Suivez le chemin du bonheur

Tiré d’un discours prononcé le 12 novembre 2012 à l’occasion de la veillée du DEE à Salt Lake City. Vous trouverez le texte intégral sur lds.org/broadcasts.


Gérald J. Caussé
Votre bonheur dépend davantage des principes que vous choisissez de suivre que des circonstances extérieures de votre vie.

La jeunesse est, en général, le moment parfait pour concevoir des projets personnels. En tant que jeunes adultes, vous devriez avoir des rêves pour votre avenir. Peut-être est-ce l’espoir d’un exploit sportif, ou la création d’une grande œuvre d’art ou l’obtention d’un diplôme ou d’une position professionnelle. Peut-être que vous avez même une image très précise de votre futur conjoint.

Combien d’entre vos vœux se réaliseront-ils ? La vie est pleine d’incertitude. Il y aura des moments-clés qui pourront changer le cours de votre vie en un instant. Il pourra s’agir simplement d’un regard ou d’une conversation, d’un événement imprévu. Il y aura de nouvelles possibilités, comme la récente déclaration du président Monson concernant l’âge du service missionnaire1. Parfois, ce sont des événements moins souhaités ou moins agréables qui se produisent.

La plupart des gens n’aiment pas l’inconnu. Les incertitudes de la vie entraînent parfois un manque de confiance, une crainte de l’avenir. Certains hésitent à prendre des engagements, même quand de bonnes occasions se présentent, par peur de l’échec. Par exemple, ils vont retarder le moment de se marier, de faire des études, de fonder une famille ou de s’engager dans une activité professionnelle stable, préférant simplement « traîner » ou rester dans le confort douillet du foyer parental.

Une autre philosophie qui va nous limiter est illustrée par cette maxime : « Mangeons et buvons car demain nous mourrons » (2 Néphi 28:7). Cette philosophie privilégie le plaisir immédiat, quelles que soient les conséquences à venir.

Le chemin du bonheur

Il existe une autre voie que celle de la crainte, du doute ou du laisser-aller ; une voie qui apporte paix, assurance et sérénité dans la vie. Vous ne pouvez pas contrôler toutes les circonstances de votre vie, mais vous avez le contrôle de votre bonheur. Vous en êtes les artisans.

Votre bonheur est plus le résultat de votre vision spirituelle et des principes sur lesquels vous fondez votre vie que de quoi que ce soit d’autre. Ces principes vous apporteront le bonheur indépendamment des imprévus et des surprises. Je vous propose d’examiner quelques-uns de ces principes essentiels.

1. Reconnaissez votre valeur personnelle

Récemment, ma famille et moi avons passé quelques jours de détente dans le sud de la France. Un soir, alors que le soleil venait de se coucher et que l’obscurité avait envahi la campagne environnante, j’ai décidé de m’allonger sur une chaise longue à l’extérieur de la maison. Mes yeux ont commencé à scruter la voûte céleste. Tout d’abord, elle était d’un noir opaque. Soudain, une lumière est apparue dans le ciel, telle une étincelle, puis deux, puis trois. Progressivement, mes yeux s’habituant à l’obscurité, c’est une myriade d’étoiles que je pouvais admirer. Ce que j’avais cru être un ciel noir était devenu la Voie lactée.

J’ai médité sur l’immensité de l’univers et sur ma propre insignifiance physique, et me suis posé la question : « Qui suis-je face à tant de grandeur et de magnificence ? » Une Écriture m’est venue à l’esprit :

« Quand je contemple les cieux, ouvrage de tes mains, la lune et les étoiles que tu as créées ;

« Qu’est-ce que l’homme pour que tu te souviennes de lui ? Et le fils de l’homme pour que tu prennes garde à lui ? » (Psaumes 24:3-4)

Et, tout de suite, cette phrase réconfortante :

« Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu, et tu l’as couronné de gloire et de magnificence » (Psaumes 8:5).

C’est là le miracle et le paradoxe de la Création. L’univers est immense et infini et cependant, en même temps, chacun de nous a une valeur unique, qui est glorieuse et infinie aux yeux de notre Créateur. Ma présence physique est infinitésimale, et pourtant ma valeur personnelle est infiniment importante aux yeux de mon Père céleste.

Savoir que Dieu nous connaît et nous aime personnellement, c’est comme une lumière qui éclaire notre vie et lui donne un sens. Qui que je sois, que j’aie des amis ou pas, que je sois populaire ou pas, et même si je me sens rejeté ou persécuté par d’autres, j’ai une assurance absolue : mon Père céleste m’aime. Il connaît mes besoins, il comprend mes préoccupations, il est vivement désireux de me bénir.

Imaginez ce que cela signifierait pour vous si vous pouviez vous voir tel que Dieu vous voit. Et si vous vous regardiez avec la même bienveillance, le même amour et la même confiance que Dieu ? Imaginez l’influence que cela aurait sur votre vie si vous compreniez votre potentiel éternel tel que Dieu le comprend.

Je témoigne qu’il est là. Cherchez-le ! Scrutez et étudiez. Priez, demandez. Je vous promets que Dieu vous enverra des signes tangibles de son existence et de son amour pour vous.

2. Devenez qui vous êtes2

Devenir qui l’on est vraiment peut sembler paradoxal. Comment puis-je devenir ce que je suis déjà ? Je vais illustrer ce principe par une histoire.

Le film L’âge de raison raconte l’histoire de Marguerite, banquière prospère, qui mène une vie trépidante, faite de voyages et de conférences. Bien qu’elle ait un prétendant qui l’adore, elle dit qu’elle n’a pas le temps pour le mariage ou pour les enfants.

Le jour de ses quarante ans, elle reçoit une lettre mystérieuse qui dit : « Chère moi-même, aujourd’hui j’ai sept ans et je t’écris cette lettre pour t’aider à te souvenir des promesses que j’ai faites à l’âge de sept ans, et aussi pour que tu te souviennes de ce que je veux devenir. » L’auteur de la lettre n’est autre que Marguerite quand elle avait sept ans. La suite est une série de lettres dans lesquelles la petite fille décrit en détail les objectifs de sa vie.

Marguerite prend alors conscience que la personne qu’elle est devenue ne correspond en rien à celle qu’elle désirait être quand elle était petite fille. Elle prend la décision de devenir la personne qu’elle avait rêvé d’être dans son enfance et sa vie s’en trouve complètement chamboulée. Elle renoue avec sa famille et décide de consacrer le reste de sa vie à servir les personnes dans le besoin3.

S’il vous était possible de recevoir une lettre de votre existence prémortelle, que dirait-elle ? Quel effet aurait sur vous cette lettre venue d’un monde oublié mais bien réel, si vous deviez la recevoir aujourd’hui ?

Elle pourrait dire quelque chose comme : « Cher moi-même, je t’écris pour que tu te souviennes de ce que je veux devenir. J’espère que tu te souviendras que mon plus grand désir est d’être un disciple de notre Sauveur Jésus-Christ. Je soutiens son plan et, quand je serai sur terre, je veux l’aider dans son œuvre de salut. Rappelle-toi aussi que je veux fonder une famille qui sera ensemble pour toute l’éternité. »

L’une des grandes aventures de la vie consiste à trouver qui nous sommes réellement et d’où nous venons, et ensuite de vivre constamment en harmonie avec notre véritable identité d’enfants de Dieu et avec la finalité de notre existence.

3. Ayez confiance dans les promesses de Dieu

Un enseignement du livre de Malachie est au cœur du rétablissement de l’Évangile : « Et il implantera dans le cœur des enfants les promesses faites aux pères, et le cœur des enfants se tournera vers leurs pères. » (Joseph Smith, Histoire 1:39). Grâce au Rétablissement, vous êtes les enfants de la promesse. Vous recevrez en héritage les promesses faites à vos pères.

Relisez votre bénédiction patriarcale. Le Seigneur vous y confirme que vous êtes rattachés à l’une des douze tribus d’Israël et qu’à ce titre, par votre fidélité, vous devenez héritiers des immenses bénédictions promises à Abraham, Isaac et Jacob. Dieu a promis à Abraham : « tous ceux qui recevront l’Évangile seront appelés de ton nom, seront considérés comme ta postérité et se lèveront et te béniront, toi, leur père » (Abraham 2:10).

Ces promesses sont tangibles et, si nous faisons notre part, Dieu fera la sienne. En revanche, ces promesses ne sont pas l’assurance que tout ce qui se passera dans notre vie sera conforme à nos attentes et à nos souhaits. Elles sont plutôt la garantie que ce qui arrivera dans notre vie sera conforme à la volonté de Dieu. La meilleure chose que nous puissions désirer dans la vie est d’aligner notre volonté sur celle de Dieu, d’accepter son calendrier. Il sait tout depuis le début, a une perspective que nous n’avons pas et nous aime d’un amour infini.

Je vais illustrer ce principe par une expérience personnelle. Quand j’étais jeune, j’ai décidé de préparer l’examen d’entrée aux écoles de commerce les plus réputées de France. Cette préparation, qui a duré un an, était très éprouvante. Au début de l’année, j’ai décidé que, quelle que soit la lourdeur de la tâche, je ne laisserais jamais les études m’empêcher d’assister aux réunions du dimanche, ni de participer une fois par semaine au cours d’Institut. J’ai même accepté l’appel de greffier de ma paroisse de jeunes adultes. J’étais confiant que le Seigneur saurait reconnaître ma fidélité et m’aiderait à atteindre mes objectifs.

À la fin de l’année, à l’approche des examens, j’avais le sentiment d’avoir fait de mon mieux. Quand je me suis présenté au concours de l’école la plus réputée, j’avais pleine confiance que le Seigneur répondrait à mes désirs. Malheureusement, l’oral de ma matière la plus forte a été un désastre inattendu – j’ai obtenu une note qui m’a définitivement empêché d’entrer dans cette école si convoitée. J’étais désemparé. Comment le Seigneur avait-il ainsi pu m’abandonner quand j’avais été persévérant dans ma fidélité ?

Quand je me suis présenté à l’examen oral de la deuxième école de ma liste, j’étais rempli de doutes. Dans cette école, l’épreuve qui avait le plus fort coefficient était un entretien avec un jury présidé par le directeur de l’école. Le début de l’entretien s’est passé normalement, jusqu’à ce que l’on me pose une question apparemment anodine : « Nous savons que vous avez beaucoup étudié pour préparer cet examen. Mais, nous serions intéressés de savoir quelles étaient vos activités en dehors de vos études. »

Mon sang n’a fait qu’un tour ! Depuis un an, je n’avais guère fait que deux choses : étudier et aller à l’église ! Je craignais que le jury n’interprète négativement la description de mon appartenance à l’Église. Mais, en une seconde, j’ai pris la décision de rester fidèle à mes principes.

Pendant une quinzaine de minutes, j’ai décrit mes activités au sein de l’Église : les réunions de culte, les cours d’Institut, ma responsabilité de greffier de paroisse. Quand j’ai eu fini, le directeur de l’école a pris la parole.

« Vous savez, quand j’étais jeune, j’ai étudié aux États-Unis. L’un de mes meilleurs amis était mormon. C’était un jeune homme remarquable, quelqu’un qui avait de grandes qualités humaines. Je considère que les mormons sont des gens très bien. »

J’ai reçu ce jour-là l’une des meilleures notes possibles, ce qui m’a valu d’entrer dans cette école à une place d’honneur.

J’ai remercié le Seigneur de sa bonté. Il m’a cependant fallu plusieurs années pour comprendre la bénédiction miraculeuse qu’avait été mon échec dans la première école. Dans la deuxième école, j’ai rencontré des personnalités clés. Les bénéfices de ces fréquentations se sont fait sentir tout au long de ma carrière professionnelle et sont encore importants aujourd’hui dans ma vie et celle de ma famille.

Si les choses ne se passent pas de la façon que vous espériez ou attendiez après que vous avez fait tout ce qui est en votre pouvoir, soyez prêts à accepter la volonté de votre Père céleste. Il ne nous infligera rien qui ne soit pas en fin de compte pour notre bien. Écoutez cette voix apaisante qui murmure à notre oreille : « Toute chair est entre mes mains. Sois tranquille et sache que je suis Dieu » (D&A 101:16).

Votre avenir est aussi brillant que votre foi

Plus j’examine le cours de ma vie avec ma femme, Valérie, plus j’ai la conviction que ce qui a fait la différence à l’époque de notre jeunesse était notre vision commune de la vie éternelle. Nous voulions fonder une famille éternelle. Nous savions pourquoi nous étions sur terre et quels étaient nos objectifs éternels. Nous savions que Dieu nous aimait et que nous avions une grande valeur à ses yeux. Nous avions toute confiance qu’il répondrait à nos prières à sa façon et au moment qu’il jugerait bon.

Je ne sais pas si nous étions prêts à accepter sa volonté en toutes choses, car c’est quelque chose que nous avons dû apprendre – et que nous continuons à apprendre. Mais nous voulions faire de notre mieux pour le suivre et nous consacrer à lui.

Je témoigne, avec le président Monson, que votre « avenir est aussi brillant que votre foi4 ». Votre bonheur dépend plus des principes que vous choisissez de suivre que des circonstances externes de votre vie. Soyez fidèles à ces principes. Dieu vous connaît et vous aime. Si vous vivez en harmonie avec son plan éternel et si vous avez foi en ses promesses, alors vous avez un avenir brillant devant vous !

Vous avez des rêves et des objectifs ? C’est bien ! Travaillez de tout votre cœur à les réaliser. Puis laissez le Seigneur faire le reste. Il fera de vous ce que vous ne pouvez pas faire de vous-mêmes.

En tout temps, acceptez sa volonté. Soyez prêts à aller là où il vous demande d’aller et à faire ce qu’il vous demande de faire. Soyez les hommes et les femmes qu’il vous prépare à devenir.

Je témoigne que cette vie est un merveilleux moment de l’éternité. Nous sommes ici-bas dans un but glorieux, celui de nous préparer à rencontrer Dieu.

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    Notes

  1.   1.

    Voir Thomas S. Monson : « Bienvenue à la conférence », Le Liahona, novembre 2012, p.4-5.

  2.   2.

    Cette phrase est attribuée à Pindare, l’un des plus célèbres poètes lyriques grecs. Voir Pindare Pyth 2.72, dans les Olympiques éd et trad. William H. Race, 1997, p. 239.

  3.   3.

    Voir L’âge de raison (With love… from the Age of Reason), dirigé par Yann Samuell, 2010.

  4.   4.

    Thomas S. Monson, « Prenez courage », Le Liahona, mai 2009, p. 92.