L. Tom Perry
Assurez-vous de satisfaire aisément aux critères minima du service missionnaire et de placer continuellement la barre plus haut.

J’ai eu l’honneur le mois dernier de recevoir la mission d’assister à un séminaire avec les présidents de mission de l’interrégion de l’Ouest de l’Amérique du Nord. Parmi eux se trouvait mon fils Lee. Il avait été appelé à servir avant la fin de ma mission d’un an dans la présidence de l’interrégion d’Europe centrale. Cela faisait trois années que je n’avais pas passé de temps avec mon fils, à l’exception de quelques brèves visites lorsque je passais par son interrégion pour d’autres tâches.

Après un repas pour faire connaissance avec tous les présidents de mission et leur femme, Lee, moi et notre femme respective, sommes allés à ma chambre d’hôtel pour parler. Notre conversation s’est concentrée bien sûr sur l’œuvre missionnaire. Lee a expliqué ce qui s’était produit chez ses missionnaires depuis que frère Hinckley nous avait demandé de placer plus haut la barre des qualifications pour le service missionnaire. Il a signalé une nette amélioration dans la préparation des jeunes qui arrivent dans le champ de la mission. Au cours de la conversation nous nous sommes rappelé une expérience que Lee et moi avions eue quand il allait au lycée.

Lee faisait partie de l’équipe d’athlétisme de son lycée – il faisait de la course de vitesse et du saut en hauteur. Pendant les Jeux Olympiques de l’été 1968, à Mexico, le monde a été séduit par un jeune sauteur en hauteur peu connu du nom de Dick Fosbury. Il avait essayé une nouvelle technique de saut en hauteur qui consistait à courir rapidement en diagonale jusqu’à la barre, à se cambrer et à la passer en arrière. On la connaît maintenant sous le nom de fosbury-flop.

Comme de nombreuses autres personnes, Lee était intrigué par cette nouvelle technique mais il n’avait pas d’endroit pour s’y entraîner avant la rentrée scolaire. Je suis rentré un soir et l’ai trouvé dans la cave en train de s’entraîner au fosbury-flop. Il avait empilé des chaises en guise de poteaux et sautait par-dessus un manche à balai posé dessus et se servait d’un divan pour amortir sa réception. Il m’a paru clair que le canapé ne supporterait pas un tel traitement, j’ai donc mis le holà à cette session de sauts en hauteur intérieure. Mais je l’ai invité à aller avec moi à un magasin d’articles de sport où nous avons acheté du rembourrage en mousse pour la réception et des poteaux de saut en hauteur afin qu’il puisse pratiquer cette discipline à l’extérieur.

Après avoir essayé le fosbury-flop, Lee a décidé de revenir à la technique du rouleau ventral. À la fin de l’été et jusqu’au début de l’automne, il s’entraînait toujours de nombreuses heures au saut en hauteur dans le jardin.

Un soir que je rentrais du travail, j’ai trouvé Lee en train de s’entraîner à sauter. Je lui ai demandé : « À quelle hauteur est la barre ? »

« À un mètre soixante-quatorze », m’a t-il répondu.

« Pourquoi cette hauteur en particulier ? » lui ai-je demandé.

« Il faut franchir cette hauteur pour se qualifier pour les championnats de l’État », m’a t-il répondu.

« Y arrives-tu ? » lui ai-je demandé.

« Oui, à chaque fois. Je n’ai jamais raté. »

« Plaçons la barre plus haut alors et voyons si tu y arrives », ai-je répliqué.

« Je risquerais de rater », a-t-il répondu.

Je lui ai alors posé cette question : « Comment pourras-tu donc connaître ton potentiel si tu ne places jamais la barre plus haut ? »

Nous avons donc commencé à lever la barre à un mètre soixante-dix neuf, puis à un mètre quatre-vingt-deux et ainsi de suite, tandis qu’il essayait de s’améliorer. Lee est devenu un meilleur sauteur en hauteur car il ne se contentait pas de franchir la hauteur minimale. Il a appris que, même si cela impliquait un risque d’échec, il devait continuer de placer la barre plus haut pour devenir le meilleur sauteur qu’il pouvait être.

Le souvenir de cette expérience avec mon fils m’a fait penser au message que frère Ballard a donné à la session de la prêtrise de la conférence générale d’octobre 2002, au cours de laquelle il a exhorté les jeunes gens de l’Église à devenir la plus grande génération de missionnaires. Il a annoncé que la barre du niveau minimal pour le service missionnaire, avait été élevée. Il a dit aux jeunes gens de la Prêtrise d’Aaron de se préparer plus vigoureusement à satisfaire à ces nouveaux critères plus élevés. Il a aussi donné des instructions aux pères, aux évêques et aux présidents de pieu sur la manière d’aider les jeunes gens à se préparer à faire une mission à plein temps. (Voir « La plus grande génération de missionnaires », Le Liahona, nov. 2002, p. 46-49.)

Dans sa conclusion de cette même session de la prêtrise, frère Hinckley a commenté le discours de frère Ballard en ces termes : « Frère Ballard vous a parlé des missionnaires. Je cautionne ce qu’il a dit. J’espère que nos jeunes gens et nos jeunes filles relèveront le défi qu’il leur a lancé. Nous devons lever la barre de la dignité et des qualifications de ceux qui vont dans le monde comme ambassadeurs du Seigneur Jésus-Christ » (« Aux hommes de la prêtrise », Le Liahona, nov. 2002, p. 57).

Peu après, dans une lettre datée du 11 décembre 2002, la Première Présidence a donné des instructions aux dirigeants de l’Église sur les principes d’éligibilité pour le service missionnaire à plein temps. Elle stipulait : « Le service missionnaire à plein temps est un honneur pour les membres qui sont appelés par inspiration par le président de l’Église. Les évêques et les présidents de pieu ont la grande responsabilité de trouver les membres dignes et qualifiés qui sont spirituellement, physiquement et émotionnellement prêts pour ce service sacré et qui peuvent être recommandés sans réserve. Les personnes qui ne sont pas capables de faire face aux exigences physiques, mentales et émotionnelles du service missionnaire à plein temps en sont honorablement dispensées et ne doivent pas être recommandées. Elles peuvent être appelées à servir à d’autres postes édifiants. »

Les dirigeants de l’Église ont placé la barre plus haut et désormais les critères minimum pour prendre part à l’œuvre missionnaire sont d’être moralement digne, d’être en bonne santé physique, d’être fort et d’être développé intellectuellement, socialement et émotionnellement. Dans toute compétition de saut en hauteur, il y a une hauteur minimale de départ. Le sauteur en hauteur ne peut pas demander à commencer plus bas. De même, vous ne devez pas vous attendre à ce qu’on baisse les critères pour vous permettre de faire une mission. Si vous voulez être missionnaire, vous devez être capable de satisfaire aux critères minima.

Mais une fois que vous aurez satisfait à ces critères, ne devrez-vous pas essayer de placer la barre plus haut ? Je vous pose la même question que j’ai posée à mon fils : « Comment pourrez-vous donc connaître votre potentiel si vous ne placez pas la barre plus haut ? » Je vous exhorte à prendre conscience qu’il existe des critères minima, et que vous devez y satisfaire pour faire une mission à plein temps, mais à ne pas vous arrêter là. La plus grande génération de missionnaires n’atteindra son plein potentiel que si elle place continuellement la barre plus haut.

Voici quelques suggestions sur ce que vous pouvez tous faire pour placer la barre encore plus haut, vous qui vous préparez au service missionnaire.

Les critères physiques minimum d’un missionnaire à plein temps se rapportent à la santé et à la force physique potentielle de ce dernier. Par exemple, il est demandé dans le dossier de recommandation missionnaire si vous pouvez travailler douze à quinze heures par jour, marcher dix à treize kilomètres par jour, faire seize à vingt-quatre kilomètres par jour à vélo et monter des escaliers chaque jour. L’œuvre missionnaire est difficile, et les missionnaires à plein temps doivent être en bonne condition physique pour servir. Placer la barre à un niveau physique plus élevé peut impliquer une mise en forme supplémentaire.

Cela peut aussi impliquer l’amélioration de votre aspect physique. Un missionnaire doit s’habiller d’une certaine manière, avoir une apparence très soignée qui comporte avoir une coupe de cheveux convenable, être rasé de frais, porter une chemise blanche propre, une cravate, un costume bien repassé, ainsi que des chaussures bien cirées. Préparez-vous maintenant à une mission à plein temps en adoptant la présentation d’un missionnaire à plein temps.

Placez la barre plus haut dans votre préparation intellectuelle. Prenez vos études au sérieux. Il est important d’être capable de lire, de parler et d’écrire avec intelligence. Élargissez votre connaissance du monde qui vous entoure en lisant de bons livres. Apprenez à étudier. Puis appliquez vos habitudes d’étude améliorées à l’étude de l’Évangile de Jésus-Christ. Lisez le Livre de Mormon de manière régulière et suivie.

Ne négligez pas la chance qui vous est donné d’assister aux cours du séminaire et de l’institut. Prenez part à ce formidable cadre d’apprentissage religieux et tirez avantage au maximum des Écritures que l’on y enseigne. Elles vous prépareront à présenter le message de l’Évangile rétabli aux personnes que vous aurez la chance de rencontrer. Étudiez Prêchez mon Évangile, en particulier les points de doctrine de base enseignés au chapitre trois. Chaque fois que l’on vous demandera de faire un discours à l’église ou d’enseigner la leçon de la soirée familiale concentrez-vous sur ces points de doctrine de base.

Dans Doctrine et Alliances 11:21, le Seigneur nous dit : « Ne cherche pas à annoncer ma parole, mais cherche tout d’abord à obtenir ma parole, et alors ta langue sera déliée ; puis, si tu le désires, tu auras mon Esprit et ma parole, oui, la puissance de Dieu pour convaincre les hommes. » La période précédant la mission est le moment idéal pour placer la barre plus haut tandis que vous préparez votre esprit en acquérant la lumière et la vérité de l’Évangile de Jésus-Christ.

Vous devez être conscient que le service missionnaire est exigeant sur le plan émotionnel. Vous n’aurez plus de dispositif de soutien lorsque vous quitterez votre foyer et partirez dans le monde. Nombre des moyens auxquels vous avez recours pour gérer le stress comme sortir avec les amis, rester seul, jouer à des jeux vidéo, écouter de la musique, ne sont pas permis par les règles de conduite missionnaire. Vous connaîtrez le rejet et la déception. Apprenez maintenant vos limites émotionnelles et apprenez à contrôler vos émotions dans les situations que vous rencontrerez comme missionnaire. Ce faisant, vous placerez la barre plus haut et de fait serez armés pour les épreuves émotionnelles du service missionnaire.

Bien que frère Hinckley ne l’ait pas mentionné, les missionnaires potentiels doivent également se préparer en cultivant les qualités sociales nécessaires à l’accomplissement d’une mission. De plus en plus de jeunes s’isolent en jouant aux jeux vidéo, en écoutant de la musique avec un casque, et en communiquant par téléphone portable, par courriel, par message texte, etc., au lieu de le faire en personne. Une grande partie de l’œuvre missionnaire implique de communiquer avec les gens face à face et, si vous ne placez pas la barre plus haut dans le développement de vos qualités sociales, vous ne serez pas prêts comme il faut. Je vais vous faire une suggestion : trouvez un travail qui implique de communiquer avec les gens. Pour vous motiver davantage, fixez-vous l’objectif de gagner assez d’argent par votre travail à plein temps ou à mi-temps pour payer au moins une grande partie de votre mission. Je promets de grandes bénédictions sur les plans social, physique, mental, émotionnel et spirituel à chaque jeune homme qui paiera une grande partie de sa mission.

La dignité personnelle est le critère spirituel minimum pour accomplir une mission. Cela signifie que vous êtes dignes à tous égards de contracter et de respecter les alliances sacrées du temple. Ne vous privez pas des bénédictions conférées aux personnes qui servent dans cet appel spécial en commettant des péchés qui vous rendront inapte au service.

Veuillez prendre conscience que, bien que vous puissiez enseigner en tant que missionnaire de manière persuasive, seul l’Esprit convertit. Prêchez mon Évangile donne une bonne description de ce qu’est l’œuvre missionnaire. Il dit : « Étant représentant autorisé de Jésus-Christ, vous pouvez enseigner aux gens, avec pouvoir et autorité, que ‘la rédemption vient dans et par l’intermédiaire du saint Messie’ et que personne ne peut ‘demeurer en la présence de Dieu, si ce n’est par les mérites, et la miséricorde, et la grâce du saint Messie’ (voir aussi 2 Néphi 2:6, 8) » (2004, p. 2).

Nous vous rappelons qu’on demandera beaucoup à qui l’on a beaucoup donné. Nous lançons à nouveau l’appel à tous les jeunes hommes qualifiés spirituellement, physiquement et émotionnellement de venir prêts afin de devenir missionnaires de l’Église de Jésus-Christ. Assurez-vous de satisfaire aisément aux critères minima du service missionnaire et de placer continuellement la barre plus haut. Préparez-vous à être plus efficaces dans ce magnifique appel.

Puisse Dieu vous bénir afin que vous en ayez le désir en quittant cette session de la prêtrise de la conférence générale et que vous commenciez maintenant à vous préparer au service glorieux qui vous attend comme missionnaire du Seigneur Jésus-Christ. Au nom de Jésus-Christ. Amen.