L’amour et le service

Devoirs et bénédictions de la prêtrise : Manuel de base pour les détenteurs de la prêtrise, Tome 1, 1998


Le but de cette leçon est de nous apprendre que l’amour et le service d’autrui sont importants dans notre appel de la prêtrise.

Introduction

Montrez l’aide visuelle 33-a, «Le Christ est le grand exemple de l’amour».

Jésus-Christ aime tout le monde. Sa capacité d’aimer est parfaite. Son amour est si complet que les Écritures nous disent qu’il est amour (1 Jean 4:7–12). C’est dans les services qu’il a rendus aux hommes que l’amour du Christ apparaît le mieux.

Nous, les détenteurs de la prêtrise, nous avons l’obligation de devenir tel qu’il est. Pour cela, nous devons apprendre à aimer et à servir comme lui. H. Burke Peterson, de l’épiscopat président, nous a enseigné que «dans un monde et une société où Satan lance les attaques les plus féroces qu’il ait jamais lancées contre les enfants des hommes, nous n’avons pas de plus grande arme que l’amour pur, désintéressé et chrétien» (“The Daily Portion of Love”, Ensign, mai 1977, p. 69).

L’amour est un commandement

Un jour que le Christ était occupé à enseigner, un scribe lui demanda: «Quel est le premier de tous les commandements?» Jésus répondit: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.

«Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là» (Marc 12:28–31).

Pourquoi ces deux commandements sont-ils plus grands que les autres? (Quand nous aimons Dieu et nos semblables, nous faisons tout ce que nous pouvons pour les rendre heureux, et par conséquent nous gardons tous les autres commandements.)

Le Sauveur a passé une bonne partie de sa vie à enseigner l’amour. On appelle parfois son Évangile «l’Évangile d’amour». Il a enseigné que ce n’est que quand nous aimons les autres que nous sommes ses disciples (voir Jean 13:35). Il a expliqué que nous devions même aimer nos ennemis (voir Matthieu 5:43–44). Quelques heures seulement avant sa crucifixion, Jésus disait encore: «Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres» (Jean 13:34).

Le président Tanner, en mettant l’accent sur l’importance du commandement d’aimer, a dit: «Le seul slogan dont nous avons besoin pour être heureux… c’est: Aimez-vous les uns les autres–six mots tout simples.»

La charité, l’amour pur du Christ

Demandez aux frères de lire Moroni 7:45–47. Qu’est-ce que la charité?

Mark E. Petersen a expliqué que la charité c’est «l’amour pur du Christ qui nous aide à aimer Dieu et notre prochain» («Faites aux autres…», L’Étoile, octobre 1977, p. 87). L’histoire suivante, racontée par Marion D. Hanks, montre comment un père a appris à sa fille à acquérir et à manifester la charité.

«Je pense à une bonne personne qui était née avec un corps gravement handicapé… [Elle] a raconté un incident qui se produisit dans son enfance. Ses camarades de jeu l’avaient traitée de noms qui… lui avaient fait de la peine et l’avaient fait pleurer. Quand elle rentra à la maison, son père la prit sur ses genoux, la serra fort dans ses bras et pleura avec elle tout en lui expliquant que… [cette expérience] pouvait rendre sa vie productrice et heureuse. ‹Chérie, dit-il… tu as une bosse dans le dos ainsi que d’autres gros problèmes. Mais ce n’est pas ta faute, ni celle de tes parents ni de ton Père céleste… Ce que tes camarades ont dit est vrai, mais ce n’était ni juste ni gentil. Si tu essaies pendant toute ta vie d’être plus juste et plus gentille avec les autres qu’eux avec toi, alors tu seras heureuse, et tu auras une vie comblée et utile›» (“More Joy and Rejoicing”, Ensign, nov. 1976, p. 32).

D’après cette histoire, qu’est-ce que chacun de nous peut faire pour devenir charitable? Demandez à un frère de lire 1 Corinthiens 13:1.

Theodore M. Burton a expliqué que «la charité est… un amour si grand que nous sommes disposés à donner une partie de nous- mêmes aux autres… Dire ‹je t’aime› est facile. Mais il ne suffit pas de déclarer son amour; il faut le prouver par des actes. L’amour, si on ne le démontre pas, n’est qu’une cymbale qui retentit ou un tambour qui assourdit l’oreille et n’apaise pas l’âme» (“If I Have Not Love”, The Instructor, juin 1970, p. 201).

Le fait d’être charitable nous aide à avoir une vie heureuse et utile. Si nous ne cultivons pas la charité, nous serons «comme le rebut que les raffineurs rejettent [étant sans valeur] pour être foulé aux pieds des hommes» (Alma 34:29).

Servir en chrétien

Montrez l’aide visuelle 33-a, «Le Christ est le grand exemple de l’amour».

Notre amour pour notre Père céleste et ses enfants se révèle quand nous servons notre prochain. Harold B. Lee a dit qu’une nuit il a eu «ce qui a dû être une vision», dans laquelle il lui était dit: «Si tu veux aimer Dieu, tu dois apprendre à aimer et à servir les gens. C’est de cette façon-là que tu montreras ton amour pour Dieu» (Stand Ye In Holy Places, p. 189).

Le service chrétien est un service rendu sincèrement et souvent sans récompense à quelqu’un qui est dans le besoin. Il se peut qu’on ne vous l’ait pas demandé ou que ce soit déplaisant et exige un grand effort de notre part. Il se peut qu’il doive être rendu à un moment où il nous est difficile de le rendre. Mais quelle que soit la manière dont il est rendu, c’est un service que nous rendons simplement parce que nous aimons les enfants de notre Père céleste.

Pourquoi devons-nous rendre service? À qui pouvons-nous rendre service?

Nous devons servir tout le monde, dans la mesure de nos possibilités et selon leurs besoins. Néanmoins, Thomas S. Monson nous rappelle que certains ont un besoin plus urgent de notre aide que d’autres: «Les malades, les fatigués, les affamés, ceux qui ont froid, qui sont blessés, les solitaires, les vieux, les errants, tous nous appellent à l’aide» (L’Étoile, octobre 1977, p. 84). L’histoire suivante montre comment un jeune homme a appris l’importance du service.

Demandez au frère précédemment désigné de raconter l’histoire ci-dessous:

Après la réunion de Sainte-Cène, l’évêque demanda à Steve de venir lui parler dans son bureau. «Nous y voilà, se dit-il, je parie que je vais être le nouveau président du collège des instructeurs. Toute la paroisse va vouloir me serrer la main. Ce que maman va être fière!»

«Steve, nous avons une tâche pour toi, dit-il. C’est une tâche spéciale de bon voisinage. Nous nous faisons du souci pour Hasty McFarland. Il a besoin que quelqu’un se lie d’amitié avec lui. Il n’est pas membre de l’Église, mais l’amour de Dieu s’étend à tous les hommes, et nous avons la bénédiction de montrer cet amour.»

Steve était consterné. Il revint en souvenir quinze jours en arrière quand quelques amis et lui s’étaient moqués du vieux monsieur en chantant des petits couplets et en criant les plaisanteries qu’ils avaient inventées sur lui. Déçu et rempli d’un sentiment de culpabilité, il entendit l’évêque dire: «J’aimerais que tu ailles lui rendre visite deux ou trois fois par semaine. Si c’est trop te demander, n’aie pas peur de le dire.»

Steve soupira et dit qu’il le ferait. L’évêque lui donna de plus amples instructions concernant la tâche. «Tu peux couper du bois pour le feu et lui fournir de la nourriture, des couvertures, ce qu’il lui faut pour l’aider à se sentir accepté. Sois un ami pour lui. Ton père sait que tu as cette tâche et il m’a dit qu’il t’aiderait. Ton Père céleste te guidera aussi.»

À son âge, quinze ans, Steve n’avait aucun mal à imaginer des choses qu’il préférerait faire: jouer au football, aller à la chasse, à la pêche ou jouer avec ses amis. Mais il savait qu’il avait accepté la tâche.

Hasty menait une vie d’ermite dans une petite cabane de bois juste en dehors de la ville. Une fois par an, il prenait un bain gratuit à l’hôtel aux frais du shérif. Il portait un bandeau oculaire noir et il avait une excroissance sur le côté de la tête. La plupart des enfants et même certains adultes avaient l’habitude de faire des remarques désobligeantes à son sujet.

Il arriva, très effrayé, à la cabane de Hasty. Il frappa. Il n’y eut pas de réponse. Finalement après avoir appelé le vieil homme, il décida d’ouvrir la porte. Il faisait froid et sombre dans la cabane. Il vit Hasty assis sur une couverture souillée et moisie sur son lit.

«Hasty, y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour toi?» bégaya Steve. Il lui dit son nom et ajouta que l’évêque de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours l’avait envoyé. Le vieux ne dit rien, il continua à regarder fixement par terre.

Steve sortit pour couper du bois. À chaque coup de hache il se demandait ce qu’il faisait là. «Cesse de ronchonner, dit une voix au-dedans de lui. Le vieil homme a froid et a besoin d’aide.»

Il fit du feu et essaya de parler à Hasty, qui ne répondit pas. Il se dit qu’il n’écoutait pas, et il lui dit qu’il reviendrait le lendemain avec une couverture chaude et propre. Le lendemain il était de retour avec une nouvelle couverture, comme promis. Pendant les quatre semaines qui suivirent, il alla lui rendre visite un jour sur deux. Finalement le vieux commença à lui parler. Un jour, il lui dit: «Mon garçon, pourquoi viens- tu? Je suis sûr qu’un gosse de ton âge a mieux à faire que de visiter une vieille vermine malade comme moi.» Puis il sourit.

Au moment du Thanksgiving, Steve l’invita à dîner. Il ne vint pas, mais la famille de Steve lui porta une partie de son repas. Il essaya de les remercier et il avait les larmes aux yeux.

Steve découvrit avec le temps que Hasty avait été berger. Il apprit que sa femme et ses enfants étaient morts d’une fièvre terrible et qu’une maladie lui avait coûté son œil. Tout à coup le vieil ermite ne paraissait plus laid, et Steve, après l’école, se dépêchait d’aller chez lui pour l’aider et écouter ses histoires.

Lorsque Noël arriva, la famille de Steve l’invita de nouveau à manger. Cette fois-ci, il vint et en costume, bien lavé et présentable. À la fin du repas, le vieil homme exprima sa reconnaissance pour Steve et sa famille. Il dit que sa vie avait été un gâchis, mais l’amour qu’ils lui avaient témoigné était en train de le transformer.

Steve regarda Hasty et vit comme il était heureux; et au-dedans de lui, il sentit son cœur devenir chaud. (Voir “Hasty”, New Era, nov. 1974, pp. 48–49.)

Le service rendu à Hasty était-il un geste chrétien? Comment le jeune homme a-t-il été béni pour le service qu’il a rendu? Qui a été le plus béni?

Au moment de notre baptême, nous avons promis au Seigneur de «porter les fardeaux les uns des autres, pour qu’ils soient légers… [de] pleurer avec ceux qui pleurent… [de] consoler ceux qui ont besoin de consolation» (Mosiah 18:8–9). Nous avons la responsabilité de rechercher les nécessiteux. Ensuite nous devons les secourir avec amour et gentillesse sans qu’on nous le demande ou qu’on nous le commande (voir D&A 58:26–29).

Conclusion

L’évêque Peterson nous rappelle: «Le Maître a donné le commandement à tous et pas à un petit nombre dans un pays ou à une poignée dans un autre, pas simplement à une famille çà et là, mais à tous ses enfants, partout. Exprimez votre amour maintenant! Montrez-le maintenant» (L’Étoile, octobre 1977, p. 79).

Un tel amour ne profite pas seulement à ceux que nous servons mais aussi à nous-mêmes. Le président Kimball a observé: «C’est en servant que nous apprenons à servir. Lorsque nous sommes engagés au service de nos semblables, non seulement nos actes les aident, mais nous plaçons nos propres problèmes dans une perspective nouvelle… et nous avons moins de temps pour nous inquiéter de nous-mêmes… Nous devenons des personnes plus importantes en servant les autres» (“Small Acts of Service”, Ensign, 1974, p. 2).

«Nous avons plus que jamais la responsabilité de faire en sorte que notre foyer rayonne d’une unité, d’un amour, d’un esprit civique, d’une loyauté que nos voisins percevront. Qu’ils le voient et qu’ils l’entendent… Que Dieu nous aide comme détenteurs de la prêtrise, comme membres de l’Église, à propager… l’amour… la charité… et le service!» (David O. McKay, “Radiation of the Individual”, Instructor, oct. 1964, p. 374.)

Incitation à l’action

  1. 1.

    Priez humblement et sincèrement pour être capables d’aimer comme Jésus l’a fait.

  2. 2.

    Montrez votre amour pour votre famille en faisant quelque chose de gentil pour chacun de ses membres.

  3. 3.

    Montrez de l’amour envers quelqu’un qui en a besoin en faisant quelque chose de gentil pour lui.

  4. 4.

    Aidez votre collège de la prêtrise à préparer une activité de service pour quelqu’un.

Écritures supplémentaires

  • Matthieu 25:31–46 (nous servons Dieu en servant nos semblables)

  • 1 Corinthiens 13 (la charité est la plus grande caractéristique de la piété)

  • Moroni 7:45–48 (la charité est l’amour pur du Christ et un don de Dieu)

Préparation de l’instructeur

Avant de faire cette leçon:

  1. 1.

    Lisez le chapitre 28, «Servir», et le chapitre 30, «La charité», dans le manuel des Principes de l’Évangile.

  2. 2.

    Demandez à des frères de dire les histoires et les Écritures de la leçon.