne, précepte sur précepte, un peu ici, un peu là.

Nous trouvons un exemple puissant de l’interaction entre l’assurance, l’action et la démonstration dans l’épisode où les enfants d’Israël transportent l’arche de l’alliance sous la direction de Josué (voir Josué 3:7-17) Rappelez-vous : Les Israélites arrivent au bord du Jourdain et il leur est promis que les eaux vont se séparer et qu’ils pourront traverser à pied sec Il est intéressant de noter que les eaux ne se séparent pas au moment où les enfants d’Israël se tiennent sur les berges du fleuve en attendant que quelque chose se produise, mais c’est lorsqu’ils ont la plante des pieds mouillée que les eaux se partagent. Les Israélites manifestent leur foi en s’avançant dans l’eau avant qu’elle se sépare. Ils s’avancent dans le Jourdain, avec, face à l’avenir, l’assurance des choses qu’on espère. Les Israélites s’avancent, les eaux s’ouvrent et une fois qu’ils ont traversé et atteint la terre ferme, ils jettent un regard en arrière et voient la démonstration de choses qu’on ne voit pas. Dans cet épisode, la foi en tant qu’assurance a mené à l’action et a produit la démonstration de choses qui n’étaient pas vues mais qui étaient vraies.

La véritable foi est axée sur le Seigneur Jésus-Christ et mène toujours à l’action. La foi, en tant que principe d’action, est mise en évidence dans de nombreux passages d’Écritures que tous nous connaissons bien.

« Comme le corps sans âme est mort, de même la foi sans les œuvres est morte » (Jacques 3:26 ; italiques ajoutés).

« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter » (Jacques 1:22 ; italiques ajoutés).

« Mais voici, si vous voulez vous éveiller et donner de l’essor à vos facultés jusqu’à faire l’expérience de mes paroles, et faire preuve d’un tout petit peu de foi » (Alma 32:27).

Et c’est la foi, en tant que principe d’action, qui est essentielle au processus d’apprentissage et de mise en application de la vérité spirituelle.

Apprendre par la foi : Se mouvoir plutôt qu’être mû

Quel est le rapport entre la foi, principe d’action chez tous les êtres intelligents, et l’apprentissage de l’Évangile ? Que signifie chercher la connaissance par la foi ?

Dans la grande division de toute la création divine, il y a des choses qui se meuvent et des choses qui sont mues (voir 2 Néphi 2:13-14). Nous, fils et filles de notre Père céleste, avons reçu le don du libre arbitre, la faculté et le pouvoir d’agir de manière indépendante. Dotés du libre arbitre, nous agissons et nous devons tout d’abord nous mouvoir et pas seulement être mus, en particulier, lorsque nous cherchons à obtenir la connaissance spirituelle et à la mettre en application.

L’apprentissage par la foi et l’apprentissage par l’expérience sont deux des éléments essentiels du plan du bonheur de notre Père. Le Sauveur a préservé le libre arbitre moral grâce à l’Expiation et nous a permis de nous mouvoir et d’apprendre par la foi. Par sa rébellion contre le plan, Lucifer cherchait à détruire le libre arbitre de l’homme et son intention était de faire en sorte que nous, qui apprenons, soyons simplement mus.

Examinons la question que notre Père céleste a posée à Adam dans le jardin d’Eden : « Où es-tu ? » (Genèse 3:9.) Il est évident que le Père savait où se cachait Adam, mais néanmoins, il lui a posé la question. Pourquoi ? Un Père sage et aimant a permis à son enfant de se mouvoir et pas simplement d’être mû dans le processus d’apprentissage. Ce n’était pas un sermon à sens unique fait à un enfant désobéissant, comme beaucoup d’entre nous pourraient être enclins à en faire. Non, notre Père a aidé Adam, pendant son apprentissage, à agir d’une manière responsable et correcte en exerçant son libre arbitre.

Vous vous souvenez combien Néphi désirait connaître les choses que son père Léhi avait vues dans la vision de l’arbre de vie. Il est aussi intéressant de voir que l’Esprit du Seigneur commence l’instruction de Néphi en lui posant la question : « Que désires-tu ? » (1 Néphi 11:2.) Il est clair que l’Esprit savait ce que Néphi voulait. Alors, pourquoi poser la question ? Le Saint-Esprit aidait Néphi à se mouvoir dans le processus d’apprentissage et à ne pas simplement être mû. Remarquez dans les chapitres 11 à 14 de 1 Néphi comment l’Esprit pose des questions et incite en même temps Néphi à « regarder » ; ce sont des éléments actifs du processus d’apprentissage.

Ces exemples nous montrent que, dans le processus de notre apprentissage, nous devons nous mouvoir et mettre la parole en pratique et pas simplement nous borner à l’écouter et seulement être mus. Sommes- nous, vous et moi, des personnes qui se meuvent et cherchent la connaissance par la foi ou attendons-nous qu’on nous instruire et qu’on nous meuve ? Les enfants, les jeunes et les adultes que nous servons se meuvent-ils et cherchent-ils la connaissance par la foi ou attendent-ils qu’on les instruise et qu’on les meuve ? Est-ce que vous et moi, nous incitons les personnes que nous servons à chercher la connaissance par la foi ? Nous devons tous être sérieusement engagés à demander, à chercher et à frapper (voir 3 Néphi 14:7).

Quelqu’un qui apprend en exerçant son libre arbitre selon des principes corrects ouvre son coeur au Saint-Esprit et invite sa puissance pour enseigner, témoigner et confirmer la vérité. Apprendre par la foi demande un effort mental, spirituel et physique et pas une simple attente passive. C’est par la sincérité et des actions constamment inspirées par la foi que nous montrons à notre Père céleste et à son Fils Jésus-Christ notre volonté d’apprendre et de recevoir des instructions du Saint-Esprit Ainsi, la recherche de la connaissance par la foi implique l’exercice moral du libre arbitre qui consiste à agir conformément à l’assurance des choses que l’on espère et qui invite l’Esprit du Seigneur, le seul véritable instructeur, à démontrer les choses qui ne sont pas vues.

Voyons la manière dont les missionnaires aident les amis de l’Église à apprendre par la foi. Prendre et respecter des engagements spirituels, comme étudier le Livre de Mormon et prier à son sujet, assister aux réunions de l’Église et garder les commandements, demande de la part des amis de l’Église qu’ils exercent leur foi et agissent. Un des rôles essentiels du missionnaire est d’aider l’ami de l’Église à prendre et à respecter des engagements, c’est-à-dire à agir et à apprendre par la foi. Aussi importants que soient l’enseignement, l’exhortation et l’explication, ils ne pourront jamais donner à l’ami de l’Église le témoignage de la véracité de l’Évangile rétabli. Ce n’est que lorsque la foi de cette personne passe à l’action et ouvre son cœur que le Saint-Esprit apporte son témoignage de confirmation. Il est évident que les missionnaires doivent apprendre à enseigner par le pouvoir du Saint-Esprit. Toutefois, la responsabilité qu’ont les missionnaires d’aider les amis de l’Église à chercher la connaissance par la foi est tout aussi importante.

Le processus d’apprentissage que je décris va bien au-delà de la compréhension intellectuelle, de l’absorption et de la restitution d’informations. Le genre d’apprentissage dont je parle nous amène à nous dépouiller de l’homme naturel (voir Mosiah 3:19), à changer notre coeur (voir Mosiah 5:2), à être convertis au Seigneur et à ne jamais apostasier (voir Alma 23:6). La recherche de la connaissance par la foi nécessite le cœur et un esprit bien disposé (voir D&A 64:34). L’apprentissage par la foi est le résultat de l’action du Saint-Esprit, qui porte le pouvoir de la parole de Dieu à la fois vers et dans le cœur. L’apprentissage par la foi ne peut être l’objet d’une transmission d’un instructeur à un élève à l’aide d’un cours, d’une démonstration ou d’une expérience; en fait, l’élève doit exercer sa foi et agir pour obtenir la connaissance par lui-même.

D’instinct, le jeune Joseph Smith a compris ce que signifiait chercher la connaissance par la foi. Un des épisodes les plus connus de la vie de Joseph Smith est sa lecture des versets de l’épître de Jacques, dans le Nouveau Testament, qui traitent de la prière et de la foi (voir Jacques 1:5-6). Ce texte a amené Joseph à se retirer dans un bosquet près de chez lui pour prier et chercher la connaissance spirituelle. Avez-vous remarqué les questions que Joseph avait formulées dans son esprit, ressenties dans son cœur, et qu’il a emportées dans le bosquet ? Il est clair qu’il s’était préparé à « demander avec foi » (Jacques 1:5) et à agir.

« Au milieu de cette guerre de paroles et de ce tumulte d’opinions, je me disais souvent : Que faut-il faire ? Lequel de tous ces partis a raison ? Ou ont-ils tous tort, autant qu’ils sont ? Si l’un d’eux a raison, lequel est-ce, et comment le saurai-je ?…

« Mon but, en allant interroger le Seigneur, était de savoir laquelle des confessions avait raison, afin de savoir à laquelle je devais me joindre. C’est pourquoi, dès que je fus assez maître de moi pour pouvoir parler, je demandai aux Personnages qui se tenaient au-dessus de moi, dans la lumière, laquelle de toutes les confessions avait raison… et à laquelle je devais me joindre » (Joseph Smith, Histoire 1:10, 18).

Vous remarquerez que la question de Joseph ne se limitait pas à ce qu’il avait besoin de savoir mais portait aussi sur ce qu’il devait faire ! Il n’a pas simplement demandé quelle était la vraie Église. Sa question était de savoir à quelle Église il devait se joindre. Joseph est allé dans le bosquet pour apprendre par la foi. Il était déterminé à agir.

Finalement, la responsabilité d’apprendre par la foi et de mettre en pratique des vérités spirituelles incombe à chacun de nous. Cette lourde responsabilité est de plus en plus importante dans le monde dans lequel nous vivons et devrons vivre. Ce que nous apprenons, la manière dont nous apprenons et le moment où nous le faisons sont influencés par un instructeur, une méthode d’enseignement, un sujet particulier ou un format de leçon, mais n’en dépendent pas.

En vérité, l’une des grandes quêtes de cette vie sur la terre est la recherche de la connaissance par la foi. C’est Joseph Smith, le prophète, qui a le mieux résumé le processus d’apprentissage que j’essaie de décrire et ce qui en découle. En réponse à une demande d’instructions de la part des douze apôtres, Joseph a enseigné : « La meilleure manière d’obtenir la vérité et la sagesse n’est pas de la chercher dans les livres mais de demander à Dieu en prière et de recevoir un enseignement divin 3 . »

À un autre moment, le prophète Joseph a expliqué : « La lecture du récit de l’expérience que les autres ont vécue ou de la révélation qu’ils ont, eux, reçue ne nous donnera jamais, à nous, une vision complète de notre condition et de notre véritable relation avec Dieu 4 . »

Implication pour les enseignants

Les vérités de l’apprentissage par la foi que nous avons évoquées ont de profondes implications pour les parents et les enseignants. Voyons ensemble trois d’entre elles.

Première implication, le Saint-Esprit est le seul enseignant véritable que le Père nous donne.

Le Saint-Esprit est le troisième membre de la Divinité ; il enseigne et témoigne de toute vérité James E. Talmage (1862-1933), du Collège des douze apôtres, explique : « Les fonctions du Saint-Esprit dans son ministère parmi les hommes sont décrites dans les Écritures. Il est envoyé par le Père pour enseigner, et à ceux qui ont droit à son enseignement, il révèle tout ce qui est nécessaire à l’avancement de l’âme 5 . »

Nous devrions toujours nous souvenir que le Saint-Esprit est l’enseignant qui, s’il y est correctement invité, peut entrer dans le cœur de celui qui apprend. En fait, nous avons, vous et moi, la responsabilité de prêcher l’Évangile par l’Esprit, le Consolateur, condition nécessaire à l’apprentissage par la foi, lequel ne peut se faire que par et grâce au Saint-Esprit (voir D&A 50:14). À cet égard, vous et moi ressemblons beaucoup aux longues et minces fibres de verre optique qui sont utilisées pour transporter les signaux lumineux sur de très longues distances. Tout comme le verre de ces câbles doit être pur afin de conduire efficacement la lumière, de même devrions-nous devenir et demeurer des conducteurs dignes à travers lesquels l’Esprit du Seigneur peut opérer.

Nous devons cependant veiller à ne pas oublier que, dans notre service, nous ne sommes que des conduits et des canaux, et non la lumière. « Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous. » (Matthieu 10:20). L’enseignement ne porte jamais ni sur moi ni sur vous. En fait, tout ce que vous, ou moi, nous faisons en tant qu’instructeurs, et qui attire volontairement et intentionnellement l’attention sur nous, dans le message que nous donnons, dans la méthode que nous utilisons, ou dans notre comportement, est une forme d’intrigue de prêtres qui inhibe l’efficacité de l’enseignement du Saint-Esprit. « Prêche-t-il par l’Esprit de vérité ou d’une autre façon ? Si c’est d’une autre façon, ce n’est pas de Dieu » (D&A 50:17-18).

Deuxième implication En tant qu’instructeurs, nous sommes plus efficaces lorsque nous encourageons et facilitons la recherche de la connaissance par la foi

Nous connaissons tous l’adage : « Donner un poisson à un homme, c’est le nourrir une fois. Lui enseigner à pêcher, c’est le nourrir pour la vie. » Nous, les parents et enseignants de l’Évangile, nous n’avons pas pour rôle de distribuer des poissons. Notre travail est d’aider les personnes à apprendre à « pêcher » et à devenir spirituellement autonomes. La meilleure façon d’atteindre cet objectif important est d’encourager et d’aider ceux qui sont en situation d’apprentissage à agir selon des principes corrects, en les aidant à apprendre par l’action. « Si quelqu’un veut faire sa volonté, il connaîtra si ma doctrine est de Dieu » (Jean 7:17).

En 1875, Brigham Young a mis en pratique cette implication dans le conseil qu’il a donné à Junius Wells lorsqu’il a été appelé à organiser les jeunes gens de l’Église :

« Lors de vos réunions, et selon le temps dont vous disposez, commencez au début de la liste et appelez autant de membres que vous pouvez à rendre témoignage. Lors de la réunion suivante, recommencez là où vous vous étiez arrêté et appelez-en d’autres pour qu’ils participent et prennent l’habitude de se lever et de parler en public. Beaucoup croient qu’ils n’ont pas de témoignage à rendre. Mais faites-les se lever et ils découvriront que le Seigneur leur déliera la langue pour exprimer de nombreuses vérités auxquelles ils n’avaient pas pensé auparavant. Davantage de personnes ont acquis un témoignage en se levant et en essayant de le rendre, qu’en passant du temps à genoux à prier pour l’obtenir 6 . »

Boyd K. Packer, président suppléant du Collège des douze apôtres, a donné un conseil semblable de nos jours:

« Si seulement je pouvais vous enseigner ce principe : on acquiert un témoignage en le rendant ! À un moment de votre quête de la connaissance spirituelle, il y a cet ‘acte de foi’, comme les philosophes l’appellent. Il s’agit du moment où, étant parvenus à l’endroit où s’arrête la lumière, vous faites un pas dans l’obscurité et vous vous apercevez alors que le chemin est éclairé devant vous sur une distance d’un pas ou deux seulement. ‘L’esprit de l’homme est’, comme le dit l’Écriture, vraiment ‘une lampe de l’Éternel’ (Proverbes 20:27, traduction littérale de la version du Roi Jacques).

« Recevoir un témoignage de ce que vous avez lu ou ce qu’une autre personne a dit est une chose ; et c’est un commencement nécessaire. C’en est une tout autre de recevoir dans votre cœur la confirmation de l’Esprit que ce dont vous avez témoigné est vrai. Ne voyez-vous pas que cela vous sera donné du fait que vous le rendez ? Quand vous donnez ce que vous avez, cela vous est rendu avec intérêt 7  ! »

J’ai remarqué que les instructeurs qui ont eu une très grande influence dans ma vie avaient une caractéristique en commun. Ils m’ont aidé à chercher la connaissance par la foi. Ils refusaient de me donner des réponses faciles à des questions difficiles. En fait, ils ne me donnaient pas de réponse du tout. Ils préféraient me montrer le chemin et m’aider à faire les premiers pas dans la recherche de mes propres réponses. Je n’appréciais pas toujours cette méthode, mais l’expérience m’a permis de comprendre qu’on ne se souvient pas très longtemps, ou pas du tout, d’une réponse apportée par une autre personne. Par contre, en général, une réponse que l’on trouve soi-même ou que l’on obtient par l’exercice de la foi se retient toute la vie. On se saisit des connaissances les plus importantes de la vie, personne ne les enseigne.

La compréhension spirituelle que vous et moi avons eu la bénédiction de recevoir, et dont la véracité a été confirmée dans notre cœur, ne peut tout simplement pas être transmise à quelqu’un d’autre. Il y a un prix à payer pour obtenir et « posséder » une telle connaissance : celui de la diligence et de l’apprentissage par la foi. Ce n’est que de cette manière que l’on peut ressentir avec le cœur ce que l’on sait intellectuellement. Ce n’est que de cette manière qu’on peut dépasser le stade où l’on s’appuie sur la connaissance spirituelle et l’expérience des autres pour s’approprier ces bénédictions pour soi-même. Ce n’est que de cette manière que nous pouvons être préparés spirituellement pour ce qui est à venir. Nous devons chercher « la connaissance par l’étude et aussi par la foi » (D&A 88:118).

Troisième implication: notre foi se fortifie quand nous aidons les autres à chercher la connaissance par la foi.

Le Saint-Esprit qui peut tout nous enseigner et tout nous rappeler (voir Jean 14:26) désire vivement nous aider à apprendre, si nous agissons et exerçons notre foi en Jésus-Christ. Il est intéressant de noter que cette assistance divine à l’apprentissage n’est peut-être jamais aussi évidente que lorsque nous enseignons soit à la maison soit dans le cadre de nos appels à l’église. Comme Paul l’a bien dit aux Romains : « Toi donc, qui enseignes les autres, tu ne t’enseignes pas toi-même ? » (Romains 2:21.)

Remarquez dans les versets suivants des Doctrine et Alliances comment le fait d’enseigner diligemment attire la grâce et l’instruction divine :

« Je vous donne le commandement de vous enseigner les uns aux autres la doctrine du royaume.

« Enseignez diligemment, et ma grâce vous accompagnera, afin que vous soyez instruits plus parfaitement de la théorie, des principes, de la doctrine, de la loi de l’Évangile, de tout ce qui a trait au royaume de Dieu, qu’il est opportun que vous compreniez » (D&A 88:77-78 ; italiques ajoutés).

Les bénédictions décrites dans ces passages d’Écritures s’adressent spécifiquement à l’enseignant : Enseignez diligemment, et ma grâce vous accompagnera », afin que vous, l’enseignant, soyez instruit !

Le même principe se retrouve au verset 122 de cette même section des Doctrine et Alliances.

« Désignez parmi vous un instructeur, et que tous ne soient pas porte-parole en même temps mais qu’une personne parle à la fois, et que tous écoutent ce qu’elle dit, afin que lorsque tous ont parlé, tous soient édifiés par tous, et que chacun ait un droit égal » (D&A 88:122 ; italiques ajoutés).

Si tous parlent et que tous écoutent d’une manière digne et ordonnée, tous sont édifiés. C’est grâce à l’exercice collectif et individuel de la foi au Sauveur que l’Esprit du Seigneur peut instruire et fortifier.

Chercher la connaissance par la foi : Un exemple récent

Nous avons tous été bénis par l’invitation que nous a lancée Gordon B. Hinckley, en août 2005, de lire le Livre de Mormon avant la fin de cette année-là. En nous lançant cette invitation, le président Hinckley a promis que, si nous observions avec foi ce programme simple de lecture, cela apporterait à nos foyers « une mesure supplémentaire de l’Esprit du Seigneur, une résolution renforcée de marcher dans l’obéissance à ses commandements et un témoignage plus fort de l’existence réelle du Fils de Dieu 8  ».

Voyez comment cette invitation inspirée est un exemple typique de l’apprentissage par la foi. Tout d’abord, on ne nous a ni commandé de lire, ni forcés, ni obligés à le faire. Au contraire on nous a invités à exercer notre libre arbitre et à agir en suivant des principes corrects. Le président Hinckley, en enseignant inspiré, nous a incités à nous mouvoir et pas simplement à être mus. Finalement, chacun d’entre nous a dû décider si et comment il répondrait à cette invitation et s’il persévérerait jusqubout de la tâche.

Deuxièmement, en lançant son invitation à lire et à agir, le président Hinckley nous encourageait individuellement à chercher la connaissance par la foi. Les membres de l’Église n’ont pas reçu de nouveaux guides d’étude. L’Église n’a pas préparé de nouvelles leçons ni de nouvelles classes ni de nouveaux programmes. Nous avions tous notre exemplaire du Livre de Mormon et notre cœur s’est ouvert davantage grâce à l’exercice de notre foi au Sauveur lorsque nous avons répondu à l’invitation de la Première Présidence. Nous avons ainsi été préparés à recevoir l’enseignement du seul pédagogue véritable, le Saint-Esprit

La responsabilité de chercher la connaissance par la foi incombe à chacun de nous et cette obligation va devenir de plus en plus importante à mesure que la confusion et le trouble augmenteront dans le monde dans lequel nous vivons. La quête de la connaissance par la foi est essentielle à notre développement personnel et spirituel, et à la croissance de l’Église dans ces derniers jours. Puissions-nous avoir faim et soif de justice et être remplis du Saint-Esprit (voir 3 Néphi 12:6) afin de rechercher la connaissance par la foi.

Tiré d’un discours prononcé le 3 février 2006 devant les enseignants du Département d’Éducation de l’Église et transmis par satellite.

Afficher les références

    Notes

  1.   1.

    Lectures on Faith, 1985, p. 1.

  2.   2.

    Voir Boyd K. Packer, « Une lampe de l’Éternel », L’Étoile, juillet 1983, p. 27.

  3.   3.

    History of the Church, 4:425.

  4.   4.

    History of the Church, 6:50.

  5.   5.

    Les Articles de foi, p. 202.

  6.   6.

    Junius F. Wells, « Historic Sketch of the YMMIA », Improvement Era, juin 1925, p. 715.

  7.   7.

    L’Étoile, juillet 1983, p. 34.

  8.   8.

    « Un témoignage vibrant et vrai », Le Liahona, août 2005, p. 6.