Veillées de Noël
Le Généreux


Le Généreux

N’est-ce pas une merveilleuse bénédiction que de profiter de cette belle soirée en présence de notre cher prophète, le président Monson ?

Noël est cette période unique où nous portons un regard nouveau sur les autres, où nous ouvrons un peu plus notre cœur à la beauté qui nous entoure et où nous tendons la main aux autres avec un peu plus de gentillesse et de compassion.

Avec de la chance, nous, les adultes, pouvons de temps en temps avoir un bref aperçu de ce que signifie être encore une fois un enfant.

L’idée que quelqu’un que nous aimons fasse quelque chose de spécial pour nous, et notre excitation à l’idée de préparer quelque chose de spécial pour lui, réchauffe notre cœur, nous remplit d’amour et de plaisir à l’avance. Ajoutez à cela les lumières scintillantes, les merveilleuses décorations, les crèches magnifiques et il n’est pas étonnant que Noël soit une période de l’année autant aimée.

Ensuite, bien sûr, il y a la musique. Rien ne met autant en évidence la signification profonde et le doux esprit de cette période qu’un chant de Noël. Que les mélodies soient joyeuses, méditatives ou nostalgiques, Noël a quelque chose qui inspire une musique magnifique. Ces merveilleux accords de Noël nous donnent de l’espoir et nous rappellent les raisons pour lesquelles nous nous réjouissons.

Aujourd’hui, nous avons eu la chance extraordinaire d’entendre une musique céleste interprétée par l’Orchestre de Temple Square et le Chœur du tabernacle mormon.

La musique qu’il interprète est si merveilleuse que je me plais à imaginer les anges célestes qui se penchent de temps à autre pour écouter et même se joindre aux chants.

Sonnent les cloches

Le chœur vient de chanter l’un des plus beaux airs de Noël jamais composés, l’enchanteur « Sonnent les cloches », qui a été interprété aux États-Unis pour la première fois en 1921.

À l’origine, ce n’était pas du tout un chant de Noël. C’était un chant traditionnel ukrainien séculaire connu sous le nom de « Shchedryk », souvent traduit par « Le Généreux ».

Les familles ukrainiennes le chantaient au début de chaque nouvelle année. Les paroles originales racontent l’histoire d’une hirondelle qui entre dans la maison d’une famille et lui annonce qu’une grande et merveilleuse fortune les attend dans l’année à venir1

J’aime les bons sentiments que cette histoire suscite.

J’aime son message d’espoir et d’optimisme.

N’est-ce pas là le message de Noël ? Même quand le monde peut sembler très sombre, quand les choses ne vont pas bien, quand notre cœur déborde de déception et d’inquiétude, quand nous sommes plongés dans la tristesse et le chagrin, nous pouvons chanter qu’il y a de la « joie pour le monde » et pour « les hommes de bonne volonté2 » grâce au Christ qui est venu « éclairer ceux qui sont assis dans les ténèbres3 ».

Un moment de générosité

Par conséquent, comme il est pertinent que l’un de nos chants de Noël préférés ait été intitulé à l’origine « Le Généreux ». Après tout, Noël est un moment de générosité.

Mus par cet esprit, nous passons parfois des heures à chercher le cadeau parfait pour nos amis et nos parents. Nous cherchons des façons d’aider davantage et d’être plus joyeux. Nous sommes poussés à passer plus de temps avec nos êtres chers. Nous faisons davantage attention aux gens qui sont dans la besoin et, souvent, nous donnons plus généreusement de nous-mêmes pour les aider. Tout cela est, de notre part, le reflet imparfait mais sincère de la générosité de notre Sauveur dont nous cherchons à honorer la naissance.

Mais nous savons tous que, trop souvent, l’esprit de Noël peut être étouffé, voire se perdre, dans le rythme frénétique et la pression des achats, des échéances financières et des emplois du temps surchargés.

Je ne cherche pas à inciter à un comportement de rejet, parce que j’ai moi-même certains de mes plus doux souvenirs de Noël passés à échanger des cadeaux, à me perdre dans l’agitation des foules et à assister à de joyeux spectacles, petits et grands, qui rassemblent les gens à cette époque de l’année.

Oui, il y a de nombreuses raisons d’apprécier ces choses. Mais bien-sûr il y a bien plus.

C’est pourquoi, j’invite chacun de nous à trouver, au cours de cette saison de Noël, un moment de quiétude où il pourra réfléchir et exprimer sa profonde reconnaissance envers « le Généreux ».

Pensons à la miséricorde bienveillante, empreinte d’amour et sans limites de notre Père céleste compatissant.

Pendant nos achats de cadeaux, et lorsque nous les donnerons et en recevrons, puissions-nous aussi prendre le temps de méditer paisiblement sur les dons généreux que Dieu a déversés sur nous, ses enfants.

Le don divin de la reconnaissance

Je suppose qu’il est de la nature humaine de considérer que les choses sont dues, même celles qui ont une grande valeur. C’est une des leçons que nous tirons de l’histoire des dix lépreux à l’époque de Jésus. Affectés par une maladie affligeante qui les avait bannis de leurs amis, de leurs parents et de la vie même, ces lépreux souffrants ont supplié le Fils de Dieu de les guérir, ce qu’il a fait.

Comme vous le savez, après ce glorieux miracle, neuf d’entre eux ont poursuivi leur chemin heureux, de leur bonne fortune.

Un seul est revenu.

Un seul sur les dix a pris le temps d’exprimer sa gratitude. Il n’y en eu qu’un sur les dix qui, « se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix, tomba sur sa face aux pieds de Jésus, et lui rendit grâces4. »

Ces humbles expressions de pure reconnaissance peuvent sembler aussi rares aujourd’hui qu’elles l’étaient à l’époque de cette histoire. Et quand elles se manifestent, elles nous touchent et nous incitent à compter nos propres bénédictions.

J’ai découvert l’exemple d’un homme qui vit en Afrique. À cause d’un handicap, il n’avait jamais pu marcher. Il était obligé de passer la plupart du temps dans la maison de ses parents. Il ne pouvait pas travailler ; il ne pouvait pas sortir avec ses amis ; il ne pouvait même pas faire les choses simples que nous considérons comme allant de soi.

Puis, il a entendu une annonce extraordinaire. L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours faisait envoyer des fauteuils roulants pour un événement qui aurait lieu non loin de chez lui !

Il a demandé à l’un de ses amis de l’y accompagner et il a vu des dizaines d’hommes, de femmes et d’enfants handicapés prendre place dans des fauteuils roulants flambant neufs.

Comme il avait envie de prendre place dans l’un d’entre eux ! Comme cela changerait sa vie s’il pouvait se déplacer par ses propres forces !

Il a fait la queue jusqu’à ce que son tour vienne.

Deux hommes l’ont assis dans un fauteuil roulant et, pour la première fois de sa vie, il a pu se déplacer librement !

Au début, il était hésitant. Mais, à mesure qu’il s’habituait au fauteuil, il s’est déplacé plus courageusement.

Il tournait, virait et fonçait. Il faisait des signes enthousiastes des deux mains tandis qu’il filait devant son ami.

Il volait !

L’expression de son visage reflétait la joie.

Cependant, après un moment, il est retourné lentement vers les autres et, d’un air résigné, s’est préparé pour qu’on l’aide à descendre du fauteuil.

Son ami lui a demandé : « Que fais-tu ? »

L’homme a souri et haussé les épaules. Il a dit : « C’est au tour de quelqu’un d’autre maintenant. »

Le missionnaire des services humanitaires de l’Église s’est agenouillé près de lui et a dit : « Ce fauteuil est à vous. »

L’homme n’en revenait pas. Il pensait que cette manifestation n’avait pour seul but que de montrer ce que cela faisait de se déplacer dans un fauteuil roulant.

Il a dit : « Il est vraiment à moi ?

– Oui.

– Mais je n’ai pas d’argent.

– Il est à vous. C’est un cadeau de la part de gens qui vous aiment. »

Quand il a fini par comprendre que ce qui lui arrivait était vrai, cet homme humble a regardé son ami.

Il a regardé le missionnaire.

Il a essayé de retenir ses larmes, mais en vain. Il pleurait et riait en même temps à la joie pure qu’il éprouvait.

Son ami et le missionnaire ont pleuré avec lui.

« Merci », a-t-il dit dans un murmure.

Il les a serrés dans ses bras, s’est installé dans son fauteuil et, poussant un grand cri, il s’en est allé avec un grand sourire.

« Je peux voler ! », criait-il en allant et venant à toute vitesse sur le trottoir.

Cet homme comprenait la gratitude.

La grâce de Dieu

Avons-nous jamais éprouvé une reconnaissance aussi pure et immense ? Je prie pour que, pendant cette période de Noël, et tout au long de l’année, nous nous souvenions du Généreux, notre Dieu, notre Père, notre Berger et Conseiller bien-aimé.

Il est celui qui donne !

Il est le Généreux !

Lorsque nous, ses enfant, demandons du pain, il ne nous donne pas une pierre5Au contraire, il nous accorde des dons si sublimes et si précieux qu’il nous est impossible de les concevoir. Il nous donne :

  • La paix.

  • La joie.

  • L’abondance.

  • La protection.

  • La subsistance.

  • Sa faveur.

  • L’espoir.

  • La confiance.

  • L’amour.

  • Le salut.

  • La vie éternelle.

Ce Noël, nous célébrons le plus grand de tous les dons, celui qui rend tous les autres possibles, la naissance de l’enfant de Bethléhem. Grâce à lui, « la tombe n’a pas de victoire, et l’aiguillon de la mort est englouti dans le Christ. Il est la lumière et la vie du monde; oui, une lumière qui est sans fin, qui ne peut jamais être obscurcie6. »

Je remercie Dieu avec joie pour sa générosité.

Il nous sauve de la solitude, du vide et de l’indignité.

Il nous ouvre les yeux et les oreilles. Il transforme les ténèbres en lumière, le deuil en espoir et la solitude en amour.

Il nous libère d’un passé d’esclavage et d’égoïsme, et ouvre la voie d’un présent avec un but et d’un avenir prometteur.

Tel est celui que nous adorons.

Tel est notre Dieu.

Tel est le Généreux.

Tel est celui qui aime ses enfants au point d’avoir offert son Fils unique afin que ceux qui le suivent ne périssent point mais aient la vie éternelle7

Grâce à Jésus-Christ, nous n’avons plus à nous sentir comme des étrangers. Nous nous lèverons avec les justes quand il reviendra ! Et, grâce à sa vie parfaite et à son sacrifice éternel, un jour nous nous tiendrons avec les anges des cieux et recevrons avec eux un don éternel8.

Puissions-nous, pendant cette période de Noël, nous souvenir de notre Père céleste généreux et remercier du fond du cœur le Dieu Tout-puissant qui a donné à ses enfants des ailes pour voler. C’est là mon humble et sincère prière, et la bénédiction que je laisse à tous du fond du cœur en cette période de Noël et pour toujours, au nom de notre sauveur bien-aimé, Jésus-Christ. Amen.

Notes

  1. Voir « Carol of the Bells Wasn’t Originally a Christmas Song », Science Blog, déc. 2004, www3.scienceblog.com/community/older/2004/7/20046906.shtml; voir aussi : Olena Korchova, « Carol of the Bells : Back to the Origins », The Ukrainian Week, 17 déc. 2012, ukrainianweek.com.

  2. Luc 2:14.

  3. Luc 1:79.

  4. Voir Luc 17:11–19.

  5. Voir Matthieu 7:9.

  6. Mosiah 16:8–9.

  7. Voir Jean 3:16.

  8. Voir « Vivons ce bonheur », Cantiques, n° 3. « Vivons ce bonheur » n’était pas destiné à être un cantique de Noël mais il semble approprié de se souvenir de ses paroles qui rappellent certaines des bénédictions qui nous sont promises par le Généreux.

    « Vivons ce bonheur que Jésus nous présente ;

    Nous n’errerons plus sur terre en étrangers.

    La bonne nouvelle en tous pays s’implante.

    Il faut accepter les divins messagers.

    Les saints verront enfin les grâces promises.

    Alors on ne pourra plus les molester.

    La terre sera un Éden en justice.

    À tout Israël, Jésus offre un foyer.

    « Nous nous aimerons d’un amour bien fidèle.

    Restons tous unis, nous vaincrons par la foi.

    Voyant le méchant qui tremble et qui chancelle,

    Attendons cette heure où viendra notre Roi.

    Les saints verront enfin les grâces promises.

    Alors on ne pourra plus les molester.

    La terre sera un Éden en justice.

    À tout Israël, Jésus offre un foyer.

    « Marchons avec foi, car c’est Dieu qui nous guide.

    Il nous conduira par ces temps de frayeur.

    Voici la moisson implacable et rapide.

    Les saints revivront au retour du Sauveur.

    Les saints verront enfin les grâces promises.

    Les anges reviendront pour les couronner.

    La terre sera un Éden en justice.

    Christ réunira tous les siens au foyer. »