Servir dans l’Église

Ma leçon sur l’amour

Par Janice Tate

L’auteur vit en Californie (États-Unis).

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    Je ne m’attendais pas à ce qu’un banal projet de service m’enseigne tant de choses sur l’amour de notre Père céleste pour ses enfants.

    Illustration Doug Fakkel

    Cela s’annonçait comme un projet de service habituel : Rassembler un groupe de sœurs de la Société de Secours pour donner un court spectacle de chants dans la maison de retraite d’un hôpital, bien qu’aucun membre de notre paroisse ne s’y trouvât.

    Nous nous sommes retrouvées entassées dans une petite pièce avec neuf personnes âgées dans leur fauteuil roulant. Leur visage était dépourvu de toute expression. Il faisait chaud, étouffant et j’ai pensé : « Dépêchons-nous de faire ce que nous avons à faire. »

    Devant diriger la musique, j’ai tourné le dos aux malades et je me suis concentrée sur le programme. Alors que nous commencions, j’ai entendu un malade appeler « Maman, maman », tandis qu’un autre applaudissait et faisait du bruit. J’étais mal à l’aise, mais quelques minutes plus tard nous allions terminer et rentrer chez nous.

    Alors que nous nous préparions à chanter notre dernier cantique, « Combien tu es grand » (Cantiques, n° 44), nous avons invité les malades et le personnel médical à se joindre à nous. Je me suis retournée pour diriger le chant face à l’assistance, et c’est alors que je l’ai vue : une toute petite dame, ridée, aux cheveux blancs, les genoux pleins de mouchoirs humides de ses larmes.

    Elle m’a fait signe de m’approcher d’elle. Je l’ai fait et, quand je me suis penchée pour l’écouter, elle m’a pris la main. Tout son corps tremblait quand elle a murmuré : « Je suis membre de l’Église. C’est si merveilleux que mes sœurs soient venues. »

    L’Esprit m’a envahie et je me suis agenouillée près d’elle, le visage baigné de larmes. Elle m’a entourée de son bras frêle et m’a tapotée la joue comme si elle comprenait mon émotion. Tout le monde s’est mis à chanter le cantique, mais je n’ai pas pu le faire.

    Tandis que les malades et le personnel chantaient la grandeur de Dieu, l’Esprit a empli la pièce et touché tout le monde. J’ai repris le contrôle de mes émotions et je me suis jointe aux autres, chantant :

    Quand il viendra, au son de la trompette,

    Pour me chercher, joyeux sera mon chant !

    Bien humblement, j’inclinerai la tête

    Et redirai : « Mon Dieu, que tu es grand ! »

    Après le spectacle, les sœurs de la Société de Secours se sont mêlées aux malades et au personnel. La sœur aux cheveux blancs nous a dit qu’elle s’était sentie seule et entourée d’inconnus jusqu’à notre arrivée. Nous ne savions pas qu’elle serait là, mais notre Père céleste le savait.

    Cette expérience m’a rappelé que toutes ces personnes étaient nos frères et sœurs, qu’elles avaient besoin d’amour et de réconfort et qu’un jour peut-être je pourrais être à leur place. J’ai été profondément touchée quand je me suis rendu compte que nous pouvions être les instruments d’un Père aimant et j’ai été reconnaissante que notre projet de service m’ait enseigné une leçon précieuse sur l’amour.