La Première Vision

Notre patrimoine : Brève histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 1999


Nécessité d’un rétablissement

Après la mort des apôtres de Jésus, la prêtrise et beaucoup de vérités de l’Evangile furent enlevées de la terre, ce qui marqua le début d’une longue période de ténèbres spirituelles, appelée la grande apostasie. Amos, le prophète, avait prédit cette perte et déclaré que le moment viendrait où il y aurait «une famine dans le pays, non pas la disette du pain et la soif de l’eau, mais la faim et la soif d’entendre les paroles de l’Eternel» (Amos 8:11). Pendant les longs siècles d’apostasie, beaucoup d’hommes et de femmes honnêtes recherchèrent la plénitude de la vérité évangélique mais ne purent la trouver. Les ecclésiastiques des nombreuses confessions religieuses prêchaient des messages divergents et invitaient les hommes et les femmes à se joindre à eux. Bien que la plupart d’entre eux eussent des intentions honnêtes, aucun n’avait la plénitude de la vérité ou de l’autorité de Dieu.

Toutefois, le Seigneur, dans sa miséricorde, avait promis que son Evangile et sa prêtrise seraient rendus un jour à la terre pour ne plus jamais lui être enlevés. A l’aube du 19e siècle, sa promesse était sur le point de s’accomplir, et la longue nuit de l’apostasie allait bientôt prendre fin.

Courage du jeune Joseph Smith

Au début des années 1800, la famille de Joseph et Lucy Mack Smith habitait à Lebanon (New Hampshire, Etats-Unis). C’étaient des personnes humbles et inconnues qui gagnaient pauvrement leur vie en travaillant dur. Joseph, fils, leur cinquième enfant, avait sept ans quand il survécut à une épidémie de typhus qui provoqua plus de trois mille décès en Nouvelle-Angleterre. Pendant sa convalescence, une infection grave se déclara dans la moelle de l’os de sa jambe gauche, et la souffrance, presque insupportable, dura pendant plus de trois semaines.

Le chirurgien local décida d’amputer la jambe, mais sur l’insistance de la mère de Joseph, on fit appeler un autre médecin. Nathan Smith, médecin au Dartmouth College voisin, dit qu’il allait essayer de sauver la jambe en utilisant une technique relativement nouvelle et extrêmement douloureuse, consistant à enlever une partie de l’os. Le médecin apporta des cordes pour lier le garçon, mais celui-ci s’y opposa, disant qu’il supporterait l’opération sans cela. Il refusa aussi de prendre de l’eau-de-vie, seule forme d’anesthésique disponible et demanda seulement que son père le tienne dans ses bras pendant l’opération.

Il la supporta avec beaucoup de courage, et le docteur Smith, l’un des médecins les plus qualifiés du pays, put lui sauver la jambe. Joseph souffrit longtemps avant que sa jambe ne guérisse et qu’il ne puisse marcher sans douleur. Après son opération, la famille alla s’installer à Norwich (Vermont), où elle connut trois années successives de mauvaises récoltes, avant de s’installer à Palmyra (New York).

La Première Vision

Joseph Smith passa sa jeunesse à aider sa famille à défricher, à déplacer des pierres et à effectuer une foule d’autres travaux. Lucy, sa mère, nous rapporta que le jeune Joseph était un garçon qui réfléchissait beaucoup et pensait souvent au bien-être de son âme immortelle. Il se souciait particulièrement de savoir laquelle des Eglises qui faisaient du prosélytisme dans la région de Palmyra était la bonne. Comme il l’explique en ses propres termes:

«Pendant cette période de grande agitation, mon esprit fut poussé à réfléchir sérieusement et à éprouver un grand malaise; mais quoique mes sentiments fussent profonds et souvent poignants, je me tins cependant à l’écart de tous ces partis tout en suivant leurs diverses assemblées aussi souvent que j’en avais l’occasion. Avec le temps, mon esprit se sentit quelque inclination pour la secte méthodiste, et je ressentis un certain désir de me joindre à eux; mais la confusion et la lutte étaient si grandes entre les diverses confessions, qu’il était impossible à quelqu’un d’aussi jeune et d’aussi peu au courant des hommes et des choses que je l’étais, de décider d’une manière sûre qui avait raison et qui avait tort…

«Tandis que j’étais travaillé par les difficultés extrêmes causées par les disputes de ces partis de zélateurs religieux, je lus, un jour, l’Epître de Jacques, chapitre 1, verset 5, qui dit: Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée.

«Jamais aucun passage de l’Ecriture ne toucha le cœur d’un homme avec plus de puissance que celui-ci ne toucha alors le mien. Il me sembla qu’il pénétrait avec une grande force dans toutes les fibres de mon cœur. J’y pensais constamment, sachant que si quelqu’un avait besoin que Dieu lui donne la sagesse, c’était bien moi; car je ne savais que faire, et à moins de recevoir plus de sagesse que je n’en avais alors, je ne le saurais jamais, car les professeurs de religion des diverses sectes comprenaient si différemment les mêmes passages de l’Ecriture que cela faisait perdre toute confiance de régler la question par un appel à la Bible.

«Enfin, j’en vins à la conclusion que je devais, ou bien rester dans les ténèbres et la confusion, ou bien suivre le conseil de Jacques, c’est-à-dire demander à Dieu» (Joseph Smith, Histoire vv. 8, 11–13).

Par une belle matinée de printemps de 1820, Joseph Smith alla seul s’agenouiller dans un bosquet près de chez lui et se mit à exprimer les désirs de son cœur à Dieu, demandant à être guidé. Il décrit comme suit ce qui arriva alors:

«Je fus saisi par une puissance qui me domina entièrement et qui eut une influence si étonnante sur moi que ma langue fut liée, de sorte que je ne pouvais pas parler. Des ténèbres épaisses m’environnèrent, et il me sembla un moment que j’étais condamné à une destruction soudaine» (JSH v. 15).

L’adversaire de toute justice savait que Joseph avait une grande œuvre à accomplir et tentait de le détruire, mais Joseph, utilisant toutes ses forces, invoqua Dieu et fut immédiatement délivré:

«A cet instant de grande alarme, je vis, exactement au-dessus de ma tête, une colonne de lumière, plus brillante que le soleil, descendre peu à peu jusqu’à tomber sur moi.

«A peine eut-elle apparu que je me sentis délivré de l’ennemi qui m’enserrait. Quand la lumière se posa sur moi, je vis deux personnages dont l’éclat et la gloire défient toute description, et qui se tenaient au-dessus de moi dans les airs. L’un d’eux me parla, m’appelant par mon nom, et dit, me montrant l’autre: Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Ecoute-le!» (JSH vv. 16–17).

Dès qu’il eut repris possession de ses moyens, Joseph demanda au Seigneur laquelle de toutes les confessions religieuses était la bonne et à laquelle il devait se joindre. Le Seigneur lui répondit qu’il ne devait se joindre «à aucune, car elles étaient toutes dans l’erreur» et que «tous leurs credos étaient une abomination à ses yeux». Il dit qu’ils avaient «une forme de piété», mais qu’ils en niaient «la puissance» (JSH v. 19). Il lui dit aussi beaucoup d’autres choses.

Lorsque la vision se fut refermée, Joseph se retrouva couché sur le dos, toujours occupé à regarder au ciel. Il reprit graduellement ses forces et rentra chez lui.

Quand le soleil s’était levé ce matin de 1820, Joseph Smith aurait été loin de s’imaginer qu’à l’aube il y aurait de nouveau un prophète sur la terre. Lui, garçon inconnu vivant dans l’est de l’Etat de New York, avait été choisi par Dieu pour accomplir l’œuvre merveilleuse et le prodige de rétablir l’Evangile et l’Eglise de Jésus-Christ sur la terre. Il avait vu deux personnages divins et pouvait maintenant témoigner de manière tout à fait unique de la véritable nature de Dieu le Père et de son Fils Jésus-Christ. Ce matin-là était véritablement l’aube d’un jour plus lumineux. La lumière avait envahi un bosquet, et Dieu le Père et Jésus-Christ avaient appelé un garçon de quatorze ans à être leur prophète.