Mères et filles

du Collège des douze apôtres

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    En ces derniers jours, il est essentiel, même crucial, que les parents et les enfants s’écoutent les uns les autres.

    Mes frères et sœurs, il y a six mois, lors de la session de la prêtrise de la conférence générale, je me suis adressé aux pères et aux fils. Comme on pouvait s’y attendre, mes cinq filles, mes vingt-quatre petites-filles et mes arrière petites-filles de plus en plus nombreuses m’ont demandé un discours équivalent. Aujourd’hui, je vais donc m’adresser principalement aux mères et aux filles de l’Église.

    Ma chère femme, Barbara, a eu une influence d’une portée éternelle sur nos filles et petites-filles et inversement. Les mères et les filles ont le rôle primordial de s’aider les unes les autres à explorer leur potentiel infini, malgré le travail de sape d’un monde dans lequel la féminité et la maternité sont dénaturées et manipulées.

    Parlant aux femmes de l’Église il y a près d’un siècle, Joseph F. Smith a dit : « Ce n’est pas aux femmes hors de l’Église de vous guider, mais à vous de… diriger le monde et elles en particulier, en tout ce qui est digne de louange, semblable à Dieu, édifiant et… purificateur pour les enfants des hommes » (Enseignements des présidents de l’Église, Joseph F. Smith, 1998, p. 185).

    Sœurs, nous, vos frères, nous ne pouvons pas faire ce qui vous a été divinement attribué depuis la création du monde. Nous aurons beau essayer, nous ne pourrons jamais reproduire vos talents exceptionnels. Il n’y a rien dans ce monde qui soit aussi personnel, aussi enrichissant ou aussi capable de changer une vie que l’influence d’une femme juste.

    Jeunes filles, je sais que certaines d’entre vous n’ont pas de mère avec qui parler de ces sujets. Et beaucoup d’entre vous, femmes, n’ont pas de fille pour le moment. Mais, parce que toutes les femmes ont dans leur nature divine à la fois le talent inné et l’intendance d’être mères, la plupart des choses que je vais dire s’appliquent aux grands-mères, aux tantes, aux sœurs, aux belles-mères, aux dirigeantes et autres guides qui comblent ces absences dans les importantes relations mères-filles.

    Jeunes filles, votre mère vous adore. Elle voit en vous les promesses des générations futures. Tout ce que vous accomplissez, tous les obstacles que vous surmontez la remplissent d’une grande joie. De même vos soucis et vos chagrins deviennent ses soucis et ses chagrins.

    Aujourd’hui, je vais m’adresser aux jeunes filles et leur donner quelques conseils pour qu’elles tirent le plus grand parti de leur relation avec leur mère. Puis, j’adresserai quelques pensées aux mères pour qu’elles sachent comment exercer la plus grande influence possible sur leurs filles ainsi que sur tous les autres membres de leur famille.

    Il est malheureusement trop facile d’illustrer la confusion et l’altération de tout ce qui touche à la féminité dans la société contemporaine. Des femmes impudiques, immorales et intempérantes saturent les ondes, monopolisent les magazines et hantent les écrans, tout cela sous les applaudissements du monde. L’apôtre Paul a parlé de façon prophétique des « temps difficiles » qui arriveront dans les derniers jours et a précisé un point qui lui a semblé particulièrement dangereux : « des femmes d’un esprit faible et borné, chargées de péchés, agitées par des passions de toute espèce » (2Timothée 3:1,6). La culture populaire actuelle fait souvent passer les femmes pour sottes, inconséquentes, stupides et sans pouvoir. Elle fait des femmes des objets, est irrespectueuse envers elles et puis veut faire croire qu’elles ne peuvent laisser leur empreinte sur l’humanité que par la séduction, de loin le message le plus universellement dangereux que l’adversaire envoie aux femmes sur elles-mêmes.

    Je vous exhorte donc, mes chères jeunes filles, à ne pas prendre modèle sur la culture contemporaine. S’il vous plaît, suivez le modèle de la femme fidèle qu’est votre mère. C’est elle que vous devez prendre pour modèle et non des célébrités dont les principes ne sont pas ceux du Seigneur et dont les valeurs ne sont pas le reflet d’une vision de l’éternité. Tournez-vous vers votre mère. Tirez des leçons de ses points forts, de son courage, de sa fidélité. Écoutez-la. Elle n’est peut-être pas une experte en « textos » ; elle n’est peut-être même pas sur Facebook. Mais, pour ce qui est du cœur et des choses du Seigneur, elle est un puits de science. Maintenant qu’approche pour vous le temps où vous allez vous marier et être une jeune mère, c’est elle qui va être votre plus grande source de sagesse. Personne d’autre sur terre ne vous aime de cette façon ni n’est prêt à faire autant de sacrifices pour vous encourager et vous aider à trouver le bonheur, dans cette vie et pour l’éternité.

    Aimez votre mère, mes jeunes sœurs. Respectez-la. Écoutez-la. Faites-lui confiance. Elle désire ce qu’il y a de mieux pour vous. Elle se soucie de votre sécurité et de votre bonheur éternels. Alors, soyez gentille avec elle. Soyez patiente avec ses imperfections, car elle en a. Nous en avons tous.

    Maintenant, je vais m’adresser à vous, les mères, pour vous parler du rôle spécial que vous jouez dans la vie de vos filles. Nous avons une amie de notre famille qui emmène souvent en voyage avec elle des membres de sa parenté. La remarque importante qua faite après chaque voyage est que les jeunes filles se conduisent tout à fait comme leur mère. Si les mères sont économes, les filles le sont aussi. Si les mères sont pudiques, les filles le sont aussi. Si les mères portent des tongs ou d’autres vêtements négligés pour assister à la réunion de Sainte-Cène, les filles le font aussi. Mères, l’exemple que vous donnez à vos filles est extrêmement important, même si elles ne l’avouent pas.

    Tout au long de l’histoire du monde, les femmes ont toujours transmis les valeurs morales. Cet enseignement commence au berceau et continue pendant toute la vie de leurs enfants. De nos jours, notre société est bombardée de messages sur la féminité et la maternité qui sont dangereusement et méchamment faux. Écouter ces messages peut conduire vos filles sur le chemin du péché et de l’autodestruction. Vos filles risquent de ne pas comprendre cela à moins que vous le leur expliquiez, ou mieux, que vous leur montriez comment faire de bons choix. En tant que mères en Israël, vous êtes pour vos filles leur première ligne de défense contre les artifices du monde.

    Cependant, chères mères, je sais que quelquefois il vous semble que vos enfants n’écoutent pas les leçons que vous essayez de leur donner. Croyez-moi, je connais le regard inexpressif qui se lit dans les yeux d’un adolescent lorsque vous en arrivez à ce que vous pensez être la meilleure partie de votre enseignement. Je vous assure que même lorsque vous pensez que votre fille n’écoute rien de ce que vous dites, elle apprend de vous en observant si vos actes correspondent à vos paroles. Comme Ralph Waldo Emerson est censé l’avoir dit, « ce que tu fais parle si fort que je n’entends pas ce que tu dis » (Voir Ralph Keyes, The Quote Verifier, 2006, p. 56).

    Enseignez à vos filles à trouver de la joie à élever des enfants. C’est dans ce domaine que leur amour et leurs talents auront le plus grand impact éternel. Dans ce contexte, réfléchissez à la recommandation d’Harold B. Lee : « la partie la plus importante… de l’œuvre que vous pourrez accomplir sera celle que vous ferez dans votre foyer » (Enseignements des présidents de l’Église, Harold B. Lee, 2000, p 134). Cela est vrai pour nous tous, bien sûr, mais c’est particulièrement puissant quand on parle des relations entre mères et filles.

    Mères, enseignez à vos filles qu’une fille fidèle de Dieu évite la tentation de faire des commérages et de juger les autres. Dans un sermon adressé à la Société de Secours de Nauvoo, Joseph Smith, le prophète, a expliqué : « La langue est un membre indiscipliné, gardez le silence sur les choses qui n’ont pas d’importance » (Enseignements des présidents de l’Église, Joseph Smith, 2007, p. 488).

    Ces dernières années, il y a eu de nombreux articles, livres et films parlant de femmes et de filles qui font des commérages et qui sont méchantes. Satan essaie constamment de saper l’élément le plus précieux de la nature divine de la femme : sa capacité d’élever.

    La relation mère-fille permet à une fille d’apprendre comment élever en étant elle-même élevée. Elle reçoit de l’amour. On lui enseigne et elle fait l’expérience personnelle de ce que signifie être aimée suffisamment par quelqu’un qui est capable de la corriger tout en continuant à l’encourager et à croire en elle.

    Sœurs, souvenez-vous que Dieu est la source de tout pouvoir moral et spirituel. Nous avons accès à ce pouvoir en faisant alliance avec lui et en respectant ces alliances. Mères, enseignez à vos filles l’importance de contracter des alliances, puis montrez-leur comment respecter ces alliances de sorte qu’elles aient le désir de vivre de façon à être dignes d’aller au temple.

    Dans le monde actuel cela signifie que vous devez parler à vos filles de la sexualité. Vos filles et vos fils deviennent majeurs dans un monde qui encourage ouvertement les relations sexuelles précoces, désinvoltes et inconsidérées. On porte aux nues des femmes impudiques et lascives et trop souvent on les encense et on les imite. Même si nous pouvons prendre des mesures pour éviter de nous exposer à ces éléments peu recommandables de la vie contemporaine au sein de notre foyer et dans notre famille, nos filles ne peuvent pas totalement éviter les messages et les incitations sexuels éhontés qui les entourent. Vous devez avoir de fréquentes discussions au cours desquelles vous enseignez à vos filles la vérité sur ces sujets.

    Par exemple, elles doivent comprendre que, lorsqu’elles portent des vêtements trop ajustés, trop courts ou trop décolletés, non seulement elles envoient un faux message aux jeunes gens qu’elles fréquentent, mais elles entretiennent également dans leur esprit l’idée erronée que la valeur d’une femme dépend uniquement de son sex-appeal. Cela n’a jamais été et ne sera jamais la définition d’une fille de Dieu fidèle. Elles ont besoin d’entendre cela de votre part, clairement et de manière répétée, et elles ont besoin d’en voir le modèle correct et systématique dans votre propre façon de vous habiller, de vous présenter et dans votre comportement pudique.

    Tous les jeunes auront plus de chances de contracter et de respecter des alliances s’ils apprennent à reconnaître la présence et la voix de l’Esprit. Enseignez à vos filles les choses de l’Esprit. Renvoyez-les aux Écritures. Donnez-leur l’occasion de faire des expériences qui les aideront à chérir la bénédiction qu’est le pouvoir de la prêtrise dans leur vie. En respectant les alliances, elles apprendront à écouter la voix du Seigneur et à recevoir la révélation personnelle. Dieu écoutera vraiment leurs prières et y répondra. Le thème des activités d’échange pour 2010 s’applique aux jeunes ainsi qu’à nous tous : « Fortifie-toi et prends courage. Ne t’effraie pas et ne t’épouvante point, car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. » (Josué 1 :9). Il les guidera, sains et saufs, jusqu’aux bénédictions de la maison du Seigneur.

    Faites en sorte que vos filles sachent que le chemin le plus sûr vers le bonheur éternel passe par le respect des alliances. Et, si nécessaire, enseignez-leur comment se repentir et rester pures et dignes.

    Maintenant, si vous pensez déjà avoir entendu cela, mes frères et sœurs, c’est parce que j’ai parlé aux parents et aux enfants pendant trois conférences générales de suite. En avril de l’année dernière, j’ai recommandé aux jeunes de « tirer les leçons du passé. » Je cite une partie de ce discours : « Quand vous êtes disposés à écouter et à apprendre, certains des enseignements les plus importants de la vie viennent des personnes qui vous ont précédés… Combien votre vie sera meilleure si vous voulez suivre le noble exemple des disciples fidèles du Christ », (« Tirer les leçons du passé », Le Liahona, mai 2009, p. 31-33)

    En octobre dernier, j’ai parlé aux pères et aux fils au cours de la session de la prêtrise, et aujourd’hui, je me suis adressé principalement aux mères et aux filles. À chaque fois, mon message a été différent mais dans la même veine. J’espère que vous écoutez, que vous voyez le fil conducteur et que vous entendez le message constant, toujours le même, qu’il est essentiel et même crucial, en ces derniers jours, que les parents et les enfants s’écoutent et apprennent les uns des autres. Ce ne sont pas des concepts abstraits dont je viens de vous parler. C’est l’essence même, le cœur, du plan de Dieu pour notre bonheur et notre paix éternels.

    L’Église apportera son aide chaque fois que c’est possible. Nous sommes là pour vous soutenir, vous, parents et enfants. Mais c’est le foyer qui est l’endroit le plus important pour préparer les jeunes d’aujourd’hui à diriger les familles et l’Église de demain. C’est notre responsabilité à chacun, mères et pères, de faire tout ce que nous pouvons pour préparer les jeunes à être des hommes et des femmes fidèles et justes. C’est au foyer que nous devons enseigner l’Évangile par le précepte et par l’exemple.

    Je termine mes recommandations par ce résumé de Joseph F. Smith : « Nos relations familiales ne sont pas conçues exclusivement pour cette vie, pour le temps tel que nous le distingons de l’éternité. Nous vivons pour le temps et toute l’éternité. Nous établissons des relations pour le temps et toute l’éternité… Qui, à part les saints des derniers jours, envisage la pensée qu’au-delà du tombeau la cellule familiale continuera ? Le père, la mère, les enfants se reconnaissant les uns les autres… Cette cellule familiale étant un élément de la grande et parfaite organisation de l’œuvre de Dieu, étant destinée à perdurer pendant le temps et l’éternité ? » (Voir Enseignement des présidents de l’Église : Joseph F. Smith, p. 388)

    Que Dieu nous bénisse pour que nous puissions enseigner, élever et nous préparer mutuellement au sein de notre foyer pour la grande œuvre qui doit être accomplie par nous tous maintenant et dans l’avenir, c’est là ma prière, au nom du Seigneur Jésus-Christ. Amen.