Le repentir

Devoirs et bénédictions de la prêtrise : Manuel de base pour les détenteurs de la prêtrise, Tome 1, 1998


Le but de cette leçon est de nous faire comprendre comment le repentir peut nous préparer à retourner auprès de notre Père céleste.

Introduction

Joseph Smith, le prophète, a un jour lancé cet objectif: «Commençons de nouveau aujourd’hui même, et disons maintenant de tout notre cœur que nous abandonnons nos péchés et serons justes» (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 295).

Comme nous sommes tous ici pour apprendre et pour progresser, nous faisons tous des erreurs. Il y en a de nombreux genres. Tantôt nous faisons ce que nous savons ne pas devoir faire, comme faire preuve de méchanceté ou prendre quelque chose qui ne nous appartient pas. C’est ce qu’on appelle des péchés de commission. Tantôt nous nous abstenons de faire ce que nous savons devoir faire, comme payer la dîme ou être amical avec nos voisins. C’est ce qu’on appelle des péchés d’omission.

La nécessité du repentir

Quand nous savons que nous avons mal agi, nous ne pouvons pas être heureux. Nous avons honte de nos erreurs et nous nous rendons compte que nous ne pouvons servir le Seigneur comme il convient. Il arrive même que notre malaise nous amène à manquer de gentillesse envers les autres. Notre Père céleste ne veut pas que nous soyons malheureux. Il désire que nous recevions tous les bénédictions qu’il a pour nous, mais il ne nous donne pas de bénédictions que nous ne méritons pas. Cela ne veut pas dire qu’il s’est détourné de nous ou qu’il nous aime moins. Cela signifie simplement qu’il veut que nous surmontions nos faiblesses et nous ne nous efforcerions pas de le faire s’il nous bénissait lorsque nous agissons mal.

Le repentir est donc le plan conçu par Dieu pour nous permettre de surmonter nos faiblesses et être ainsi dignes de vivre avec lui.

C’est pour cette raison qu’il nous a demandé d’examiner notre vie pour découvrir quels en sont les aspects à améliorer. Joseph Fielding Smith a enseigné: «Notre devoir est d’être meilleurs aujourd’hui qu’hier, et meilleurs demain qu’aujourd’hui. Pourquoi? Parce que nous sommes sur ce chemin… de la perfection et nous ne pourrons y arriver qu’en obéissant et en ayant dans le cœur le désir de vaincre [nos péchés]» (Doctrines du Salut, vol. 2, p. 27).

Lisez Alma 11:37. Pourquoi le repentir est-il nécessaire? Lisez 1 Jean 1:8–10; Alma 34:33–34; 3 Néphi 30. Pourquoi devons-nous nous repentir aussi rapidement que possible?

Comment se repent-on?

Le péché, c’est comme de la saleté sur notre corps. Cela nous rend spirituellement impurs. Le repentir, c’est comme se laver à l’eau et au savon. Après nous être repentis, nous nous sentons rafraîchis et propres. A. Theodore Tuttle a expliqué cela comme suit:

«Le repentir est comme le savon. Il est le détergent de la vie. Comme lui, il nous lave des péchés de la vie. On doit l’utiliser chaque fois que c’est nécessaire. Il faut toutefois se rappeler que si l’on en fait un mauvais usage (nettoyage superficiel et effort sans conviction) cela peut donner une grisaille révélatrice. Bien utilisé, le détergent de la vie nettoie à fond, complètement et de façon définitive…

«Un jour, nous… serons amenés à comparaître devant la barre du jugement du Seigneur. Nous nous y retrouverons soit pleins de taches, sales et impurs ou, ayant accepté et appliqué le grand et merveilleux don de la purification – par le savon de la vie – nous y serons propres, pardonnés et purs devant le Seigneur. La prochaine fois que vous vous servirez de savon, pensez à purifier votre esprit en lui appliquant le détergent de la vie, la loi universelle du repentir» (“Repentance”, Improvement Era, novembre 1968, p. 64).

Pour se repentir, il y a une marche à suivre.

Montrez l’aide visuelle 28-a, «Le repentir véritable demande du temps et des efforts». Parlez des sept phases du repentir qui se trouvent dans le manuel des Principes de l’Évangile, chapitre 19. Si c’est possible, demandez à plusieurs frères de se charger d’un point chacun, d’être prêts à en discuter, et de le présenter aux frères. Faites un schéma qui montre les sept phases du repentir pendant qu’on les traite. (Les voici: reconnaître le péché, en avoir du remords, l’abandonner, le confesser, réparer, pardonner aux autres et garder les commandements de Dieu.)

Le repentir véritable n’est pas aisé. Cela demande du temps et des efforts. C’est pour cette raison que nous ne pouvons remettre le jour de notre repentir (voir Alma 13:27).

La joie du repentir

Montrez l’aide visuelle 28-b, «Le repentir est possible parce que Jésus-Christ a payé pour nos péchés».

Nous nous repentons pour obtenir le pardon de nos péchés. Mais si Jésus-Christ n’avait pas payé pour nos péchés et n’était pas mort pour nous, nous ne l’obtiendrions jamais. Ce n’est que par son sacrifice expiatoire que la miséricorde peut satisfaire la justice, ce qui peut nous purifier de nos péchés (voir Alma 34:10–16). C’est une grande bénédiction, et nous devons toujours en être reconnaissants.

Jésus a payé pour nos péchés, mais ils ne nous sont pas effacés si nous ne nous repentons pas. Quand Alma le Jeune s’est rendu compte qu’il avait péché, il a dit: «Oui, je me rappelais tous mes péchés, toutes mes iniquités, et j’en subissais les peines de l’enfer…

«Je me rappelai aussi avoir entendu mon père prophétiser au peuple la venue d’un certain Jésus-Christ, un Fils de Dieu, pour expier les péchés du monde.

«Lorsque mon esprit se saisit de cette pensée, je m’écriai dans mon cœur; O Jésus, Fils de Dieu, aie pitié de moi… Et maintenant, voici, lorsque j’eus pensé ceci, je ne pus plus me souvenir de mes peines…

«Et ô, quelle joie, quelle lumière merveilleuse je vis; oui, mon âme était remplie d’une joie aussi extrême que l’avait été ma souffrance!» (Alma 36:13, 17–20).

Demandez à un frère de raconter la parabole du fils prodigue (Luc 5:11–32). Qu’est-ce que celui-ci a ressenti quand il a commencé à se repentir? Et son père?

Comme les hommes continuent de pécher et ont besoin de se repentir, l’histoire du fils prodigue se répète souvent, comme dans l’histoire suivante:

Demandez au frère précédemment désigné de raconter l’histoire de ce fils prodigue moderne. Demandez aux autres de retrouver en silence les phases du repentir qu’il a appliquées.

«Jusqu’à l’âge de 17 ans, je suis resté proche de l’Église, j’ai assisté à toutes les réunions et rempli mes responsabilités dans la prêtrise. Je n’avais jamais eu l’idée d’agir autrement. J’aimais l’Église et ses programmes.

«Mais à 17 ans, j’ai commencé à m’affirmer en me rebellant contre ma famille et en exigeant ma liberté. Un de mes meilleurs amis appartenait à une autre Église et je suis tombé dans le piège en essayant certaines choses qu’il m’a offertes, l’alcool, le tabac; je suis sorti avec des jeunes filles non membres, et je suis bientôt tombé amoureux d’une jeune fille formidable. De nombreux week-ends, ses parents m’ont invité dans leur résidence secondaire, ce qui m’empêchait, bien entendu d’être pratiquant.

«Puis la Deuxième Guerre mondiale est arrivée, et quand mon évêque m’a demandé si je voulais aller en mission, j’ai répondu que je préférais m’engager dans l’armée et servir mon pays. Je continue à croire qu’il est important de servir son pays, mais je sais à présent qu’il aurait été plus sage d’aller d’abord en mission pour mon Père céleste.

«Vers ce moment-là j’ai aussi commencé à découvrir que certains membres de l’Église que j’admirais beaucoup ne respectaient pas tous les principes de l’Église. Je me suis permis de les juger, et à mes yeux c’étaient des hypocrites. Je me suis promis que s’il m’arrivait jamais de ne pas respecter nos principes, je resterais à l’écart de l’Église plutôt que d’être hypocrite en enseignant une chose et en en faisant une autre. C’était encore une erreur de taille, car c’est exactement ce que j’ai fait et ce que l’adversaire espérait.

«Quatre ans passés comme pilote dans la marine et quinze ans de voyages comme représentant de commerce ont fait qu’il m’a été facile de rester non-pratiquant, et pourtant pendant toutes ces années j’ai cru aux vérités qui étaient profondément enracinées dans mon âme. Quand j’ai eu 38 ans, mon plus jeune frère, Tom, est venu habiter chez nous pendant six semaines. Chaque dimanche matin il s’est rendu seul aux réunions de la prêtrise et autres, et ma conscience a commencé à me tourmenter. Je n’étais pas heureux. Je savais que quelque chose clochait, et cette impression revenait de plus en plus fréquemment. Dans le passé, j’avais pu arrêter de fumer quand cela me plaisait, mais à présent je découvrais que cela n’était plus le cas. J’allais voir Tom à son bureau et je me surprenais à critiquer l’Église, et après coup, sans jamais le lui dire, je me sentais coupable.

«J’allais vers une crise, et elle s’est produite un soir, après un cocktail et un bal dans un club. Je me suis couché tard, mais je ne pouvais pas dormir, quelque chose de presque inimaginable pour moi. Finalement, je me suis levé de manière à ne pas déranger ma femme, et pour la première fois de ma vie, j’ai fait les cent pas en me rendant enfin compte que je devais changer.

«Je n’avais jamais pu montrer mes sentiments par les larmes et l’humilité, mais l’instant d’après j’étais à genoux, suppliant, pour la première fois en 19 ans, mon Père céleste de m’aider. Pendant que je priais, un sentiment irrésistible d’amour, de compassion et de bonheur total m’a envahi et le Saint-Esprit m’a environné avec une telle force que j’ai longtemps été secoué par les sanglots. Quand je me suis levé, je me sentais bien. J’avais le cœur rempli de gratitude. Je n’avais encore jamais ressenti une telle sensation de chaleur, et une ardeur intérieure remplissait tout mon être avec une telle intensité que j’ai cru qu’elle allait me consumer.

«Je suis retourné dans notre chambre et j’ai réveillé ma femme. Je pleurais toujours, et elle m’a demandé ce qui n’allait pas. Je lui ai parlé de mon désir de changer de vie et d’adopter l’Évangile de Jésus-Christ et elle a répliqué sur-le-champ qu’elle me soutiendrait. Depuis ce temps-là, je n’ai plus jamais eu envie d’une cigarette, de boire un verre ou une tasse de café.

«Le Seigneur a commencé à me bénir et il a continué jusqu’à ce jour. En moins d’un an j’ai eu le bonheur de baptiser mes enfants, et peu de temps après, ma femme. Un an plus tard, nous sommes allés au temple de Logan pour être mariés pour l’éternité et pour que nos enfants nous soient scellés.

«Je témoigne que le Seigneur est content quand ses brebis perdues reviennent à la bergerie. Il nous montre à tous son amour et sa bienveillance lorsque nous nous repentons et que nous gardons ses commandements» (Lewis W. Cottle, “The Return of the Prodigal”, Ensign, mars 1974, pp. 43–44).

Quels ont été les sentiments de ce fils prodigue actuel quand il s’est repenti? Lisez Luc 15:10. Comment notre Père céleste voit-il notre repentir? (Voir D&A 58:42 et Ésaïe 1:18.) Comment devons-nous traiter quelqu’un qui s’est repenti?

Conclusion

Nous avons tous besoin de nous repentir si nous voulons devenir comme notre Père céleste et vivre à nouveau avec lui. C’est pour cette raison que Jésus-Christ nous a donné la possibilité de nous repentir en expiant nos péchés. Lorsque nous nous repentons, nous nous en réjouissons et notre Père céleste aussi.

Harold B. Lee a enseigné: «Le plus important de tous les commandements de Dieu, c’est celui que vous avez le plus de mal à garder aujourd’hui. Si c’est celui de l’honnêteté, celui de la chasteté, celui qui interdit la tromperie, celui qui nous impose de dire la vérité, c’est aujourd’hui que vous devez y travailler jusqu’à ce que vous ayez vaincu cette faiblesse. Vous pourrez ensuite vous attaquer au deuxième commandement que vous avez le plus de mal à garder» (Church News, 5 mai 1973, p. 3).

Incitation à l’action

1. Lorsque vous faites vos prières personnelles, suppliez le Seigneur de vous aider à surmonter les problèmes que vous essayez de résoudre. Parlez-lui tous les jours de vos progrès et tout en continuant de vous améliorer, continuez à prier pour qu’il vous pardonne vos erreurs passées.

2. Montrez votre joie de voir le repentir des autres, tout particulièrement des membres de votre famille.

Écritures supplémentaires

  • Psaumes 51:10 (David prie pour être pardonné)

  • Ésaïe 1:16–18 (il nous est commandé de nous repentir)

  • Luc 15:7 (le ciel se réjouit de celui qui se repent)

  • 2 Corinthiens 7:10 (la tristesse selon Dieu conduit au repentir)

  • Mosiah 4:1–3 (les péchés sont pardonnés grâce à l’expiation du Christ)

  • Alma 7:15 (le baptême est un signe de repentir)

  • Alma 12:14–15 (la foi et le repentir apportent le salut)

  • Alma 34:8–9 (le Christ a payé pour les péchés du monde)

  • D&A 19:16–17 (le Christ a souffert pour ceux qui se repentent)

  • D&A 76:40–42 (Jésus est mort pour expier les péchés du monde)

Préparation de l’instructeur

Avant de faire cette leçon:

  1. 1.

    Lisez le chapitre 19, «Le repentir», dans le manuel des Principes de l’Évangile.

  2. 2.

    Rappelez aux frères d’apporter leurs Écritures au cours.

  3. 3.

    Si vous voulez, demandez à plusieurs frères de parler des sept phases du repentir présentées au chapitre 19 du manuel des Principes de l’Évangile.

  4. 4.

    Demandez à des frères de dire les histoires et les Écritures de la leçon.

  5. 5.

    Préparez la leçon de manière à éviter de discuter des problèmes individuels des membres du collège.