Acquérir et enseigner la maîtrise de soi

La sainte des derniers jours, Partie A, 2002


Cette leçon a pour objectif de nous aider à acquérir et à enseigner la maîtrise de soi.

Nous devons apprendre à maîtriser nos appétits et nos sentiments

• Chantez le cantique «Apprends-moi à marcher dans la clarté» (Cantiques n° 195).

Nous lisons dans les Ecritures: «Qui est lent à la colère vaut mieux qu’un héros» (Proverbes 16:32). Nous y lisons également: «Veille aussi à tenir toutes tes passions en bride, afin d’être rempli d’amour» (Alma 38:12).

Nos appétits et nos passions ressemblent à un cheval intrépide et puissant. Si nous les laissons courir sans retenue, sans harnais ni dressage, ils feront de nous ce qu’il leur plaira. Ils pourront nous emmener dans des lieux dangereux. Mais nous ne détruirions pas un beau cheval, pour la seule raison qu’il est fougueux. Quand il a une bride et que nous en sommes maître, le cheval peut nous rendre bien service. De même, quand nous maîtrisons nos désirs et nos sentiments, nous apprenons à les canaliser dans les limites de l’Evangile. Ils peuvent devenir nos serviteurs. Ils peuvent augmenter notre faculté de ressentir la joie et l’amour.

La maîtrise de soi nous aide à progresser et à recevoir des bénédictions.

Le baptême a été le début d’une nouvelle vie pour nous. En suivant le Sauveur, nous nous efforçons de surmonter l’attraît du monde, la faiblesse et le péché. Le Sauveur a dit:

«Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive» (Matthieu 16:24).

«Pour qu’un homme se charge de sa croix, il doit se refuser toute impiété et toute convoitise profane, et garder mes commandements» (TJS Matthieu 16:26).

Il a dit également:

«Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là.

«Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent» (Matthieu 7:13, 14).

Entrer au ciel par la porte étroite demande de la maîtrise de soi et de l’abnégation. Cela signifie se passer de certaines choses très tentantes. Lorsque nous connaissons la vérité et que nous y conformons notre vie, nous avons la liberté pour récompense.

• Lisez Jean 8:31–32. Ecrivez au tableau: En quoi l’obéissance aux principes de l’Evangile nous rend-elle libres? Demandez aux sœurs de réfléchir à cette question.

Si nous nous laissons aller à la colère, à la jalousie, à la vengeance, à l’égoïsme, à l’orgueil, à la vantardise, à la haine, etc. ces passions peuvent nous enchaîner. Elles gagnent continuellement de l’influence. Elles se fixent dans notre personnalité et deviennent des habitudes. Ainsi, nous perdons non seulement notre liberté, mais aussi le respect de nous-mêmes. Quand nous bridons nos passions, nous nous libérons de sentiments qui pourraient nous dominer.

Quand nous nous bridons, nous nous libérons de besoins qui pourraient nous dominer. Par contre, si nous mangeons trop ou consommons des substances nocives comme le café, le thé, l’alcool, le tabac ou la drogue, nous contractons des habitudes dont il sera difficile de se débarrasser. Notre corps se mettra à en avoir intensément besoin. Nous deviendrons leur esclave.

La soif des biens de ce monde (quand nous avons déjà de quoi satisfaire nos besoins), l’excès de sommeil ou de loisirs (comme la télévision) sont aussi des appétits. On doit les maintenir dans les limites qui conviennent.

• Lisez 2 Néphi 9:45. Comment l’obéissance aux principes de l’Evangile nous rend-elle libres?

Notre Père céleste bienveillant et sage nous a donné des commandements parce qu’il nous aime. Il veut nous protéger contre le chagrin inutile. Il veut nous aider à acquérir de la maîtrise pour pouvoir nous bénir. La loi du jeûne nous aide à apprendre à maîtriser notre envie de nourriture. Notre esprit maîtrise alors notre corps. La loi de la dîme nous aide à surmonter nos désirs égoïstes. Il nous a donné la Parole de Sagesse en partie pour nous libérer de l’influence néfaste du tabac, de l’alcool et de la drogue. Il nous a donné la loi de chasteté pour nous aider à maîtriser nos désirs physiques.

• Montrez L’aide visuelle 30-a, «Daniel et ses amis refusent la viande et le vin du roi».

Dans l’ancien Testament nous lisons l’histoire de Daniel et ses amis qui étaient condamnés à manger une nourriture qu’il leur avait été enseigné de ne pas manger, et à boire du vin. Ils ont refusé et à cause de leur obéissance à la loi de santé du Seigneur, la force et la santé leur ont été accordées (voir Daniel 1:1–16).

• Que pouvons-nous apprendre de l’expérience de Daniel et ses amis? Comment la maîtrise de soi nous aide-t-elle à obéir aux commandements?

Acquérir la maîtrise de soi

L’acquisition de la maîtrise de soi est l’affaire d’une vie entière. Quand nous comprenons l’Evangile nous voulons en appliquer les principes. L’application de l’Evangile exige que nous fassions des efforts constants pour acquérir plus de maîtrise de soi.

• Montrez une affiche comportant la liste suivante ou montrez les informations inscrites au tableau:

  1. 1.

    Se connaître

  2. 2.

    Se fixer des buts

  3. 3.

    Prier et lire les Ecritures

Se connaître

Toute la vie, nous rencontrons de nouvelles situations et nous en apprenons davantage sur l’Evangile et sur nous-mêmes. Nous nous rendons alors compte de nos forces et de nos faiblesses. Nous comprenons pourquoi nous les avons. Nous voulons nous débarrasser des mauvaises habitudes et en acquérir de bonnes.

Se fixer des buts

Si nous ne nous fixons pas de but et que nous ne travaillons pas à leur réalisation, nous sommes comme les vagues de la mer. Nous sommes poussés de côté et d’autre par les vents que sont nos désirs et nos sentiments incontrôlés. Nous devons avoir des buts clairement définis et confiance en nous pour maîtriser nos faiblesses. Kay Newman, sœur américaine, avait du mal à maîtriser son appétit:

«J’étais adulte et mes enfants étaient presque élevés quand j’ai compris que j’étais mon pire ennemi. Et vous savez ce qui a provoqué cela? Je suis gênée de vous le dire! Une boîte de chocolats! Durant les fêtes de Noël j’ai mangé presque une boîte entière de chocolats…

«Le chocolat était ma faiblesse. Je ne peux pas décrire ce que j’ai ressenti à quelqu’un qui n’a jamais été dans la même situation; j’étais gavée de chocolats, dégoûtée de moi-même et complètement découragée. En se servant de cette faiblesse ridicule, Satan m’influençait et me démoralisait. Tous mes sentiments et mes pensées à ce moment-là étaient indignes.

Aussi ce Noël-là j’ai décidé que cette situation ne se reproduirait plus jamais. Je me suis écrit une lettre. Dans celle-ci j’ai décrit ce que je ressentais pour ne pas l’oublier, et je me suis promis qu’avant la fin de l’année, je maîtriserais totalement mon appétit. J’ai constaté que depuis un an j’ai fait des progrès et que j’ai pris de l’assurance tous les jours. Je sais que j’ai presque gagné cette bataille-là» («My Worst Enemy – Me!», Ensign, février 1975, p. 62).

• Qu’est-ce que sœur Newman a ressenti quand elle s’est prouvé qu’elle pouvait se fixer un but et l’atteindre? Qu’est-ce qu’elle a fait pour s’en souvenir?

Prier et lire les Ecritures

En priant et en lisant régulièrement les Ecritures, nous pouvons affermir notre désir de mieux faire. La vie des personnages des ouvrages canoniques nous donne des exemples à suivre. Ils nous permettent de comprendre que nous pouvons acquérir, nous aussi, la maîtrise de nous-mêmes. Sœur Newman s’est fortifiée en lisant fidèlement les Ecritures une heure, chaque jour. Elle dit: «C’est pendant cette heure que j’ai acquis le désir de me contrôler. C’est pendant cette heure que j’ai trouvé l’envie de me débarrasser d’habitudes que j’avais depuis toujours et qui me freinaient, et cette envie m’est restée chaque foi que j’ai eu des difficultés» («My Worst Enemy – Me!», Ensign, février 1975, p. 63).

• Demandez aux sœurs comment la prière et la lecture des Ecritures les ont aidées à s’améliorer.

Apprendre la maîtrise de soi aux enfants

Le foyer doit être un terrain d’entraînement où les enfants apprennent la maîtrise de soi. Si nous ne les formons pas assez, ou si nous les serrons de trop, ils n’apprendront pas à se gouverner. Nous devons adopter une méthode cohérente pour enseigner la maîtrise de soi aux enfants.

• Montrez une affiche comportant la liste suivante ou montrez l’information inscrite au tableau:

  1. 1.

    Fixer les limites.

  2. 2.

    Apprendre aux enfants à appliquer les principes de l’Evangile.

  3. 3.

    Donner des responsabilités aux enfants.

Fixer les limites

• Montrez l’aide visuelle 30-b, «Le président et sœur McKay».

Le président McKay a enseigné:

«Je crois… que le meilleur âge pour apprendre à un enfant les limites à respecter se situe entre trois et cinq ans… Si la mère n’arrive pas à contrôler l’enfant à cet âge-là, elle aura beaucoup de mal à le faire plus tard… Je ne veux pas dire qu’il faille le pousser, le tirer ou l’enfermer: laissez le petit enfant parfaitement libre de se développer jusqu’à ce qu’il dépasse les limites de la sécurité. Puis faites-lui sentir la main douce mais ferme de la retenue.

«Sœur McKay et moi avons vu une fois cette règle démontrée efficacement au zoo… Nous avons vu un bébé singe qui apprenait à peine à marcher. La mère s’en occupait et le nourrissait. Nous avons d’abord été intéressés en voyant la mère tapoter le bébé et essayer de le faire dormir. Mais le petit s’est éloigné de sa mère et s’est mis à grimper dans la cage. La mère n’en faisait pas cas apparemment et elle l’a laissé grimper jusqu’à ce qu’il soit en danger. Alors elle est montée, l’a ramené et l’a laissé jouer dans les limites de la sécurité… Ainsi, nous constatons que la première contribution du foyer au bonheur de l’enfant est de lui faire comprendre qu’il y a des limites qu’il ne peut pas franchir en toute sécurité» (Stepping Stones to An Abundant Life, comp. Llewelyn R. McKay, 1971, p. 38).

• Lisez Doctrine et Alliances 93:40–44. Pourquoi le Seigneur a-t-il réprimandé Frederick G. Williams et Sidney Rigdon? Si nous n’avons pas réussi à maîtriser nos enfants pendant qu’ils étaient petits, pourquoi devons-nous tout de même continuer d’essayer?

Apprendre aux enfants à appliquer les principes de l’Evangile

N. Eldon Tanner a dit:

«Les enfants n’apprennent pas tout seuls à distinguer le bien du mal. Les parents doivent déterminer si l’enfant est prêt à assumer des responsabilités… Pendant que nous les formons, nous avons l’obligation de les discipliner et de veiller à ce qu’ils agissent bien. Si un enfant est barbouillé de terre, nous ne le laissons pas attendre qu’il grandisse et décide s’il se lavera ou non. Nous ne le laissons pas attendre de choisir de prendre ou non ses médicaments quand il est malade, ou s’il ira à l’école ou à l’église…

«Les parents doivent aussi apprendre à leurs enfants tôt dans la vie ce magnifique concept: nous sommes les enfants d’esprit de Dieu, et choisir de suivre les enseignements de Jésus-Christ est la seule manière de réussir et d’être heureux ici-bas et dans l’au-delà. On doit leur apprendre que Satan est réel et qu’il se servira de tous les moyens dont il dispose pour les tenter de faire le mal, les écarter, les enchaîner et les éloigner du bonheur et de l’exaltation suprême dont ils pourraient bénéficier autrement» (Seek Ye First the Kingdom of God, 1973, p. 87).

Les Ecritures parlent d’Eli, prêtre juste qui servait dans le temple. Les fils d’Eli n’ont pas suivi son exemple. Ils ont gravement péché contre le Seigneur. Eli les a mis en garde, mais ne les a pas empêchés de mal agir. A cause de cela, le Seigneur a été mécontent de lui et lui a fait subir un jugement dur (voir 1 Samue 2–3).

• Lisez 1 Samuel 3:13. Qu’est-ce que Le Seigneur veut que nous fassions en plus d’instruire nos enfants?

Il est extrêmement important que nous montrions le bon exemple à nos enfants. Si nous ne maîtrisons pas notre humeur, nos appétits et nos passions, les enfants ne contrôleront probablement pas les leurs.

Nous devons faire de notre maison un lieu de bonheur. Nos enfants doivent se sentir en sécurité et aimés. S’ils ne sont pas heureux en vivant l’Evangile à la maison, ils s’en écarteront. C’est pourquoi, quand un enfant s’est montré désobéissant, nous devons le réprimander puis lui manifester un surcroît d’amour.

• Lisez Doctrine et Alliances 121:43–44. Pourquoi faut-il montrer davantage d’amour aux enfants après les avoir réprimandés?

Donner des responsabilités aux enfants

Enzio Busche a dit:

«Nous sommes d’accord, ma femme et moi, pour dire que dans le courant de leur maturation spirituelle, les enfants ont ce qui pourrait être considéré comme un droit… d’avoir des déficiences… Nous croyons que les parents ont le devoir de comprendre… et de pardonner de peur que les enfants ne se découragent (voir Colossiens 3:21)… Leurs tentatives les plus humbles pour acquérir les dons positifs doivent être remarquées, mentionnées et admirées…

«Nous essayons d’amener nos enfants au respect d’eux-mêmes… et nous leur laissons la plupart du temps le soin de juger eux-mêmes. Nous avons constaté que nous ne sommes pas aussi bon instructeur quand nous découvrons et faisons remarquer les erreurs que quand nous aidons un enfant à découvrir par lui-même qu’il agit mal. Quand l’enfant peut comprendre lui-même ses erreurs, c’est déjà le premier pas vers le changement.

«Je me souviens que nous avons un jour demandé à notre fils, après une transgression, de fixer lui-même sa punition. Il a décidé qu’on ne devait pas lui permettre de regarder la télévision pendant un mois. Cela nous a paru beaucoup trop sévère, mais combien nous avons été heureux d’apprendre de sa grand-mère que pendant qu’il lui rendait visite il avait soutenu qu’elle avait tort de l’encourager à regarder une émission de télévision, même si ses parents ne le sauraient jamais. Je ne pense pas que les parents puissent éprouver de plus grande joie que de voir un enfant se conduire correctement dans une situation difficile» («Provoke Not Your Children», Ensign, mars 1977, pp. 41–42).

• Comment frère Busche incite-t-il ses enfants à acquérir la maîtrise de soi?

L. Tom Perry a dit:

«Les paroles de Joseph Smith, le prophète, concernant les principes de gouvernement s’appliquent certainement aux enfants: ‹Enseignez-leur des principes corrects et (laissez-les) se gouverner eux-mêmes› (cité par John Taylor dans Millenium Star, 13:339). Bien entendu nous devons nous assurer que nos enseignements sont adéquats et que nous avons inculqué à nos enfants la foi au Seigneur. Nous devons nous assurer qu’ils ont été correctement instruits, et quand ils commencent à mûrir spirituellement, nous devons leur fournir des occasions d’exprimer la force qui grandit en eux. Nous devons leur faire confiance et leur donner des responsabilités» (Conference Report, conférence interrégionale de Sao Paulo (Brésil), 1977, pp. 11–12).

Conclusion

L’acquisition de la maîtrise de soi pour nous et nos enfants dure toute la vie. Cela demande de la foi et de la patience. Mais plus nous acquerrons de maîtrise, plus nous recevrons de bénédictions de l’Evangile.

Tâche

Fixez-vous le but de surmonter une faiblesse. Suivez les trois étapes discutées dans la leçon pour apprendre la maîtrise de soi aux enfants. Révisez cette leçon à la maison.

Préparation pédagogique

Avant de donner cette leçon:

  1. 1.

    Etudiez le chapitre 4, «La liberté de choisir» et le chapitre 35, «L’obéissance», des Principes de l’Evangile.

  2. 2.

    Prévoyez de commencer la leçon par le cantique «Apprends-moi à marcher dans la clarté» (Cantiques n°195).

  3. 3.

    Préparez l’affiche suggérée dans la leçon ou inscrivez les informations au tableau.

  4. 4.

    Demandez à des élèves de présenter des histoires, des Ecritures ou des citations de votre choix.