2005
Joseph Smith, le prophète : enseignant par l’exemple
novembre 2005


Joseph Smith, le prophète : enseignant par l’exemple

Puissions nous incorporer dans notre vie les principes divins qu’il a si bien enseignés, par l’exemple, afin de pouvoir vivre plus complètement l’Évangile de Jésus-Christ.

Mes frères et mes sœurs, dans cette année du bicentenaire de sa naissance, je veux parler de notre prophète bien-aimé Joseph Smith.

Joseph Smith, fils de Joseph Smith, père, et de Lucy Mack Smith, est né le 23 décembre 1805 à Sharon (Vermont). Le jour de sa naissance, lorsque ses parents ont regardé avec fierté le bébé minuscule, ils n’auraient pas pu savoir l’impact profond qu’il aurait sur le monde. Un esprit de choix était venu demeurer dans ce tabernacle terrestre ; il a influencé notre vie et nous a enseigné, par son exemple, des leçons essentielles. Aujourd’hui, je veux vous faire part de quelques-unes de ces leçons.

Quand Joseph eut six ou sept ans, il attrapa en même temps que ses frères et sœurs la fièvre typhoïde. Les autres se remirent rapidement, mais Joseph contracta une infection de la jambe, qui refusait de guérir. Les médecins le soignèrent avec les connaissances de l’époque, mais l’infection persista. Ils dirent que, pour sauver sa vie, il faudrait amputer la jambe. Mais heureusement, peu de temps après ce diagnostique, les médecins revinrent chez les Smith et dirent qu’il y avait un nouveau procédé qui pourrait sauver sa jambe. Ils voulaient opérer immédiatement et avaient apporté une corde pour attacher le petit Joseph au lit, afin qu’il ne se débatte pas, car ils n’avaient rien pour atténuer la douleur. Mais le jeune Joseph répondit : « Vous n’aurez pas besoin de m’attacher. »

Les médecins lui proposèrent alors de lui donner à boire un peu de cognac ou de vin pour que la douleur soit moins forte. Le jeune Joseph répondit : « Non. Si mon père s’assoit sur le lit et me tient dans ses bras, alors je ferai tout ce qui sera nécessaire. » Joseph Smith, père, maintint donc le petit enfant dans ses bras, et les médecins ôtèrent le morceau d’os malade. Joseph boita pendant quelque temps, mais il guérit1. Si jeune, et d’innombrables autres fois tout au long de sa vie, Joseph Smith nous enseigna le courage, par l’exemple.

Avant que Joseph ait quinze ans, sa famille déménagea à Manchester (New York). Plus tard, il décrivit le grand renouveau religieux qui, à l’époque, semblait être présent partout et primordial pour presque tout le monde. Joseph désirait savoir à quelle Église se joindre. Dans son histoire, il écrit :

« Je me disais souvent… Lequel de tous ces partis a raison ? Ou ont-ils tous tort, autant qu’ils sont ? Si l’un d’eux a raison, lequel est-ce, et comment le saurai-je ?

« Tandis que j’étais travaillé par les difficultés extrêmes causées par les disputes de ces partis de zélateurs religieux, je lus, un jour, l’épître de Jacques, chapitre 1, verset 5… : Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée2. »

Joseph raconta qu’il savait qu’il devait, ou bien mettre le Seigneur à l’épreuve et lui demander, ou bien rester dans les ténèbres pour toujours. Un matin tôt, il se retira dans un bosquet, maintenant appelé « sacré », s’agenouilla et pria avec la foi que Dieu lui donnerait l’illumination qu’il recherchait avec tant de ferveur. Deux personnages lui apparurent, le Père et le Fils, et il lui fut dit, en réponse à sa prière, de ne se joindre à aucune des Églises, car elles étaient toutes dans l’erreur. Joseph Smith, le prophète, nous enseigna le principe de la foi… par l’exemple. Sa simple prière de foi ce matin de printemps 1820 fut à l’origine de cette œuvre merveilleuse qui se poursuit aujourd’hui dans le monde entier.

Quelques jours après sa prière dans le Bosquet sacré, Joseph Smith raconta sa vision à un prédicateur qu’il connaissait. À sa surprise, son récit fut traité avec « mépris » et fut « la cause d’une grande persécution, qui alla croissant ». Cependant, Joseph ne vacilla pas. Il écrivit plus tard : « J’avais réellement vu une lumière, et au milieu de cette lumière, j’avais vu deux Personnages, et ils m’avaient réellement parlé ; et quoique je fusse haï et persécuté pour avoir dit que j’avais eu cette vision, cependant c’était la vérité ; … Car j’avais eu une vision, je le savais, et je savais que Dieu le savait, et je ne pouvais le nier ni ne l’osais3. » Malgré les punitions physiques et mentales infligées par ses opposants, que Joseph Smith, le prophète, subit tout au long du reste de sa vie, il ne chancela pas. Il enseigna l’honnêteté, par l’exemple.

Après cette grande Première Vision, le prophète Joseph ne reçut pas d’autre communication pendant trois ans. Cependant, il ne s’étonna pas, il ne posa pas de question, il ne douta pas du Seigneur. Il attendit patiemment. Il nous enseigna la vertu divine qu’est la patience, par l’exemple.

Après les visites de l’ange Moroni au jeune Joseph et la remise des plaques, il commença la tâche difficile de traduction. On ne peut qu’imaginer la consécration, le dévouement et le travail requis pour traduire en moins de quatre-vingt-dix jours ces annales de près de cinq cent pages, qui couvraient une période de 2600 ans. J’aime les paroles qu’Oliver Cowdery utilisa pour décrire le temps qu’il passa à aider Joseph à la traduction du Livre de Mormon : « Ce furent là des jours inoubliables ! Cela éveillait en mon sein la gratitude la plus profonde que de pouvoir être là à écouter le son d’une voix parlant sous l’inspiration du ciel4 ! » Joseph Smith, le prophète, nous enseigna la diligence, par l’exemple.

Comme nous les savons, le prophète Joseph envoya des missionnaires proclamer l’Évangile rétabli. Lui-même fit une mission au Nord de l’État de New York et au Canada avec Sidney Rigdon. Non seulement il inspira d’autres personnes à se porter volontaires pour aller en mission, mais il enseigna aussi l’importance de l’œuvre missionnaire, par l’exemple.

Pour moi, l’une des leçons les plus émouvantes et les plus tristes enseignées par le prophète fut donnée peu avant sa mort. Il avait eu la vision des saints quittant Nauvoo et allant dans les montagnes Rocheuses. Il désirait emmener son peuple loin de ses oppresseurs, dans une terre promise que le Seigneur lui avait montrée. Il est certain qu’il désirait être avec les saints. Cependant, un mandat d’arrêt fut lancé contre lui sur de fausses accusations. Malgré de nombreux appels au gouverneur Ford, les accusations ne furent pas rejetées. Joseph quitta son foyer, sa femme, sa famille et son peuple et se rendit aux autorités civiles, sachant qu’il ne reviendrait probablement jamais.

Voici les paroles qu’il prononça en se dirigeant vers Carthage : « Je vais comme un agneau à l’abattoir, mais je suis calme comme un matin d’été. J’ai la conscience libre de toute faute envers Dieu et envers tous les hommes5. »

Il fut incarcéré dans la prison de Carthage avec son frère Hyrum et d’autres personnes. Le 27 juin 1844, Joseph, Hyrum, John Taylor et Willard Richards s’y trouvaient ensemble lorsque des émeutiers furieux prirent la prison d’assaut, grimpèrent l’escalier en courant et commencèrent à tirer à travers la porte de la pièce où ils étaient. Hyrum fut tué et John Taylor blessé. Le dernier grand geste de joseph Smith ici-bas fut un geste d’altruisme. Il traversa la pièce, très probablement « pensant que cela sauverait la vie de ses frères dans la pièce s’il pouvait sortir… et bondit vers la fenêtre, lorsque deux balles venant de la porte le percèrent et une, venant de l’extérieur, pénétra dans la partie droite de sa poitrine6. » Il fit don de sa vie ; Willard Richards et John Taylor furent épargnés. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis7. » Joseph Smith, le prophète, nous enseigna à aimer, par l’exemple.

En rétrospective, plus de 160 ans plus tard, bien que les événements du 27 juin aient été tragiques, nous sommes réconfortés quand nous nous rendons compte que le martyre de Joseph Smith ne fut pas le dernier chapitre du récit. Bien que les personnes qui cherchaient à lui ôter la vie crussent que sans lui l’Église s’effondrerait, son puissant témoignage de la vérité, les enseignements qu’il traduisit et sa déclaration du message du Sauveur sont aujourd’hui vivants dans le cœur de plus de douze millions de membres à travers le monde qui déclarent qu’il est prophète de Dieu.

Le témoignage du prophète Joseph continue de changer des vies. Il y a quelques années j’étais président de la mission canadienne. Dans l’Ontario (Canada) deux de nos missionnaires faisaient du porte à porte par une après-midi froide et enneigée. Ils n’avaient eu aucun succès. L’un d’eux était expérimenté, l’autre était nouveau.

Ils ont frappé à la porte de monsieur Elmer Pollard qui, par sympathie pour les missionnaires presque gelés, les a invités à entrer. Ils ont donné leur message et lui ont demandé s’il voulait prier avec eux. Il a accepté, à condition que ce soit lui qui fasse la prière.

La prière qu’il a faite a étonné les missionnaires. Il a dit : « Père céleste, bénis ces deux malheureux missionnaires égarés, afin qu’ils rentrent chez eux et ne perdent pas leur temps à raconter aux gens du Canada une histoire aussi fantastique et dont ils savent si peu de choses. »

Quand ils se sont relevés, monsieur Pollard a demandé aux missionnaires de ne jamais revenir chez lui. Comme ils partaient, il leur a dit en se moquant : « De toute façon, vous ne pouvez pas me dire que vous croyez vraiment que Joseph Smith était un prophète de Dieu ! » et il a claqué la porte.

Les missionnaires ne s’étaient pas très éloignés quand le deuxième compagnon a dit timidement : « Frère, nous n’avons pas répondu à la question de monsieur Pollard. »

Le premier compagnon a répondu : « Il nous a mis dehors. Partons d’ici. »

Cependant, le jeune missionnaire a insisté, et ils sont retournés frapper à la porte de monsieur Pollard. Celui-ci a ouvert et leur a dit, furieux : « Je croyais vous avoir dit de ne pas revenir ! »

Le deuxième compagnon a dit alors, avec tout le courage qu’il a pu rassembler : « Monsieur Pollard, quand nous sommes partis, vous avez dit que nous ne croyions pas vraiment que Joseph Smith était un prophète de Dieu. Je tiens à vous témoigner, monsieur Pollard, que je sais que Joseph Smith était un prophète de Dieu ; que par l’inspiration il a traduit les annales sacrées appelées le Livre de Mormon ; qu’il a vu Dieu le Père et Jésus le Fils. » Les missionnaires sont ensuite partis.

J’ai entendu ce même monsieur Pollard, au cours d’une réunion de témoignage, raconter ce qui s’est passé en cette journée mémorable. Il a dit : « Ce soir-là, je ne suis pas arrivé à m’endormir. Je tournais et me retournais dans mon lit. Je ne cessais pas d’entendre dans ma tête : ‘Joseph Smith était un prophète de Dieu. Je le sais… Je le sais… Je le sais.’ J’avais hâte qu’arrive le matin. J’ai téléphoné aux missionnaires, grâce à leur numéro de téléphone indiqué sur la petite carte des Articles de foi. Ils sont revenus et, cette fois, ma femme, mes enfants et moi avons participé à la discussion comme des gens qui recherchent sincèrement la vérité. À la suite de quoi nous avons tous embrassé l’Évangile de Jésus-Christ. Nous serons toujours reconnaissants du témoignage de la vérité qui nous a été apporté par ces deux missionnaires courageux et humbles. »

Dans la section 135 des Doctrine et Alliances, nous lisons les paroles de John Taylor concernant le prophète Joseph : « Joseph Smith, le Prophète et Voyant du Seigneur, a fait plus, avec l’exception unique de Jésus, pour le salut des hommes dans ce monde, que n’importe quel autre homme qui y ait jamais vécu8. »

J’aime les paroles de Brigham Young, qui a dit : « J’ai envie de crier alléluia tout le temps, lorsque je pense que j’ai connu Joseph Smith, le prophète que le Seigneur a suscité et ordonné, et à qui il a donné les clés et le pouvoir d’édifier et de soutenir le royaume de Dieu sur la terre9. »

À cet hommage mérité à notre Joseph bien-aimé, j’ajoute mon témoignage que je sais qu’il était prophète de Dieu, et qu’il a été choisi pour rétablir l’Évangile de Jésus-Christ en ces derniers jours. Je prie pour qu’en célébrant le bicentenaire de sa naissance, nous tirions des enseignements de sa vie. Puissions nous incorporer dans notre vie les principes divins qu’il a si bien enseignés, par l’exemple, afin de pouvoir vivre plus complètement l’Évangile de Jésus-Christ. Puisse notre vie être le reflet de la connaissance que nous avons que Dieu vit, que Jésus-Christ est son Fils, que Joseph Smith était un prophète et qu’aujourd’hui nous sommes guidés par un autre prophète de Dieu, Gordon B. Hinckley.

À cette conférence, cela fait 42 ans depuis mon appel au Collège des douze apôtres. Lors de ma première réunion avec la Première Présidence et le Collège des Douze dans le temple, nous avons chanté mon cantique préféré d’alors et de maintenant qui honore Joseph Smith, le prophète. Je termine par un couplet de ce cantique :

Gloire a celui qui a vu Dieu le père

Et que Jésus a choisi pour voyant.

En cette dispensation dernière,

Il est béni du fidèle croyant10.

Je témoigne de cette vérité solennelle, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Notes

  1. Voir Lucy Mack Smith, History of Joseph Smith by His Mother, éd. Scot Facer Proctor and Maurine Jensen Proctor, 1996, p. 69-76.

  2. Joseph Smith, Histoire 1:10, 11.

  3. Joseph Smith, Histoire 1:22, 25.

  4. Joseph Smith, Histoire 1:71. Note de bas de page.

  5. Doctrine et Alliances 135:4.

  6. History of the Church, 6:618.

  7. Jean 15:13.

  8. Doctrine et Alliances 135:3.

  9. Enseignements des président de l’Église, Brigham Young, 1997, p. 343.

  10. William W. Phelps, « Au grand prophète », Cantiques, n° 16.