Trouver l’équilibre entre la vérité et la tolérance

Tiré d’un discours prononcé le 11 janvier 2011 lors d’une veillée du département d’éducation de l’Église. Le texte intégral en anglais se trouve sur mormonnewsroom.org/article/-truth-and-tolerance-elder-dallin-h-oaks.


Dallin H. Oaks

L’interrogation quant à l’existence et la nature de la vérité constitue l’une des questions fondamentales de la condition mortelle. Jésus a dit au gouverneur romain, Pilate, qu’il était venu dans le monde pour « rendre témoignage à la vérité ». Cet incrédule a répondu : « Qu’est-ce que la vérité ? » (Jean 18:37-38). Auparavant, le Sauveur avait déclaré : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie » (Jean 14:6). Dans la révélation moderne, il affirme : « La vérité, c’est la connaissance des choses telles qu’elles sont, telles qu’elles étaient et telles qu’elles sont à venir » (D&A 93:24).

Nous croyons en la vérité absolue qui comprend l’existence de Dieu et le bien et le mal tels qu’ils sont établis par ses commandements. Nous savons que l’existence de Dieu et de la vérité absolue sont essentielles à la vie sur cette terre, que l’on y croie ou pas. Nous savons aussi que le mal existe et que certaines choses sont bel et bien mauvaises et qu’elles le seront toujours.

Les récits choquants de vols et de mensonges à grande échelle dans des sociétés civilisées révèlent un vide moral qui fait que les notions de bien et de mal sont étrangères à beaucoup de gens. Les émeutes, les pillages et la tricherie si répandus ont amené nombre de gens à se demander si nous ne sommes pas en train de perdre le fondement de moralité que les pays occidentaux ont hérité du judéo-christianisme1. »

Il est bon de nous soucier de notre fondement de moralité. Nous vivons dans un monde où de plus en plus de personnes influentes enseignent et agissent selon la croyance qu’il n’existe pas de bien ni de mal absolus, que toute autorité et règle de comportement est un choix humain qui peut l’emporter sur les commandements de Dieu. Beaucoup vont jusqu’à remettre en question l’existence de Dieu.

La philosophie du relativisme moral, qui veut que chacun soit libre de choisir par lui-même ce qui est bien et ce qui est mal, devient le credo non officiel de beaucoup de gens aux États-Unis et dans d’autres pays occidentaux. Le cas extrême est que les actions mauvaises qui étaient auparavant localisées et cachées comme un furoncle sont maintenant légales et étalées au grand jour comme un étendard. Persuadée par cette philosophie, une grande partie de la génération montante se livre aux plaisirs égoïstes, à la pornographie, à la malhonnêteté, au langage grossier, aux vêtements révélateurs, aux tatouages et aux piercings païens, et à l’abandon dégradant aux pulsions sexuelles.

Beaucoup de dirigeants religieux enseignent que Dieu est le Législateur suprême et que ses commandements déclarent certains comportements absolument justes et vrais et d’autres absolument mauvais et faux2. Les prophètes de la Bible et du Livre de Mormon ont vu notre époque au cours de laquelle les hommes « [aimeraient] les plaisirs plus que Dieu » (2 Timothée 3:4) et nieraient l’existence de Dieu (voir Jude 1:4 ; 2 Néphi 28:5 ; Moroni 7:17 ; D&A 29:22).

Dans cette situation difficile, notre problème, à nous qui croyons en Dieu et par conséquent en la vérité qu’il y a un bien et un mal absolus, est que nous devons vivre dans un monde impie et de plus en plus amoral. Cela étant, nous avons tous, et surtout la génération montante, pour devoir de nous manifester et de déclarer hardiment que Dieu existe et qu’il y a des vérités absolues qui sont définies par ses commandements.

Beaucoup d’enseignants dans les écoles et les universités enseignent et pratiquent une moralité relative. Cela façonne l’attitude de beaucoup de jeunes qui vont les remplacer comme enseignants de nos enfants et qui vont façonner les attitudes du public par les médias et les divertissements populaires. Cette philosophie du relativisme moral nie ce que des millions de chrétiens, de juifs et de musulmans croyants considèrent comme fondamental, et cette négation engendre des problèmes graves pour nous tous. Que doivent faire les croyants à ce propos ? C’est ce que nous allons voir dans le deuxième des sujets jumeaux de ce discours, la tolérance.

La tolérance se définit comme une attitude amicale et juste envers les opinions et les pratiques peu courantes ou différentes ou envers les personnes qui les entretiennent ou les vivent. Les modes de transport et de communication nous ayant tous rapprochés de personnes et d’idées différentes, le besoin de tolérance s’en trouve renforcé.

Cette plus grande exposition à la diversité enrichit notre vie tout en la compliquant. Nous sommes enrichis par la fréquentation de peuples différents, ce qui nous rappelle la merveilleuse diversité des enfants de Dieu. Mais la diversité de cultures et de valeurs nous oblige aussi à déterminer ce qui peut être adopté, parce qu’en accord avec notre culture et nos valeurs chrétiennes, et ce qui ne peut pas l’être. Ainsi, la diversité augmente le risque de conflits et exige de notre part une prise de conscience plus vive de la nature de la tolérance. Qu’est-ce que la tolérance, quand est-elle de mise et quand ne l’est-elle pas ?

C’est une question plus difficile pour les personnes qui affirment l’existence de Dieu et de la vérité absolue que pour celles qui croient au relativisme moral. Plus la croyance d’une personne en Dieu est faible et moins elle a d’absolus moraux, moins elle a à faire preuve de tolérance face aux idées ou aux pratiques des autres. Par exemple, un athée n’a pas besoin de décider quelles sortes de jurons et de blasphèmes peuvent être tolérées et auxquelles il faut s’opposer. Les personnes qui ne croient pas en Dieu ou en la vérité absolue en matière de moralité peuvent se considérer comme les personnes les plus tolérantes. Pour elles, presque tout est acceptable. Cela permet de tolérer presque n’importe qui et n’importe quoi. Malheureusement, certaines des personnes qui croient au relativisme moral semblent avoir du mal à tolérer celles qui affirment qu’il y a un Dieu qui doit être respecté et certains absolus moraux qui doivent être observés.

Trois vérités absolues

Qu’est-ce que la tolérance signifie pour nous et les autres croyants et à quelles difficultés particulières devons-nous faire face quand nous sommes tolérants ? Je commence avec trois vérités absolues. Je les exprime en tant qu’apôtre du Seigneur Jésus-Christ, mais je crois que pour la plupart, ces idées sont, en général, partagées par les croyants.

Premièrement, nous sommes tous frères et sœurs issus de Dieu, et nos différentes religions nous enseignent à nous aimer et à nous faire du bien les uns aux autres. Le président Hinckley (1910-2008) a exprimé cette idée pour les saints des derniers jours : « Chacun de nous [issus de diverses confessions religieuses] croit que Dieu est notre Père, bien que nous puissions différer dans l’idée que nous nous faisons de lui. Nous faisons tous partie d’une grande famille, la famille humaine, nous sommes fils et filles de Dieu, et donc frères et sœurs. Nous devons davantage nous efforcer d’édifier le respect mutuel, une attitude de patience et de tolérance pour les autres, quels que soient les principes doctrinaux et les philosophies que nous adoptons3. »

Notez que le Président Hinckley a parlé de respect mutuel aussi bien que de tolérance. Vivre ensemble en respectant les différences de chacun représente un défi dans le monde d’aujourd’hui. Cependant, et j’énonce ici une deuxième vérité absolue, vivre ensemble malgré les différences est ce que l’Évangile de Jésus-Christ nous enseigne.

Jésus a enseigné que le royaume des cieux est semblable à du levain (voir Matthieu 13:33). Le levain (la levure) est caché dans un volume plus grand jusqu’à ce que la pâte soit toute levée et ce, grâce à lui. Notre Sauveur a également enseigné que ses disciples auraient des tribulations dans le monde (voir Jean 16:33), que leur nombre et leurs possessions seraient petits (voir 1 Néphi 14:12) et qu’ils seraient haïs du seul fait qu’ils ne sont pas du monde (voir Jean 17:14). Mais c’est notre rôle. Nous sommes appelés à vivre avec d’autres enfants de Dieu qui ne partagent pas notre foi ni nos valeurs et qui n’ont pas les obligations que nous avons contractées par alliance. Nous devons être dans le monde mais pas du monde.

Puisque les disciples de Jésus-Christ ont reçu le commandement d’être du levain, nous devons rechercher la tolérance des personnes qui nous haïssent parce que nous ne sommes pas du monde. Ce faisant, il nous faudra parfois contester des lois qui risquent d’entraver notre liberté de culte, en nous appuyant sur notre droit constitutionnel de pratiquer librement la religion. La grande difficulté réside dans « la capacité des personnes de toutes confessions de vivre leur relation avec Dieu et avec leurs semblables sans que le gouvernement regarde par-dessus leur épaule4 ». C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de compréhension et de soutien lorsque nous devons lutter pour la liberté religieuse.

Nous devons également faire preuve de tolérance et de respect envers les autres. Comme l’apôtre Paul l’a enseigné, les chrétiens doivent rechercher « ce qui contribue à la paix » (Romains 14:19) et, autant que possible, être « en paix avec tous les hommes » (Romains 12:18). Par conséquent, nous devons être prêts à honorer le bien que nous voyons chez toutes les personnes et dans beaucoup d’opinions et de pratiques qui diffèrent des nôtres. Le Livre de Mormon enseigne :

« Tout ce qui est bien vient de Dieu…

« c’est pourquoi, tout ce qui invite et incite à faire le bien, et à aimer Dieu, et à le servir est inspiré de Dieu.

« C’est pourquoi, prenez garde… de juger… que ce qui est bien et de Dieu est du diable » (Moroni 7:12-14).

Cette façon d’aborder les différences produit de la tolérance et également du respect vis-à-vis de nous.

Notre tolérance et notre respect pour les autres et leurs croyances ne nous font pas abandonner notre engagement envers les vérités que nous comprenons et envers les alliances que nous avons contractées. C’est une troisième vérité absolue. Nous sommes lancés comme des combattants dans la guerre entre la vérité et l’erreur. Il n’y a pas de zone neutre. Nous devons défendre la vérité tout en faisant preuve de tolérance et de respect pour les croyances et les idées différentes des nôtres et pour les gens qui les soutiennent.

La tolérance pour le comportement

Nous devons faire preuve de tolérance et de respect pour les autres et leurs croyances, y compris leur liberté constitutionnelle d’expliquer et de prôner leurs opinions mais nous ne sommes pas tenus de respecter et de tolérer les mauvais comportements. Notre devoir envers la vérité exige que nous fassions le nécessaire pour être à l’abri de comportements qui sont mauvais. C’est facile quand il s’agit de comportements extrêmes que la plupart des croyants et des non-croyants reconnaissent comme mauvais ou inacceptables.

Quand il s’agit de comportements moins extrêmes pour lesquels même les croyants ne sont pas d’accord lorsqu’il s’agit de déterminer s’ils sont mauvais ou non, il est beaucoup plus difficile de définir la nature de ce que nous devons tolérer et à quel point nous devons le tolérer. Ainsi, une sainte des derniers jours réfléchie m’a écrit que ce qui la préoccupait, c’était « la définition donnée par le monde au mot ‘tolérance’ [qui semblait] de plus en plus aller dans le sens d’une tolérance à l’égard de modes de vie mauvais ». Elle demandait comment le Seigneur définirait la tolérance5.

Boyd K. Packer, président du Collège des douze apôtres, a déclaré : « Le mot tolérance ne s’utilise pas tout seul. Il faut lui donner un objet et une réponse pour la qualifier de vertu… On l’exige souvent mais on la donne rarement en retour. Faites attention au mot tolérance. C’est une vertu très instable6. »

Cet avertissement inspiré nous rappelle que, pour les personnes qui croient en une vérité absolue, la tolérance à l’égard des comportements est une médaille avec un revers. La tolérance ou le respect sont un côté de la médaille, mais la vérité se trouve toujours de l’autre. On ne peut pas posséder ou utiliser la médaille de la tolérance sans tenir compte des deux côtés.

Notre Sauveur a appliqué ce principe. Face à la femme qui avait été prise en adultère, Jésus a prononcé des paroles réconfortantes empreintes de tolérance : « Je ne te condamne pas non plus. » Puis, quand il l’a renvoyée, il a exprimé des paroles fortes de vérité : « Va, et ne pèche plus » (Jean 8:11). Nous devrions tous être édifiés et fortifiés par cet exemple d’expression de tolérance ainsi que de vérité : la gentillesse dans la communication mais la fermeté dans la vérité.

Un autre saint des derniers jours réfléchi a écrit : « J’entends souvent des personnes prendre le nom du Seigneur en vain et j’en connais aussi qui me disent qu’elles vivent avec leur petit ami. Je constate que le respect du sabbat est quelque chose de quasiment dépassé. Comment respecter mon alliance d’être témoin sans offenser ces personnes 7 ? »

Commençons par notre conduite personnelle. Lorsque nous appliquons ces exigences parfois contradictoires de la vérité et de la tolérance à ces trois comportements (le langage vulgaire, le concubinage et le non-respect du Sabbat) et à beaucoup d’autres, nous ne devons pas être tolérants envers nous-mêmes. Nous devons être gouvernés par les exigences de la vérité. Nous devons respecter fermement les commandements et nos alliances et nous devons nous repentir et nous améliorer quand nous n’y arrivons pas.

Le président Monson a enseigné : « Aujourd’hui, le visage du péché porte souvent le masque de la tolérance. Ne vous laissez pas tromper ; derrière cette façade, il y a le chagrin, le malheur et la souffrance… Si vos prétendus amis vous pressent de faire quoi que ce soit que vous savez être mal, soyez, vous, la personne qui prend parti pour le bien, même si vous êtes seul à le faire8. »

De même, avec nos enfants et d’autres personnes que nous avons la responsabilité d’instruire, notre devons faire passer avant toute chose notre devoir envers la vérité. Bien sûr, les efforts n’ont d’effet que par le libre arbitre des autres. Nous devons donc toujours enseigner avec amour, patience et persuasion.

Je passe maintenant aux obligations de vérité et de tolérance dans nos relations personnelles avec les personnes de notre entourage qui utilisent un langage grossier en notre présence, qui vivent avec quelqu’un sans être mariées ou qui ne respectent pas le jour du sabbat comme il convient.

Notre devoir de tolérance implique qu’aucun de ces comportements (ou d’autres que nous considérons être des déviations par rapport à la vérité), ne doit nous conduire à des conversations haineuses ou des actions méchantes. Mais notre devoir envers la vérité comporte ses propres exigences et amène ses propres bénédictions. Quand « chacun de [nous] parle selon la vérité à son prochain » et quand nous énonçons « la vérité dans la charité » (Éphésiens 4:15, 25), nous agissons en serviteurs du Seigneur Jésus-Christ et nous faisons son œuvre. Les anges se tiennent à nos côtés et il envoie son Saint-Esprit pour nous guider.

Dans ce domaine délicat, nous devons d’abord nous demander si nous devons dire à nos semblables ce que nous savons être vrai sur leur comportement et, si oui, dans quelle mesure. Dans la plupart des cas, cette décision dépend du degré auquel la situation nous affecte.

Le fait que quelqu’un dise régulièrement des grossièretés en notre présence est une raison valable pour nous de dire que cela nous offense. Si des non-croyants disent des grossièretés en dehors de notre présence, ce ne serait normalement pas une raison de les prendre à partie.

Nous savons que le concubinage est un péché grave et les saints des derniers jours ne doivent pas s’y livrer. Quand il est pratiqué par des personnes de notre entourage, cela peut-être un comportement privé ou quelque chose que l’on nous demande d’excuser, d’approuver ou de faciliter. Dans l’équilibre entre la vérité et la tolérance, la tolérance peut être dominante quand le comportement ne nous implique pas personnellement. Mais si le concubinage nous concerne directement, nous devons être gouvernés par notre devoir de vérité. Par exemple, c’est une chose que de ne rien dire concernant des péchés graves quand ils sont privés, mais c’est une toute autre affaire quand on nous demande de les faciliter ou de les approuver implicitement, par exemple en les hébergeant dans notre propre maison.

Nous devrions peut-être expliquer notre croyance que le respect du jour du sabbat, et notamment notre participation à la Sainte-Cène, nous renforce spirituellement et nous rend meilleurs pour le reste de la semaine. Puis, vis-à-vis d’autres croyants, nous pouvons exprimer notre reconnaissance pour le fait que nous partageons des croyances fondamentales : chacun de nous croit en Dieu et en l’existence d’une vérité absolue, même si notre définition de ces croyances fondamentales diffère. De plus, nous devons nous souvenir que le Sauveur nous a demandé d’éviter les querelles (3 Néphi 11:29-30) et de faire en sorte que notre exemple et notre prédication soient « la voix d’avertissement, chacun à son voisin, avec douceur et humilité » (D&A 38:41).

Dans tout cela, nous ne devons pas nous permettre de juger nos voisins ou nos fréquentations en fonction de la conséquence ultime de leur comportement. Ce jugement appartient au Seigneur, pas à nous.

Les principes dans la vie publique

Quand les croyants entrent dans le domaine public pour essayer d’influencer l’élaboration ou l’application des lois en fonction de leurs croyances, ils devraient appliquer des principes différents.

Premièrement, ils doivent rechercher l’inspiration du Seigneur pour choisir avec sagesse les vrais principes qu’ils tentent de promouvoir à l’aide des lois ou du pouvoir exécutif. En général, ils doivent s’abstenir de vouloir des lois ou une action gouvernementale qui visent à faciliter des croyances qui leur sont propres, telles que l’obligation de pratiques religieuses, même de manière induite. Les croyants peuvent être moins réservés lorsqu’ils sollicitent une action du gouvernement pour servir des principes plus vastes que le simple fait de faciliter la pratique de leurs croyances, comme les lois concernant la santé publique, la sécurité et la moralité.

Les croyants peuvent et doivent essayer de faire passer des lois qui préservent la liberté religieuse. En plus de subir une montée du relativisme en matière de moralité, les États-Unis et d’autres pays voient l’estime du grand public pour la religion diminuer de plus en plus. Autrefois partie intégrante du mode de vie américain, la religion est devenue suspecte pour beaucoup de personnes. Certaines voix influentes remettent même en question la mesure dans laquelle nos constitutions doivent protéger le libre exercice de la religion, notamment le droit de pratiquer et de prêcher des principes religieux.

C’est une question vitale sur laquelle nous, qui croyons en un Être suprême qui a établi le bien et le mal absolus dans le comportement humain, devons nous unir pour faire respecter nos droits séculaires de pratiquer notre religion, de voter selon notre conscience et de participer à des élections ou à des débats sur la place publique et dans les tribunaux. Nous devons aussi nous tenir aux côtés d’autres croyants pour préserver et renforcer la liberté de prêcher et de pratiquer nos croyances religieuses, quelles qu’elles soient. À cette fin, nous devons avancer ensemble afin de nous garantir la liberté de suivre notre propre chemin quand c’est nécessaire, selon la diversité de nos croyances.

Deuxièmement, quand les croyants cherchent à promouvoir leurs positions dans la sphère publique, ils doivent toujours être tolérants à l’égard des opinions et des positions des personnes qui ne partagent pas leurs croyances. Les croyants doivent toujours s’exprimer avec amour et faire preuve de patience, de compréhension et de compassion à l’égard de leurs adversaires. Les chrétiens ont reçu le commandement d’aimer leur prochain (voir Luc 10:27) et de pardonner (voir Matthieu 18:21-35). Ils doivent aussi se souvenir de l’enseignement du Sauveur : « bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent » (Matthieu 5:44).

Troisièmement, les croyants ne doivent pas reculer devant l’accusation si classique qu’ils seraient en train de légiférer en matière de moralité. Beaucoup de domaines du droit sont basés sur la morale judéo-chrétienne et ce, depuis des siècles. Notre civilisation occidentale est fondée sur la moralité et ne peut exister sans elle. Comme l’a déclaré John Adams, le second président des États-Unis : « Notre constitution a été faite uniquement pour un peuple moral et pieux. Elle ne convient absolument pas au gouvernement de tout autre peuple9. »

Quatrièmement, les croyants ne doivent pas hésiter à essayer d’obtenir des lois en vue de maintenir des conditions ou une règlementation publiques qui les aident à pratiquer les exigences de leur culte là où ces conditions ou cette règlementation vont dans le sens de la santé, de la sécurité ou de la moralité publiques. Par exemple, même si ce sont des croyances religieuses qui sont à l’origine de nombreuses lois pénales et de certaines lois concernant la famille, ces lois sont, depuis longtemps, considérées comme allant de soi dans les sociétés démocratiques. Mais, là où les croyants sont en majorité, ils doivent toujours être sensibles à l’opinion de la minorité.

Pour finir, l’esprit de cet équilibre entre vérité et tolérance se trouve dans ces paroles du président Hinckley : « Soyons courtois avec les personnes de notre collectivité qui ne sont pas de notre religion. Soyons de bons voisins, gentils, généreux et bienveillants. Participons à de bonnes causes publiques. Il peut y avoir des situations impliquant de graves problèmes de moralité, où nous ne pouvons pas fléchir sur la question des principes. Dans ces circonstances, nous pouvons manifester poliment notre désaccord sans être désagréable. Nous pouvons reconnaître la sincérité de ceux dont nous ne pouvons accepter la position. Nous pouvons parler de principes plutôt que de personnes10. »

La sentinelle sur la tour

La Bible enseigne qu’une des fonctions d’un prophète est d’être une « sentinelle » pour avertir Israël (voir Ézéchiel 3:17 ; 33:7). Dans une révélation, le Seigneur a ajouté ce conseil pour la Sion moderne : « Placez… une sentinelle sur la tour » qui « [verra] l’ennemi tandis qu’il [est] encore éloigné » et qui avertira et sauvera la vigne « des mains du destructeur » (D&A 101:45, 54).

Je suis l’une de ces sentinelles. Je vous assure que mon message est vrai. Je proclame ma connaissance de l’existence de Dieu ! Je témoigne que Jésus-Christ est le Fils de Dieu, crucifié pour les péchés du monde et qu’il nous lance à tous l’invitation intemporelle de recevoir sa paix en apprenant auprès de lui et en marchant sur son chemin (voir D&A 19:23).

Montrer les références

    Notes

  1.   1.

    « Is the U.S. a Nation of Liars ? Casey Anthony Isn’t the Only One », The Christian Science Monitor, 19 juillet 2011, p. 20, « Anarchy in the UK », The Economist, 13 août 2011, p. 144.

  2.   2.

    Voir, par exemple, Joseph G. Donders, dir. de pub. John Paul II: The Encyclicals in Everyday Language, 2005, p. 212-13; voir aussi Rabbi Harold Kushner, Who Needs God, 2002, p. 78.

  3.   3.

    Enseignements de Gordon B. Hinckley, 1997, p. 665.

  4.   4.

    Eric Rassbach, cité dans William McGurn, « Religion and the Cult of Tolerance », The Wall Street Journal, 16 août 2011, p. A11.

  5.   5.

    Lettre adressée à Dallin H. Oaks, 14 mai 1998.

  6.   6.

    Boyd K. Packer, « Be not Afraid » (discours donné à l’institut de religion d’Ogden, 16 novembre 2008), p. 5, voir aussi Bruce D. Porter, « Defending the Family in a Troubled World », Ensign, juin 2011, p. 12–18.

  7.   7.

    Lettre adressée à Dallin H. Oaks, 22 décembre 1987.

  8.   8.

    Thomas S. Monson, « Exemples de droiture », Le Liahona, mai 2008, p. 65.

  9.   9.

    Dans Charles Francis Adams, éd., The Works of John Adams, Second President of the United States, 10 vols., 1850-56, 9:229.

  10.   10.

    Enseignements de Gordon B. Hinckley, 1997, p. 131.