2002
Une voix d’allégresse pour nos enfants
Novembre 2002


Une voix d’allégresse pour nos enfants

Notre devoir, la chance qui nous est donnée, est d’instruire diligemment nos enfants et de leur témoigner de la véracité de l’Évangile de Jésus-Christ.

J’aime les points d’exclamation ! J’en utilise souvent lorsque je rédige des notes pour moi-même et pour d’autres personnes. C’est une manière de montrer de l’enthousiasme et de l’engagement. L’une de mes Écritures préférées est ponctuée par un point d’exclamation :

« Or, qu’entendons-nous dans l’Évangile que nous avons reçu ? Une voix d’allégresse ! » Il y a quatorze autres points d’exclamation dans le reste du verset et dans les quatre versets qui suivent :

« Une voix de miséricorde venant du ciel et une voix de vérité sortant de la terre… une voix de… bonnes nouvelles d’une grande joie…

« Quelle est merveilleuse, la voix que nous entendons du ciel, proclamant à nos oreilles la gloire, le salut1… ! » (Avec un point d’exclamation !)

Nous pouvons entendre une voix d’allégresse qui nous apporte des exclamations d’espoir et de joie. La joie de notre témoignage du Sauveur peut ponctuer chaque aspect de notre vie dans nos efforts pour aller au Christ.

Qu’en est-il de nos enfants ? Entendent-ils des exclamations de joie et d’espoir dans l’Évangile ? A la fin d’une leçon de la Primaire sur la première vision de Joseph Smith, on avait demandé aux enfants de faire un dessin à emporter chez eux pour le montrer à leur famille. L’instructrice avait parlé aux enfants des ténèbres qui avaient entouré Joseph avant l’apparition du Père et du Fils. Une petite fille de six ans a pris un crayon noir et s’est mise à dessiner. Elle a fait le bas et un côté de sa feuille aussi sombre que possible. Quand son instructrice lui a demandé ce qu’elle faisait, elle a répondu qu’elle dessinait Joseph Smith dans les ténèbres.

Son instructrice lui a dit : « Sais-tu que lorsque notre Père céleste et Jésus sont apparus, toutes les ténèbres ont dû partir ? Notre Père céleste et Jésus sont toujours plus puissants que Satan, et ils te protégeront. » L’enfant s’est remise à dessiner. Dans le coin supérieur, elle a fait la silhouette de deux personnages, puis, posant son crayon noir pour en prendre un jaune vif, elle a rempli le reste de sa feuille de lumière.

C’est cette lumière, la lumière de l’Évangile rétabli, une « voix d’allégresse » que les parents peuvent faire connaître à leurs enfants. L’adversaire est réel, mais les enfants peuvent ressentir la paix et la joie qu’on obtient en ayant foi en Jésus-Christ. Nos enfants ne verront cette lumière que si nous leur enseignons l’Évangile.

Le Seigneur a commandé aux parents d’élever leurs enfants « dans la lumière et la vérité2 ». Il nous a aussi demandé d’enseigner à nos enfants « à prier et à marcher en droiture devant lui3 », et « à comprendre la doctrine du repentir, de la foi au Christ… du baptême et du don du Saint-Esprit4 ». Lorsque nous enseignons les vérités de l’Évangile, nous préparons leurs oreilles, leur esprit et leur cœur à reconnaître « la voix d’allégresse » et à désirer être dignes d’obtenir la joie éternelle.

On en trouve l’exemple dans le Livre de Mormon. Le père d’Énos l’a instruit en le corrigeant et en l’avertissant selon le Seigneur. Cette grande bénédiction l’a amené à proclamer : « Béni soit le nom de mon Dieu pour cela5. » Puis Énos a expliqué : « Les paroles que j’avais souvent entendu mon père dire concernant la vie éternelle et la joie des saints pénétraient profondément mon coeur6. »

Une amie m’a fait part d’une expérience qu’elle a eue lorsqu’elle était enfant dans une branche de l’Église où elle était la seule en âge de la Primaire. Semaine après semaine, sa mère lui faisait la Primaire à la maison, toujours le même jour et à la même heure. Elle attendait avec impatience de s’asseoir avec sa mère sur le divan, pour apprendre l’Évangile de Jésus-Christ et comment le vivre. Les compte-rendus soigneusement inscrits par sa mère dans un cahier montrent que les réunions de cette Primaire au foyer comprenaient toujours des prières, des chants et une leçon.

Le désir profond de cette mère était d’aider sa fille à acquérir le témoignage de Jésus-Christ et à ressentir la joie de l’Évangile. Elle a apporté à sa fille ce qui était vraiment important dans son enfance. Cette petite fille, qui est devenue une femme de foi et d’alliance, se souvient de son enfance avec une profonde reconnaissance pour l’enthousiasme et l’engagement que sa mère avait à lui enseigner qui est le Sauveur. La diligence de cette mère a apporté de grands bienfaits à sa fille… avec un point d’exclamation !

Les prophètes actuels énoncent clairement notre devoir sacré d’instruire nos enfants7. Dans une lettre de la Première Présidence, il nous est demandé « de donner la priorité absolue à la prière en famille, à la soirée familiale, à l’étude et à l’enseignement de l’Évangile, et à des activités familiales saines. On ne doit pas permettre à d’autres impératifs ou activités, aussi légitimes et justifiés soient-ils, de prendre le pas sur les devoirs confiés par Dieu, dont seuls les parents et la famille peuvent s’acquitter correctement8. »

La vie peut être frénétique pour les parents et le devenir pour les enfants. Il serait facile de dire qu’on n’a pas assez de temps pour tout faire. En me remémorant une époque qui a passé beaucoup trop vite, je peux maintenant voir que chaque jour était rempli de petits moments précieux pleins d’occasions d’aider nos enfants à entendre la « voix d’allégresse » dans l’Évangile. Les enfants apprennent sans cesse en nous regardant. Ils apprennent ce qui est important en voyant ce que nous choisissons de faire ou de ne pas faire. Des prières en famille, l’étude des Écritures et des soirées familiales occasionnelles et dénuées d’engagement ne suffiront pas à fortifier nos enfants. Où les enfants apprendront-ils l’Évangile et les principes tels que la chasteté, l’intégrité et l’honnêteté, si ce n’est au foyer ? Ces valeurs peuvent être soulignées à l’église, mais les parents sont les plus capables de bien les enseigner à leurs enfants.

En comprenant qui sont ces enfants et quel est leur potentiel dans le royaume de Dieu, nous pouvons avoir un plus grand désir de surmonter les difficultés, avec plus de patience et plus d’amour. Le Seigneur nous aidera à instruire nos enfants si nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir. La famille est éternelle, et le Sauveur veut que nous réussissions. En recherchant l’Esprit, nous pouvons recevoir la consolation, les directives et l’assurance dont nous avons besoin pour remplir nos responsabilités de parents et en recevoir les bénédictions.

Les programmes divinement inspirés de l’Église et les personnes appelées à servir auprès de nos enfants peuvent nous aider. Mon mari et moi sommes reconnaissants aux évêques, aux dirigeants de la prêtrise et des auxiliaires, aux instructeurs au foyer et aux instructrices visiteuses, qui nous ont aidés à fortifier notre famille. Que nous ayons des enfants au foyer ou non, chacun de nous peut jouer un rôle important en aidant des parents.

Les enfants sont vraiment capables d’apprendre les choses importantes du Royaume. En les écoutant nous pouvons mieux comprendre comment ils appliquent ce qu’ils apprennent de l’Évangile. Un père expliquait à sa fille de quatre ans que la famille avait passé une grande partie de la journée à nettoyer la maison et que toutes les pièces étaient propres sauf une chambre.

Il lui a demandé : « Sais-tu quelle chambre n’est pas propre ? »

Elle a répondu rapidement : « La mienne. »

Il a ajouté : « Sais-tu qui pourrait nettoyer cette chambre ? » s’attendant à ce qu’elle réponde qu’elle pourrait le faire.

Mais elle a répondu : « Papa, je sais que quand tu as peur, ou que tu as des soucis, ou que tu as besoin d’aide, tu peux te mettre à genoux pour demander à notre Père céleste de t’aider. »

Il est intéressant de remarquer que si nous écoutons nos enfants, ils peuvent aussi nous instruire. Un père m’a fait part de ce que lui avait dit sa fille de huit ans. Il m’a raconté qu’alors qu’il réfléchissait à son discours de Sainte-Cène dont le thème était « Devenir comme des petits enfants », il avait demandé à sa fille pourquoi nous avons besoin de devenir comme des petits enfants. Elle avait répondu : « Parce que nous sommes tous des petits enfants comparés à Jésus, et parce que les petits enfants ont beaucoup d’imagination. »

Surpris par la dernière partie de sa réponse il avait demandé pourquoi nous avons besoin de beaucoup d’imagination. Elle avait répondu : « Pour imaginer Jésus dans le jardin de Gethsémané et sur la croix, et quand on prend la Sainte-Cène on peut penser à lui. »

Comme pour tout, le Sauveur nous a montré comment nous devons aimer et instruire nos enfants. Les Écritures nous disent que, lorsqu’il est apparu aux Néphites sur le continent américain, en s’adressant au peuple, « il pleura… et il prit leurs petits enfants, un par un, et les bénit, et pria le Père pour eux9… »

Parlant de ce moment, le président Hinckley a dit : « Il n’y a pas d’image plus tendre et plus belle dans tous les écrits sacrés que ce langage simple décrivant l’amour du Sauveur pour les petits enfants10. »

La clé pour enseigner efficacement l’Évangile au foyer est d’inviter l’Esprit du Seigneur à être avec nous. Les meilleurs conseils que mon mari et moi avons reçus à des moments difficiles quand nous élevions nos enfants étaient de faire tout ce qui est possible pour inviter et garder l’Esprit dans notre foyer. Les enfants ne peuvent pas apprendre et ressentir les choses spirituelles sans être guidés par l’Esprit.

Nous, parents, nous pouvons témoigner souvent de Jésus-Christ à nos enfants. Le fait de témoigner, que ce soit durant la soirée familiale ou une occasion d’enseignement spontanée, permet à l’Esprit de se manifester. Boyd K. Packer nous a aussi recommandé : « Apprenez à vos jeunes gens à témoigner : à témoigner que Jésus est le Christ, que Joseph Smith est un prophète de Dieu, que le Livre de Mormon est vrai11. »

Le président Hinckley nous confirme : « Aucune des joies de la vie n’égale celle que ressentent les parents heureux. Aucune des responsabilités avec lesquelles nous sommes aux prises n’est aussi sérieuse. Élever des enfants dans une atmosphère d’amour, de sécurité et de foi est la plus enrichissante de toutes les tâches12. »

Je témoigne, avec un point d’exclamation, que les enfants peuvent recevoir un témoignage par l’Esprit qui leur permettra d’avoir une conviction et un engagement profonds. Je témoigne que notre devoir, la chance qui nous est donnée, est d’instruire diligemment nos enfants et de leur témoigner de la véracité de l’Évangile de Jésus-Christ afin qu’ils puissent, eux aussi, entendre « la voix d’allégresse ». Au nom de Jésus-Christ. Amen.

Notes

  1. D&A 128:19, 23 ; voir aussi les versets 20-22.

  2. D&A 93:40.

  3. D&A 68:28.

  4. D&A 68:25.

  5. Énos 1:1.

  6. Énos 1:3.

  7. Voir « La famille, déclaration au monde », L’Étoile, octobre 1998, p. 24.

  8. Lettre de la Première Présidence aux membres de l’Église, du 11 février 1999.

  9. 3 Néphi 17:21.

  10. « Sauvez les enfants », L’Étoile, janvier 1995, p. 70, 68.

  11. Let Not Your Heart Be Troubled, 1991, p. 154.

  12. L’Étoile, janvier 1995, p. 70.