Îles de foi : Histoire de diligence

Par Adam C. Olson

des magazines de l’Église

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    Ce n’est qu’en ajoutant régulièrement à son île que la famille Coila évite de couler.

    Nelson et Dora Coila vivent sur une île, pas une île habituelle faite de roche massive dépassant d’un océan ou d’un lac, mais une île minuscule qu’ils ont faite eux-mêmes, uniquement avec des roseaux flottants, sur le lac Titicaca, au Pérou.

    Il faut de la foi pour fabriquer une île et en faire son foyer. Seule une couche de roseaux superposés d’un mètre vingt d’épaisseur fait flotter leur hutte familiale et la douzaine de huttes de leur île au-dessus d’une eau à 10 °C et les éléments menacent constamment de désagréger littéralement leur île, leur foyer.

    Mais pour Nelson et Dora, leur île représente physiquement ce qu’ils essayent de construire spirituellement pour leur famille : une île de foi qui tiendra le coup face au monde.

    Ce faisant, ils ont appris que la foi pour construire doit toujours être suivie de diligence pour entretenir.

    Pourquoi il faut de la constance

    Le roseau totora a une place essentielle dans la vie quotidienne du peuple Uros, qui a construit ces îles et y vit depuis des générations. Ce roseau, qui pousse dans les bas-fonds du lac Titicaca, peut être utilisé comme combustible pour cuire la nourriture. Sa racine est comestible. Son enveloppe peut être utilisée à des fins médicales. Et, bien sûr, presque tout est fabriqué avec ces roseaux : leurs demeures, leurs bateaux traditionnels, leurs tours de guet, les îles elles-mêmes et même leurs poubelles.

    Les Uros construisent les îles en superposant des couches de roseaux. Mais, comme matériau de construction, le roseau totora ne dure pas longtemps. Le soleil le dessèche pendant la saison sèche. L’humidité de la saison des pluies accélère sa décomposition. Et les couches submergées pourrissent petit à petit. L’érosion continuelle de l’île des Coila oblige Nelson à poser une nouvelle couche de roseaux tous les dix à quinze jours.

    Il dit : « La construction de l’île n’a été que le début. Si j’arrête d’ajouter des roseaux, l’île se désagrégera lentement. Mais plus je pose de couches, plus l’île devient solide, avec le temps. »

    Le danger de remettre à plus tard

    L’ajout d’une couche de roseaux n’est ni complexe ni difficile, mais c’est du travail. Ce serait facile de le remettre au lendemain.

    Mais remettre à plus tard, c’est augmenter le risque qu’un membre de la famille passe un pied à travers un endroit fragile et qu’il se retrouve dans l’eau froide. Pour les adultes, ce ne serait qu’un petit ennui, mais pour les petits enfants comme Emerson, le fils de deux ans des Coila, cela risquerait d’être fatal.

    Si bien que Nelson ajoute aujourd’hui une couche de roseaux, sachant que la sécurité de chaque membre de la famille en dépendra demain.

    C’est une leçon de diligence qui a influencé la vie des Coila.

    Les effets de la diligence

    La diligence consiste à persister à faire quelque chose malgré l’opposition1. C’est après son baptême, en 1998, que Dora a appris à quel point la diligence peut être importante et difficile.

    Lorsque Dora avait dix-sept ans, sa sœur cadette, Alicia, et elle se sont fait baptiser, ce qui a entraîné la progression de l’Église sur les îles des Uros. Cependant, un mois plus tard environ, leur père leur a interdit toute relation avec l’Église.

    Mais il est arrivé quelque chose de bizarre aux deux jeunes filles. Elles étaient subitement d’un abord moins agréables et se disputaient plus souvent. Leur père s’est rendu compte que, pendant la période où elles participaient aux activités de l’Église, elles s’étaient améliorées.

    « Cela l’a fait changer d’avis, dit Dora. Il a commencé à nous réveiller de bonne heure pour être sûr que nous soyons à l’heure à l’église. »

    Dora attribue le changement que l’Évangile a apporté dans leur vie aux petites choses qu’Alicia et elle font régulièrement, comme payer la dîme, prier, étudier les Écritures, sanctifier le jour du sabbat et renouveler leurs alliances chaque semaine en prenant la Sainte-Cène.

    Plus tard, ayant vu par lui-même les changements que procurent la foi et la diligence2, le père de Dora est devenu membre de l’Église en même temps que le reste de la famille.

    Les récompenses de la diligence

    La persévérance à faire ce qui est juste, en dépit de l’opposition, est requise du peuple de l’alliance du Seigneur. , Mais le Seigneur promet de grandes bénédictions à ceux qui sont diligents à prier3, à respecter les commandements4, à suivre la révélation5, à sonder les Écritures et à t6ravailler6 pour son oeuvre7.

    Grâce à leur expérience dans l’entretien de leur île de foi, au sens littéral comme au sens figuré, les Coila ont constaté que la récompense de la diligence est bien réelle. Nelson dit : « Parfois nous nous laissons submerger par la routine quotidienne du travail, de la cuisine, etc. Lorsque nous oublions Dieu, les choses se compliquent. Il y a davantage de problèmes et tout commence à se déglinguer. »

    Nelson s’arrête pour désigner une couche de roseaux qu’il a posée le matin. Il ajoute : « Si nous sommes constants, si nous prions, étudions, jeûnons et tenons régulièrement la soirée familiale, nous allons devenir plus forts. »

    Photo Adam C. Olson

    Nelson Coila (à gauche) ajoute une nouvelle couche de roseaux totora à Utama, l’île flottante qu’il habite avec sa famille (ci-dessus) sur le lac Titicaca.

    Pour la famille Coila, Nelson, Dora et Emerson, ainsi que pour les Uros qui vivent sur le lac Titicaca, le roseau totora est essentiel à leur survie. Mais, comme les principes de l’Évangile, il faut l’utiliser régulièrement.

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